La Birmanie va contester l'affaire des Rohingyas devant la CIJ, sans Suu Kyi

 Des affiches représentant la dirigeante civile détenue Aung San Suu Kyile 4 avril 2021 (Photo, AFP).
Des affiches représentant la dirigeante civile détenue Aung San Suu Kyile 4 avril 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 21 février 2022

La Birmanie va contester l'affaire des Rohingyas devant la CIJ, sans Suu Kyi

  • La lauréate du prix Nobel de la paix est désormais assignée à résidence dans son pays par les mêmes généraux qu'elle a défendus à La Haye, contre les accusations de génocide dont ils faisaient l'objet
  • Environ 850.000 Rohingyas vivent dans des camps de fortune au Bangladesh, après avoir fui en 2017 une répression militaire sanglante dans leur pays à majorité bouddhiste

LA HAYE: La junte au pouvoir en Birmanie va remplacer lundi l'ex-dirigeante civile Aung San Suu Kyi devant la plus haute instance judiciaire des Nations unies, pour contester à son tour l'accusation de génocide contre les Rohingyas, minorité musulmane du pays.

Mme Suu Kyi avait elle-même présenté les arguments de la Birmanie devant la Cour internationale de justice (CIJ) fin 2019 à La Haye, aux Pays-Bas, lorsque l'affaire avait été entendue pour la première fois.

Mais elle a depuis été évincée de la tête du gouvernement birman par le coup d'Etat militaire du 1er février 2021.

La lauréate du prix Nobel de la paix, qui avait été critiquée par des ONG de défense des droits humains pour son implication dans la persécution des Rohingyas, est désormais assignée à résidence dans son pays par les mêmes généraux qu'elle a défendus à La Haye.

Environ 850.000 Rohingyas vivent dans des camps de fortune au Bangladesh, après avoir fui en 2017 une répression militaire sanglante dans leur pays à majorité bouddhiste. Quelque 600.000 autres restent dans l'Etat Rakhine, en Birmanie.

La Gambie, pays musulman qui avait déposé sa requête au nom de l'Organisation de la conférence islamique, accuse le pouvoir birman de violer la Convention des Nations unies sur le génocide de 1948.

Dans ses "objections préliminaires", la junte birmane devrait faire valoir lundi que la CIJ n'est pas compétente pour cette affaire.

La junte sera représentée, selon des médias birmans, par une nouvelle délégation dirigée par Ko Ko Hlaing, le ministre de la Coopération internationale, et Thida Oo, la procureure générale du pays, qui interviendront en visioconférence. Tous deux sont l'objet de sanctions américaines depuis le coup d'Etat.

La Gambie présentera ses contre-arguments mercredi.

Répression sanglante

Avant l'audience de lundi, le "gouvernement d'unité nationale" birman, fondé par des parlementaires déchus entrés en clandestinité, a estimé que c'était lui, et non la junte, qui était "le représentant approprié de la Birmanie à la CIJ dans cette affaire".

Il rejette en outre les "objections préliminaires" de la junte, estimant que la Cour devrait passer à l'étude de l'affaire sur le fond.

Ce "gouvernement d'unité nationale" n'est cependant reconnu par aucun gouvernement étranger et est considéré par la junte comme "terroriste".

La CIJ a été créée après la Seconde Guerre mondiale pour trancher les différends entre Etats membres de l'ONU.

Ses jugements sont contraignants, mais elle ne dispose d'aucun moyen réel pour les faire appliquer.

L'affaire de génocide présumé sur laquelle elle doit statuer a été compliquée par le coup d'Etat qui a évincé Mme Suu Kyi, déclenché des manifestations de masse et entraîné une répression sanglante, avec plus de 1.500 civils tués d'après un observatoire local.

Mme Suu Kyi doit elle-même être jugée en Birmanie pour une série de chefs d'accusation qui pourraient lui valoir plus de 150 ans de prison.


Le suspect de la tuerie du 4-Juillet inculpé de sept meurtres

Un policier surveille la zone de la fusillade du 4 juillet à Highland Park (Photo, AFP).
Un policier surveille la zone de la fusillade du 4 juillet à Highland Park (Photo, AFP).
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  • Robert Crimo, 21 ans, pourrait avoir à répondre de «dizaines d'autres chefs d'inculpation»
  • La vice-présidente américaine Kamala Harris s'est rendue sur place mardi soir

HIGHLAND PARK, États-unis: Le jeune homme accusé d'avoir ouvert le feu lors des célébrations de la fête nationale américaine à Highland Park, près de Chicago, a été inculpé de sept meurtres et pourrait passer le reste de sa vie en prison, ont annoncé les autorités mardi.

