Dossier nucléaire: le négociateur en chef iranien retourne dimanche à Vienne

Le négociateur en chef iranien, Ali Bagheri Kani (Photo, AFP).
Le négociateur en chef iranien, Ali Bagheri Kani (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 28 février 2022

Dossier nucléaire: le négociateur en chef iranien retourne dimanche à Vienne

  • L'accord de 2015 avait permis jusqu'au retrait américain la levée de sanctions économiques internationales contre la République islamique
  • M. Baghéri était rentré en Iran afin de consulter ses dirigeants et avait appelé l'Occident à prendre des décisions pour pouvoir franchir la «ligne d'arrivée»

TÉHÉRAN : Le négociateur en chef de l'Iran Ali Baghéri se rend dimanche à Vienne pour poursuivre les négociations avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire iranien, a rapporté une source officielle.

Ces derniers jours, des négociateurs ont fait état d'avancées dans les pourparlers de Vienne visant à sauver l'accord nucléaire conclu en 2015 entre l'Iran, les Etats-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne.

L'enjeu est de faire revenir dans l'accord les Etats-Unis, qui s'étaient retirés en 2018 en rétablissant des sanctions contre l'Iran, et Téhéran, qui avait en réaction rompu ses engagements liés à ses activités nucléaires sensibles.

L'accord de 2015 avait permis jusqu'au retrait américain la levée de sanctions économiques internationales contre la République islamique. Elle a en échange respecté les restrictions liées à son programme nucléaire, censées l'empêcher de se doter de la bombe atomique, intention qu'elle a toujours niée.

Ali Baghéri "partira ce soir (dimanche) pour Vienne avec un ordre du jour clair afin de poursuivre les négociations visant à résoudre les problèmes pour arriver" à un règlement, a annoncé l'agence de presse officielle iranienne Irna.

M. Baghéri était rentré en Iran mercredi afin de consulter ses dirigeants et avait appelé l'Occident à prendre des décisions pour pouvoir franchir la "ligne d'arrivée" dans les négociations dans la capitale autrichienne.

Celles-ci ont continué au niveau des experts en l'absence des négociateurs en chef.

"Nous attendons le retour du négociateur en chef iranien (...) pour finaliser l'accord de rétablissement du JCPOA", le sigle utilisé pour désigner l'accord de 2015, a déclaré sur Twitter l'émissaire de la Russie, Mikhaïl Oulianov.

Pour le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, "les négociations à Vienne sont arrivées au moment (où seront prises) d'importantes décisions politiques par les Etats-Unis ou les Occidentaux".

Samedi, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a déclaré que son pays étudiait une "ébauche" d'accord après un entretien téléphonique avec Josep Borell, son homologue de l'Union européenne (UE).

L'un des points de friction demeure l'absence de clarification de la part de Téhéran sur la possible présence de matériel nucléaire sur des sites iraniens non officiels --selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), gendarme onusien du nucléaire.

"Nous avons répondu à des questions ou des revendications politiques de la part de l'AIEA concernant des actions de notre pays dans le passé (...) personne ne doit maintenir ce sujet pour maintenir la pression politique" sur Téhéran, a accusé M. Khatibzadeh, interrogé par la télévision d'Etat.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.