Présidentielle: Maréchal et la primaire agitent à l'extrême droite et à gauche

L'ex-députée Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen, ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ? JOËL SAGET / AFP
L'ex-députée Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen, ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ? JOËL SAGET / AFP
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Publié le Vendredi 28 janvier 2022

Présidentielle: Maréchal et la primaire agitent à l'extrême droite et à gauche

  • L'ex-députée Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen, ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ?
  • Les questions internationales rattrapent aussi les débats vendredi

PARIS: La primaire populaire d'un côté, éventuel ralliement de Marion Maréchal à Eric Zemmour: les candidats de gauche et d'extrême droite attendent chacun un vote ou une décision qui pourrait marquer un tournant dans leurs campagnes respectives.
Les questions internationales rattrapent aussi les débats vendredi.
Le quasi candidat Emmanuel Macron, toujours pas déclaré mais en tête dans les sondages, doit s'entretenir vendredi avec Vladimir Poutine alors que les Etats-Unis mettent la pression sur le président russe en le menaçant de faire du gazoduc Nord Stream 2, entre la Russie et l'Allemagne, un projet mort-né en cas d'invasion de l'Ukraine.
Nul doute que le dossier russo-américano-ukrainien sera également abordé à Madrid, où la candidate du RN Marine Le Pen rencontre vendredi et samedi les Premiers ministres hongrois Viktor Orban et polonais Mateusz Morawiecki, ainsi qu'une dizaine d'autres responsables souverainistes d'extrême droite et conservateurs européens.
Son rival d'extrême droite Eric Zemmour continue lui de battre la campagne vendredi, à la rencontre d'agriculteurs avant un meeting dans le Loir-et-Cher, fief de l'ex-numéro deux de LR Guillaume Peltier qui l'a rallié début janvier, avant les eurodéputés issus du RN Jérôme Rivière et Gilbert Collard.
L'ex-députée Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen, ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ?
Si elle loue le fait qu'il "a fait beaucoup de progrès dans la posture, le ton, la gravité", elle dit ne pas avoir "envie de recréer des fractures familiales" au sein de la famille Le Pen.

Dynamique ou revers pour Taubira

A gauche, le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, premier dans les sondages d'une gauche fracturée, à 9-10%, a de nouveau débattu jeudi soir sur C8 avec Eric Zemmour. "Créolisation" contre "grand remplacement": deux visions se sont affrontées.
Le leader de LFI, comme les candidats écologistes Yannick Jadot et socialiste Anne Hidalgo, refuse de participer à la primaire populaire, vote citoyen lancé jeudi, jusqu'à 17H00 dimanche.
A l'inverse, l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, donnée favorite et qui a fait son premier meeting jeudi soir à Bordeaux, en reconnaîtra l'issue, qui aura des répercussions sur la famille de la gauche.
Sa victoire pourrait créer pour elle une dynamique, la rendant forte de la légitimité d'un vote pour lequel 467.000 se sont inscrites. Mais elle poserait un sérieux problème à tous les autres candidats de gauche qui assurent vouloir aller jusqu'au bout de leurs campagnes respectives.
A l'inverse, un échec de Christiane Taubira poserait la question de son retrait de la course, l'ancienne ministre ayant toujours affirmé qu'elle ne souhaitait être qu'"une candidature de plus".
Vendredi matin, plus de 30% des inscrits avaient voté, selon les organisateurs.

Rebond de la croissance

En attendant l'issue, Anne Hidalgo est vendredi au Salon Outre-Mer à Paris, et Yannick Jadot a publié son programme jeudi soir. Entre autres: arrêt de 10 réacteurs nucléaires d'ici 2035, 6.000 nouvelles éoliennes, "ISF climatique", construction de 700.000 logements sociaux, mais aussi Smic à 1.500 euros nets en 2027 et négociations salariales par branche.
Si le gouvernement s'est réjoui d'une croissance record de 7% en 2021, Yannick Jadot a critiqué sur France Info une croissance "inégalement répartie" et qui "ne permet pas de lutter contre les défis" climatique et de "justice sociale", au lendemain de manifestations en France pour la hausse des salaires.
"Méfions-nous de ces chiffres", a aussi réagi le député LFI Alexis Corbière sur Public Sénat, car il y a aussi "un million supplémentaire de nos concitoyens qui sont passés sous le seuil de pauvreté".
La droite n'est pas en reste sur ces thématiques économiques et sociales.
La candidate LR Valérie Pécresse, qui avait ces derniers mois proposé d'augmenter de 10% les salaires nets du privé allant jusqu'à 2,2 Smic, est en train d'en retravailler les modalités.
Elle est attendue vendredi au centre hospitalier d'Oyonnax (Ain).

