L'extrême droite européenne piégée par la «guerre de Poutine»

Un membre de l'Association ukrainienne d'Afrique du Sud tient une affiche représentant le président russe Vladimir Poutine dans le rôle d'Adolf Hitler lors d'une manifestation de soutien à l'Ukraine devant l'ambassade de Russie à Pretoria, le 25 février 2022. (AFP)
Un membre de l'Association ukrainienne d'Afrique du Sud tient une affiche représentant le président russe Vladimir Poutine dans le rôle d'Adolf Hitler lors d'une manifestation de soutien à l'Ukraine devant l'ambassade de Russie à Pretoria, le 25 février 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 05 mars 2022

L'extrême droite européenne piégée par la «guerre de Poutine»

  • «L'extrême droite européenne est prise au piège entre son idéologie radicale et néo-fasciste, qu'elle partage avec Poutine», et le risque de perdre de «son influence»
  • De l'Allemagne à la France en passant par l'Italie, les dirigeants de ces formations radicales ont certes dénoncé sans équivoque l'invasion russe, souvent désignée par les dirigeants alliés comme la «guerre de Poutine»

BERLIN: La guerre en Ukraine a plongé dans l'embarras les grands mouvements d'extrême droite en Europe qui oscillent entre loyauté idéologique envers Vladimir Poutine et solidarité avec Kiev, tout en pointant la responsabilité, à leurs yeux, de l'Occident dans le conflit.


De l'Allemagne à la France en passant par l'Italie, l'Autriche ou l'Espagne, les dirigeants de ces formations radicales ont certes dénoncé sans équivoque l'invasion russe, souvent désignée par les dirigeants alliés comme la "guerre de Poutine".


En France, Marine Le Pen, du Rassemblement National (RN), entre autres, a condamné une violation "indéfendable" du droit international.


"Quand quelqu’un attaque, il est clair qu’il faut se mettre du côté de celui qui est attaqué", a fait savoir l'Italien Matteo Salvini, admirateur déclaré de Poutine et leader de la Ligue qui soutient le gouvernement de coalition de Mario Draghi.


Sur ce point, ces formations "populistes" se sont mises au diapason -une fois n'est pas coutume- avec les autres partis et surtout "avec l'immense solidarité" des opinions publiques vis à vis des Ukrainiens, estime Hajo Funke, professeur en sciences politiques à l'Université libre de Berlin.

«Propagande russe»
L'unanimité s'arrête quand commence l'analyse des responsabilités de la guerre.


En Allemagne, la cheffe du groupe parlementaire de l'AfD Alice Weidel a ainsi dénoncé au Bundestag "l'échec historique" de l'Ouest qui a entretenu une perspective d'adhésion de l'Ukraine à l'Otan au lieu de promouvoir pour ce pays une solution de "neutralité garantie". Cela revenait selon elle à dénier "un statut de grande puissance à la Russie".


"Le coupable c'est Poutine, les responsables c'est l'Otan qui n'a cessé de s'étendre", a abondé Eric Zemmour, l'autre figure de l'extrême droite française, qui en 2018 appelait de ses voeux un "Poutine français".


Ces partis rejoignent en fait "les positions russes selon lesquelles le conflit ne doit pas être attribué exclusivement à Vladimir Poutine, mais plutôt en grande partie à l'Occident", pointe le politologue Wolfgang Schröder de l'université de Cassel auprès de l'AFP. 


Si la Russie n'est pas menacée, "alors que fait l'Otan à ses frontières?", a ainsi lancé le leader du petit parti nationaliste "Solution grecque" Kyriakos Velopoulos. 


"Selon moi, la Russie n'avait pas trop le choix", a lâché le néerlandais Thierry Baudet, du Forum pour la démocratie, s'attirant les foudres des autres partis qui l'ont accusé de relayer la "propagande russe". 


Ceux qui cultivaient des liens étroits avec le chef du Kremlin, à tout le moins dans le partage de ses valeurs antilibérales et le culte de "l'homme fort", peinent à se distancer clairement.


Le Vladimir Poutine d'aujourd'hui n'est "pas celui" qui l'avait reçue à Moscou en 2017, s'est justifiée Marine Le Pen, critiquée pour une photo immortalisant leur rencontre et figurant dans les tracts de campagne -imprimés de longue date- du RN.

Perte d'influence ? 
"L'extrême droite européenne est prise au piège entre son idéologie radicale et néo-fasciste, qu'elle partage avec Poutine", et le risque de perdre de "son influence" dans les opinions, décrypte M. Funke pour l'AFP.


L'enjeu est particulièrement aigu pour les deux formations françaises, qui continuent à rassembler un tiers des intentions de vote, en cette année électorale. Dans un récent sondage, l'AfD est descendu sous la barre des 10%.


Concessions notables, certains de ces partis profondément anti-migrants comme le RN, l'AfD, la formation ultra-nationaliste espagnole Vox et une partie du FPÖ autrichien, se sont déclaré favorables à l'accueil dans leurs pays respectifs de réfugiés ukrainiens fuyant les combats.


Dans le contexte européen, Lorenzo Castellani, chercheur en Sciences politiques à l'Université Luiss de Rome, anticipe déjà un infléchissement de la ligne souverainiste de la Ligue, parti "le plus compromis avec Poutine".


Une constante dans leur positionnement actuel consiste à remettre en cause l'efficacité des sanctions économiques sans précédents infligées à la Russie, qui va de surcroit frapper par contrecoups les pays alliés.


L'Allemagne a d'ailleurs reconnu jeudi attendre d'"importantes répercussions" sur son économie. 


"A long terme, il n'est pas impossible que l'AfD (en) profite", avance Wolfgang Schröder, en se posant d'ores et déjà en "protecteur des petites gens".


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.