Faut-il transformer le port de Beyrouth, dévasté par l’explosion, en lieu de commémoration?

 Inondé de lumière naturelle, le bâtiment de thérapie par le son proposerait des séances de méditation et de comportement cognitivo-comportemental. (Fourni)
Inondé de lumière naturelle, le bâtiment de thérapie par le son proposerait des séances de méditation et de comportement cognitivo-comportemental. (Fourni)
Short Url
Publié le Samedi 29 janvier 2022

Faut-il transformer le port de Beyrouth, dévasté par l’explosion, en lieu de commémoration?

  • Repurpose 607 envisage de construire un musée commémoratif, un espace de sonothérapie et un amphithéâtre sur le site de l’explosion
  • Sultan el-Halabi s’est inspiré du mémorial du 11-septembre à New York pour concevoir un lieu de commémoration pour le Liban

DUBAÏ: Pour Sultan el-Halabi, le 4 août a commencé comme n’importe quel autre jour à Beyrouth. Sa mère et lui se rendaient en voiture de leur village natal, dans le Chouf, vers la capitale libanaise, où ils ont loué une chambre dans un hôtel face à la mer pour se reposer.

Mais, peu après 18h, la mère de M. El-Halabi a ressenti un étrange tremblement. Il a donc traversé la pièce pour se rendre sur le balcon afin de comprendre ce qui se passait quand, tout à coup, le cadre de la fenêtre s’est détaché et s’est effondré juste devant lui. Ils ont eu la chance de s’en sortir indemnes.

«Personne ne pouvait s’y attendre», explique l’architecte diplômé âgé de 23 ans, à Arab News depuis son domicile à Dubaï, plus d’un an après l’explosion du port de Beyrouth – une catastrophe qui a fait plus de 200 morts et fait quelque 300 000 sans-abri. «Je me souviens de la ville juste après le drame. À l’hôtel, on avertissait les gens de rester à l’intérieur car il pouvait y avoir de l’acide ou des produits chimiques dans l’air. Le ciel avait changé de couleur. Il était devenu plus rougeâtre. C’était comme une zone de guerre. En une seule seconde, tout avait complètement disparu.»

Les cicatrices de l'explosion restent visibles sur les toits de la ville. (AFP)
Les cicatrices de l'explosion restent visibles sur les toits de la ville. (AFP)

Plus d’un an plus tard, les cicatrices demeurent visibles sur les toits de la ville. Ce qui est moins visible, cependant, sont les cicatrices mentales que l’explosion a laissées sur ceux qui ont survécu et qui ont perdu des maisons, des entreprises et des êtres chers. «Au Liban, vous vivez maintenant comme si chaque jour était le dernier», poursuit M. El-Halabi. «Restez toujours en contact avec vos proches, car vous ne savez jamais ce qui peut arriver.»

Les cicatrices de l'explosion restent visibles sur les toits de la ville. (AFP)

Cette tragédie a incité le jeune homme à baser son projet de fin d’études à l’université américaine de Dubaï sur la restauration du port dévasté, en le transformant en un site accessible, multifonctionnel et créateur d’emplois pouvant être «rendu au peuple». Son projet, intitulé «Repurpose 607», envisage de remplacer les cinq entrepôts endommagés par un musée commémoratif, un espace de sonothérapie, un amphithéâtre et un parking souterrain.

"Tout, en une seconde, a complètement disparu", a déclaré Sultan El-Halabi, faisant référence à la tragédie portuaire. (Fourni)

Le site comprendrait également une bibliothèque, des bureaux et un café, ainsi qu’un sentier circulaire surélevé qui offrira aux visiteurs une vue d’ensemble du port. Inondé de lumière naturelle, le bâtiment de sonothérapie proposera des séances de méditation et de comportement cognitif pour aider les personnes souffrant de troubles post-traumatiques dus à l’explosion.

«Encore aujourd’hui, de nombreuses personnes font toujours référence à l’explosion ou se mettent à l’abri si elles entendent une légère détonation ou un bruit bizarre», racontel’architecte. La sonothérapie pourrait aider les habitants traumatisés de Beyrouth à trouver le calme et à tourner la page. Le musée commémoratif comprendrait une chronologie de l’histoire de Beyrouth jusqu’au jour de l’explosion et les noms des victimes gravés sur une grande pierre triangulaire.

