Pourquoi l'intérêt pour le cinéma émergent de l'Arabie saoudite explose

Le secteur cinématographique a connu un renouveau considérable en Arabie saoudite depuis que l'interdiction des cinémas, qui courait depuis des décennies, a été levée en 2018. Dans le cadre du programme de réforme Vision 2030, d'énormes investissements contribuent à faire du pays une véritable puissance cinématographique. (Fourni)
Le secteur cinématographique a connu un renouveau considérable en Arabie saoudite depuis que l'interdiction des cinémas, qui courait depuis des décennies, a été levée en 2018. Dans le cadre du programme de réforme Vision 2030, d'énormes investissements contribuent à faire du pays une véritable puissance cinématographique. (Fourni)
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

Pourquoi l'intérêt pour le cinéma émergent de l'Arabie saoudite explose

  • Alors que le royaume met en œuvre son programme Vision 2030, il a pour ambition de devenir la locomotive de la production cinématographique au Moyen-Orient
  • Les producteurs internationaux et les studios de Hollywood affluent dans le Royaume pour conclure des accords sur ce nouveau marché fertile

DUBAΪ: Un mari et une femme se disputent; leur mariage se détériore et leur maison est envahie par de «mauvais esprits». Une mariée disparaît pendant son mariage, laissant ses invités dans l'expectative et sa mère en plein désarroi. Une femme enceinte tente de distinguer la réalité des rêves, des délires provoqués par la drogue et des perceptions de la mort.

Ce ne sont là que quelques-unes des intrigues séduisantes proposées par les récents films saoudiens. Le dernier d'entre eux, Rupture, un film de Hamzah Jamjoom, a remporté au mois de décembre dernier le premier prix dans la catégorie des films saoudiens du Festival international du film de la mer Rouge.

Il y a quatre ans, la projection de tels films en Arabie saoudite, où les cinémas ont été interdits pendant plus de trente ans, entre 1983 et 2018, était impensable. Aujourd’hui, avec son programme de réforme Vision 2030, le Royaume entend devenir la nouvelle puissance de l'industrie cinématographique du Moyen-Orient et donner aux Saoudiens le goût de regarder des films et celui de les réaliser.

Jusqu'à présent, le plan fonctionne. Les producteurs internationaux et les studios de Hollywood affluent dans le Royaume pour produire des films et conclure des accords sur ce nouveau marché fertile. Les cinémas connaissent une croissance exponentielle grâce à l'ouverture des salles, dans lesquelles les ménages saoudiens se rendent en nombre. Selon Comscore, les recettes du marché du box-office en Arabie saoudite atteindront 238 millions de dollars en 2021 (1 dollar = 0,88 euro), soit une augmentation de 95% par rapport à 2020.

De nombreux jeunes cinéastes saoudiens ont désormais de quoi les encourager à développer leur art dans leur pays. Le gouvernement saoudien investit des milliards dans la construction d'une industrie cinématographique aux ambitions internationales et régionales.

Lors du Festival du film de la mer Rouge, qui s'est tenu à Djeddah au mois de décembre, le ministère de l'Investissement a annoncé que le Royaume soutiendrait la production de cent films d'ici à 2030.

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Un fan de cinéma saoudien prend un selfie à côté d'un panneau qui présente le logo du Festival du film de la mer Rouge, l'année dernière, à l'entrée du vieux Djeddah. (AFP/File Photo)

Pour de nombreux jeunes Saoudiens, c'est un rêve devenu réalité – même si beaucoup d’entre eux n'en croient pas encore leurs yeux. Jusqu'en 2018, les cinéastes devaient souvent tourner en secret en esquivant la police religieuse pour y parvenir. Les obstacles étaient devenus si frustrants que de nombreux ambitieux sont partis pour produire des films et faire carrière à l'étranger.

«Les cinéastes saoudiens ont toujours été là, fascinés par l’idée du récit. C’est tellement rafraîchissant que le cinéma soit devenu aujourd’hui une industrie en Arabie saoudite», explique à Arab News Sarah Taibah, une actrice et scénariste saoudienne.

