Ukraine: «les enfants prenaient leur petit-déjeuner» au moment du bombardement

Une femme se tient à l'intérieur après le bombardement signalé d'un jardin d'enfants dans la colonie de Stanytsia Luhanska, en Ukraine, le 17 février 2022. Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a mis en garde le 17 février 2022 contre une provocation de Moscou pour justifier une intervention militaire en Ukraine après des rapports "inquiétants" d'accusations mutuelles d'attentats à la bombe entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes. (AFP)
Une femme se tient à l'intérieur après le bombardement signalé d'un jardin d'enfants dans la colonie de Stanytsia Luhanska, en Ukraine, le 17 février 2022. Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a mis en garde le 17 février 2022 contre une provocation de Moscou pour justifier une intervention militaire en Ukraine après des rapports "inquiétants" d'accusations mutuelles d'attentats à la bombe entre l'armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes. (AFP)
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Publié le Jeudi 17 février 2022

Ukraine: «les enfants prenaient leur petit-déjeuner» au moment du bombardement

  • L'établissement accueille habituellement 57 enfants. Cette fois, la majorité était restée à la maison à cause des restrictions anti-Covid
  • Jeudi après-midi, quelques heures après le bombardement, une partie des magasins et des stations service de la ville étaient toujours fermées faute d'électricité

Stanitsa Louganska, Ukraine : "Les enfants prenaient leur petit-déjeuner au moment de l'explosion." : Natalia Slessareva, employée de l'école maternelle de Stanitsa Louganska, touchée jeudi par un bombardement dans l'Est de l'Ukraine, est encore sous le choc.

Un mur de la salle de sport de l'établissement, baptisé "Skazka" (Conte de fée), est percé par un obus. Au milieu de jouets d'enfants, des briques jonchent la pièce aux papiers peints colorés.

"L'exposition a retenti autour de 09H00 du matin. J'étais dans la laverie. J'ai été projetée par l'onde de choc vers la porte. Je ne sentais plus le côté droit de ma tête, tout sonnait", raconte à l'AFP Mme Slessareva, 54 ans.

Vingt enfants étaient alors à la cantine et devaient ensuite descendre dans la salle de sport. "Si l'explosion s'était produite 15 minutes plus tard, les conséquences auraient pu être catastrophiques", ajoute Mme Slessareva.

Mais les 18 adultes qui étaient là au moment de l'explosion ont réussi à les évacuer. L'établissement accueille habituellement 57 enfants. Cette fois, la majorité était restée à la maison à cause des restrictions anti-Covid.

Stanitsa Louganska, petite localité située sur la ligne de front de l'Est de l'Ukraine, a été touchée jeudi par d'intenses bombardements, provoquant les réactions indignées des dirigeants occidentaux tandis que les séparatistes dénonçaient une manipulation de Kiev.

Selon l'armée ukrainienne, 32 obus sont tombés sur la ville, la privant en partie d'électricité.

Trois employés de l'école ont été blessés. Un autre obus est tombé sur l'aire de jeu, où un cratère en forme d'entonnoir est visible entre les deux toboggans.

 Vitres brisées, pas de courant 

Alertée par l'école, Natalia, 38 ans, a couru chercher son fils de deux ans. "Nous nous sommes précipités, avec mon mari, en voiture pour récupérer l'enfant", raconte cette habitante qui n'a pas donné son nom de famille. 

"J'avais très peur, il n'y a pas d'abri anti-bombes dans ce jardin d'enfants, juste des murs épais. On voit qu'ils ont été endommagés. Je n'arrive pas à me calmer", poursuit-elle. 

Jeudi après-midi, quelques heures après le bombardement, une partie des magasins et des stations service de la ville étaient toujours fermées faute d'électricité.

Des habitants ont couvert leurs fenêtres avec des sacs en plastique, les vitres de nombreuses habitations ayant été soufflées par les explosions. 

"C'était calme avant Nouvel An, mais maintenant ils ont commencé à tirer plus fort", observe un homme ramassant des fragments de verre sur son balcon, au deuxième étage d'un petit immeuble.

Depuis 2014, une guerre entre forces ukrainiennes et combattants séparatistes, soutenus militairement par Moscou selon Kiev et les Occidentaux, ensanglante l'Est de l'Ukraine. 

Malgré de nombreuses tentatives de cessez-le-feu, certains relativement respectés, les combats n'ont jamais totalement cessé et ont fait plus de 14 000 morts.

Depuis novembre, Moscou a massé plus de 100 000 soldats près des frontières orientales ukrainiennes, faisant craindre une opération militaires contre Kiev et une reprise à grande échelle des combats dans la zone.

Le président Zelensky a dénoncé les tirs de jeudi contre Stanitsa Louganska comme une "provocation" et le Premier ministre britannique Boris Johnson a accusé Moscou de vouloir se servir de cet événement pour "discréditer" Kiev et justifier une intervention.

Les séparatistes de Lougansk ont, à l'inverse, accusé Kiev d’avoir multiplié les bombardements à l'arme lourde pour "pousser le conflit vers une escalade".

Sur le terrain, les obus tombés jeudi ont rappelé les pires heures d'un conflit qui n'a jamais cessé. "C'est une tragédie mais heureusement il n'y a pas eu de victimes", commente Natalia Slessareva. "Moi je n'ai qu'un souhait, que la guerre se termine." 


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.