Ehpad privés: Orpea limoge son patron, le groupe visé par une « action collective » de familles

Cette photo d'archive prise le 26 janvier 2022 montre le logo du groupe ORPEA qui se lit ainsi : "Orpea, la vie continue avec nous" à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022.(AFP)
Cette photo d'archive prise le 26 janvier 2022 montre le logo du groupe ORPEA qui se lit ainsi : "Orpea, la vie continue avec nous" à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, le 26 janvier 2022.(AFP)
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Publié le Lundi 31 janvier 2022

Ehpad privés: Orpea limoge son patron, le groupe visé par une « action collective » de familles

  • Le conseil d'administration de l'entreprise a annoncé dimanche soir le départ d'Yves Le Masne, salarié du groupe depuis 28 ans et directeur général depuis plus de dix ans
  • Il a été remplacé par Philippe Charrier, promu de président non exécutif à PDG

PARIS : Accusé de graves manquements dans la prise en charge des résidents de ses maisons de retraite, le groupe Orpéa a tenté d'allumer un contre-feu en limogeant son directeur général avant la convocation mardi de ses dirigeants par le gouvernement, et s'expose désormais à une "action collective" des familles.

Le conseil d'administration de l'entreprise a annoncé dimanche soir le départ d'Yves Le Masne, salarié du groupe depuis 28 ans et directeur général depuis plus de dix ans. Il a été remplacé par Philippe Charrier, promu de président non exécutif à PDG.

Un nouveau patron chargé de "garantir que les meilleures pratiques sont appliquées dans toute l'entreprise et de faire toute la lumière sur les allégations" qui ébranlent depuis une semaine le géant français des maisons de retraite - 1.156 établissements, plus de 116.000 lits dans 23 pays-, indique le groupe dans un communiqué.

A l'origine de ces secousses, le livre-enquête "Les Fossoyeurs" du journaliste indépendant Victor Castanet décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité de l'entreprise. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Vers plus de contrôles ? 

Avec le directeur d'Orpea France, Jean-Christophe Romersi, le nouveau PDG est attendu mardi matin dans le bureau de la ministre déléguée chargée de l'Autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon. La ministre a convoqué les deux dirigeants "pour les entendre sur les accusations étayées et d'une gravité exceptionnelle" contenues dans le livre, a-t-elle précisé sur Twitter. "Je souhaite que toute la lumière soit faite sur les faits signalés", a-t-elle ajouté.

Sur le plan judiciaire, Orpea est par ailleurs sous la menace d'une "action collective conjointe" lancée par des familles de résidents en colère. En portant plainte simultanément, ces familles "entendent faire nombre, avoir du poids face à un géant", a expliqué lundi leur avocate, Me Sarah Saldmann, qui veut lancer cette procédure d'ici quelques semaines pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger".

De leur côté, l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France et le conseil départemental des Hauts-de-Seine, qui financent chacun une partie de l'activité des Ehpad, ont mené vendredi une inspection de l'établissement "Les bords de Seine" à Neuilly, banlieue cossue de la capitale, où les mauvaises pratiques étaient monnaie courante selon l'enquête de Victor Castanet.

Le secteur des Ehpad privés dans son ensemble "n'a rien à cacher" et est même demandeur d'une multiplication des contrôles, a fait valoir lundi le Synerpa, principal syndicat des Ehpad privés.

"Cette crise met en avant la nécessité de revoir urgemment les systèmes de contrôle et d'évaluation de la qualité en Ehpad", a souligné lors d'un point presse Florence Arnaiz-Maumé, la déléguée générale du Synerpa. L'organisation professionnelle va par ailleurs se doter prochainement d'une commission d'élaboration d'une "charte éthique", a précisé cette responsable, pour qui les dysfonctionnements évoqués dans le livre, "s'ils sont avérés, sont condamnables".

« Mesure de façade »

Acculé, le groupe Orpea conteste en bloc les révélations, et a annoncé sa propre "mission indépendante d'évaluation", confiée à "deux cabinets de premier plan" - toujours "en cours de désignation".

La révocation de M. Le Masne "ne présage en rien que les accusations sont fondées", selon une source proche du groupe. L'entreprise souhaite "laver (son) honneur" et "améliorer le système s'il y a eu des dysfonctionnements", ajoute cette source.

Le titre Orpea a fondu de moitié en Bourse la semaine dernière. Après avoir ouvert en hausse lundi matin, le titre a repiqué du nez et perdait 5,92% vers 14H30 dans un marché stable.

Pour Camille Lamarche, qui a été juriste pendant près d'un an chez Orpea en 2018 au service des ressources humaines et témoigne dans le livre de Victor Castanet, le limogeage du directeur est "une mesure de façade".

"La politique mise en place au sein de ces RH est une politique systématique et réfléchie qui permet de faire des économies au détriment des conditions de travail des salariés", a-t-elle affirmé lundi sur France Inter. "Les syndicats, la CGT surtout, sont la bête noire des RH", dont la direction a mis en place "un syndicat maison", le syndicat Arc-en-ciel.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.