 


Farandou défend un budget de compromis, «pas un 49.3 qui brutaliserait le Parlement»

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat. (AFP)
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  • "Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement"
  • M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget

PARIS: Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a défendu vendredi sur France 2 un budget "de compromis", assurant que l'usage de l'article 49.3 ne "brutalise" pas le Parlement, après de longues heures de débat.

"Ce budget, c'est un budget de compromis. Ce n'est pas du tout un 49.3 qui brutaliserait le Parlement", a-t-il estimé. "Il y a eu 350 heures de débats. C'est au contraire un budget qui cristallise un compromis, un consensus".

M. Farandou s'est montré prudent sur l'issue des votes sur les mentions de censure déposées par la gauche hors PS et l'extrême droite, en réponse au 49.3 déclenché mardi par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget. Des motions qui devraient a priori être rejetées vendredi.

"On est toujours prudent sur le résultat d'un vote qui sera serré", a-t-il dit, estimant qu'"il ne faut surtout pas vendre la peau de l'ours".

M. Farandou a estimé que l'absence de budget "serait une catastrophe pour le pays".

Interrogé sur l'existence d'un "virage à gauche" du budget avec l'annonce vendredi de la hausse de la prime d'activité de 50 euros en moyenne pour trois millions de Français, il a insisté sur le fait que cette mesure "n'est ni de gauche ni de droite ou de gauche et de droite".

"Bien sûr, la gauche y voit une mesure de pouvoir d'achat, mais je pense que les gens de sensibilité de droite y voient une incitation au travail", a-t-il pointé. "C'est typiquement la mesure qui est bonne pour les Français et qui au fond permet le consensus, du PS aux Républicains".

"On est en train d'affiner, on fera tout ce qu'on peut", a-t-il aussi répondu au journaliste qui lui demandait si la hausse pourrait être de plus de 50 euros, tout en insistant sur la nécessité de ne pas creuser le déficit.


Macron veut que la France et l'Europe soient "respectées"

Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, portant des lunettes de soleil, s'adresse à la presse à son arrivée à une réunion du Conseil européen consacrée aux récents développements dans les relations transatlantiques, à Bruxelles, le 22 janvier 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron affirme que l’unité européenne a permis de faire retomber les tensions avec les États-Unis sur le Groenland, tout en réaffirmant le soutien à la souveraineté danoise
  • Il insiste sur la nécessité pour la France et l’Europe d’être respectées, se disant prêt à agir fermement, y compris via les outils commerciaux européens, en cas de nouvelles menaces

BRUXELLES: Emmanuel Macron a affirmé jeudi vouloir que la France et l'Europe soient "respectées", et s'est "félicité" du retour à une situation "beaucoup plus acceptable" avec les Etats-Unis, après une "escalade" et des "menaces d'invasion" et "tarifaires" au sujet du Groenland.

"On se réunit aujourd'hui dans ce Conseil informel européen pour marquer l'unité des Européens en soutien du Danemark, de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et pour aussi acter que quand l'Europe est unie, forte, réagit vite, les choses rentrent dans l'ordre et dans le calme", a dit le président français à son arrivée à Bruxelles. "Même si nous restons vigilants", a-t-il ajouté.

Des discussions mercredi à Davos, en Suisse, entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" au sujet du territoire autonome danois.

Donald Trump a coup sur coup fait marche arrière sur sa menace d'action militaire pour s'en emparer, puis de droits de douane accrus contre les pays européens qui s'y opposeraient.

