Le Sri Lanka appelle la diaspora à investir, le FMI attendu sur place

Une femme traverse une route alors que des militaires participent au défilé du jour de l'indépendance à Colombo le 1er février 2022. (Photo, AFP)
Une femme traverse une route alors que des militaires participent au défilé du jour de l'indépendance à Colombo le 1er février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 février 2022

Le Sri Lanka appelle la diaspora à investir, le FMI attendu sur place

  • Le Sri Lanka, qui célébrait vendredi le jour anniversaire de son indépendance, a appelé sa diaspora à se porter au secours de son économie au bord du gouffre
  • Le président Gotabaya Rajapaksa a exhorté les millions de Sri Lankais à l'étranger à investir leurs économies dans le pays, confronté à la pire crise depuis son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, il y a 74 ans

COLOMBO : Le Sri Lanka, qui célébrait vendredi le jour anniversaire de son indépendance, a appelé sa diaspora à se porter au secours de son économie au bord du gouffre, promettant de protéger les investissements étrangers.

Le président Gotabaya Rajapaksa a exhorté les millions de Sri Lankais à l'étranger à investir leurs économies dans le pays, confronté à la pire crise depuis son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, il y a 74 ans.

"Les Sri Lankais expatriés qui fournissent des devises étrangères au pays sont une ressource majeure pour nous", a déclaré le président Rajapaksa, "j'invite tous les Sri Lankais expatriés à investir dans leur patrie".

Les envois de fonds des expatriés, première source de devises étrangères du Sri Lanka, ont chuté de près de 60% en décembre, l'année 2021 dans son ensemble enregistrant une baisse record de 22,7%, à 5,49 milliards de dollars.

Le gouvernement a dû imposer des restrictions drastiques depuis, afin de contrôler ses réserves de devises, en fermant notamment certaines missions diplomatiques et surtout en interdisant de nombreuses importations.

Ces mesures ont eu pour effet de réduire aussi certaines activités économiques et d'entraîner de graves pénuries.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Gotabaya Rajapaksa en 2019, le pays a vu chuter ses réserves de change de 7,5 milliards de dollars à 3,1 milliards de dollars à la fin décembre, montant qui ne permettait de financer que deux mois d'importations.

Mercredi, Basil Rajapaksa ministre des Finances, a annoncé avoir demandé des conseils techniques au Fonds monétaire international (FMI) dont une équipe est attendue à Colombo dans "les prochains jours".

Dans son discours à la nation précédant le défilé militaire, le président Rajapaksa n'a fait aucune référence à une demande d'aide du FMI, mais a dit s'efforcer de trouver des solutions à court et à long termes, invitant à une "approche optimiste".

L'institution financière internationale pour sa part s'est dite prête à discuter différentes "options" si le gouvernement du Sri Lanka lui demandait un soutien financier.

"Bien que le FMI n'ait pas reçu de demande de soutien financier de la part du Sri Lanka, les services du Fonds sont prêts à discuter des options possibles si la demande leur en est faite", a déclaré le chef de mission Masahiro Nozaki dans une déclaration écrite adressée à l'AFP à Washington.

Les analystes financiers estiment que, dans le cadre d'un programme du FMI, Colombo devra augmenter les taux d'intérêt et les impôts, tout en réduisant les dépenses publiques.

La Banque centrale craint aussi que le FMI exige une forte dépréciation de la monnaie locale, ce qui pourrait encore accélérer l'inflation, s'élevant à 14,2% en janvier, et à 25% pour les produits alimentaires.

Les agences de notation internationales ont abaissé la note du Sri Lanka par crainte d'un défaut de paiement de sa dette extérieure colossale de 35 milliards de dollars.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.