Crise en Ukraine: le pétrole russe ne trouve plus preneur

Pour le pétrole, la Russie est le deuxième exportateur mondial. (Photo, AFP)
Pour le pétrole, la Russie est le deuxième exportateur mondial. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 mars 2022

Crise en Ukraine: le pétrole russe ne trouve plus preneur

  • Pour l'instant, les sanctions occidentales contre la Russie ont pris peine d'éviter le secteur énergétique, crucial pour l'Europe
  • Outre le risque que les gouvernements changent d'avis sur les sanctions, les analystes soulignent la possibilité d'une condamnation publique des importateurs

LONDRES : Une semaine après l'invasion de l'Ukraine, le pétrole russe peine à trouver des acheteurs, qui craignent l’opprobre, de possibles sanctions à venir et des complications logistiques, malgré les craintes pour l'approvisionnement du marché.

"Les échanges de pétrole brut sont toujours gelés, et nous estimons que 70% du marché" est paralysé, "avec un particulièrement gros impact sur les ventes maritimes", explique Livia Gallarati, analyste du cabinet Energy Aspects.

Pour l'instant, les sanctions occidentales contre la Russie ont pris peine d'éviter le secteur énergétique, crucial pour l'Europe : l'Allemagne importe par exemple 55% de son gaz de Russie. Pour le pétrole, la Russie est le deuxième exportateur mondial, derrière l'Arabie saoudite.

Mais si les livraisons déjà garanties via oléoduc se poursuivent, de nombreuses maisons de courtage et raffineries préfèrent se tenir éloignées du brut russe, malgré les tensions sur l'offre pétrolière.

Au risque de voir les prix grimper encore plus alors qu'ils volent de record en record: le baril de Brent, référence européenne du marché, coûte plus de 110 dollars, alors qu'il en coûtait moins de 65 il y a un an.

Outre le risque que les gouvernements changent d'avis sur les sanctions, les analystes soulignent la possibilité d'une condamnation publique des importateurs.

En Europe du Nord, la raffinerie finlandaise Neste "a presque entièrement remplacé le brut russe par d'autres sources, notamment venues de mer du Nord", explique le groupe dans un communiqué.

Le spécialiste suédois du bitume Nynas a également annoncé "arrêter les achats de matières premières d'origine russe".

Potentiels acheteurs asiatiques

Selon Mme Gallarati, même le pétrole non-russe exporté depuis le pays, comme le brut kazakh, a pour l'instant du mal à sortir des ports russes, les compagnies de transport maritime les évitant également.

Mais l'incertitude des acheteurs pourrait se dissiper puisque l'Ouest continue d'exclure des sanctions sur l'énergie, ajoute-t-elle: "Nous allons pouvoir voir quels acheteurs sont prêts à reprendre leurs achats".

"La Chine et l'Inde devraient reprendre leurs achats une fois que les questions de fret, d'assurance et de paiement seront réglées", détaille-t-elle. Les sanctions contre la Russie compliquent et renchérissent l'assurance et le fret des cargaisons, tout comme les transactions financières.

Mais les raffineries indiennes et chinoises ne pourront pas absorber l'intégralité de la production russe: chaque pays construisant ses raffineries en fonction du brut qu'il compte utiliser, et il est difficile d'adapter les infrastructures.

A plus long terme, "les compagnies occidentales ne vont plus aider la Russie en financement et en technologie pour ses projets d'extraction", prévoit Jarand Rystad, patron de la compagnie d'analyse Rystad Energy.

Il estime dans une note que même sans sanctions directes, les exportations russes vont chuter de un million de barils par jour.

"Les projets gigantesques comme celui de Vostok Oil risquent d'être retardés, et d'autres pourraient tout simplement être annulés, car les projets pétroliers ont une durée de vie limitée avec la transition énergétique", explique M. Rystad.

Le géant suisse du négoce des produits pétroliers Trafigura a annoncé mercredi être "en train de passer en revue (ses) options concernant (sa) participation passive dans Vostok Oil", un des grands projets du pétrolier russe Rosneft en Sibérie.

Les acheteurs européens se tournent pour l'instant vers le pétrole venu du Moyen-Orient, mais les deux grands producteurs qui pourraient augmenter leurs extractions, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, sont pour l'instant réticents à le faire. 

Une situation qui n'échappe pas à l'Iran, en pleine négociation sur le nucléaire à Vienne.

Si les Etats-Unis levaient leurs sanctions sur le pays, le ministre iranien du Pétrole avait estimé en février que son pays pourrait exporter 2,5 millions de barils par jour, soit presque la moitié du volume des exportations russes, et a promis mercredi qu'il pourrait encore augmenter les extractions.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.