«C'est maintenant un rêve surréaliste qui est devenu une réalité et je suis si heureuse de faire partie de cette industrie qui en est à ses balbutiements. Les gens ont maintenant hâte d'entendre nos histoires.»

Le boom incite de nombreux réalisateurs et professionnels saoudiens qui vivent et travaillent à l'étranger depuis des années, à rentrer au pays et à produire chez eux. Ahd Kamel, 41 ans, actrice et cinéaste reconnue, est l'une d'entre eux.

«Les films étaient interdits pendant toute ma vie, c'était tabou», a déclaré Kamel à Arab News. «Quand j'ai commencé à faire des films, on m'a dit: “Absolument pas. Vous ne pouvez pas faire cela.” C’est ailleurs que j'ai dû me définir comme cinéaste. C'est quarante ans de ma vie. C'est déconcertant, étonnant et merveilleux. Quand vous êtes jeune, vous êtes catalogué, mais maintenant, je constate que, au cours d’une vie, les choses peuvent vraiment changer.»

 

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Dans le cadre de son programme de réformes Vision 2030, le Royaume veut devenir la nouvelle puissance cinématographique du Moyen-Orient et inculquer aux Saoudiens le goût de regarder et celui de réaliser des films. (AFP/File Photo)

En 2012, Kamel a joué le rôle d'une enseignante conservatrice dans le film Wadjda, réalisé par Haifaa al-Mansour, le premier long métrage saoudien réalisé par une femme et le premier qui ait été intégralement tourné en Arabie saoudite. Mme Kamel se prépare actuellement à tourner un nouveau film dans le Royaume. Il sera consacré au chauffeur de sa famille, récemment disparu.

Mona Khashoggi, productrice de cinéma et de théâtre qui a vécu à Londres pendant vingt ans, est revenue dans sa ville natale de Djeddah afin de participer à ce qui s'apparente à une révolution culturelle.

«Même lorsque nous n'avions pas de salles de cinéma, nous étions tous très cultivés et de nombreux Saoudiens avaient des cinémas chez eux», indique-t-elle à Arab News. «Ce que je veux voir dans les films saoudiens, ce ne sont pas les films sur l'oppression que l'Occident attend ni les stéréotypes, mais des histoires sur les jeunes et les femmes qui construisent maintenant leur vie dans cette nouvelle réalité du Royaume.»

L'un des principaux attraits pour les investisseurs étrangers réside dans le fait que 70% des 34 millions d'habitants du Royaume ont moins de 30 ans et qu’ils ont de l'argent à dépenser. Telfaz 11, un studio spécialisé dans le contenu local et la culture des jeunes en Arabie saoudite, connaît une croissance rapide grâce aux investissements internes et étrangers.

Alaa Yousef Fadan, Ali al-Kalthami et Ibrahim al-Khairallah ont fondé Telfaz 11, à Riyad, il y a un peu plus de dix ans, et ils ont immédiatement entrepris de révolutionner la création de contenu pour les jeunes via YouTube.

 

EN BREF

  • 138 films ont été projetés au Festival international du film de la mer Rouge en décembre 2021.
  • Les films qui ont été projetés au Festival international du film de la mer Rouge viennent de 60 pays.
  • 36 films saoudiens ont été projetés au Festival du film saoudien à Djeddah en juillet 2021.
     

Au mois de novembre 2020, Telfaz 11 a conclu un accord avec Netflix pour produire huit longs métrages; la plate-forme de streaming cherche à percer sur le marché du Moyen-Orient. En décembre, Telfaz 11 a obtenu une ligne de financement de plusieurs millions de dollars d'un consortium de financiers locaux de premier plan.

Elle a acquis Last Scene Films, une maison de production située également à Riyad, et est en passe de créer Wadi Cinema, une entreprise cinématographique indépendante, en fusion avec Muvi Cinema, la première marque de cinéma locale du Royaume.

