Sur la piste des oligarques russes

Une photo prise le 12 novembre 2008 montre le Premier ministre russe Vladimir Poutine (à droite) s'entretenant avec le président de la compagnie pétrolière Transneft Nikolai Tokarev (à gauche) à Moscou. Les deux hommes ont discuté de la gestion des actifs énergétiques stratégiques du pays. (Alexey Nikolsky / Ria Novosti / AFP)
Une photo prise le 12 novembre 2008 montre le Premier ministre russe Vladimir Poutine (à droite) s'entretenant avec le président de la compagnie pétrolière Transneft Nikolai Tokarev (à gauche) à Moscou. Les deux hommes ont discuté de la gestion des actifs énergétiques stratégiques du pays. (Alexey Nikolsky / Ria Novosti / AFP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Sur la piste des oligarques russes

  • L'Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni allongent depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février leurs listes des proches du régime russe
  • Sont également concernés «leurs conjoints, leurs enfants, leur SCI (société civile immobilière), de façon à ce qu'ils ne puissent pas se dissimuler derrière des montages financiers»

PARIS : Étrangler financièrement le large cercle de milliardaires proches du Kremlin: la riposte occidentale à l'invasion de l'Ukraine passe par le gel des comptes en banque, villas et navires de luxe des oligarques russes. Mais les grosses prises, comme quelques yachts en France et en Italie ces derniers jours, sont encore assez rares, illustrant la difficulté à mettre en œuvre l'arsenal de mesures de rétorsion.

Dans le collimateur

A chaque jour ses nouveaux noms. L'Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni allongent depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février leurs listes des proches du régime russe, devenus d'un trait de plume parias du système financier international. Même la Suisse et Monaco rejoignent le mouvement.

Parlementaires, haut-gradés militaires, journalistes en vue, industriels et financiers de premier ordre... plusieurs centaines de personnes font désormais l'objet du gel de leurs avoirs, assorti parfois d'interdictions de séjour.

Parmi eux Nikolaï Tokarev, président du poids lourd du pétrole et du gaz Transneft et présenté par l'UE comme une «connaissance de longue date» du président russe, Sergueï Tchemezov, patron du conglomérat de l'industrie de défense Rostec, l'homme d'affaires russo-ouzbèke Alicher Ousmanov, désigné comme «l'un des oligarques préférés de Vladimir Poutine», ou le dirigeant de la banque de développement russe VEB Igor Chouvalov.

Les magnats visés se verront saisir «yachts, appartements de luxe et jets privés», a menacé mardi 1er mars le président américain Joe Biden dans son discours sur l'état de l'Union.

Sont également concernés «leurs conjoints, leurs enfants, leur SCI (société civile immobilière), de façon à ce qu'ils ne puissent pas se dissimuler derrière des montages financiers», a souligné le même jour le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Des montages souvent motivés par un souci de discrétion ou d'optimisation fiscale.

Aux oligarques, c'est-à-dire de riches personnalités proches du pouvoir russe, s'ajoute «une sorte d'arrière-ban très fourni, quelque 2.000 à 3.000 personnes qui sont aussi très, très riches [...] et qui sont toutes liées et ont soutenu le régime» de Vladimir Poutine, précise le professeur au centre d'étude de la corruption de l'Université du Sussex (Brighton, Royaume-Uni) Robert Barrington.

De Londres à la Côte d'Azur

La France «est une terre d'accueil de ces biens mal acquis», constate Sara Brimbeuf, responsable de l'ONG Transparency International France, auprès de l'AFP. Et «l'immobilier de luxe est une voie privilégiée du blanchiment de la corruption ou du détournement de fonds publics».

Les avoirs immobiliers de ces personnalités se concentrent dans des stations balnéaires prisées de la Côte d'Azur, dans l'Ouest parisien et dans une poignée de lieux de villégiature des Alpes. Mais il est très compliqué de les identifier avec certitude.

