L’armée yéménite pénètre dans la province de Marib, les Houthis battent en retraite

Des combattants fidèles au gouvernement yéménite manipulent une arme sans recul sur la ligne de front de Jouba face aux Houthis à Marib. (Photo, AFP)
Des combattants fidèles au gouvernement yéménite manipulent une arme sans recul sur la ligne de front de Jouba face aux Houthis à Marib. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

L’armée yéménite pénètre dans la province de Marib, les Houthis battent en retraite

Des combattants fidèles au gouvernement yéménite manipulent une arme sans recul sur la ligne de front de Jouba face aux Houthis à Marib. (Photo, AFP)
  • «Nous pénétrons maintenant plus profondément dans les districts de Jouba et d’Abedia», a indiqué un responsable militaire à Arab News
  • Cette semaine, les forces gouvernementales se sont emparées de la majeure partie du district de Hareb, portant ainsi un coup dur aux Houthis

AL-MOUKALLA: Mercredi, des dizaines de Houthis ont été tués dans la province centrale de Marib alors que les troupes gouvernementales ont pénétré dans une nouvelle zone du district d’Abedia pour la première fois depuis des mois. Ce qui constitue une nouvelle avancée militaire dans la province, a déclaré un responsable militaire local à Arab News depuis Marib. 

Un jour après s’être emparés de sites montagneux stratégiques dans la région voisine de Hareb, l’armée yéménite et la brigade des Géants ont pris le contrôle d’Al-Jafara dans le district d’Abedia, au sud de Marib, et assiégé la base militaire d’Oum Rech dans le district de Jouba, également au sud de Marib, à la suite de violents combats avec les Houthis. Ces derniers subissent les attaques des troupes gouvernementales et les intenses frappes aériennes de la Coalition de soutien de la légitimité au Yémen. 

«Nous pénétrons maintenant plus profondément dans les districts de Jouba et d’Abedia», a indiqué le responsable militaire qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat. Selon les médias locaux, les avions de guerre de la coalition ont intensifié leurs frappes aériennes sur des cibles houthies dans le district d’Abedia, apparemment pour préparer le terrain avant l’avancée des troupes gouvernementales dans ce district stratégique. 

Cette semaine, les forces du gouvernement se sont emparées de la majeure partie du district de Hareb, y compris la ville de Hareb, portant ainsi un coup dur aux Houthis, ces derniers ayant essuyé de lourdes défaites à Marib depuis le début de l’année. Selon des responsables militaires, la prise de contrôle d’Abedia et de Jouba permettrait de protéger la ville de Marib contre les attaques des Houthis en provenance du sud et permettrait également aux troupes gouvernementales de progresser dans la province voisine d’Al-Bayda. 

L’année dernière, les Houthis ont assiégé des milliers de personnes dans le district d’Abedia et ont bombardé les zones résidentielles avec des missiles, des tirs de mortier et des drones chargés d’explosifs pour forcer les unités de l’armée locale et les combattants tribaux à se rendre. 

Le siège des Houthis a poussé des milliers de personnes au bord d’une famine massive et a suscité des condamnations locales et internationales. Le déploiement par la coalition de centaines de combattants de la brigade des Géants de la côte ouest du pays vers la province centrale de Marib à la fin de l’année 2021 a permis aux troupes gouvernementales de contrer les avancées militaires des Houthis au sud de Marib et dans la province de Chabwa. 

Mercredi, la coalition a affirmé avoir tué plus de 160 Houthis au cours de 31 frappes aériennes à Marib, Al-Bayda et Taïz. L’annonce de la coalition sur les dernières victimes houthies est intervenue moins d’un jour après que ses avions de guerre ont lancé des frappes aériennes intensives contre des cibles militaires dans la ville de Sanaa contrôlée par les Houthis, provoquant des explosions tonitruantes. 

Des habitants ont rapporté avoir vu des flammes et de la fumée s’échapper des bases militaires situées au nord, à l’ouest et à l’est de Sanaa dans la nuit de mardi à mercredi. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des missiles tirés par les avions de guerre de la coalition explosant à l’intérieur de bases militaires situées en montagne. 

La coalition a accusé les Houthis de stocker et d’assembler des missiles balistiques et des drones chargés d’explosifs qui ont visé l’Arabie saoudite depuis des bases militaires à Sanaa. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


HRW dénonce l’arrestation «sans fondements» de plusieurs militants en Iran

Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système d'échelle des salaires. (Photo, AFP)
Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système d'échelle des salaires. (Photo, AFP)
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  • Il s'agit d'une « nouvelle tentative désespérée de faire taire le soutien aux mouvements sociaux populaires en plein essor »
  • Le pays est secoué par des grèves du travail et des protestations contre la hausse des prix des produits de base

LONDRES : L'Iran a arrêté plusieurs militants de premier plan sur la base de ce que Human Rights Watch a qualifié vendredi d' « accusations sans fondement », dans un contexte de grèves du travail et de protestations contre la hausse des prix.

Citant des organes de presse proches de l'appareil de renseignement iranien, HRW a déclaré que les personnes arrêtées sont accusées d'être « en contact avec des acteurs étrangers suspects », bien qu'aucune preuve n'ait été fournie pour étayer cette affirmation hormis les autorités qui ont confirmé avoir arrêté deux Européens au début du mois.

« L'arrestation de membres de premier plan de la société civile iranienne sur la base d'accusations sans fondement d'ingérence étrangère malveillante est une nouvelle tentative désespérée de faire taire le soutien aux mouvements sociaux populaires en plein essor dans le pays », a déclaré Tara Sepehri Far, chercheuse senior sur l'Iran à HRW.

