L'Union européenne et le Canada ferment leur espace aérien aux avions russes

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrel, font un communiqué de presse conjoint sur de nouvelles mesures pour répondre à l'invasion russe de l'Ukraine à la Commission européenne à Bruxelles, Belgique, le 27 février 2022.( AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrel, font un communiqué de presse conjoint sur de nouvelles mesures pour répondre à l'invasion russe de l'Ukraine à la Commission européenne à Bruxelles, Belgique, le 27 février 2022.( AFP)
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Publié le Lundi 28 février 2022

L'Union européenne et le Canada ferment leur espace aérien aux avions russes

  • D'autres pays européens, non membres de l'UE, ont aussi pris de telles mesures dimanche ou ces derniers jours, à l'image du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Macédoine du Nord ou de l'Islande
  • Hors continent européen, le Canada, deuxième plus vaste pays de la planète, a aussi annoncé une telle décision

BRUXELLES : L'Union européenne a annoncé qu'elle allait fermer son espace aérien aux compagnies russes, en représailles à l'invasion de l'Ukraine par Moscou, une mesure également décidée par plusieurs pays européens ne faisant pas partie de l'UE et par le Canada.

"Nous proposons (aux Vingt-Sept) d'interdire tous les avions appartenant à des Russes, enregistrés en Russie ou contrôlés par des intérêts russes. Ils ne pourront plus atterrir, décoller ou survoler le territoire de l'UE", a annoncé dimanche la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Dans la journée, les pays européens avaient annoncé, les uns après les autres, des décisions de ce type, de l'Italie à l'Allemagne, en passant par la Belgique, la Suède, la France, l'Espagne ou le Portugal.

"En Europe, le ciel est ouvert (...) à ceux qui connectent les peuples, pas à ceux qui commettent des agressions brutales", a justifié le Premier ministre belge Alexander De Croo.

"Il n'y a pas de place dans l'espace aérien néerlandais pour un régime qui applique une violence inutile et brutale", a souligné pour sa part le ministre hollandais de l'Infrastructure, Mark Harbers.

D'autres pays européens, non membres de l'UE, ont aussi pris de telles mesures dimanche ou ces derniers jours, à l'image du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Macédoine du Nord ou de l'Islande.

Hors continent européen, le Canada, deuxième plus vaste pays de la planète, a aussi annoncé une telle décision.

Avec les nombreux pays ayant déjà fermé ou annoncé la fermeture de leur espace aérien, le trafic aérien russe se retrouve face à une très vaste zone de non-survol, contraignant les vols à d'énormes détours.

« Unité totale »

L'attaque russe "doit être contrée par les sanctions internationales les plus fortes possibles", a déclaré sur Twitter le chef de la diplomatie danoise Jeppe Kofod. 

"À l'invasion russe en Ukraine, l'Europe répond par une unité totale", a souligné pour sa part le ministre français délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

En représailles, Moscou a commencé à interdire le survol de son territoire aux avions liés aux pays européens ayant annoncé de telles décisions ces derniers jours, comme le Royaume-Uni, la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la République tchèque.

À l'unisson d'un nombre croissant de compagnies occidentales (British Airways...), Lufthansa - premier groupe européen avec les marques Lufthansa, Condor, Swiss, Brussel Airlines - a décidé samedi de suspendre ses vols vers et au-dessus de la Russie pour une semaine, disant anticiper des mesures de rétorsion de Moscou.

Air France a annoncé de son côté dimanche suspendre temporairement "la desserte et le survol de la Russie" et n'assurera plus ses liaisons vers Moscou et Saint-Pétersbourg jusqu'à nouvel ordre "compte tenu de la situation dans la région".

En conséquence, la compagnie aérienne suspend également ses vols de et vers la Chine, la Corée et le Japon, "le temps d'étudier les options de plan de vol permettant d'éviter l'espace aérien russe".

Se pose désormais la question du sort des Européens se trouvant en Russie ou des Russes en Europe, qui souhaitent revenir chez eux. C'est d'ailleurs ce qui avait semblé faire hésiter la France.

"Il y aura un dialogue diplomatique et un soutien de la France à l'égard de ces ressortissants", a indiqué dimanche soir le ministre français Jean-Baptiste Djebbari, sans plus de précisions.


Ukraine: Trois morts dans des bombardements russes à Kramatorsk et Zaporijjia

Une Ukrainienne est assise dans son appartement partiellement détruit par un missile Smerch non explosé après une frappe nocturne à la périphérie de Kramatorsk (Photo, AFP).
Une Ukrainienne est assise dans son appartement partiellement détruit par un missile Smerch non explosé après une frappe nocturne à la périphérie de Kramatorsk (Photo, AFP).
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  • «Les bombardements ont endommagé au moins 20 bâtiments et un incendie s'est déclaré»
  • Les livraisons de pétrole russe à la République tchèque ont repris après une suspension de huit jours

KIEV: Au moins trois personnes ont été tuées et 15 autres blessées vendredi dans des bombardements russes sur les villes ukrainiennes de Kramatorsk, dans l'Est, et de Zaporijjia, dans le Sud, ont annoncé les autorités locales.