L'entreprise a de grandes ambitions. Fadan affirme que ses partenaires et lui-même utiliseront les derniers fonds pour «développer leur portefeuille de développement et de production. L'objectif de la société est d'être la première destination pour les cinéastes et les talents du monde entier».

Ces changements sont absolument révolutionnaires. Toutefois, le cinéma n'était pas complètement étranger au Royaume, même à l'époque où il était interdit. Les cinéphiles ont continué à regarder des films en compagnie d'autres passionnés.

Le Festival du film saoudien, qui organisera sa 8e édition au mois de juin 2022, a été fondé en 2008 à Dammam, dans la Province orientale, par Ahmed al-Mulla et ses collègues du club littéraire local.

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Le paysage pittoresque d'AlUla est devenu une destination de tournage exotique, Film AlUla fournissant un écosystème de professionnels qualifiés pour les productions nationales et les projets de films internationaux. (Fourni)

«Dans les années 1980 et 1990, beaucoup de gens, comme moi, aimaient le cinéma, mais il n’y avait pas de salles», se souvient Al-Mulla.

Lorsque Al-Mulla est devenu membre du conseil d'administration du club littéraire, il a commencé à évoquer avec d'autres membres la manière dont on pouvait projeter des films. Pendant près de deux ans, ils ont réussi à proposer discrètement des films, y compris des productions locales, tous les dimanches soir.

«Nous avons eu de nombreux heurts avec ceux qui pensaient que le cinéma était interdit», a-t-il déclaré à Arab News. «Mais nous étions convaincus que nous avions le droit de voir des films; cela fait partie de notre culture et de notre vocation en tant que club littéraire.»

En 2016, deux ans avant la réouverture officielle des cinémas dans le Royaume, le Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale a rejoint le club en tant que partenaire stratégique et, depuis, la Société saoudienne de la culture et des arts organise le Festival du film saoudien.

La vague actuelle des producteurs, des écrivains et des acteurs doit beaucoup à ces enthousiastes de Dammam qui ont maintenu le cinéma en vie et qui ont encouragé les pionniers du cinéma national.

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L'acteur saoudien Saed Khader (au centre) brandit sa récompense lors de la cérémonie d'ouverture de la 4e édition du Festival du film saoudien, à Dammam. (AFP/File Photo)

 

«Tout se faisait dans la clandestinité. Il n'y avait alors aucune possibilité de filmer ou d'obtenir des financements. Tout émanait d’une initiative individuelle», se souvient Al-Mulla.

Enfin, et ce n'est certes pas le moins important, le retour du cinéma en Arabie saoudite a donné aux femmes, qui ont désormais beaucoup plus de libertés qu'auparavant, une voix beaucoup plus forte.

«Ces dernières années, j'ai reçu de plus en plus de demandes pour faire des films sur les femmes saoudiennes», a ainsi déclaré l'actrice Sarah Taibah à Arab News.

«Les gens souhaitent des films de femmes saoudiennes qui racontent des histoires sur les femmes saoudiennes. Tout cela est très nouveau. Je suis heureuse que cela arrive enfin, car personne ne raconte notre histoire mieux que les femmes saoudiennes», conclut-elle.

 


Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition entre création, parité et focus coréen

Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
  • Le 80e Festival d'Avignon s'ouvre avec une programmation marquée par une majorité de femmes à la mise en scène et un focus sur les artistes sud-coréens
  • Le Festival Off réunit 1.400 compagnies et 1.780 spectacles, tout en ouvrant le débat sur les défis économiques du spectacle vivant

AVIGNON: Trompettes, retentissez! La 80e édition du Festival d'Avignon, grand rendez-vous international de théâtre, démarre samedi pour trois semaines, avec un spectacle-fleuve de cinq heures à l'ouverture, plus de femmes à la mise en scène, un zoom sur les artistes sud-coréens et un Off toujours en force.

- Diversité de propositions

"Il y a des spectacles pour tous les goûts", déclare à l'AFP le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une "célébration des arts vivants", avec du théâtre, de la danse, des performances et du cirque, et une "fête de la création", avec des artistes d'une grande diversité qui "s'emparent des problèmes et des joies du monde".