A Davos, mardi, Emmanuel Macron avait dénoncé la diplomatie "brutale" des Etats-Unis. En retour, le lendemain, le président américain avait estimé que son homologue français, qui porte depuis plusieurs jours des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire, avait "joué le dur à cuire".

Interrogé sur ces passes d'armes, Emmanuel Macron a assuré que ça "ne dépend pas" de lui.

"Moi je suis extrêmement calme et constant. Ca fait neuf ans que vous m'entendez parler d'indépendance européenne, d'autonomie stratégique européenne, de respect de la souveraineté partout. On le fait en Ukraine, on le fait pour la Palestine, on le fait pour le Danemark et nous, nous sommes prévisibles", a-t-il affirmé à la presse.

"Simplement, on entend que la France soit respectée, que l'Europe soit respectée. A chaque fois qu'elles ne le seront pas, nous nous exprimerons et agirons avec clarté", a-t-il ajouté.

Selon le président français, qui avait invoqué le recours au puissant outil "anti-coercition" de l'Union européenne face aux menaces commerciales américaines, "quand l'Europe réagit de manière unie en utilisant les instruments qu'elle a à sa disposition tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire respecter".


Narcotrafic: cinq hommes, dont quatre Colombiens, soupçonnés d'un meurtre en France

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes
  • Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran

LYON: Cinq hommes, dont quatre Colombiens, ont été inculpés et écroués jeudi en France, soupçonnés du meurtre d'un jeune homme et de préparer un autre règlement de comptes pour un narcotrafiquant français détenu dans leur pays.

Ils avaient été arrêtés en début de semaine à Lyon, dans le sud-est de la France: quatre dans une voiture volée, en possession de nombreuses armes, dans la nuit de dimanche à lundi, et un cinquième homme dans un appartement.

Ils sont soupçonnés du meurtre d'une balle dans la tête d'un homme de 23 ans à Écully, dans la banlieue de Lyon, le 12 novembre, a expliqué jeudi le procureur de Lyon, Thierry Dran.

Le juge les a inculpés notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs, et ils ont été écroués, ont indiqué dans la soirée à l'AFP leurs avocats.

Agés de 25 à 30 ans, ils étaient soupçonnés, au moment de leur arrestation, d'avoir planqué plusieurs heures dans cette voiture dans un parking du centre de Lyon en vue de commettre un règlement de compte, selon des sources policières. L'appartement dans lequel le cinquième a été appréhendé leur servait de planque.

En plus du meurtre d'Écully, l'information judiciaire les visait pour "tentative de meurtre et (...) préparation d'un crime en bande organisée", a précisé le procureur.

Ils sont soupçonnés d'être des "mercenaires" ou des "tueurs à gage" recrutés en Colombie par un narcotrafiquant français de Lyon détenu dans ce pays d'Amérique latine, principal producteur de cocaïne, selon une source policière.

Il s'agit d'un habitant du quartier populaire de La Duchère, à Lyon, limitrophe d'Écully. Soupçonné d'être un gros trafiquant, Karim B.A., surnommé "Fiston", est en détention en Colombie, en attente d'extradition.

Accusé d’avoir commandité des fusillades à La Duchère visant des policiers et des rivaux, il fait l’objet de poursuites judiciaires pour "homicide et tentative d'homicide en bande organisée".

En fuite en Colombie, il a été arrêté dans la région de Cali (sud-ouest) le 25 octobre 2022.

Le quartier de La Duchère a été traversé par de nombreux épisodes de violences armés ces dernières années.

Pour les enquêteurs, la présence de mercenaires colombiens à Lyon s'inscrit dans le cadre d'un affrontement entre deux clans rivaux pour le contrôle de points de deal dans ce quartier.

Deux anciens militaires colombiens, eux aussi soupçonnés d'être des tueurs à gage, avaient déjà été arrêtés fin 2024 dans la banlieue de Lyon.

La Colombie abrite de nombreux groupes armés - guérilleros, paramilitaires, cartels - héritiers d'un conflit vieux de six décennies, qui n'a pas cessé malgré le désarmement des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en 2017.