L'Ukraine confirme des pourparlers avec Moscou, la « force de dissuasion» russe en alerte

Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans « conditions préalables» à la frontière ukraino-bélarusse, « dans la région de la rivière Pripiat», près de Tchernobyl. (Photo, AFP)
Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans « conditions préalables» à la frontière ukraino-bélarusse, « dans la région de la rivière Pripiat», près de Tchernobyl. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 27 février 2022

L'Ukraine confirme des pourparlers avec Moscou, la « force de dissuasion» russe en alerte

  • La présidence ukrainienne n'a pas précisé la date de ces pourparlers, mais la Russie a indiqué qu'ils auraient lieu dès ce dimanche
  • Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne «capitulera pas» face à Moscou

KHARKIV : L'Ukraine a confirmé dimanche, au quatrième jour de l'invasion russe, des pourparlers avec Moscou à la frontière ukraino-bélarusse tandis que Vladimir Poutine a annoncé mettre en alerte la force de dissuasion nucléaire de l'armée russe.

La présidence ukrainienne n'a pas précisé la date de ces pourparlers, mais la Russie a indiqué qu'ils auraient lieu dès ce dimanche.

Selon Kiev, la rencontre aura lieu sans "conditions préalables" à la frontière ukraino-bélarusse, "dans la région de la rivière Pripiat", près de Tchernobyl.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a prévenu que son pays ne "capitulera pas" face à Moscou.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a affirmé que la rencontre aura lieu dans la région de Gomel au Bélarus. Cette région est frontalière notamment de celle de Pripiat.

Le président russe, qui a appelé l'armée ukrainienne à renverser le pouvoir à Kiev, s'était dit favorable à des discussions, à condition qu'elles se tiennent au Bélarus, pays allié qui sert de base arrière à l'invasion russe. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'était dit prêt à négocier mais pas depuis ce pays.

Près de 400 000 réfugiés

Le dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré à M. Zelensky que "les avions, hélicoptères et missiles (russes) déployés sur le territoire du Bélarus resteraient au sol pendant l'arrivée, les négociations et le départ de la délégation ukrainienne", selon la présidence ukrainienne.

Parallèlement, Vladimir Poutine a ordonné de "mettre les forces de dissuasion de l'armée russe en régime spécial d'alerte au combat". Il a invoqué "les déclarations belliqueuses de l'Otan" et critiqué les sanctions "illégitimes" prises contre la Russie par les Occidentaux qui accroissent leur pression sur Moscou.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a estimé que l'annonce visait "à faire pression sur la délégation ukrainienne" avant les pourparlers.

Sur le terrain, le flot de réfugiés fuyant l'Ukraine enfle. Depuis jeudi, quelque 368 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins et leur nombre "continue à augmenter", a annoncé le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. La Pologne en a accueilli plus de la moitié et l'Allemagne a rendu gratuits les trains pour tous les Ukrainiens venant de ce pays.

Le pape François a appelé à l'ouverture "urgente" de couloirs humanitaires et demandé "que les armes se taisent" en Ukraine.

 

Les Européens discutent d'un statut de protection pour les Ukrainiens fuyant la guerre

Les ministres européens de l'Intérieur sont réunis dimanche en urgence à Bruxelles pour organiser l'accueil des Ukrainiens fuyant l'offensive russe et discuter de leur accorder une protection temporaire automatique.

"Nous devons regarder quel statut on peut confier à ces personnes qui fuient le territoire ukrainien dans des conditions extrêmement difficiles", a déclaré le ministre français Gérald Darmanin, dont le pays exerce la présidence du Conseil de l'UE, en arrivant à la réunion.

Il s'agit "d'abord" de les accueillir "le mieux possible en Pologne et dans les pays voisins, voir comment on peut les aider de façon humanitaire (...) et puis voir comment, en Europe, on peut leur apporter cette protection" prévue dans le cadre d'une directive de 2001, a-t-il indiqué.

Ce régime, institué en réponse au conflit en ex-Yougoslavie mais qui n'a jamais été utilisé, prévoit l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées, et des mesures pour répartir entre pays de l'UE l'effort d'accueil de ces réfugiés.

"La France mettra ce sujet à l'ordre du jour", a dit M. Darmanin.

Le recours à cette directive est réclamé par la Belgique.