Daria Kaleniuk, figure de proue ukrainienne de la lutte anti-corruption citée par Transparency, a épluché registres du cadastre, greffe et documents confidentiels révélés par des lanceurs d'alerte. Selon elle, une villa à Saint-Tropez appartient au fondateur du géant de l'aluminium Rusal Oleg Deripaska, soumis depuis l'annexion de la Crimée en 2014 à des sanctions américaines.

Les noms de Boris et Arkadi Rotenberg, nouvellement ciblés par les Américains, sont eux reliés à deux propriétés proches de Nice et de Grasse, d'après Mme Kaleniuk. Les deux frères, amis d'enfance de Vladimir Poutine avec qui ils pratiquaient le judo, ont contrôlé un temps des géants du BTP et se sont enrichis grâce à des contrats publics énormes, en particulier pour les jeux Olympiques d'hiver de Sotchi en 2014.

Une somptueuse villa à Saint-Raphaël est aussi attribuée par Daria Kaleniuk à Gennady Timchenko, cité sur les listes européenne et américaine et considéré par l'UE comme un «confident» de Poutine. Ce milliardaire est co-fondateur et actionnaire de plusieurs sociétés, dont le groupe d'investissement Volga et celui de négoce de matières premières Gunvor.

Le Club de Cavalière, un hôtel de luxe du Lavandou situé sur le Cap Nègre, fait partie d'une société dirigée par son épouse Elena.

Londres, en raison des facilités longtemps offertes aux Russes fortunés et à leurs familles et de son système éducatif d'élite, a également attiré nombre d'investissements d'oligarques jusqu'à en gagner le surnom de «Londongrad».

Le total des avoirs immobiliers acquis au Royaume-Uni par des russes accusés de corruption ou proches du Kremlin «que nous avons pu tracer s'élève à 1,5 milliard de livres», soit plus d'1,8 milliard d'euros, note le professeur Barrington, qui cite les quartiers huppés de Kensington, Chelsea ou Hampstead. Mais «c'est sûrement beaucoup plus que ça en réalité».

Les oligarques ont investi sur tous les continents et leurs avoirs sont visés dans d'autres pays comme l'Australie et le Japon. Aucun des interlocuteurs interrogés par l'AFP n'était en mesure de valoriser le total de ces biens.

Obstacles nombreux

Pour appliquer les sanctions, tout repose sur une poignée de professionnels: banquiers, notaires, avocats... Ceux-là même régulièrement accusés de fermer les yeux.

Les investissements russes douteux «ne se font pas tout seuls», explique Jodi Vittori, chercheuse spécialiste de la corruption à l'Université de Georgetown, aux Etats-Unis, et membre non résident de la fondation Carnegie pour la paix internationale. Les oligarques «ont des facilitateurs: avocats, comptables, marchands d'art...»

«Tous ne jouent pas leur rôle», renchérit Mme Brimbeuf, chez Transparency, et «ils ne font pas leurs déclarations de soupçons (signalement aux autorités, NDLR), alors qu'ils sont soumis à des obligations de lutte antiblanchiment».

Les révélations le 20 février d'un consortium de journalistes autour de Credit Suisse, accusée d'avoir hébergé pendant plusieurs décennies des dizaines de milliards d'euros de fonds d'origine criminelle ou illicite, «montre que la banque a manqué dans les grandes largeurs à ses obligations de déclaration».

Le recensement des avoirs s'avère long et fastidieux, «l'examen des fichiers se faisant à la main», selon un porte-parole d'une grande banque. Souvent, des sociétés écrans et montages fiscaux complexes doivent être passés au crible pour relier une personne ciblée par les sanctions et ses biens.

«Un des obstacles est le recours aux prête-noms», explique à l'AFP Julien Martinet, avocat du cabinet français Swiftlitigation. Diligenter des enquêtes contre ces derniers «demanderait une mobilisation de services du renseignement importante».

Conséquence: peu de grosses «prises» médiatisées jusqu'à présent.

