Omicron: La vie des travailleuses domestiques à Hong Kong, un vrai cauchemar

Les gens font la queue devant une pharmacie à Hong Kong le 1er mars 2022. (Photo, AFP)
Les gens font la queue devant une pharmacie à Hong Kong le 1er mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 01 mars 2022

Omicron: La vie des travailleuses domestiques à Hong Kong, un vrai cauchemar

  • A Hong Kong, submergé par une flambée de Covid-19, les restrictions déjà parmi les plus drastiques du monde ont été durcies
  • Et le téléphone d'Avril Rodrigues, bénévole au sein de l'organisation caritative HELP, ne cesse de sonner

HONG KONG : "Imaginez de vous dire: je n'ai pas le droit de tomber malade sinon je perds mon emploi". Entre licenciements abusifs, heures supplémentaires impayées et solitude extrême, peu souffrent autant pendant la pandémie à Hong Kong que les quelque 340 000 employés domestiques étrangers, en grande majorité des femmes philippines et indonésiennes.

A Hong Kong, submergé par une flambée de Covid-19 due au variant très contagieux Omicron, les restrictions déjà parmi les plus drastiques du monde ont été durcies au moment même où de nombreux pays lèvent les leurs.

Et le téléphone d'Avril Rodrigues, bénévole au sein de l'organisation caritative HELP, ne cesse de sonner. Au bout du fil, des travailleuses domestiques et leurs histoires, toutes plus atroces les unes que les autres.

"Une travailleuse avait attrapé froid. Son employeur lui demande de se faire tester. Le test s'avère positif, l'employeur la met à la rue. Elle se rend à l'hôpital. Au bout de quelques jours, son employeur lui dit: +Ne reviens pas+", relate Mme Rodrigues.

Les "helpers" (littéralement "aidants") travaillent six jours sur sept pour des familles hongkongaises généralement aisées chez qui elles cuisinent, font le ménage et s'occupent des enfants pour à peine 500 euros par mois en moyenne, un salaire supérieur à ce à quoi elles pourraient prétendre dans leurs pays.

Selon la loi, ces travailleuses doivent être logées chez leur employeur et n'ont droit qu'à un jour de congé par semaine, pendant lequel elles se regroupent dans les parcs et rues de la ville pour pique-niquer, danser et chanter.

Mais depuis le renforcement des mesures de distanciation sociale, de nombreux employeurs interdisent à leur "helper" de sortir de peur qu'elle n'attrape le virus dehors. Et celles qui se risquent encore à se réunir avec leurs compatriotes le dimanche se font chasser ou verbaliser par la police, tout rassemblement de plus de deux personnes étant interdit.

«Cercueil»

Sous la pluie et le froid inhabituels qui enveloppent Hong Kong en ce dimanche de février, Janice Obang, 36 ans, transporte d'énormes cartons et sacs dans la rue. "A cause de cette situation, je n'ai le droit de sortir que pour emballer (les colis) que je vais envoyer à ma famille", se désole cette "helper".

"J'ai vraiment envie de rentrer chez moi, voir ma famille, avoir des vacances, mais je dois rester, je n'ai pas le choix", dit-elle, la voix étranglée par les sanglots.

Lita, 34 ans, dont le nom a été changé à sa demande, s'indigne: "Si je reste à la maison pendant mon jour de congé, je dois travailler comme n'importe quel autre jour, sans être payée".

Un constat étayé par Jec Sernande, employée domestique et à la tête de la Fédération des travailleurs domestiques asiatiques (FADWU): "Si les enfants frappent à ta porte et te demandent quelque chose, tu dois le leur donner, car tu es à la maison".

Et les conditions de vie ne sont pas toujours propices au repos. Lita mime la taille de sa chambre, pas plus grande qu'un cercueil, dit-elle. "Tu rentres dedans comme une personne morte, uniquement pour dormir".

De nombreuses travailleuses ne disposent même pas de leur propre chambre. "Imaginez passer votre jour off assise toute la journée dans la cuisine ou le salon... Ce n'est pas du repos", énonce Mme Sernande.

"On a besoin d'inhaler et d'expirer l'air frais, ce n'est pas possible d'être enfermée tout le temps!", s'exclame Bebeth, 54 ans, en conversant de loin avec son amie.

Toutes décrivent un quotidien imprégné d'incertitudes, "difficile", voire "traumatisant".

«A la rue»

Selon la FADWU, le stress et la fatigue chroniques, couplés à l'isolement induits par la distanciation sociale, pèsent sur la santé mentale des employées domestiques. Certaines tombent en dépression.

Et lorsqu'une "helper" est testée positive au Covid commence parfois, pour elle, un réel cauchemar.

"Certaines sont mises à la rue ou simplement déposées devant l'hôpital par leurs employeurs qui ne veulent pas s'occuper d'elles", affirme Johannie Tong, membre de l'organisation caritative Mission for Migrant workers.

D'autres sont carrément licenciées. Cette pratique, hors la loi, a eu pour conséquence de remplir les refuges pour "helpers" en détresse gérés par des ONG.

Le problème, souligne Mme Tong, est que ces travailleuses dépendent entièrement de leur employeur, malgré les lois censées les protéger. Une poignée d'ONG interviennent pour les conseiller et les secourir.

La syndicaliste Jec Sernande espère voir une plus grande reconnaissance envers ces travailleuses, qui "contribuent beaucoup à la société et l'économie hongkongaise".

Le consulat des Philippines à Hong Kong a lui aussi réagi. "Nous intervenons (...) auprès des employeurs pour leur expliquer que le licenciement de leurs employés en ces temps difficiles, surtout lorsqu'ils sont positifs, n'est pas seulement illégal, mais immoral", fait valoir le consul, Raly Tejada.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.