"Il faut garantir une protection au niveau européen", a demandé le secrétaire d'État belge à l'asile et la migration, Sammy Mahdi. Nous sommes à "un moment historique pour l'Union européenne, un moment où on doit prendre des décisions courageuses (...) Je proposerai d'activer cette directive aujourd'hui le plus vite possible", a-t-il dit.

"C'est le bon moment pour y recourir", a aussi estimé la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson, précisant qu'elle allait faire une proposition en ce sens.

"Cela peut être une option, je n'y suis pas opposé", a quant à lui réagi le ministre suédois de l'Intégration et des migrations, Anders Ygeman, estimant que les Européens doivent prendre "leurs responsabilités de concert".

"L'essentiel est de trouver des solutions non bureaucratiques de sorte à pouvoir accueillir rapidement ces réfugiés", a observé la ministre allemande de l'Intérieur Nancy Faeser.

Dans l'immédiat, "la question n'est pas tant la répartition que d'examiner la manière dont nous pouvons aider les pays voisins" de l'Ukraine, notamment "avec un soutien logistique à la Pologne", a-t-elle estimé.

«Forces du mal»

Les forces ukrainiennes ont repris le plein contrôle de Kharkiv (1,4 million d'habitants), deuxième ville d'Ukraine dans le Nord-Est à la frontière russe, selon le gouverneur local Oleg Sinegoubov.

Dans son sermon dominical, le patriarche orthodoxe russe Kirill a qualifié les opposants à Moscou en Ukraine de "forces du mal".

"Vassylkiv, Kiev, Cherniguiv, Soumi, Kharkiv et beaucoup d'autres villes vivent dans des conditions qu'on n'avait pas vues sur nos terres (...) depuis la Seconde guerre mondiale", a lancé tôt dimanche M. Zelensky, accusant la Russie de considérer les zones habitées "comme une cible légitime".

M. Zelensky, qui a saisi la Cour internationale de justice de La Haye, a salué la formation d'une "coalition anti-guerre" internationale pour soutenir l'Ukraine et appelé les étrangers à venir se battre "contre les criminels de guerre russes" dans une "Légion internationale" en formation.

Selon l'état-major ukrainien, l'armée russe "n'a pas atteint" son "principal objectif (qui) est de verrouiller Kiev" et a recours "au sabotage" avec "des groupes de reconnaissance qui détruisent l'infrastructure civile".

A Kiev, sous couvre-feu jusqu'à lundi 08H00 (06H00 GMT), la matinée a été calme après des affrontements durant la nuit "avec des groupes subversifs" selon le bureau du maire.

Deux villes encerclées

De son côté, le ministère russe de la Défense qui n'a pas fait état jusqu'à présent d'offensive sur Kiev a affirmé avoir encerclé deux grandes villes du Sud, Kherson et Berdiansk, qui comptent respectivement 290.000 et 110.000 habitants. "La ville de Guenitchesk et l'aérodrome de Tchernobaïevka près de Kherson ont également été pris sous contrôle", selon un communiqué.

Il revendique également des gains territoriaux pour les séparatistes prorusses dans l'Est, soutenus par l'armée russe et qui ont avancé, selon Moscou, de 52 km depuis le début de l'offensive.

Au total, l'armée russe assure avoir détruit 975 installations militaires ukrainiennes.

L'Onu recensait samedi au moins 64 morts parmi les civils et des centaines de milliers de personnes sans eau ou électricité. 

Selon le ministère ukrainien de la Santé, au moins 198 civils, dont trois enfants, ont été tués et 1 115 personnes blessées depuis jeudi.

Des dizaines de militaires ukrainiens ont perdu la vie dans les combats. Kiev, selon qui l'armée ukrainienne a tué plus de 4 300 soldats russes, a lancé un site internet permettant aux proches des soldats russes tués de connaître leur sort. Moscou garde le silence sur ses pertes.

 

L'Otan renforce ses forces en Roumanie et en Slovaquie

La France et la Belgique vont déployer des unités en Roumanie pour constituer un groupement tactique de l'Otan dans ce pays et un autre sera constitué en Slovaquie, ont confirmé les autorités des trois pays après les annonces vendredi au sommet de l'Alliance.

Dans le cadre de la Force de réaction rapide, la France va déployer en Roumanie 500 militaires avec des véhicules blindés et des engins de combat, a précisé vendredi soir le chef d'état-major des armées françaises, le général Thierry Burkhard après les annonces du président Emmanuel Macron.

