Dubai 2020: Jean-Paul Gaultier, «l’enfant terrible de la mode», se confie sur les dessous de ses 50 ans de créations

Herb Ritts, Jean Paul Gaultier, Tokyo, 1990 © Herb Ritts Foundation / Trunk Archives
Herb Ritts, Jean Paul Gaultier, Tokyo, 1990 © Herb Ritts Foundation / Trunk Archives
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Dubai 2020: Jean-Paul Gaultier, «l’enfant terrible de la mode», se confie sur les dessous de ses 50 ans de créations

  • En tout, ce sont une quarantaine de pièces haute couture et prêt-à-porter qui représentent presque un demi-siècle de rébellion
  • «C’est la première fois que je viens à Dubaï et je suis ravi», confie Jean-Paul Gaultier à Arab News en français

DUBAI:  On dit qu’il est plus facile de voir de près un Picasso dans un musée qu’une robe de Jean-Paul Gaultier.

Le grand designer français et ses robes uniques ont débarqué pour la première fois au Moyen-Orient cette semaine dans le cadre de la rétrospective intitulée «Gaultier de A a Z», au Pavillon de la France de l’exposition universelle de Dubaï.

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Herb Ritts, Jean Paul Gaultier, Tokyo, 1990 © Herb Ritts Foundation / Trunk Archives

En tout, ce sont une quarantaine de pièces haute couture et prêt-à-porter qui représentent presque un demi-siècle de rébellion et qui explorent les influences, les obsessions, les inspirations de Jean-Paul Gaultier.

C’est un véritable parcours à travers lequel on peut voir et presque toucher des tenues de stars – comme celles de Nicole Kidman, Sarah Jessica Parker, Marion Cotillard, Cate Blanchett… –, les corsets mythiques créés pour Madonna pour son MDNA Tour, ou un magnifique corset papillon porté par Dita von Teese.

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Ellen von Unwerth, Survivants (La titia Casta, Vladimir McCary, Jenny Shimizu), 1994 PAP/RTW Homme/Femme PE/SS 1994, Les Tatouages. 
O Ellen von Unwerth / EVU Studio.

«C’est la première fois que je viens à Dubaï et je suis ravi», confie Jean-Paul Gaultier à Arab News en français. «C’est un endroit très inspirant, très beau. Il y a une bonne énergie ici, une belle lumière, une belle architecture. C’est la ville du futur, ça me plaît, c’est inspirant», ajoute-t-il. Et c’est justement de ses inspirations qu’il s’agit.

Jean-Paul Gaultier, «l’enfant terrible de la mode», a souvent habillé la femme en corset. Si cet accessoire peut être perçu comme un synonyme de souffrance et de soumission aux normes de beauté établies par les hommes, le couturier glorifiait à travers lui dans ses créations la femme puissante et émancipée.

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Emil Larsson, Diamondback rattlesnake, 2021 Haute couture PE/SS 2015, Les Mariées. 
Robe cardigan, boutonnée dans ie dos, rebrodée de jais noir, effet « crotale diamantin ».

Il a ainsi été inspiré par des femmes au caractère fort et indépendant, à l’instar de Frida Kahlo. «Je voulais exprimer mon admiration pour elle», explique l’artiste en montrant la robe qui porte le nom de cette peintre mexicaine, tandis que nous visitons l’exposition.

Autre inspiration forte de l’artiste, sans l’ombre d’un doute: Madonna. Gaultier a créé pour elle le fameux corset, il a travaillé sur de multiples shows de la star américaine. «C’est une femme très forte. J’admire sa musique et j’admire la provocation qu’elle représente. Elle est passionnée et c’est important pour tout créateur», confie-t-il.

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Emil Larsson, Kylie X Tour, 2009 Collection Les Actrices, modele Barbarella Haute couture AH/FW 2009—2010.

Le grand couturier s’est fait connaître grâce à son style avant-gardiste qui casse les codes de la haute couture.

