Les envies d'expatriation des travailleurs français transformées par la Covid-19

Des ressortissants français font la queue devant l'aéroport international de Sydney pour être rapatriés en France le 2 avril 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus COVID-19. (Peter Parcs/AFP)
Des ressortissants français font la queue devant l'aéroport international de Sydney pour être rapatriés en France le 2 avril 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus COVID-19. (Peter Parcs/AFP)
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Publié le Lundi 31 janvier 2022

Les envies d'expatriation des travailleurs français transformées par la Covid-19

  • Le Covid, les fermetures de frontières, les confinements depuis mars 2020 ont perturbé la mobilité des travailleurs à l'étranger
  • Plus faciles d'accès et moins incertains par temps de pandémie, certains pays voisins de la France, qui attiraient moins, ont converti en atouts leurs faiblesses d'hier

PARIS : «Me barrer hors de France !»: Comme Stéphane, informaticien de 48 ans, les candidats à l'expatriation professionnelle ont survécu à une crise sanitaire du Covid-19 qui a toutefois resserré autour de l'Europe et du Canada l'intérêt des travailleurs.

«Suède, Grande-Bretagne, États-Unis, tout est ouvert», poursuit l'ingénieur, croisé lors du Salon du travail et de la mobilité professionnelle et nullement inquiété par la pandémie. «Je vois bien qu'elle devient moins virulente».

«Le Covid n'est pas l'alpha et l'oméga de notre vie future, assure Jérôme. On est sur la fin, il faut se projeter. L'ambiance est déprimante en France. Mes amis étrangers ont l'air plus heureux».

Le communiquant de 44 ans qui a passé dix ans aux Etats-Unis repartirait bien. Après avoir écarté l'Australie, «trop compliquée administrativement», il vise le Canada.

Le Covid, les fermetures de frontières, les confinements depuis mars 2020 ont effectivement perturbé la mobilité des travailleurs à l'étranger, reconnaît Florence Dumontier, de Pôle Emploi International.

«On a accompagné 17.500 personnes en 2021 contre une vingtaine de milliers les années précédentes. Mais ça frémit de nouveau», selon l'experte, qui indique que le ralentissement a souvent été mis à profit par les candidats au départ pour murir leurs projets.

«En revanche, des gens reviennent car l'expatriation est désormais plus fragile, nuance-t-elle. Quand on est loin, il n'y a plus d'avions, on ne peut plus voir sa famille».

«Dans ce contexte, les gens sont moins encouragés à partir aux Etats-Unis, en Australie. C'est plus orienté sur l'Europe et le Canada. L'Espagne et les Pays-Bas sortent du lot», dit-elle.

Plus faciles d'accès et moins incertains par temps de pandémie, certains pays voisins de la France, qui attiraient moins en raison de leur proximité ou du manque de dépaysement, ont ainsi converti en atouts leurs faiblesses d'hier.

- Expatriation médicale ? -

«La concurrence avec d'autres pays existe depuis longtemps, reconnaît Louise van Winkle, du bureau des visas de l'ambassade du Canada à Paris. «Peut-être que ceux qui se sont habitués au télétravail chercheront maintenant plus le soleil et les plages...»

Après des accords binationaux, le programme EIC de son pays offre 14.000 places par an à des professionnels français de moins de 35 ans notamment. En 2021, il y a eu près de 10.000 demandes, avec un léger ralentissement.

«Les gens se rendent bien compte qu'on ne peut pas compter sur l'avion pour venir du jour au lendemain», reconnaît la diplomate. «Certains se questionnent aussi sur l'éloignement acceptable par rapport à leurs proches».

Les besoins se font particulièrement sentir dans la santé ou le soin à la personne. Mais «on ne veut pas non plus prendre à la France ses soignants», sourit la Canadienne en expliquant que la réglementation de ces professions complique le recours à des étrangers.

«Avec la fermeture des frontières, les entreprises canadiennes ont pris conscience de l'importance de leur main d’œuvre étrangère», précise Nicolas Demarthe, employé du cabinet québécois GoRH.

«En 2020, on a envoyé environ une dizaine de travailleurs au Canada. En 2021, c'était environ trois fois plus et 2022 a redémarré sur les mêmes bases. Pourtant, pour une entreprise, c'est plus long et coûteux de recruter un Français», poursuit le recruteur.

Signe d'une diversification des profils cibles, il vient notamment de rencontrer un informaticien d'une quarantaine d'années et un quinquagénaire spécialisé dans les achats.

«Aide-soignants, infirmiers, ce sont évidemment des métiers très recherchés», reconnaît-il toutefois.

Après avoir été un frein à la mobilité au début de la crise, le Covid pourrait bien maintenant favoriser une certaine forme d'expatriation médicale.


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
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  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
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  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.