La Belgique va pour sa part envoyer 300 militaires dans ce pays. "Ils se déploieront dans le courant de la semaine prochaine dans le cadre de la Force de réaction rapide au sein d’un bataillon franco-belge qui assurera une mission de protection et dissuasion", a annoncé samedi la ministre de la Défense Ludivine Dedonder.

Les unités françaises et belges font partie de la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF) de l'Otan. Elles vont constituer les premiers éléments du groupement tactique de l'Alliance en Roumanie dont la France a proposé de prendre le commandement, a-t-on précisé de source diplomatique.

Un autre groupement tactique va être établi en Slovaquie, a précisé samedi l'ambassadeur slovaque à l'Otan, Peter Bator. Il sera en charge d'un système de défense aérienne Patriot et devrait compter plus d'un millier de militaires d'unités venues d'Allemagne, des Pays-Bas, de la République tchèque, de la Pologne, de la Slovénie et des Etats-Unis, a-t-il précisé.

La constitution de ces deux nouveaux groupements tactiques a fait l'objet d'un accord lors de la réunion des ministres de la Défense de l'Otan les 16 et 17 février, a-t-on précisé de source diplomatique.

L’Otan a déjà déployé quatre groupements tactiques multinationaux en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne depuis 2017 pour "répondre au renforcement militaire de la Russie dans la région de la Baltique et à l'usage de la force contre ses voisins" .

Au total 4 500 militaires des pays de l'Otan sont déployés dans ces quatre pays et constituent des "forces prêtes au combat", précise l'Alliance. Ils sont dirigés par le Royaume-Uni (Estonie), le Canada (Lettonie), l'Allemagne (Lituanie) et les Etats-Unis (Pologne).

L'Otan a par ailleurs établi une présence avancée adaptée en Roumanie avec une brigade multinationale et des navires. Les Etats-Unis ont envoyé en janvier une unité de blindés Stryker et un millier de militaires en Roumanie dans une base située à proximité de la mer Noire, venus renforcer les 900 militaires américains stationnés dans ce pays.

Des avions allemands et italiens assurent par ailleurs "la  police des airs" dans cette zone.

L'Otan a activé jeudi ses plans de défense afin de pouvoir déployer la capacité de la Force de réaction rapide de "là ou ce sera nécessaire".

Les Etats-Unis ont annoncé le lendemain l'envoi de 7.000 militaires en Allemagne et la mise en alerte de 12 000 autres pour renforcer la force de l'Otan.

L'Italie est pour sa part prête à déployer 3.400 militaires, a annoncé le chef du gouvernement italien Mario Draghi.

Nouvelles sanctions

Plusieurs pays dont la France, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, les pays scandinaves et la Belgique ont annoncé à leur tour la fermeture de leur espace aérien aux avions russes.

Au moins 100 000 personnes manifestaient dimanche à Berlin en solidarité avec l'Ukraine.

La veille, les Occidentaux ont exclu des banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale - une décision à laquelle s'est associé dimanche le Japon.

Ils ont aussi promis davantage d'armes à l'Ukraine, l'Allemagne notamment rompant avec sa politique traditionnelle de refus d'exporter des armes létales en zone de conflit. Dimanche, les Etats-Unis et l'Italie ont annoncé des aides humanitaires.

Et les Occidentaux se réservent "le droit d'imposer" de nouvelles sanctions à Moscou, a averti le chancelier allemand Olaf Scholz tout en se disant toujours ouvert à des discussions. "Le monde d'après ne sera plus le même que le monde d'avant", a-t-il insisté.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a aussi annoncé de nouvelles sanctions à venir contre les oligarques, estimant que le conflit pourrait durer "plusieurs années".

Le monde sportif met aussi la Russie à l'écart. La Fédération internationale de judo a annoncé la "suspension" du statut de président honoraire de M. Poutine. 

Les boycotts de la Russie dans le sport se multiplient. La Fédération tchèque de football refusera d'affronter la Russie en vue du Mondial-2022, à l'instar de la Pologne et la Suède, la Fédération française "penche pour une exclusion de la Russie".

"Bien sûr que c'est mauvais pour le sport, et c'est un gros coup porté à la Russie. Mais je pense que c'est nécessaire, autrement notre gouvernement ne comprendra pas qu'il doit agir différemment", a commenté Guéorgui Andreev, un étudiant de 22 ans.