«J’ai commencé ma carrière dans les années 1970. Je travaillais pour Cardin, Patou, des maisons de haute couture très classiques», raconte-t-il. Or, pour celui qui a repris la marinière en la rendant tendance et qui a habillé l’homme en jupe, la mode doit exprimer «l’évolution de la société, sa transformation». «Je voulais montrer que les femmes étaient fortes et que l’homme pouvait être vénal ou fragile, sensuel, alors que ce n’était pas admis à l’époque. L’archétype de l’homme rassemblait plutôt à John Wayne!», s’exclame-t-il.

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Emil Larsson, MDNA, 2013.
Corset cage en vinyle noir doublé argent a armature apparente, seins coniques et hanches prononcées pour la tournée MDNA de Madonna en 2012.

Mode inclusive reflet de la société

Créée sous la houlette de Thierry-Maxime Loriot, son commissaire, cette dix-septième exposition sur Jean Paul Gaultier examine sous toutes ses coutures une esthétique singulière empreinte d’humanisme de tolérance. Ce blond légendaire au rire contagieux a réinterprété et transgressé les codes de la haute couture et du prêt-à-porter, mais également, avec humour et malice, ceux de notre société. Il a créé, pour reprendre les mots de Thierry-Maxime Loriot, «une mode inclusive accompagnée d’un message social». «Je pense qu’il était important de véhiculer le message universel sur la diversité et sur ces différentes valeurs. C’est quelque chose qui existe moins dans la mode actuelle, qui est peut-être plus artificielle aujourd’hui», confie-t-il à Arab News en français.

Ces valeurs qui saisissent et revendiquent les enjeux de la société ont été relayées par le couturier collection après collection pendant près de cinquante ans.

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Patrice Stable, Michelle Buswell.
Haute couture PE/SS 2005, Hommage a I’Afrique, modele “African Queen”. 
Bustier masque en raphia tukula sur tulle noir. Jupe mi-longue, scarifiée en double mousseline crépon tukula et cerise, revoilée de tulle de soie noir.

Pourtant, ce créateur n’est parti de rien… «Quand j’ai commencé, je n’avais pas d’argent. C’est un bon début: cela force à être créatif», observe Gaultier. «J’ai converti un sac plastique en robe. J’ai créé ainsi une pièce de mode. […] J’aime aussi utiliser des restes ou transformer l’ancien en quelque chose de neuf.»

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Marion Cotillard avec l’Oscar de Meilleur Actrice pour son role dans La Mâme (La Vie en Rose) d’OIivier Dahan, 80e cérémonie des Annual Academy Awards, Los Angeles, 24 février 2008.
Haute couture PE 2008, Les Sirénes, modele Siréne Reine
Robe longue siréne en crépe écailles nacre et argent en crescendo de tailles, motifs articulés en écailles découpées aux seins et aux hanches.
 
Photo: Vince Bucci/Getty Images.
O Getty Images / courtesy of A.M.P.A.S. via Getty Images.

Pour Thierry-Maxime Loriot, «il fallait aussi rendre hommage à des beautés plurielles et à différentes cultures – des éléments que Jean-Paul Gaultier mélange de manière merveilleuse».

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Emil Larsson, Butterfly corset, 2021
Haute couture PE/SS 2014, Les Papillons
 
Corset papillon Monarque satin et organza, enchassé de baguettes velours noir, ailes d’organza, en collaboration avec Mr. Pearl.

Du grand art aux beautés plurielles

«C’est peut-être parce que je suis différent moi-même que je suis attiré par ceux qui sont différents des autres», explique pour sa part Jean-Paul Gaultier. «J’aime beaucoup les femmes rondes, j’en ai montré plusieurs», ajoute-t-il. «Quand j’ai commencé, en 1976, j’ai vu différentes sortes de beauté, que ce soit au Maroc, en Inde, au Japon, en Mongolie ou en Afrique. Je voulais montrer cette diversité. Tout cela m’inspire, comme les différents types de beauté de mes modèles.»

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Haute couture AH/FW 1997-1998, La Russie
Robe de taffetas brun et ‘peau’ de Iéopard brodé perlé, grilles en strass sur jupon de tulle. O Thierry-Maxime Loriot.