"Une nouvelle attaque sur Kramatorsk - selon de premières informations, nous avons deux civils morts et 13 blessés avec certitude", a dit sur Facebook Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk.

"Les bombardements ont endommagé au moins 20 bâtiments et un incendie s'est déclaré", a-t-il ajouté, appelant une nouvelle fois la population locale à évacuer.


L'OMS rebaptise les variants de la variole du singe

Un pharmacien administre une dose d'Imvanex, un vaccin pour se protéger du virus (Photo, AFP).
Un pharmacien administre une dose d'Imvanex, un vaccin pour se protéger du virus (Photo, AFP).
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  • Le nom de la maladie est l'héritage des conditions de découverte de la maladie
  • Une trentaine de scientifiques, pour beaucoup originaires d'Afrique, ont rédigé une tribune pour demander à changer ces noms

GENÈVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi avoir rebaptisé les variants de la variole du singe, en remplaçant par des chiffres romains les noms de régions africaines, jugés stigmatisants.

Ces nouveaux noms de variants permettent de prendre acte de la réalité actuelle de la maladie. Alors que celle-ci s'est longtemps limitée à une dizaine de pays africains, la grande majorité des nouveaux cas ont été détectés cette année ailleurs dans le monde, en particulier aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

Dans un communiqué, l'OMS indique par ailleurs mener un large processus consultatif en ligne pour changer le nom de la maladie, également jugé trompeur et discriminatoire, puisque le virus n'est pas lié uniquement aux singes, mais a été mis en évidence chez de nombreux animaux et en particulier chez les rongeurs.

Pour ce qui est des variants, aussi appelés clades, ils étaient nommés jusqu'à présent d'après des régions ou des pays d'Afrique, avec la souche d'Afrique de l'Ouest et de celle du Bassin du Congo (Afrique centrale), la seconde étant bien plus meurtrière que sa cousine.

Début juin, une trentaine de scientifiques, pour beaucoup originaires d'Afrique, ont ainsi rédigé une tribune pour demander à changer ces noms, jugeant urgent de mettre en place "une nomenclature qui ne soit ni discriminatoire ni stigmatisante".

Ils ont été entendus par l'OMS qui a réuni le 8 août des virologues et experts en santé publique afin de parvenir à un consensus sur une nouvelle terminologie.


Centrafrique: «De plus en plus de voix s’élèvent» pour modifier la Constitution, affirme Touadéra

Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
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  • Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution
  • Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui

LIBREVILLE, Gabon: Le chef de l'État centrafricain Faustin-Archange Touadéra a affirmé vendredi que "de plus en plus de voix s'élèvent" pour modifier la Constitution, ce qui lui permettrait de briguer un troisième mandat présidentiel.

"De plus en plus de voix s'élèvent pour exiger une modification de la Constitution", a écrit le président centrafricain sur sa page Facebook, la veille de la fête de l'Indépendance.

Il a évoqué notamment les "aspirations profondes du peuple manifestées à travers des pétitions et marches de soutien à la réforme constitutionnelle".

"Je vous ai écoutés. Je prends acte de vos sollicitations pressantes qui me sont parvenues de partout réclamant une nouvelle Constitution", a poursuivi M. Touadéra, élu en 2016 à la tête de la Centrafrique et réélu en 2020.

Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui, la capitale centrafricaine, pour demander la tenue d'un référendum pour modifier la Constitution, adoptée en 2016 et qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution.

Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) de M. Touadéra avait tenté en mars, lors d'un "dialogue républicain" excluant la rébellion et boycotté par l'essentiel de l'opposition, d'introduire un amendement faisant sauter le verrou du plafond de deux mandats et permettant ainsi au président d'en briguer un troisième en 2025.

Le MCU y a finalement renoncé face au tollé provoqué dans la société civile et à la réprobation de la communauté internationale.

Les promoteurs de la réforme constitutionnelle pressent M. Touadéra de la faire adopter par référendum.

M. Touadéra avait été réélu fin décembre 2020 avec 53,16% des suffrages à l'issue d'un scrutin controversé, moins d'un électeur sur trois ayant eu la possibilité d'aller voter en raison de l'insécurité dans un pays en proie à une guerre civile meurtrière depuis 2013.

Lors du scrutin, des groupes armés qui contrôlaient alors deux tiers du pays avaient lancé une offensive pour le renverser, mais le chef de l'État a appelé Moscou à la rescousse. Des centaines de paramilitaires russes ont débarqué en renfort de centaines d'autres déjà présents depuis 2018, et aidé l'armée à repousser les rebelles.