« Au lieu de chercher l'aide de la société civile pour comprendre et répondre aux problèmes sociaux, le gouvernement iranien les traite comme une menace inhérente. »

Depuis le 6 mai, les gens se sont rassemblés dans au moins 19 villes et villages pour protester contre la nouvelle selon laquelle l'Iran connaîtra des augmentations de prix des produits essentiels dans les mois à venir ; des députés ont assuré qu'au moins deux personnes ont été tuées dans les protestations jusqu'à présent.

Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système de rémunération.

HRW indique qu'au cours des quatre dernières années, l'Iran a connu un pic dans les manifestations de grande ampleur, organisées par les principaux syndicats, en raison des inégalités économiques découlant de la baisse du niveau de vie.

L'organisation ajoute que les forces de sécurité ont répondu aux manifestations par une force excessive et meurtrière et ont arrêté des milliers de personnes, utilisant les poursuites et l'emprisonnement sur la base d'accusations illégitimes comme principal outil pour réduire au silence les dissidents éminents et les défenseurs des droits de l'homme.

Depuis que ces dernières manifestations ont commencé début mai, les autorités ont fortement perturbé l'accès à Internet dans plusieurs provinces.

« Les autorités iraniennes cherchent depuis longtemps à criminaliser la solidarité entre les membres des groupes de la société civile à l'intérieur et à l'extérieur du pays », a déclaré Sepehri Far.

« L'intention est d'empêcher la responsabilisation et l'examen des actions de l'État que la société civile fournit. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ankara et Téhéran s'efforcent de combler le «vide» laissé par Moscou en Syrie

Un soldat russe monte la garde dans le nord-est de la province de Hasakeh, en Syrie (Photo, AFP).
Un soldat russe monte la garde dans le nord-est de la province de Hasakeh, en Syrie (Photo, AFP).
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  • La crise ukrainienne risque d'accroître la dépendance du régime de Damas vis-à-vis de Téhéran, déclare un analyste à Arab News
  • Ankara et Téhéran soutiennent des camps rivaux dans le conflit syrien, l'Iran soutenant le régime d'Assad, tandis que la Turquie soutient l'opposition syrienne

ANKARA: Le retrait de dizaines de milliers de soldats russes de Syrie pour renforcer les troupes russes en Ukraine pourrait marquer un tournant dans le conflit syrien et conduire à une course entre Téhéran et Ankara pour combler le vide laissé par Moscou dans le pays, selon d’éminents analystes. 

La Russie, l'Iran et la Turquie sont les pays garants des pourparlers d'Astana sur la Syrie, qui visent à négocier un accord de paix permanent en réunissant les parties en conflit.

Cependant, la Russie a été la force d'équilibre dans ce trio, empêchant l’enracinement incontrôlé des milices soutenues par l'Iran.

Mais aujourd'hui, les bases russes abandonnées auraient été transférées au corps paramilitaire iranien des gardiens de la révolution (CGRI) et au Hezbollah, tandis que Téhéran devrait envoyer davantage de troupes en Syrie pour combler le vide laissé par le personnel militaire russe à destination de l'Ukraine.


Liban: Le gouvernement adopte un plan de redressement économique

Il s’agit une mesure indispensable pour obtenir l'aide internationale nécessaire en vue de relancer l’économie du Liban (Photo, Reuters).
Il s’agit une mesure indispensable pour obtenir l'aide internationale nécessaire en vue de relancer l’économie du Liban (Photo, Reuters).
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  • Cette réunion intervient cinq jours après des législatives marquées par une percée de candidats indépendants
  • Il reviendra au prochain gouvernement et au nouveau Parlement de mettre en oeuvre ce plan, qui comprend la restructuration et la recapitalisation des banques

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a approuvé vendredi un plan de redressement économique, une mesure indispensable pour obtenir l'aide internationale nécessaire en vue de relancer son économie, qui s'effondre depuis plus de deux ans.

Cette réunion, la dernière du gouvernement de Najib Mikati, intervient cinq jours après des législatives marquées par une percée de candidats indépendants issus de la contestation populaire contre la classe politique.

Depuis 2019, le Liban est miné par la pire crise socio-économique de son histoire imputée par une grande partie de la population, des organisations internationales et pays étrangers à la corruption et l'inertie de la classe dirigeante, inchangée depuis des décennies.

"Tout retard dans la mise en oeuvre du plan de redressement économique coûtera très cher aux Libanais", a déclaré le Premier ministre Najib Mikati lors d'un point presse à l'issue de la réunion.

L'adoption de réformes ambitieuses, y compris la mise en oeuvre d'un plan de redressement économique, est l'une des nombreuses conditions exigées par le Fonds monétaire international (FMI) pour que le Liban puisse obtenir une aide financière cruciale.

Il reviendra au prochain gouvernement et au nouveau Parlement de mettre en oeuvre ce plan, qui comprend la restructuration et la recapitalisation des banques, et la protection des petits épargnants "dans la mesure du possible", selon le document officiel de cinq pages consulté par l'AFP.

Le plan évoque également la dissolution des banques en difficulté, tout en "protégeant les petits déposants".

Le gouvernement a par ailleurs augmenté les prix des télécommunications, une décision controversée dans un pays où la monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur.

A partir de juillet la facture d'Internet et des téléphones mobiles des Libanais va ainsi plus que doubler.

Jeudi, le ministre des Télécommunications Johnny Corm avait mis en garde contre l'effondrement de ce secteur en raison de la dévaluation de la monnaie.

En octobre 2019, un soulèvement populaire inédit avait été déclenché au Liban à la suite d'une décision du gouvernement d'imposer une taxe sur les appels effectués via l'application mobile WhatsApp.