Les Houthis tirent sept missiles sur Marib au Yémen en pleine recrudescence des combats

Des combattants yéménites de la brigade Giants, entraînée par les Émirats arabes unis, occupent une position près d'un village dans la banlieue de Marib. (Fichier/AFP)
Des combattants yéménites de la brigade Giants, entraînée par les Émirats arabes unis, occupent une position près d'un village dans la banlieue de Marib. (Fichier/AFP)
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Publié le Dimanche 20 février 2022

Les Houthis tirent sept missiles sur Marib au Yémen en pleine recrudescence des combats

  • Des élèves blessés par un drone chargé d'explosifs qui a frappé une école, selon les autorités
  • Le ministre met en garde la communauté internationale qui ne condamne pas les crimes atroces des Houthis

AL-MUKALLA : La milice houthie, soutenue par l'Iran, a lancé dimanche sept missiles sur la ville de Marib, dans le centre du Yémen, selon des responsables locaux, alors que les combattants ont également intensifié leurs attaques au sol pour prendre le contrôle de nouveaux territoires à travers le Yémen.

Un responsable militaire a déclaré à Arab News que sept missiles tirés par les Houthis avaient traversé différents quartiers de Marib, tuant et blessant de nombreux civils et déclenchant des explosions qui ont secoué la ville.

Les habitants ont déclaré avoir entendu plus de dix explosions dans la ville dimanche matin, alors que les autorités locales annonçaient que cinq missiles des Houthis avaient frappé la ville.

Quelques heures plus tard, les Houthis ont lancé deux autres missiles, occasionnant de nouveaux dégâts.

Des dizaines de civils ont été tués dans la ville densément peuplée de Marib depuis le début de l'année dernière, lorsque les Houthis ont intensifié leurs attaques de missiles, de drones et de véhicules terrestres sur la ville dans le cadre d'une nouvelle offensive majeure visant à contrôler le dernier grand bastion urbain du gouvernement dans la moitié nord du pays.

De même, trois étudiants ont été blessés samedi lorsqu'un drone chargé d'explosifs tiré par les Houthis a touché une école dans le district de Hareb à Marib, ont déclaré les autorités locales, ajoutant que les étudiants quittaient le bâtiment lorsque le drone a explosé.

Dans la province voisine de Shabwa, trois soldats ont été tués et quatorze autres blessés samedi lorsqu'un missile des Houthis a frappé une mosquée à l'intérieur de la base militaire d'Al-Alem pendant la prière du soir, a indiqué un responsable local à Arab News.

Des responsables locaux ont déclaré que les troupes de l'armée yéménite continuent de ne pas tenir compte d'une circulaire du ministère de la Défense, vieille de trois ans, qui demande aux soldats dont les bases sont proches des champs de bataille d'éviter de se rassembler pendant les prières.

« On a demandé aux soldats de prier individuellement », a déclaré un responsable militaire anonyme à Arab News, ajoutant que ces avis ont été émis en janvier 2019 à la suite d'une attaque de missiles des Houthis sur Marib qui a tué plus de 100 soldats.

« Les Houthis considèrent ces croyants comme des infidèles qui doivent être tués », a déclaré le responsable.

Le mois dernier, un tir de missile des Houthis sur une mosquée a tué au moins quatre soldats et en a blessé de nombreux autres dans le district d'Ouselan à Shabwa.

Une autre attaque au missile contre une mosquée le mois dernier a tué et blessé au moins vingt soldats à l'intérieur d'une base militaire dans la province méridionale d'Abyan.

Dimanche, un missile houthi a frappé une école dans un village isolé du district de Hayran, dans la province septentrionale de Hajjah.

Selon des responsables locaux, le missile a partiellement détruit l'école et aurait tué de nombreux élèves s'il avait touché le bâtiment quelques heures plus tôt.

Les responsables yéménites ont fermement condamné les frappes de missiles et de drones des Houthis sur des mosquées et des bâtiments civils dans tout le pays.

« La milice houthie poursuit le massacre de civils dans diverses régions devant la communauté internationale, qui ne condamne pas ces actes terroristes, ni ne remplit son mandat légal, humanitaire et moral de protection des civils, et veille à ce que les auteurs de crimes horribles ne restent pas impunis », a déclaré le ministre yéménite de l'Information Muammar Al-Eryani sur Twitter.

Pendant ce temps, sur le terrain, de violents combats entre les troupes gouvernementales et les Houthis ont éclaté samedi et dimanche dans les provinces de Marib et Hajjah, après que la milice a lancé des contre-attaques agressives consécutives pour reprendre des emplacements stratégiques détenus par les troupes gouvernementales yéménites.

Un responsable militaire local a déclaré dimanche à ArabNews que les troupes de l'armée et les combattants tribaux alliés ont engagé des combats avec les Houthis autour du camp militaire d'Um Resh et dans d'autres endroits du district de Juba, au sud de Marib.

Les troupes de l'armée ont annoncé dimanche que dix drones équipés d'explosifs tirés par les Houthis sur les troupes gouvernementales dans les districts de Haradh et d'Abes à Hajjah avaient été abattus au cours de la journée, alors que la milice intensifiait ses attaques pour reconquérir des territoires.

Dans la province de Saada, le fief houthi, les troupes de l'armée ont pris le contrôle de sites montagneux stratégiques après une attaque dans le district d'Al-Safra.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.