Robert Crimo, 21 ans, pourrait avoir à répondre de "dizaines d'autres chefs d'inculpation centrés sur chacune des victimes", qui seront détaillés plus tard, a déclaré Eric Rinehart, procureur général du comté de Lake.

S'il était reconnu coupable, il pourrait être condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, a-t-il précisé.

Préparée "pendant des semaines", son attaque a été menée avec un "fusil puissant similaire à un AR-15" pour tirer vraisemblablement au hasard sur la foule qui assistait au défilé du 4-Juillet du haut du toit d'un commerce, avait affirmé Christopher Covelli, un responsable de la police.

Robert Crimo s'était "habillé en femme" pour cacher son identité et pourrait avoir porté une perruque de cheveux longs pour cacher ses tatouages au visage, avait-il poursuivi, ajoutant qu'il avait ensuite abandonné son arme et s'était fondu dans la masse des gens qui fuyaient.

L'homme, surnommé Bobby, a tiré plus de 70 fois, faisant sept morts et au moins 35 blessés, selon un bilan de la police mardi.

La vice-présidente américaine Kamala Harris s'est rendue sur place mardi soir.

Mémorial de fortune 

Parmi les personnes décédées figure un couple, Irina et Kevin McCarthy, dont le fils âgé de deux ans, Aiden, avait été mis en sécurité par des habitants.

Mardi, la rue principale de cette banlieue cossue de Chicago restait figée dans les premiers instants de la fusillade, avec des objets abandonnés çà et là dans le chaos de lundi : poussette, tricycle ou chaises pliantes.

Devant une église, des cœurs bleus ont été montés sur des petits poteaux blancs. En leur milieu est inscrit le nom des victimes de la fusillade. Les habitants de la ville sont venus à tour de rôle mardi soir écrire un mot sur les cœurs qui seront ensuite remis aux familles des disparus.

"Nous sommes tous dévastés", résume devant ce mémorial de fortune Susanna Calkins, une habitante. Elle se dit plongée dans "l'incrédulité, mais aussi la résignation : ces choses-là surviennent encore et encore. Et cette fois-ci, c'est ici, ce sont les nôtres."

Le Dr David Baum, un médecin ayant participé aux opérations de secours sur les lieux du drame, a témoigné sur CNN de l'horreur de l'attaque, évoquant des victimes "explosées" ou "éviscérées" par les balles.

Originaire de Highwood, une petite ville voisine, le tireur a été identifié grâce aux vidéos de surveillance et au traçage de l'arme qu'il avait achetée légalement, a indiqué M. Covelli.

Selon le policier, le jeune homme avait fait une tentative de suicide en avril 2019 et avait été suivi par un médecin.

En septembre 2019, des agents étaient intervenus au domicile familial après un signalement prévenant qu'il "allait tuer tout le monde".

La police avait alors saisi seize couteaux, une dague et une épée. Il n'avait pas été arrêté car personne n'avait porté plainte, a souligné M. Cavelli.

Des images archivées sur le compte Twitter du suspect le montrent notamment avec un drapeau de soutien à l'ex-président républicain Donald Trump sur le dos.

«Tristesse»

La maire de Highland Park, Nancy Rotering, a indiqué sur NBC qu'elle avait connu le jeune homme quand il était enfant, chez les scouts.

"Et on se demande : qu'est-ce qui s'est passé ? Comment quelqu'un peut-il devenir si furieux, si haineux, pour s'en prendre à des gens innocents qui passaient juste une journée dehors en famille ?", a-t-elle dit.

L'édile a évoqué "la tristesse et le choc incroyables" qui ont frappé la ville.

Le pays est encore sous le choc d'une série de fusillades dont l'une a fait 21 morts, dont 19 enfants, le 24 mai au Texas.

Le président Joe Biden a ordonné mardi la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments publics. Il a récemment obtenu un relatif succès politique en faisant voter au Congrès une loi visant à mieux réguler la vente d'armes, dont près de 400 millions sont en circulation aux États-Unis.

Selon le site Gun Violence Archive, qui inclut les suicides dans ses données, plus de 22.400 personnes ont été tuées par arme à feu depuis le début de l'année.


