Ukraine: Londres demande un réexamen de la licence de la chaîne russe RT

Une photo prise le 5 octobre 2021 à Toulouse montre le logo de la chaîne de télévision RT (Russia Today). (Photo, AFP)
Une photo prise le 5 octobre 2021 à Toulouse montre le logo de la chaîne de télévision RT (Russia Today). (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 24 février 2022

Ukraine: Londres demande un réexamen de la licence de la chaîne russe RT

  • Interpellé au Parlement sur le rôle de « désinformation» joué par RT, Boris Johnson a indiqué que sa ministre de la Culture avait demandé au régulateur britannique, Ofcom, de «réexaminer» la licence accordée à la chaîne d'informations en anglais
  • L'Ofcom a indiqué qu'il n'hésiterait pas à «intervenir» si ses règles en matière d'exactitude ou d'impartialité étaient violées par le titulaire d'une licence

LONDRES : Le gouvernement britannique a demandé un réexamen de la licence accordée à la chaîne publique russe en anglais RT, a annoncé mercredi Boris Johnson en pleine crise russo-occidentale liée à l'Ukraine, son ministre de la Défense jugeant que Vladimir Poutine avait "perdu la boule".

Le Royaume-Uni a sanctionné mardi cinq banques et trois oligarques russes après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des régions séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, et a indiqué que de nouvelles mesures seraient prises face à la possibilité "hautement probable" d'une invasion d'envergure atteignant Kiev.

Interpellé au Parlement sur le rôle de "désinformation" joué par RT, Boris Johnson a indiqué que sa ministre de la Culture Nadine Dorries avait demandé au régulateur britannique, Ofcom, de "réexaminer" la licence accordée à la chaîne d'informations en anglais.

"Nous vivons en démocratie et dans un pays qui croit à la liberté d'expression, il est donc important de laisser cette question à Ofcom, plutôt que de laisser les politiques décider des médias à interdire comme le fait la Russie", a tempéré Boris Johnson.

Interrogé par l'AFP, l'Ofcom a indiqué qu'il n'hésiterait pas à "intervenir" si ses règles en matière d'exactitude ou d'impartialité étaient violées par le titulaire d'une licence. 

"Vu la gravité de la crise en Ukraine, nous examinerons en priorité les plaintes relatives à la couverture de cette question par toute société de radiodiffusion", a ajouté un porte-parole du régulateur. 

Début février, l'Allemagne a interdit RT sur son territoire, poussant Moscou à fermer le bureau de la radio-télévision allemande Deutsche Welle à Moscou.

Moscou a laissé entendre que la BBC pourrait recevoir le même sort. 

"Si le Royaume-Uni met à exécution sa menace envers le média russe, des mesures de représailles ne se feront pas attendre", a prévenu la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. 

"Les journalistes britanniques peuvent demander à leurs collègues allemands en quoi ça consiste", a-t-elle ajouté, rappelant aussi l'expulsion en 2021 de la correspondante de la BBC à Moscou Sarah Rainsford. 

Armes

Boris Johnson a également réaffirmé préparer de nouvelles sanctions économiques après celles annoncées mardi, sans préciser si elles seraient mises en oeuvre quoi qu'il arrive ou en cas de nouvelle escalade.

Ces mesures "visent à empêcher la Russie de lever de la dette souveraine, à empêcher les compagnies russes de lever des fonds et même de régler en livres sterling et dollars sur les marchés internationaux", a-t-il expliqué.

Il a également confirmé que Londres allait renforcer son aide militaire à Kiev, y compris par des armes létales, en plus des missiles antichars envoyés récemment.

Le gouvernement britannique a également annoncé un soutien financier sous la forme de garanties de crédit atteignant 500 millions de dollars.

Interrogée sur la chaîne Sky News, la cheffe de la diplomatie Liz Truss avait estimé "hautement probable" que le président russe Vladimir Poutine veuille envahir l'Ukraine et prendre sa capitale Kiev.

Lors d'un entretien avec des militaires, le ministre de la Défense Ben Wallace a déclaré de son côté, selon l'agence PA Media: "Malheureusement, nous avons un adversaire très occupé avec Poutine, il a complètement perdu la boule".

Il a évoqué le régiment des Scots Guards dans lequel il a servi, rappelant qu'ils avaient "botté les fesses du tsar Nicolas Ier en Crimée en 1853": "On peut le refaire".


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.