M. El-Halabi compare cet hommage à la manière dont les Américains ont honoré les morts à New York après les attentats terroristes du 11-septembre. «Ils n’ont rien reconstruit à l’endroit où se trouvaient les tours jumelles», indique-t-il. «Ils ont dédié cette parcelle de terrain aux gens et l’ont transformée en un magnifique lieu de commémoration, afin que les souvenirs de ceux qui ont perdu la vie restent à jamais gravés dans les mémoires. Cela m’a inspiré pour faire un projet  similaire pour le Liban», explique-t-il.

Le site proposé serait doté de sentiers piétonniers ainsi que de zones de verdure et de sièges pour offrir un espace de réflexion tranquille à l’écart du trafic urbain. Un sous-sol serait également construit pour accueillir une galerie permettant aux artistes libanais d’exposer leurs œuvres. Esthétiquement géométrique et original, c’est un lieu conçu pour le bien de la population, afin de l’aider «à surmonter le traumatisme et pour qu’elle voie la beauté du site au lieu de toujours en avoir peur», poursuit M. El-Halabi.

La tragédie a motivé le sultan El-Halabi à fonder son projet de fin d'études supérieures sur la restauration du port dévasté. (Fourni)
La tragédie a motivé le sultan El-Halabi à fonder son projet de fin d'études supérieures sur la restauration du port dévasté. (Fourni)

Dans son projet, un seul élément crucial du site restera intact et préservé: les énormes silos à grains, qui, selon les experts, ont protégé la ville de tout dommage supplémentaire. «Ces silos symbolisent la force et le pouvoir», affirme le jeune architecte. «Ils prouvent au monde que nous pouvons surmonter tous les obstacles auxquels nous sommes confrontés». Il reconnaît qu’il faudra peut-être du temps pour que les habitants traumatisés de la capitale libanaise se sentent émotionnellement prêts à rendre visite à un site rénové. «Bien sûr, cela pourrait être controversé», convient-il. «Beaucoup de personnes ont des opinions différentes et on ne peut pas les changer si facilement. Chacun est libre de voir les choses comme il le souhaite, mais je peux au moins les éclairer sur les avantages de cette proposition.»

En tant qu’étudiant s’intéressant à la technologie numérique de pointe, M. El-Halabi admire les idées d’architectes pionniers comme Antoni Gaudí, Frank Gehry, et surtout Santiago Calatrava, qui a conçu le pavillon des Émirats arabes unis en forme d’aile de faucon à l’Expo 2020 de Dubaï.

Le site proposé comporterait des sentiers pédestres ainsi que des zones de verdure et de places assises pour offrir un espace de réflexion tranquille. (Fourni)
Le site proposé comporterait des sentiers pédestres ainsi que des zones de verdure et de places assises pour offrir un espace de réflexion tranquille. (Fourni)

Ayant vécu presque toute sa vie à Dubaï, le jeune homme dit avoir été fortement influencé par l’évolution constante de son environnement, considéré comme l’un des paysages urbains les plus spectaculaires et expérimentaux au monde. «Tout a commencé avec des dunes», lance-t-il, faisant référence à la croissance astronomique de Dubaï au cours des dernières décennies. «Ils ont réussi à transformer les Émirats arabes unis en un lieu paradisiaque. Cela m’inspire beaucoup et me montre que rien n’est impossible en si peu de temps.»

Esthétiquement géométrique et audacieux, c'est un lieu conçu pour le bien des gens. (Fourni)
Esthétiquement géométrique et audacieux, c'est un lieu conçu pour le bien des gens. (Fourni)

Il adhère également à l’idée selon laquelle l’architecture ne se résume pas à ses éléments stylistiques et doit servir à améliorer la vie des habitants. «Il s’agit de trouver la satisfaction qui leur manque et d’essayer de leur fournir ce dont ils ont besoin», souligne-t-il. «L’architecture ne se limite pas à concevoir ou à placer à un endroit un bâtiment. Il faut aussi penser à ceux qui le côtoient et leur fournir des installations qui s’intègrent parfaitement à leur environnement.»

