Etats-Unis: face au Covid, les infirmières itinérantes gardent les hôpitaux à flot

Les infirmières des urgences s'occupent des patients dans un couloir du Houston Methodist The Woodlands Hospital le 18 août 2021 à Houston, au Texas. (Photo, AFP)
Les infirmières des urgences s'occupent des patients dans un couloir du Houston Methodist The Woodlands Hospital le 18 août 2021 à Houston, au Texas. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 26 janvier 2022

Etats-Unis: face au Covid, les infirmières itinérantes gardent les hôpitaux à flot

  • Les infirmières itinérantes ne sont pas nouvelles, mais le secteur a vu ses revenus croître de 35% en 2020, et devrait encore grossir de 40% entre 2020 et 2021, selon les données de Staffing Industry Analysts
  • Elles gagnent parfois davantage d'argent que certains chirurgiens

WASHINGTON : Pour Allyssa Findorff, décider de prendre la route en enchaînant des contrats courts d'infirmière dans différents hôpitaux a été facile: elle avait toujours voulu voir le reste de l'Amérique, et le salaire était très alléchant.

Un an après le début de la pandémie, la jeune femme de 32 ans, son compagnon serveur dans des restaurants, et leur deux chiens, quittent donc leur Wisconsin natal. Elle qui a déjà travaillé aux urgences est d'abord affectée en Floride, puis dans le Colorado, et se trouve aujourd'hui en Arizona.

Les "infirmières itinérantes" aident à combler les manques partout dans le pays, alors que le variant Omicron pousse le système de soins dans ses retranchements, et que de nombreux employés raccrochent les gants face à de mauvaises conditions de travail.

"Mon compagnon et moi nous sommes mis d'accord pour ne rester quelque part que quatre mois, même si nous aimons beaucoup l'endroit, afin d'être sûrs de continuer à bouger", a raconté Allyssa Findorff à l'AFP. Le couple souhaite voir "les quatre coins du pays".

Les infirmières itinérantes ne sont pas nouvelles, mais le secteur a vu ses revenus croître de 35% en 2020, et devrait encore grossir de 40% entre 2020 et 2021, selon les données de Staffing Industry Analysts.

Elles gagnent parfois davantage d'argent que certains chirurgiens: les salaires peuvent aller jusqu'à 8 000 dollars par semaine, même s'il s'agit de l'estimation haute, selon Mike Press, recruteur pour l'agence Judge.

La plupart des offres d'emplois publiées actuellement sur des groupes Facebook tournent autour de 3 000 à 5 000 dollars par semaine. Ce qui reste significativement plus élevé qu'avant la pandémie, lorsque les infirmières itinérantes gagnaient environ 15% de plus par an que celles employées de façon fixe dans un hôpital.

Un an de salaire en trois mois

Les contrats durent généralement trois à quatre mois, durant lesquels les infirmières peuvent gagner autant qu'en un an avant la pandémie. Aujourd'hui certains hôpitaux "tâtent le terrain" pour des contrats de quatre à six semaines, selon Mike Press.

Dès l'apparition de la Covid-19, Stacey Bosak, 45 ans, a sauté sur l'opportunité de voyager en dehors de la région de Philadelphie.

Des opérations jugées non prioritaires étaient repoussées, et du personnel ne travaillant pas aux urgences était licencié. L'instinct de cette mère célibataire de quatre enfants l'a en outre toujours poussé à vouloir aider, malgré le danger, comme après le 11-Septembre lorsqu'elle avait conduit jusqu'à New York.

Il n'y avait alors pas grand chose à faire pour elle qui n'était pas encore infirmière. Mais lorsque la pandémie a frappé: "cette fois, j'avais les outils pour aider", raconte-t-elle à l'AFP.

Au printemps 2020, elle s'est ainsi de nouveau retrouvée à New York, devenu épicentre mondial de l'épidémie. Puis le Maryland, avant de revenir dans sa région sur un contrat court.

Selon elle, la vague actuelle liée à Omicron est comparable à "un enfer sur Terre". "L'hôpital n'est pas un bon endroit pour une personne malade aujourd'hui", dit-elle, étant donné les pénuries de personnel ou de matériel médical.

Pas d'assurance santé

Les hôpitaux ont accusé les agences de recrutement d'exploiter la pandémie pour le profit. En février 2021, l'American Hospital Association a appelé la Federal Trade Commission (FTC) à enquêter.

"Cela ne devrait pas être permis durant la pandémie, comme il ne devrait pas être permis aux entreprises de tripler le prix du bois de construction après un ouragan", a comparé dans un magazine spécialisé John Galley, en charge des ressources humaines pour l'hôpital de l'université de Pittsburgh.

Mais pour Edward Smith, directeur exécutif de l'Association des infirmières de Washington, la crise du secteur existait déjà bien avant la Covid-19. Une des raisons selon lui: le faible nombre d'infirmières comparé au nombre de patients, un ratio causé par la cupidité des hôpitaux eux-mêmes, et entraînant des burn out.

"Il n'y a pas de pénurie d'infirmières disponibles, il y a une pénurie d'infirmières d'accord pour mettre en péril leur autorisation d'exercer, leur vie, et les soins aux patients", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les groupes hospitaliers ont exercé un lobby intense pour empêcher les Etats de légiférer sur un ratio infirmière/patients -- dont 25 millions de dollars dépensés dans le Massachusetts en 2019.

Pendant ce temps, pour les infirmières, l'aubaine du voyage est accompagnée d'autres désavantages: la plupart des agences n'offrent pas de plans de retraite ou, ironiquement, d'assurance santé.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.