Au-delà des voyages, la rue se trouve la source d’inspiration principale du créateur français. Un univers où métissages et multiculturalisme, androgynie et métamorphoses, femmes de pouvoir et hommes-objets se croisent et vont rencontrer le savoir-faire exceptionnel des ateliers haute couture de sa maison à travers des créations uniques.

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Nicole Kidman avec l’Oscar de la meilleure actrice, 75e cérémonie des Academy Awards,Los Angeles, 23 mars 2003.
Haute couture PE 2003, Les Boutons, modele Araignée du soir.
Fourreau long é bretelles drapées «toile d’araignée » en jersey de soie nuit.
O Getty Images / courtesy of A.M.P.A.S. via Getty Images.

«Ce sont des œuvres d’une fragilité extrême», explique Benjamin, d’une voix émue, à Arab News en français. Il travaille depuis des années à l’atelier haute couture de «Monsieur» et il est venu donner un coup de main pour installer l’exposition.

On peut notamment admirer de très près la robe léopard. Conçue en collaboration avec Maison Lesage, spécialisée dans la broderie haute couture, la robe a demandé mille sept cents heures de travail. Pour donner l’impression léopard, des perles ont été cousues par de petites mains pendant plus d’un an.

«Le travail de Jean-Paul Gaultier est du grand art», disait Andy Warhol.

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Patrice Stable, Kasia Pysiak.
Haute couture PE/SS 2002, La Parigote, modele "Place du Tertre" 
Blouson a longues manches évasées en "double coutures" et franges de soie "jean". Réalisé a partir de deux blousons et huit pantalons en jean recyclés. Douze métres de franges teintes utilisées.
OPatrice Stable.

Accompagné par ses égéries et mannequins – Farida Khelfa, Nabilla Benattia et Iris Mittenaere, miss France 2016 –, Jean Paul Gaultier, qui s’est retiré en 2020 pour passer le relais à la nouvelle génération, a traversé son vestiaire, à Dubaï, comme on traverse ses souvenirs, l’histoire d’une génération, d’une vie. Avec une certaine dose de nostalgie, sans aucun doute.


Swatch et Audemars Piguet misent sur un lancement mondial très attendu le 16 mai

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  • Swatch et Audemars Piguet lanceront leur collaboration “Royal Pop” le 16 mai dans plusieurs boutiques du Golfe, avec une forte attente des collectionneurs
  • Inspirée de la légendaire Royal Oak, la collection devrait proposer une version plus accessible et colorée du design iconique d’Audemars Piguet

DUBAÏ : Les passionnés d’horlogerie en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis se préparent à ce qui pourrait devenir l’un des lancements horlogers les plus marquants de l’année, alors que Swatch et Audemars Piguet s’apprêtent à dévoiler leur très attendue collaboration le 16 mai.

Après le succès phénoménal des précédentes collaborations de Swatch, l’attente monte déjà à Dubaï, Abou Dhabi et Riyad, où les collectionneurs devraient faire la queue toute la nuit devant certains magasins dans l’espoir d’obtenir l’une des nouvelles montres « Royal Pop ».

Selon les supports promotionnels publiés sur le site régional de Swatch, les boutiques participantes dans le Golfe incluent notamment Dubai Mall et Mall of the Emirates aux Émirats arabes unis, ainsi que Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, en Arabie saoudite.

Les visuels de la campagne présentent un graphisme « Royal Pop » aux tons bleus mêlant esthétique inspirée des bandes dessinées et détails évoquant les mécanismes apparents des montres, laissant entrevoir une réinterprétation ludique du légendaire design Royal Oak d’Audemars Piguet.

Ce lancement marque un partenariat rare entre l’un des horlogers les plus prestigieux de Suisse et la marque suisse grand public mondialement connue pour transformer des concepts inspirés du luxe en véritables phénomènes culturels.

Bien que les détails officiels restent limités, les campagnes de teasing diffusées par les deux marques ont déjà alimenté de nombreuses spéculations en ligne, notamment parmi les collectionneurs impatients de découvrir comment l’esthétique iconique de la Royal Oak sera revisitée à travers le concept coloré « Pop » et le matériau Bioceramic propre à Swatch.

