Pénurie de puces: la «tech» ne voit toujours pas la fin du tunnel

Une puce de graphène utilisée pour l'Internet des objets de l'université allemande RWTH d'Aix-la-Chapelle présentée au Mobile World Congress, le plus grand salon mobile au monde, le 27 février 2018 à Barcelone.  (Photo, AFP)
Une puce de graphène utilisée pour l'Internet des objets de l'université allemande RWTH d'Aix-la-Chapelle présentée au Mobile World Congress, le plus grand salon mobile au monde, le 27 février 2018 à Barcelone. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 01 mars 2022

Pénurie de puces: la «tech» ne voit toujours pas la fin du tunnel

  • Au salon du mobile de Barcelone, fabricants et spécialistes appellent à la patience, alors que la guerre en Ukraine fait craindre de nouvelles perturbations
  • La pénurie de puces, liée au boom de la demande mondiale en produits électroniques secoue depuis un an l'ensemble de l'économie mondiale

BARCELONE : A quand la fin des pénuries de puces pour les produits "high-tech"? Au salon du mobile de Barcelone, fabricants et spécialistes appellent à la patience, alors que la guerre en Ukraine fait craindre de nouvelles perturbations dans un marché sous tension.

Problèmes logistiques, ruptures de stocks, usines débordées... "La situation reste très compliquée pour l'ensemble du secteur: il va falloir être patient", prévient Ariane Bucaille, spécialiste du marché des semi-conducteurs au sein du cabinet Deloitte.  

La pénurie de puces, liée au boom de la demande mondiale en produits électroniques et aux perturbations engendrées par la crise sanitaire sur les chaînes d'approvisionnement, secoue depuis un an l'ensemble de l'économie mondiale.

Elle a touché de plein fouet l'industrie automobile et le secteur informatique, très dépendants de ces composants électroniques, mais aussi le marché du smartphone - même si ce dernier a mieux résisté que d'autres branches d'activité.

Selon le cabinet d'analyse IDC, les ventes de téléphones portables ont reculé de 3,2% au quatrième trimestre, à 363,1 million d'unités. En Chine, elles ont chuté de 11% sur cette même période, d'après Counterpoint research.

Cela n'a pas empêché les géants du smartphone comme Apple et Samsung d'engranger des profits record en 2021. Mais cette situation a entraîné de gros retards dans le lancement de produits, qui assombrissent les perspectives du secteur.

Néon et palladium

Quel sera l'effet de la guerre en Ukraine sur ce marché déjà perturbé? Pour Marina Koytcheva, analyste chez CCS, il est "peu probable" que le secteur du smartphone "soit épargné par la crise", "compte tenu de l'importance économique et géographique de la Russie et de l'Ukraine".

La Russie est en effet un important fournisseur de palladium, un métal rare omniprésent dans l'électronique. L'Ukraine, de son côté, dispose d'importantes réserves de néon, un gaz indispensable aux lasers utilisés dans la fabrication des semi-conducteurs.

"L'Ukraine fournit aujourd'hui près de 70% de la demande mondiale de néon", rappelle le bureau d'études taïwanais TrendForce. "Si l'approvisionnement de ces matériaux est coupé, il y aura un impact", qui se traduira par une "hausse des coûts de production", estime-t-il.

Du côté des fabricants de puces, présents en nombre au Salon du mobile (MWC), on se veut pourtant rassurant. "Nous n'anticipons pas d'impact sur notre chaîne d'approvisionnement", a fait savoir l'américain Intel, en précisant disposer de sources "diversifiées".

"Nous n'utilisons qu'une petite quantité de néon" dont "moins de 20% provient d'Ukraine et de Russie", a assuré de son côté auprès de l'AFP une porte-parole du fournisseur néerlandais ASML, en indiquant examiner des sources d'approvisionnement alternatives.

Un message relayé par la Semiconductor Industry Association (SIA). Le secteur "dispose d'un ensemble diversifié de fournisseurs de matériaux. Nous ne pensons pas qu'il existe de risques immédiats de rupture d'approvisionnement", a-t-elle assuré dans un communiqué.

Investissements colossaux

Quel que soit l'impact de la crise ukrainienne, un retour rapide à la normale est peu probable. "Les besoins en semi-conducteurs sont actuellement très élevés (...) Le marché reste déséquilibré", insiste Ariane Bucaille.

Selon la banque américaine JP Morgan, la pénurie de semi-conducteurs devrait se prolonger tout au long de l'année 2022. D'après Deloitte, la situation ne devrait pas s'améliorer avant 2024, malgré les efforts mis en oeuvre pour accroître les capacités de production.

Ces derniers mois, les géants du secteur ont annoncé des dizaines de milliards d'investissements dans de nouvelles usines - à l'image du taïwanais TSMC, ou bien du coréen Samsung Electronics, qui va injecter 15 milliards d'euros dans une chaîne de production au Texas.

Mais ces investissements, destinés à diversifier la production de puces, "ne porteront leurs fruits que d'ici deux à trois ans", s'agissant de "technologies complexes", impliquant de trouver "une main d'oeuvre extrêmement qualifiée", souligne Ariane Bucaille.

Un avis partagé par les fabricants eux-mêmes. "Nous faisons face à un moment compliqué", avec une "demande sans précédent", a reconnu lors d'une conférence récente le PDG d'Intel, Pat Gelsinger. Une situation qui devrait se poursuivre, selon lui, "jusqu'en 2023 voire au-delà".


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.