Au sommet de l'Union africaine, la controverse sur le statut d'Israël relancée

Les chefs d'État posent pour une photo de groupe lors de la 35e session ordinaire du sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 5 février 2022. (AFP)
Les chefs d'État posent pour une photo de groupe lors de la 35e session ordinaire du sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 5 février 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 05 février 2022

Au sommet de l'Union africaine, la controverse sur le statut d'Israël relancée

  • Dans un discours devant les dizaines de dirigeants africains réunis au siège de l'UA, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a demandé le retrait de l'accréditation accordée à l'Etat hébreu
  • Depuis plusieurs mois, cette décision d'accréditer Israël est vivement critiquée par plusieurs Etats membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie

ADIS ABEBA : Le sommet annuel de l'Union africaine (UA) s'est ouvert samedi dans la capitale éthiopienne Addis Abeba avec un appel du Premier ministre palestinien à retirer l'accréditation accordée à Israël, à l'origine de vifs débats parmi les 55 Etats membres de l'organisation.

Cette décision controversée prise en juillet par le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, doit faire l'objet de discussions dimanche après-midi, en clôture de ce sommet à l'agenda chargé, avec notamment les coups d'Etat qui ont secoué le continent et la pandémie de Covid-19.

Mais la polémique n'a pas attendu dimanche. 

Dans un discours devant les dizaines de dirigeants africains réunis au siège de l'UA, le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a demandé le retrait de l'accréditation accordée à l'Etat hébreu.

"Israël ne devrait jamais être récompensé pour ses violations et pour le régime d'apartheid qu'il impose au peuple palestinien", a-t-il déclaré, reprenant une formule d'un rapport d'Amnesty International publié cette semaine.

"La situation du peuple palestinien n'est devenue que plus précaire", a insisté le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, accréditée auprès de l'UA depuis 2013.

Depuis plusieurs mois, cette décision d'accréditer Israël est vivement critiquée par plusieurs Etats membres, dont l'Afrique du Sud et l'Algérie, qui estiment qu'elle va à l'encontre des déclarations de l'organisation soutenant les Territoires palestiniens.

Si cette décision devait faire l'objet d'un vote dimanche, de nombreux analystes considèrent qu'il pourrait marquer une scission sans précédent dans l'histoire de l'UA, qui fête ses 20 ans.

Dans son discours d'ouverture du sommet, Moussa Faki Mahamat a défendu son choix et appelé à "un débat serein".

Il a assuré que l'engagement de l'UA dans la "quête d'indépendance" des Palestiniens était "immuable et ne peut que continuer à se renforcer". Mais l'accréditation d'Israël peut constituer, selon lui, "un instrument au service de la paix".

Guerre en Ethiopie 

Ce sommet se tient à Addis Abeba, alors que le nord de l'Ethiopie est en proie depuis 15 mois à un conflit entre forces progouvernementales et rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui a fait des milliers de morts et, selon l'ONU, mené des centaines de milliers de personnes au bord de la famine.

Cette guerre a considérablement détérioré les relations du Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avec les puissances occidentales, qui le considéraient comme un réformateur mais condamnent aujourd'hui les massacres et viols massifs présumés commis par les forces progouvernementales.

L'UA est sous pression pour amener les belligérants à un cessez-le-feu. Mais le fait que son siège se trouve en Ethiopie la place dans une position particulièrement délicate.

M. Faki a notamment attendu le mois d'août dernier - neuf mois après le début des combats - pour nommer l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo comme envoyé spécial chargé d'obtenir un cessez-le-feu. 

Dans un discours samedi, Abiy Ahmed a remercié les dirigeants africains pour leur "soutien" dans ce "défi (...) de nature interne qui relevait du maintien de l'ordre".

Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a accusé M. Abiy de demander aux dirigeants africains de "fermer les yeux (...) ou pire encore, de le porter aux nues pour avoir tué son peuple à volonté". "L'Afrique doit dire non à ce carnage !", a-t-il écrit sur Twitter.

Répétant ses critiques à l'égard de la couverture médiatique internationale de l'Ethiopie et du continent, Abiy Ahmed a également souhaité la création d'un "organe de presse continental de l'Union africaine".

« Vague funeste » de putschs 

Le sommet abordera aussi la "vague funeste", selon les mots de M. Faki, de coups d'Etat sur le continent, le dernier au Burkina Faso il y a moins de deux semaines.

Quatre Etats membres (Burkina Faso, Mali, Guinée, Soudan) ont été suspendus de l'UA depuis juin en raison de changements anticonstitutionnels de gouvernement. 

Mais l'UA est aussi critiquée pour son manque de cohérence, notamment après n'avoir pas suspendu le Tchad, où un conseil militaire a pris le pouvoir après la mort du président Idriss Deby Itno en avril. 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a également fait un point en visioconférence sur la réponse africaine à la pandémie de coronavirus, deux ans après la détection du premier cas de Covid-19 sur le continent, en Egypte.

Au 26 janvier, seuls 11% des plus d'un milliard d'Africains avaient été entièrement vaccinés, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.