Pour la première fois, le Festival compte une majorité de metteuses en scène avec 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Par ailleurs, 24 artistes français tels que Jeanne Candel, Rebecca Chaillon, Boris Charmatz et 25 artistes internationaux, comme les Brésiliennes Christiane Jatahy, Carolina Bianchi, l'Egyptien Ahmed El Attar, ou le collectif belge flamand tg Stan, sont invités.

Quelque 136.000 places sont en vente.

Cette édition se veut également une "fête des questionnements" avec le public, qui se terminera par une nuit de réflexions dans la cour d'honneur "autour des questions que l'art peut poser au monde", avec artistes, scientifiques, philosophes, personnalités de la société civile, etc.

- Ouverture par Julien Gosselin

Musique forte, vidéo, démesure: avec "Maldoror", le directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe à Paris, Julien Gosselin, embarque samedi soir le public de la Cour d'honneur du Palais des papes dans un spectacle-fleuve.

Cette fiction, inspirée de textes de l'écrivain chilien Roberto Bolaño et de poèmes du recueil "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "parle du mal, ce qui fait que des artistes cheminent autour du mal", selon le metteur en scène, figure emblématique du Festival.

"J'ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l'horreur", confie-t-il à l'AFP. "Quand je lis Bolaño, je ressens une forme de fraternité, de douceur, même si les thèmes qu'il travaille sont très violents".

- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur

Après l'anglais, puis l'espagnol et l'arabe, le coréen est la langue invitée du Festival. Théâtre populaire, théâtre documentaire, performances visuelles, danse et cirque, pansori (récit chanté accompagné au tambour): les arts vivants coréens vont représenter quelque 20% de la programmation totale cette année.

La lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, "Oiseau", une lecture performance avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee et "Che dolore terribile è l'amore", mise en scène par l'Italienne Daria Deflorian.

- 1.400 compagnies pour le Off

En parallèle du Festival in, les compagnies du Off investissent les 141 théâtres de la ville, la transformant en gigantesque marché du spectacle vivant.

Quelque 1.400 compagnies, soit une cinquantaine de plus que l'an dernier, proposent 1.250 spectacles par jour et 1.780 spectacles au total, certains n'étant pas programmés sur toute la durée du festival.

Selon Avignon Festival & Compagnies (AF&C), qui gère la manifestation), cela représente 27.000 représentations pour lesquelles 2,6 millions de billets sont en vente.

Dans un contexte de crise du secteur, équipes artistiques, chargés de diffusion, collectivités, institutions, vont participer en parallèle à des "assises" organisées les 7, 9 et 10 juillet.

Ce chantier de réflexion portera cette année sur "les réalités économiques", "les métiers et les conditions de diffusion" et "les politiques publiques". Il se poursuivra lors de l'édition 2027.

Le spectacle vivant subit en effet des coupes budgétaires des collectivités territoriales et de l'Etat.


Coupe du monde 2026 : l’Égypte élimine l’Australie et file en huitièmes de finale

  • Les Pharaons s’imposent 4-2 aux tirs au but après un match tendu conclu sur un 1-1
  • Première victoire historique en phase à élimination directe : l’Égypte rejoint le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe en huitièmes

DUBAÏ : L’Égypte a battu l’Australie aux tirs au but au stade de Dallas pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il s’agit de sa toute première victoire en phase à élimination directe.

Ils rejoignent ainsi le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale de ce tournoi.

L’Égypte avait été rassurée par les nouvelles concernant son capitaine et joueur clé Mohamed Salah, remis de ses inquiétudes liées à une blessure après avoir demandé à être remplacé lors du dernier match de groupe contre l’Iran. Avant la rencontre, un quatuor offensif composé de Salah, Mostafa Zico, Emam Ashour et Omar Marmoush apparaissait sur le papier comme une menace sérieuse pour la défense australienne.

Les Socceroos ont de nouveau débuté en 3-4-3, avec le jeune Nestor Irankunda, 20 ans, chargé d’animer l’attaque.