Un méga-yacht d'une valeur de 100 à 120 millions d'euros, L'Amore Vero, a été saisi jeudi à La Ciotat (sud de la France). Il s'apprêtait à voguer vers la Turquie, a indiqué Eric Salles, chef des opérations pour la garde-côte douanière en Méditerranée. Il appartient à une société liée au puissant patron du géant pétrolier russe Rosneft, Igor Setchine.

L'Italie a elle annoncé samedi avoir gelé pour environ 140 millions d'euros de biens d'oligarques russes, dont deux yachts mis sous séquestre la veille: le Lady M, d'une valeur de 95 millions d'euros et appartenant au magnat de l'acier Alexei Mordachov, un proche de Poutine visé par les sanctions de l'UE, et le Lena (50 millions d'euros), propriété de Gennady Timchenko.

La mise en œuvre des sanctions «ne peut pas se faire du jour au lendemain», relève auprès de l'AFP Carole Grimaud Potter, professeure de géopolitique de la Russie à l'Université de Montpellier et fondatrice du think tank Center for Russia and Eastern Europe Research.

Sara Brimbeuf rappelle que «plusieurs enquêtes ouvertes il y a plus de dix ans lors des printemps arabes sont encore en cours».

«Task force»

Pour contourner ces difficultés, le ministre américain de la Justice Merrick Garland a annoncé mercredi la création d'une cellule dédiée à la poursuite des «oligarques russes corrompus». Baptisée «KleptoCapture», elle compte plus de dix procureurs, spécialistes de droit pénal ou de sécurité nationale, ainsi que des enquêteurs de la police fédérale, des impôts ou des services postaux.

La France a elle aussi sa «task force», soit plusieurs dizaines de personnes issues de l'administration fiscale (DGFiP), du service de renseignement financier Tracfin, des douanes et de la direction générale du Trésor.

Même des amateurs participent à la traque. Sur Twitter, l'adolescent américain Jack Sweeney, piste les jets privés sur son compte «Russian Oligarchs Jets».

Mais il ne suffit pas d'identifier les biens. Si la constitution des listes d'oligarques à l'échelle européenne permet le gel de leurs avoirs (l'interdiction de vendre ou de louer un bien immobilier par exemple, mais pas de l'habiter), l'étape suivante, qui est la saisie, est autrement plus complexe sur le plan juridique.

«Pour porter atteinte au droit de propriété, il faut une loi et pas seulement un règlement ou un arrêté», souligne M. Martinet.

Ce qui a permis la saisie du méga-yacht à La Ciotat, «c'est qu'ils ont essayé de se déplacer et se sont donc mis hors la loi», précise un superviseur de la «task force» française.

Sauve qui peut

Plusieurs milliardaires russes ont préféré envoyer au plus vite leurs yachts dans des eaux territoriales plus conciliantes.

«Il y a beaucoup d'échos dans le milieu (nautique) sur des yachts russes s'apprêtant à quitter la Côte d'Azur» par peur des sanctions, indique à l'AFP une source connaissant bien ce secteur, évoquant Dubaï comme une des destinations potentielles.

Les Maldives, qui n'ont pas de traité d'extradition vers les Etats-Unis, semblent aussi un point de chute: plusieurs yachts ont été repérés sur place, dont ceux appartenant aux magnats de l'aluminium Oleg Deripaska et de l'acier Alexander Abramov.

En revanche, on ne constate pas encore de ventes massives de biens immobiliers sur la Côte d'Azur, selon un responsable du syndicat des professionnels du secteur.

Plusieurs milliardaires russes ont en tout cas préféré couper les ponts avec leurs entreprises en vue.

Le célèbre propriétaire du club de football londonien de Chelsea Roman Abramovitch, pas (encore) ciblé par les sanctions, a mis en vente ses parts. Les recettes iront à une «fondation caritative au profit de toutes les victimes de la guerre en Ukraine», a indiqué ce proche de Poutine, qui s'est enrichi à la faveur des privatisations d'entreprises publiques sous Eltsine et en co-fondant le producteur d'aluminium Rusal.

Roman Abramovitch est à la tête d'une fortune d'environ 12 milliards d'euros selon Forbes, comprenant le château de la Croë au Cap d'Antibes, une demeure de 2.000 mètres carrés, deux yachts et plusieurs avions privés.