La Royal Oak, largement reconnue pour sa lunette octogonale, ses vis apparentes et son bracelet intégré, demeure l’une des montres sport de luxe les plus influentes jamais produites, rendant cette collaboration particulièrement importante pour les jeunes collectionneurs qui n’ont pas accès aux modèles originaux.

Les premiers visuels non officiels laissent penser que la collection pourrait miser sur un style artistique audacieux, avec des couleurs vives et des détails graphiques marqués, même si Swatch et Audemars Piguet n’ont pas encore confirmé les designs définitifs ni le nombre de modèles prévus. Les marques ont toutefois indiqué que cette collaboration ne serait pas lancée sous forme d’édition limitée.

En Arabie saoudite, les collectionneurs devraient également se rassembler dans les boutiques Swatch de Panorama Mall et Solitaire Mall à Riyad, toutes deux apparues cette semaine sur la carte officielle du lancement.

Aux Émirats arabes unis, l’attention devrait se concentrer autour des magasins phares de Swatch à Dubai Mall, Mall of the Emirates et Yas Mall à Abou Dhabi, où les précédents lancements avaient déjà attiré des foules importantes et de longues files d’attente.

Les communautés horlogères sur les réseaux sociaux discutent déjà des potentielles valeurs de revente, des volumes alloués et des stratégies à adopter le jour du lancement.

« Cela pourrait être encore plus important que le lancement de la MoonSwatch », affirme un collectionneur basé à Dubaï. « Tout ce qui touche à AP attire immédiatement l’attention. »

Un autre passionné ajoute : « Ici, les gens adorent les éditions exclusives. Si les stocks sont faibles, les files d’attente commenceront probablement dès la veille au soir. »

Bien que les prix n’aient pas encore été officiellement annoncés, les observateurs du marché s’attendent à ce que la collection se positionne dans le segment du luxe accessible, avec des tarifs bien inférieurs à ceux des montres Audemars Piguet traditionnelles tout en conservant un fort attrait auprès des collectionneurs.

Cette collaboration reflète également une évolution plus large de l’industrie du luxe, où les maisons patrimoniales s’associent de plus en plus à des marques grand public afin de séduire les jeunes générations et de créer un impact culturel mondial.

Pour Audemars Piguet, dont les modèles Royal Oak affichent souvent plusieurs années de liste d’attente et des primes importantes sur le marché secondaire, ce partenariat offre une visibilité accrue auprès d’une nouvelle génération de consommateurs.

Pour Swatch, il s’agit d’une nouvelle opportunité de capitaliser sur l’élan créé par ses précédentes collaborations, qui ont brouillé les frontières entre haute horlogerie et culture streetwear.

À mesure que le lancement approche et que de nouveaux détails devraient être dévoilés, l’enthousiasme continue de grandir dans le monde entier, les collectionneurs se préparant à une sortie majeure susceptible de dominer la scène horlogère régionale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.jp 


Première demi-finale de l'Eurovision, avec Israël

Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
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  • La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce
  • Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque"

VIENNE: Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays.

La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce.

Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque" par le groupe slovène RTV.

Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.

Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.

Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.

Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale.

Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle, en Suisse, et qualifiée d'office pour la finale samedi.

La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.

Cercueils 

Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris.

"Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre", a-t-il déclaré. "C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité".

Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël.

"Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière", a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, une manifestante de 67 ans.

Pour Martin Green, le directeur de l'Eurovision, "c'est très sain que deux points de vue puissent s'exprimer simultanément dans la même ville".

"Chacun respecte l’espace de l’autre, l'Autriche étant un pays qui permet à chacun d'exprimer son point de vue, et je pense qu'elle peut en être très fière", a-t-il déclaré mardi en conférence de presse.

Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une "forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026".

"J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel", a-t-il ajouté.

Boy George 

Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan, chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne.

La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.

Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures.

Il se définit comme queer et sa chanson, "Ferto", soit "Ramène ça!", est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.

Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs.

"Le ressenti doit venir du cœur", explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, "Liekinheitin", "Lance-flamme", interprété en finnois.

