Explosion de Beyrouth: le président refuse de destituer trois responsables

Un quartier sinistré de Beyrouth après l'explosion. (AFP)
Un quartier sinistré de Beyrouth après l'explosion. (AFP)
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Publié le Mardi 06 octobre 2020

Explosion de Beyrouth: le président refuse de destituer trois responsables

  • Parmi les trois responsables, actuellement en détention dans le cadre de l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août, le directeur des douanes Badri Daher, réputé proche de M. Aoun
  • La présidence libanaise a mis en avant des questions procédurières pour justifier la décision du chef de l'Etat: M. Aoun « ne signera pas les décrets de destitution de trois directeurs » car ils « n'ont pas été adoptés en Conseil des ministres »

BEYROUTH: Le président libanais Michel Aoun ne signera pas des décrets visant à démettre de leurs fonctions trois hauts fonctionnaires arrêtés après l'explosion au port de Beyrouth, justifiant lundi sa position par la nécessité d'une décision gouvernementale.

Les trois responsables, actuellement en détention dans le cadre de l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août, sont le directeur des douanes Badri Daher, réputé proche de M. Aoun, le directeur général du transport maritime et terrestre Abdel Hafiz Al-Kaissi, et le directeur du port Hassan Koraytem, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire.

La présidence libanaise a mis en avant des questions procédurières pour justifier la décision du chef de l'Etat. M. Aoun « ne signera pas les décrets de destitution de trois directeurs » car ils « n'ont pas été adoptés en Conseil des ministres », indique le compte Twitter de la présidence.

Pour chaque responsable, un décret individuel a déjà été signé par son ministre de tutelle respectif (le ministre des Finances ou celui des Travaux publics) et le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab, a précisé la source sécuritaire.

Mais « le président ne signera pas tant qu'une décision individuelle et nominative n'aura pas été prise en Conseil » des ministres, a insisté lundi la présidence libanaise sur Twitter.

Le 4 août, la gigantesque explosion au port de Beyrouth, que la rue impute à la négligence et la corruption de l'ensemble des dirigeants du pays, avait fait plus de 190 morts et 6 500 blessés, dévastant des quartiers entiers de la capitale libanaise.

L'explosion a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées d'importantes quantités de nitrate d’ammonium. 

Deux mois plus tard, l'enquête n'a toujours pas abouti et aucun résultat n'a été rendu public, dans un pays où la justice est souvent soumise aux pressions politiques. Les autorités ont rejeté les appels à une enquête internationale.

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, tandis que les audiences et les interrogatoires de ministres, d'anciens ministres et de hauts responsables sécuritaires se succèdent.

Selon la source judiciaire citant des personnes proches de l'enquête « la plus grande responsabilité incombe à Badri Daher, que ce soit par rapport au stockage du nitrate d'ammonium ou à sa réticence à s'en débarrasser ». 

M. Daher « savait au préalable qu'une partie du nitrate (d’ammonium) a été retirée par étapes du hangar avant l'explosion sans préciser la partie responsable ni les fins de cette évacuation » progressive, ajoute la source.

La décision du chef de l'Etat « va être très mal perçue par l'opinion et va prendre l'allure d'une rebuffade », a commenté lundi auprès de l'AFP l'ancien ministre de la Justice, Ibrahim Najjar.

« Sur le plan légal, le refus de signer constitue un refus d'appliquer ce qu'on appelle la compétence liée (...) qui permet de mettre en exécution une décision indépendamment de son bien-fondé », a ajouté M. Najjar.

Lundi, les proches des dix pompiers morts dans le drame ont appelé lors d'un rassemblement à Beyrouth à une levée de l'immunité de tous les responsables impliqués dans l'explosion, mettant en garde contre une « escalade ».  


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.