La première occasion du match est venue de Cristian Volpato à la 5e minute, sa frappe enroulée du pied gauche frôlant la barre égyptienne. Quelques minutes plus tard, Jordan Bos a percé la défense égyptienne avant d’être stoppé par Mohamed Hany alors qu’il s’apprêtait à tirer face au but de Mostafa Shobeir.

La situation s’est débloquée de l’autre côté du terrain, et les Pharaons n’ont eu besoin que de 13 minutes pour prendre l’avantage, Ashour étant à l’origine puis à la conclusion de l’action collective qui lui a offert son deuxième but du tournoi. Sa première tentative, sur une remise de Salah, avait été contrée, et lorsque le ballon a ensuite été centré dans la surface par Karim Hafez, la tête d’Ashour, totalement libre, n’a laissé aucune chance au gardien australien Patrick Beach.

Après la pause hydratation, l’Australie est davantage entrée dans le match, mais la première mi-temps est restée hachée, entre fautes et interruptions.

Dès le début de la seconde période, Omar Marmoush aurait pu faire le break, mais son tir du droit a frôlé le poteau après une passe parfaite de Zico. L’Égypte allait regretter cette occasion à la 55e minute, lorsque un coup franc a été dévié dans ses propres filets par Mohamed Hany : 1-1, tout était relancé.

À la 67e minute, l’Égypte a tenté de réagir en remplaçant Zico et Hamdi Fathy par Haissem Hassan et Hossam Abdelmaguid. Cinq minutes plus tard, Ashour manquait le cadre après une belle séquence collective. Malgré une pression croissante en fin de match, la défense australienne, menée par l’excellent Harry Souttar, tenait bon.

Dans le temps additionnel, Ramy Rabia a failli offrir la victoire à l’Égypte, mais sa tête sur un centre de Salah a été repoussée par un arrêt exceptionnel de Beach.

Avec Trezeguet et Hassan très dangereux sur les côtés, les Australiens semblaient même satisfaits de voir arriver la prolongation.

Salah a enfin eu une vraie occasion trois minutes après le début des prolongations, mais sa frappe a survolé la barre. Les occasions sont restées rares.

À la 108e minute, une frappe déviée de Marwan Attia a failli tromper Beach, mais le gardien a pu capter le ballon. L’Égypte poussait, sans parvenir à faire céder la défense australienne. Salah a encore fait parler sa classe en éliminant plusieurs adversaires à sept minutes de la fin, mais sa frappe a été contrée. Les tirs au but se profilaient, et l’Australie a remplacé Beach par le vétéran Matt Ryan.

Souttar et Lucas Harrington ont manqué leurs tirs côté australien. Mahmoud Saber, Rabia, Salah (avec une panenka) et Abdelmaguid ont marqué, permettant à l’Égypte de s’imposer au terme d’une soirée épuisante.

Les Pharaons affronteront désormais soit l’Argentine soit le Cap-Vert en huitièmes de finale, le mardi 7 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


AlUla affirme son rayonnement culturel international, avec la fondation Lafayette anticipation

la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
  • Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien
  • Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives

PARIS: À l’automne, la cité-oasis saoudienne d’AlUla déploiera une véritable saison culturelle à Paris, dont le premier grand rendez-vous sera l’exposition La Vie des formes, présentée à la Fondation Lafayette Anticipations à partir du 7 septembre.

Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien. Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives.

Pour Simon Garcia, directeur du développement culturel d’AFALULA, La Vie des formes est le fruit de deux partenariats majeurs : celui qui unit depuis huit ans la France et l’Arabie saoudite autour du développement d’AlUla, et celui noué avec Lafayette Anticipations.

Simon Garcia rappelle à ce propos que cette coopération est unique par son ampleur et qu’elle connaîtra une montée en puissance au cours de la prochaine saison.

AFALULA accompagne la Commission royale pour AlUla dans des projets qui vont des fouilles archéologiques à la création d’institutions muséales, en passant par le cinéma, les résidences d’artistes et le soutien à la création contemporaine.

