Attentats: la justice s'interroge sur la notion de «victime»

Ce croquis d'audience réalisé le 10 novembre 2021 montre l'ancien président français François Hollande témoignant lors du procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015 qui se déroule dans une salle d'audience temporaire installée au Palais de Justice de Paris. (Photo, AFP)
Ce croquis d'audience réalisé le 10 novembre 2021 montre l'ancien président français François Hollande témoignant lors du procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015 qui se déroule dans une salle d'audience temporaire installée au Palais de Justice de Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Attentats: la justice s'interroge sur la notion de «victime»

  • La haute juridiction s'est réunie dans sa formation plénière, soit la plus large, afin d'examiner plusieurs dossiers soulevant la question des parties civiles dans la justice anti-terroriste
  • Les magistrats ont étudié le pourvoi de Jawad Bendaoud, condamné pour avoir « logé » deux djihadistes après le 13-Novembre

PARIS: Jusqu'où peut-on être considéré par la justice comme une "victime" d'attentat? La Cour de cassation s'est penchée jeudi sur trois cas épineux pour répondre à cette question délicate, en plein procès des attaques du 13 novembre 2015.

La haute juridiction s'est réunie dans sa formation plénière, soit la plus large, afin d'examiner plusieurs dossiers soulevant la question des parties civiles dans la justice anti-terroriste.

Les magistrats ont étudié le pourvoi de Jawad Bendaoud, condamné pour avoir "logé" deux jihadistes après le 13-Novembre et qui conteste les fondements légaux des dommages et intérêts qu'il doit verser à des victimes des attentats, policiers ou habitants de l'immeuble.

Mais au-delà de ce dossier médiatique, la Cour de cassation a examiné trois autres recours formés par deux femmes et un homme, présents lors des attentats de Nice en 2016 et de la gare Marseille-Saint-Charles en 2017.

Le premier, Gwenaël Leriche, a été considéré comme l'un des "héros" de l'attaque le 14 juillet sur la Promenade des Anglais. Il avait cherché à arrêter Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui, au volant d'un camion, a tué 86 personnes ce soir-là.

Gwenaël Leriche a "couru derrière" le poids-lourd, arrivant "à sa hauteur" mais sans parvenir à le dépasser et il a plaqué une personne au sol pour la protéger, a rappelé à l'audience son avocat au conseil, Me Patrice Spinosi.

N'ayant pas été "directement exposé au risque de mort ou de blessure", il a vu sa constitution de partie civile refusée par la cour d'appel, ce qu'il conteste en cassation.

Ce rejet s'appuie sur la jurisprudence, en particulier une décision du 11 avril 2018. La Cour de cassation avait alors confirmé un refus de partie civile pour une personne qui avait vu les jihadistes fusiller le bar La Belle équipe le 13-Novembre et s'était enfui avec la peur qu'on lui tire une balle dans le dos. Un "témoin malheureux" mais pas une partie civile, selon cet arrêt.

« Préjudice du héros »

L'audience de jeudi s'est tenue à quelques pas du procès des attentats de novembre 2015, où plus de 2.300 personnes se sont portées parties civiles et que d'autres continuent à le faire. Au-delà des victimes directes et de leurs proches - "par ricochet" - certains font partie des zones grises. La question de leur recevabilité a occupé plusieurs audiences depuis le début du procès le 8 septembre.

Gwenaël Leriche a un "traumatisme qui découle de cette course-poursuite" à Nice, "c'est la rançon de son courage", a plaidé Me Spinosi, évoquant le "préjudice du héros".

Le même jour, dans le chaos, une femme avait sauté depuis la promenade sur la plage, se blessant en tombant de quatre mètres en contrebas. Elle non plus n'a pas été "directement exposée à l'intention homicide du terroriste", n'ayant pas été "sur le parcours effectif du camion", arrêté 150 mètres plus haut, selon la cour d'appel.

Une décision "terriblement injuste", a plaidé Me Frédéric Rocheteau, son avocat au conseil. "Au moment où elle a sauté, personne ne savait que le camion serait immobilisé dans son parcours mortifère".

Dernier dossier évoqué: une femme qui se trouvait sur le parvis de la gare Marseille-Saint-Charles, le 1er octobre 2017. Elle avait alors tenté de freiner un homme qui a poignardé à mort deux cousines, en le frappant avec "la hampe d'un drapeau" qu'elle avait sous la main.

Un comportement "héroïque, là encore", ayant entraîné un "stress post-traumatique" et un "préjudice évident", selon Me Rocheteau, qui a rappelé que sa constitution avait été refusée notamment car "l'agresseur ne lui avait pas prêté attention" alors que les forces de l'ordre arrivaient.

Ces refus ne nient pas "l'existence" du préjudice mais le lien "direct" avec les "assassinats et tentatives", a souligné l'avocat général, qui a évoqué une distinction faite en Espagne avec les personnes "affectées", ayant besoin d'aide, en particulier psychologique, mais n'étant pas reconnues pénalement comme victime.

Il a cependant préconisé la cassation et leur reconnaissance comme partie civile: "Le préjudice qu'ils invoquent est né d'une initiative qu'ils ont prise en réaction à l'attentat", il y a donc un lien "indissociable" entre leur "action" et les "attentats", a-t-il estimé.

La Cour rendra sa décision le 15 février.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.