L'idée a été qualifiée de "intelligente et réfléchie". (Fourni)

En octobre 2021, dans le cadre de la semaine du design de Dubaï, Repurpose 607 figurait parmi les 60 propositions qui ont été retenues pour le Mena Grad Show, où des diplômés de toute la région présentent leurs projets visant à trouver des solutions à des problèmes sociaux, sanitaires et environnementaux.

Le sultan El-Halabi compare cet hommage à la façon dont les Américains ont honoré les victimes des attentats terroristes du 11 septembre. (Fourni)
Le sultan El-Halabi compare cet hommage à la façon dont les Américains ont honoré les victimes des attentats terroristes du 11 septembre. (Fourni)

Carlo Rizzo, conservateur de l’édition 2021 du Mena Grad Show, a fait l’éloge du projet de Sultan el-Halabi, le décrivant comme l’un des «meilleurs proposés». «Repurpose 607 m’a tout d’abord touché pour son empathie», confie M. Rizzo à Arab News. «C’est une solution architecturale qui va bien au-delà de l’architecture. Elle considère l’environnement bâti comme une plate-forme pour renforcer la résilience de nos communautés et se base sur la santé mentale et le bien-être», affirme-t-il. «Se souvenir des victimes et transformer le site en un lieu de guérison n’est pas seulement une idée intelligente et réfléchie, mais une solution urgente répondant à un besoin très réel.»

"C'est une solution architecturale qui va bien au-delà de l'architecture", a déclaré Carlo Rizzo. (Fourni)
"C'est une solution architecturale qui va bien au-delà de l'architecture", a déclaré Carlo Rizzo. (Fourni)

M. El-Halabi, qui travaille actuellement pour un cabinet d’architectes basé à Dubaï, espère voir son projet au port de Beyrouth se concrétiser un jour. «Je me suis rendu deux fois au Liban depuis l’explosion», raconte-t-il. «Chaque fois que je passe devant le port, j’imagine toujours à quoi mon projet ressemblerait s’il était construit. Il pourrait avoir du potentiel.»

"Repurpose 607" faisait partie des 60 soumissions qui ont été présentées au MENA Grad Show. (Fourni)
"Repurpose 607" faisait partie des 60 soumissions qui ont été présentées au MENA Grad Show. (Fourni)

Twitter: @artprojectdxb

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
Short Url
  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Short Url
  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.


Mort d'un bébé palestinien: une ONG contredit la version de l'armée israélienne, vidéo à l'appui

Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
Short Url
  • Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire"
  • L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés

JERUSALEM: L'organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a diffusé mardi une vidéo contredisant, selon elle, la version de l'armée sur la mort d'un bébé palestinien, tué par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée la semaine dernière.

Sam Fahd Abou Haikal, sept mois, est décédé et ses parents ont été légèrement blessés lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu vendredi sur la voiture de la famille dans la ville de Hébron, selon des sources palestiniennes.

L'armée avait indiqué, après une enquête préliminaire, qu'un de ses soldats avait ouvert le feu "sur des civils" non suspects, après que leur véhicule avait accéléré en direction de troupes.

Toutefois, selon une vidéo publiée par B'Tselem sur X, la voiture a ralenti et s'est arrêtée à l'approche de deux soldats israéliens. Les images ne montrent pas le moment des tirs, mais les instants d'après, la famille palestinienne se tenant près de leur voiture tandis que le bébé saigne dans les bras de son père.

Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire".

L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés.

"Après les tirs, le soldat qui avait ouvert le feu et un autre soldat qui l'accompagnait ont quitté les lieux sans vérifier le véhicule ni aider le bébé et sa mère, grièvement blessés", a affirmé B'Tselem, toujours sur X.

Sollicitée mardi soir, l'armée israélienne a indiqué à l'AFP qu'elle "vérifiait" la vidéo publiée par l'ONG.

Lors des funérailles du nourrisson samedi, son père a dit rejeter l'idée que les tirs résultaient d'une erreur: "quand plus d'une balle est tirée, qu'il n'y a pas de tir de sommation et aucun avertissement, ça ne peut pas être une erreur".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.