Sophie Pétronin, deux otages italiens et un homme politique malien libérés

Le convoi des otages libérés arrivant à Bamako jeudi soir (Photo, AFP).
Le convoi des otages libérés arrivant à Bamako jeudi soir (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 09 octobre 2020

Sophie Pétronin, deux otages italiens et un homme politique malien libérés

  • Une source proche des tractations a indiqué que l'opération avait été compliquée jusqu'au "dernier moment"
  • Sophie Pétronin, 75 ans aujourd'hui, avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao au nord du Mali

BAMAKO: Le Mali a annoncé jeudi la libération de Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, de l'homme politique malien Soumaïla Cissé et de deux Italiens, jusqu'alors présumés aux mains des jihadistes.

La présidence de la République "confirme la libération de M. Soumaïla Cissé et Mme Sophie Pétronin. Les ex-otages sont en route pour Bamako", a-t-elle indiqué sur Twitter.

Le gouvernement malien a ensuite annoncé dans un communiqué la libération des Italiens Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, un prêtre enlevé au Niger en 2018. Mme Pétronin et M. Cissé "sont dans l'avion pour Bamako", a dit un responsable de l'aéroport de Tessalit (nord), qui a dit les avoir vu embarquer.

Ils "ont affirmé qu'ils étaient contents avant de monter dans l'avion", a-t-il rapporté sous le couvert de l'anonymat compte tenu de la sensibilité de l'affaire. Très peu de détails étaient disponibles dans un premier temps sur les circonstances de cette libération annoncée, qui se dessinait depuis le week-end et met fin à une épreuve de près de quatre années pour Mme Pétronin et de plus de six mois pour M. Cissé. La libération des deux otages italiens n'avait pas été évoquée jusqu'alors.

Aucune information n'a été fournie sur l'état de santé des otages libérés.

Une source proche des tractations a indiqué que l'opération avait été compliquée jusqu'au "dernier moment". "Il y avait quelques problèmes. Mais, Dieu merci, tout se termine bien".

Sophie Pétronin, 75 ans aujourd'hui, avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.

Soumaïla Cissé, 70 ans, deuxième à trois reprises de l'élection présidentielle, avait été enlevé le 25 mars alors qu'il faisait campagne pour les élections législatives dans la région de Tombouctou (nord-ouest). Tous deux étaient présumés être détenus par des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Dessous obscurs

Cette libération parachève une opération dont les dessous demeurent obscurs. Elle a été précédée par la libération, depuis le week-end par les nouvelles autorités maliennes sous la coupe des militaires, d'un nombre considérable de prisonniers  - plus de 200 ans selon un organe d'information d'Al-Qaïda - présentés par des responsables maliens comme des jihadistes.

Ces libérations ainsi que des déclarations de responsables maliens s'exprimant sous couvert d'anonymat suscitaient depuis quelques jours l'espoir que Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé retrouvent leurs familles. Au même moment, le fils de Sophie Pétronin, Sébastien Chadaud, prenait l'avion à destination de Bamako.

"Immense soulagement"

Les autorités maliennes ont, jusqu'à jeudi soir, observé un silence total, les autorités françaises invoquant de leur côté l'exigence d'une totale discrétion, sévèrement mise à mal par quatre jours de publicité.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué avoir "appris avec un immense soulagement la libération" de Sophie Pétronin, selon un communiqué de l'Elysée.  "À sa famille, à ses proches, j'adresse un message de sympathie. Aux autorités maliennes, merci. Le combat contre le terrorisme au Sahel se poursuit", a tweeté quelques minutes plus tard le président de la République.

Depuis sa capture, Sophie Pétronin était apparue dans des vidéos diffusées en 2017 et 2018 par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda.

La dernière où on la voit autrement qu'en photo, publiée mi-juin 2018, la montrait très fatiguée, le visage émacié, en appelant au président français Emmanuel Macron.

Mobilisation des proches

Les images de l'otage n'ont cessé d'alarmer la famille. Les proches se sont mobilisés sans désemparer pour sa libération, pressant le président Emmanuel Macron et le gouvernement français d'accepter de négocier avec les ravisseurs.

M. Macron a assuré plusieurs fois que les services français travaillaient à sa libération "sans relâche", mais dans la discrétion. Des responsables de haut niveau ont exprimé leur opposition à toutes négociations avec les jihadistes.

Soumaïla Cissé, ancien ministre et chef de l'opposition parlementaire, est quant à lui la personnalité nationale la plus éminente kidnappée au Mali depuis que les rébellions indépendantistes et jihadistes de 2012 ont plongé le pays dans une crise sécuritaire profonde.

La spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins.

Le sort de M. Cissé a constitué un des cris de ralliement de la contestation de plusieurs mois contre l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Ce dernier a fini par être renversé par un putsch le 18 août.

Avec ces libérations, les nouvelles autorités de la transition installée pour 18 mois par les militaires peuvent se prévaloir d'une réussite spectaculaire, même si les détails de l'opération et la part prise par les différents acteurs restent à établir.

Plusieurs autres otages occidentaux resteraient détenus au Sahel.

De nombreux Français et étrangers ont été enlevés ou tués depuis 2010 dans le Sahel par des groupes jihadistes ou des malfaiteurs cherchant à monnayer leurs prises auprès des jihadistes.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.