Boy George, star des années 1980, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.

 


Cannes déroule son tapis rouge pour le plus grand festival de cinéma au monde

Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or. (AFP)
Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or. (AFP)
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  • "On demande souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement", a déclaré lundi le délégué général du festival Thierry Frémaux lors d'une conférence de presse
  • Profitant de l'exposition médiatique du festival, quelque 600 professionnels du cinéma ont par ailleurs signé une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma

CANNES: Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or.

"On demande souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement", a déclaré lundi le délégué général du festival Thierry Frémaux lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur le rôle politique d'un tel évènement à un an d'une présidentielle en France, M. Frémaux a préféré ériger son festival en défenseur du modèle culturel français.

En février, le festival de Berlin avait été secoué par les polémiques sur la portée politique de l'évènement et le soutien à la cause palestinienne.

Le président du jury Park Chan-wook a lui déclaré à l'AFP souhaiter récompenser les oeuvres sur leurs "seuls mérites", sans considération de genre, de nationalité ou d'idéologie politique, a-t-il exposé.

"Les récompenses doivent être décernées à des oeuvres qui perdureront 50 ou 100 ans", a exposé le premier président sud-coréen d'un jury cannois.

Tribune anti-Bolloré

Profitant de l'exposition médiatique du festival, quelque 600 professionnels du cinéma ont par ailleurs signé une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma par l'intermédiaire du milliardaire Vincent Bolloré.

Les signataires, parmi lesquels figurent les acteurs Swann Arlaud, Juliette Binoche ou le réalisateur Arthur Harari, soulignent que le groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l'actionnaire de référence, "a acquis 34% du capital d'UGC, le troisième plus grand réseau de salles de cinéma françaises, avec la perspective d'acquérir 100% des parts d'ici à 2028".

Mardi soir, la cérémonie d'ouverture, animée par l'actrice Eye Haïdara, sera l'occasion de remettre au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson une Palme d'or d'honneur.

Jamais sélectionné par le festival, le cinéaste connu pour sa trilogie sur "Le Seigneur des Anneaux" "a transformé le cinéma d'Hollywood et sa conception du spectacle à tout jamais", a souligné Thierry Frémaux.

Autre moment fort de la soirée, les deux chanteuses françaises Theodora et Oklou reprendront une chanson des Beatles, dont Peter Jackson est fan. Les invités verront ensuite "La Vénus électrique", le film d'ouverture du Français Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï et Anaïs Demoustier.

Après l'installation de l'affiche officielle sur le fronton du Palais accueillant l'évènement, le tapis rouge a été posé mardi sur les marches mythiques du bâtiment.

Le choix du visuel, qui représente Thelma et Louise, les héroïnes du road movie féministe de Ridley Scott incarnées par Geena Davis et Susan Sarandon, a suscité l'agacement du collectif féministe 50/50.

Il a dénoncé une forme de "féminisme washing" alors que seules cinq réalisatrices apparaissent en compétition officielle, sur 22 films.

Film sur Samuel Paty 

"En aucun cas, il ne doit y avoir une politique de quota", a répondu Thierry Frémaux lundi, assurant que la parité était respectée dans "les jurys et les instances".

La sélection officielle, qui comprend d'autres sections comme Un certain regard ou Cannes Première, compte 34% de réalisatrices (contre 25% en 2025).

Pour le délégué général du festival, il faudra du temps pour atteindre la parité, même si de plus en plus de femmes se font une place dans le jeune cinéma, comme en atteste la sélection des courts-métrages (38% de réalisatrices).

Mercredi débuteront les premières projections avec "Quelques jours à Nagi" du japonais Koji Fukada, premier film de la compétition officielle. Suivra "La vie d'une femme" de Charline Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, sur une chirurgienne dont le quotidien se retrouve ébranlé par sa rencontre avec une romancière.

Hors-compétition, un premier film évènement sera projeté en soirée. "L'Abandon" met en scène les derniers jours du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, incarné à l'écran par Antoine Reinartz.

Sa soeur, Mickaëlle Paty, a participé à l'écriture du scénario et devrait monter les marches.