L'oligarque Mikhail Fridman s'est retiré du fonds d'investissement LetterOne qu'il a co-fondé et de tous les groupes européens dont il est actionnaire, tout comme son associé Petr Aven.

Les deux hommes, visés par les sanctions européennes, nient avoir une quelconque «relation financière ou politique» avec Vladimir Poutine. Mikhail Fridman a même dénoncé la guerre en Ukraine, une «tragédie» qui va «ravager» les deux pays.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.


Téhéran dit ne pas avoir tranché sur un accord brandi par Trump après l'annulation de frappes

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime dans le Bureau ovale de la White House, jeudi. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est proche et a annulé des frappes américaines prévues
  • Téhéran assure qu’aucune décision finale n’a encore été prise concernant cet accord

TEHERAN: Téhéran a indiqué vendredi ne pas avoir encore tranché sur l'accord annoncé par le président américain pour mettre fin à la guerre, tempérant cette nouvelle annonce de Donald Trump qui a évoqué une signature dès "ce week-end".

Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines qu'il avait menacées de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.

"Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe", a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.

La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n'avoir pas encore décidé de signer.

"Jusqu'à présent, l'Iran n'a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord", a déclaré le porte-parole Esmaeil Baqaei aux médias d'Etat iraniens.

Le dirigeant républicain a dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu'il a qualifié "d'accord-cadre très solide" avec les Etats-Unis et avancé que son vice-président, JD Vance, le signerait possiblement dès "ce week-end".

Mais il n'a donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Selon un message sur X du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait "l'élimination de l'uranium enrichi" de Téhéran.

Cet espoir de résolution du conflit a entraîné à la baisse le pétrole, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédant 1,11% à 89,37 dollars vers 2H30 GMT. Rassérénés, les marchés asiatiques bondissent aussi vendredi matin, l'indice Nikkei à Tokyo grimpant de presque 4%, et le Kospi à Séoul flambant de plus de 7%.

- Terminal pétrolier menacé -

Jeudi, Donald Trump avait promis de frapper "très fort" l'Iran dans la soirée, menaçant notamment de "prendre l'île de Kharg", son principal terminal pétrolier.

Mais "prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes", il a annoncé plus tard avoir "annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran", sur son réseau Truth Social.

Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l'Iran, pour la 38e fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.

L'Egypte a appelé Washington et Téhéran à saisir "l'opportunité" d'un accord pour mettre fin à la guerre, après l'annulation des frappes sur l'Iran, dans un communiqué publié tard jeudi.

Le cessez-le-feu au Moyen-Orient, entré en vigueur le 8 avril, a globalement été respecté jusqu'au week-end dernier, mais cette semaine a été marquée par une reprise marquée des hostilités, plus de trois mois après le début du conflit.

L'armée américaine a indiqué avoir ciblé dans la nuit de mercredi à jeudi "des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays".

L'Iran a riposté en tirant une vingtaine de missiles vers une base américaine à Azraq en Jordanie - tous interceptés - et a à nouveau ciblé les monarchies du Golfe avec des drones. A Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.

- Ormuz fermé -

Le détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, a concentré les tensions: l'autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement "jusqu'à nouvel ordre", alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.

L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.

Le conflit avait repris dimanche quand l'Iran a lancé des missiles sur Israël, pour la première fois depuis le début de la fragile trêve, en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth.

Téhéran, parrain du Hezbollah libanais, insiste pour que tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient inclue le Liban, dont Washington voudrait traiter le sort à part.

Israël avait riposté aux missiles iraniens, avant que les deux ennemis n'annoncent suspendre les hostilités, comme réclamé par Donald Trump.

Dix membres du personnel d'un hôpital de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, ont été blessés dans un bombardement israélien jeudi, a indiqué à l'AFP le directeur de l'établissement.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite.

Les opérations israéliennes ont tué plus de 3.700 personnes, principalement dans le sud du pays où son armée occupe désormais une partie du territoire.