L'Italien Draghi évoque l'importance des droits de l'homme auprès d'Erdogan

Le Premier ministre italien Mario Draghi (Photo, AFP).
Le Premier ministre italien Mario Draghi (Photo, AFP).
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  • Ils ont annoncé la signature de neuf accords pour renforcer la coopération commerciale et militaire entre leurs pays
  • Le président turc a précisé qu'il espérait «intensifier les négociations» sur les céréales avec la Russie et l'Ukraine

ANKARA: Le Premier ministre italien Mario Draghi a déclaré mardi avoir évoqué l'importance des droits de l'homme au cours d'une rencontre à Ankara avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

M. Draghi a emmené une large délégation de son gouvernement dans la capitale turque, un an après avoir qualifié M. Erdogan de "dictateur" et s'être ensuite fait infliger une vive rebuffade par le chef de l'État turc.

Leur querelle a éclaté dans la continuité d'une discorde diplomatique sur la disposition des sièges au moment de la rencontre de M. Erdogan avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Depuis cet incident, les deux hommes ont eu de brefs entretiens en marge des sommets internationaux de Rome et de Bruxelles. Leur rencontre mardi à Ankara a néanmoins été la première à avoir eu un caractère officiel depuis leur dispute.

Le président turc a personnellement accueilli M. Draghi au cours d'une grande cérémonie au palais présidentiel, au cours de laquelle les deux hommes ont échangé de nombreux sourires, sans jamais évoquer directement leur querelle passée.

Ils ont annoncé la signature de neuf accords pour renforcer la coopération commerciale et militaire entre leurs pays.

"Au cours de notre conversation, nous avons aussi discuté de l'importance du respect des droits de l'homme", a déclaré Mario Draghi, qui a par ailleurs encouragé le "président Erdogan à rejoindre la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes (dont s'est retirée la Turquie l'an passé, après d'intenses pressions des membres les plus conservateurs de la coalition au pouvoir, ndlr)".

M. Erdogan n'a pas répondu aux commentaires de son interlocuteur, mais a dit espérer que l'Italie ferait montre d'un soutien "plus fort" à la Turquie pour son adhésion à l'Union européenne.

L'inquiétude de la communauté internationale concernant les droits de l'homme en Turquie n'a eu de cesse de croître depuis la tentative avortée de coup d'État en 2016, qui a entraîné des purges radicales, avec des dizaines de milliers de personnes emprisonnées ou limogées.

Sur le volet ukrainien, les deux dirigeants ont réaffirmé leur soutien à un règlement diplomatique et à la reprise du transport des céréales à travers la mer Noire.

Le président turc a précisé qu'il espérait "intensifier les négociations" sur les céréales avec la Russie et l'Ukraine, dans les prochains jours.


L'Ouzbékistan affirme avoir été victime de tirs de roquettes d'Afghanistan

Un garde-frontière taliban se tient près des frontières entre l’Afghanistan et l’Ouzbékistan (Photo, AFP).
Un garde-frontière taliban se tient près des frontières entre l’Afghanistan et l’Ouzbékistan (Photo, AFP).
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  • «Aucune explosion ne s'est produite lorsque les roquettes sont tombées, il n'y a eu aucune victime humaine»
  • Le gouvernement ouzbek a établi des liens avec les autorités talibanes à Kaboul

TACHKENT, Ouzbékistan: Les autorités ouzbèkes ont affirmé mardi que des roquettes tirées depuis l'Afghanistan avaient touché son territoire, sans exploser ni faire de victimes.

"Le 5 juillet 2022 vers 16h20 (...) la chute de cinq roquettes, vraisemblablement lancées depuis le territoire afghan, a été constatée" près de la frontière, a indiqué le ministère des Affaires étrangères ouzbek dans un communiqué.

"Aucune explosion ne s'est produite lorsque les roquettes sont tombées, il n'y a eu aucune victime humaine et aucune destruction. Des dégâts mineurs ont été causés à quatre maisons privées" dans la ville frontalière de Termez, a précisé le ministère.

Les autorités ont ajouté "mettre en œuvre les mesures nécessaires pour établir les causes de cet incident" en "collaboration avec la partie afghane".

En avril, la branche afghane du groupe Etat islamique avait assuré avoir mené une attaque aux roquettes contre l’Ouzbékistan, ce que les autorités ouzbèkes avaient démenti.

L’Ouzbékistan, pays le plus peuplé d'Asie centrale avec ses 35 millions d'habitants, partage plus de 140 kilomètres de frontières terrestres avec l'Afghanistan.

Le gouvernement ouzbek a établi des liens avec les autorités talibanes à Kaboul sans pour autant les reconnaître formellement.