Le géant américain de l'internet Google a lui "suspendu" la possibilité pour les médias financés par l'Etat russe de générer de l'argent sur ses plateformes.

 

La Russie suspendue, le Conseil de l'Europe appelle ses membres à la "solidarité" financière

Le Conseil de l'Europe, qui vient de suspendre Moscou après l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes, a appelé dimanche ses Etats membres à la "solidarité" financière afin de palier d'éventuelles pertes de financement si Moscou venait à ne plus payer ses contributions.

"Je salue de tout cœur l'initiative qui vient d'être votée (dimanche) au Bundestag", la chambre basse du Parlement allemand, "visant à garantir que le Conseil de l'Europe ne subisse aucun préjudice financier à moyen ou long terme" après la suspension des droits de représentation de la Russie, décidée vendredi, a déclaré dans un communiqué Tiny Kox, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

"J'appelle les parlements des 46 autres Etats membres du Conseil de l'Europe (...) à faire pression pour obtenir un financement accru de leurs gouvernements afin de couvrir toute perte éventuelle des contributions russes à l'organisation", a-t-il poursuivi, se disant "convaincu qu'il y aura un soutien écrasant pour cela".

"La Russie reste tenue de respecter ses obligations financières vis-à-vis du Conseil de l'Europe", a-t-il toutefois insisté, alors que Moscou avait déjà suspendu dans le passé ses cotisations, en rétorsion à la suspension du droit de vote de la délégation russe au sein de l'APCE après l'annexion de la Crimée, en 2014.

La pérennité de l'institution paneuropéenne avait alors été menacée.

"Il est clair, en ces temps sombres, que les valeurs que défend le Conseil de l'Europe sont plus nécessaires que jamais, et l'organisation doit rester financièrement viable à long terme", a insisté M. Cox.

"Nous avons adopté ensemble une position de principe face à l'attaque totalement injustifiée de la Russie contre l'Ukraine. Agir maintenant, en solidarité, garantira que notre travail n'aura pas à souffrir à cause de cette position", a-t-il conclu.


Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
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  • Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
  • M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques"

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé jeudi des sanctions économiques à l'encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays.

"Les dirigeants iraniens ont répondu brutalement aux manifestations pacifiques par des actes de violence, allant de tueries massives dans les rues à des attaques contre des victimes blessées et des hôpitaux", a dénoncé dans un message vidéo le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

En réponse, le Trésor impose une nouvelle série de sanctions économiques contre les intérêts iraniens.

Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué.

Sont aussi sanctionnés quatre responsables sécuritaires opérant à l'échelle régionale en Iran.

"Notre message au peuple iranien est clair: vos revendications sont légitimes. Vous manifestez pour une noble cause", a déclaré le ministre Bessent dans la vidéo.

"Notre message aux dirigeants iraniens est également clair", a-t-il continué.

"Le Trésor américain sait que, tels des rats qui quittent un navire en perdition, vous transférez frénétiquement les fonds volés aux familles iraniennes vers des banques et des institutions financières à travers le monde. Soyez assurés que nous les traquerons, et vous avec."

Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées.

Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.


«Continuez à manifester», «l'aide est en route», lance Donald Trump aux Iraniens

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.  Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
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  • La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option"
  • Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement

PARIS: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à renverser les institutions et a promis que "l'aide" arrivait, Téhéran dénonçant de son côté des "troubles orchestrés" pour servir de prétexte à une intervention militaire américaine.

"CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a écrit le président américain sur son réseau Truth social, soulignant que "beaucoup d'aide est en route".

Le président américain a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

La mission iranienne à l'ONU a accusé mardi les Etats-Unis de chercher à renverser le régime par la force, "des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire".

Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979 et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond".

La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.

Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme également l'ONG Human Rights Watch.

De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.

"Tirs au hasard" 

Les condamnations internationales ont afflué mardi: l'ONU s'est dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.

L'UE et des capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, selon Londres.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option".

Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement".

L'Iran reste privé d'internet depuis le 8 janvier. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.

L'IHR évoque 10.000 arrestations.

"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Mashad (nord-est de l'Iran).

Téhéran "prêt à toute éventualité" 

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté.

Les médias d'Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.

Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue mercredi d'une cérémonie funéraire géante à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en référence essentiellement à ceux-ci.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".

"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.

Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".