Depuis 2021, plus de soixante artistes et créateurs internationaux ont été accueillis en résidence dans l’oasis, faisant d’AlUla un véritable laboratoire où patrimoine et création contemporaine se nourrissent mutuellement.

Cette dynamique est désormais bien engagée. Après Arduna, première exposition du Musée d’art contemporain d’AlUla réalisée avec le Centre Pompidou, Paris accueillera cet automne quatre grands rendez-vous.

Outre La Vie des formes, une exposition sera organisée avec l’Institut du monde arabe dans le cadre du Prix du Design arabe. Le Musée d’art contemporain d’AlUla présentera également, à Art Basel Paris, une œuvre commandée à l’artiste Aman AlZedani, tandis que la Villa Hegra investira la Monnaie de Paris avec une exposition consacrée aux arts de la table, réunissant plusieurs créatrices saoudiennes.

Au cœur de cette programmation, le partenariat avec Lafayette Anticipations occupe une place particulière.

Pour son directeur, Clément Delépine, cette collaboration s’inscrit pleinement dans la mission de la fondation, qui consiste à rendre la création contemporaine accessible au plus grand nombre tout en encourageant les échanges entre les différentes disciplines artistiques.

Son bâtiment, conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, offre d’ailleurs un cadre idéal grâce à ses espaces modulables, où dialoguent arts visuels, design, musique, performance et édition.

Une philosophie qui rejoint naturellement celle développée à AlUla, où patrimoine, paysage, architecture et création contemporaine sont pensés comme un ensemble cohérent.

Co-commissaire de l’exposition, Arnaud Morand, responsable des arts et des industries créatives à AFALULA, souligne que La Vie des formes est avant tout un projet construit à deux voix, dans la mesure où l’exposition réunit des œuvres de la collection de Lafayette Anticipations et des créations réalisées lors des résidences de design organisées à AlUla.

Mais, explique-t-il, l’objectif va bien au-delà de l’organisation d’une exposition. Avant même l’ouverture des futurs musées, AlUla a choisi d’inviter artistes, designers et chercheurs à travailler sur place afin qu’ils participent à la construction de son identité culturelle.

« Ce sont eux qui observent, expérimentent, questionnent et parfois critiquent », rappelle Arnaud Morand. Leur regard nourrit la réflexion sur la transformation d’un territoire appelé à devenir l’un des grands pôles culturels du Royaume.

Dans cette démarche, l’art et le design deviennent de véritables outils de réflexion. Ils permettent d’aborder des questions très concrètes : comment vivre dans un environnement désertique, imaginer des espaces publics adaptés au climat, valoriser les matériaux locaux ou encore inventer de nouvelles formes de convivialité.

Pour Arnaud Morand, les œuvres présentées sont ainsi le résultat d’un dialogue permanent entre artistes, artisans, habitants et paysages.

Cette réflexion est au cœur de La Vie des formes, qui s’inspire de l’historien de l’art Henri Focillon et invite à voir les formes comme des réalités vivantes, façonnées par les matériaux, les usages, les gestes et les imaginaires, plutôt que comme des objets figés.

En faisant dialoguer les collections de Lafayette Anticipations avec les créations réalisées à AlUla, l’exposition montre comment l’art et le design accompagnent les profondes mutations d’un territoire.

Cette présence renforcée d’AlUla à Paris confirme l’ambition culturelle portée par la Vision 2030 saoudienne, qui mise sur la création contemporaine comme moteur de développement et d’échanges internationaux.

Le Royaume d’Arabie saoudite fait ainsi de la culture un puissant levier de transformation, avec la France comme partenaire de premier plan.

AlUla a d’ailleurs annoncé avoir renforcé son partenariat avec l’écosystème français de l’innovation grâce au lancement du programme « Future of Tourism », en collaboration avec STATION F et le groupe Galeries Lafayette, en marge du salon international VivaTech, qui s’est tenu récemment à Paris Expo Porte de Versailles.