Un survivant d’une attaque des talibans dans une école devient président de l’Oxford Union

Ahmad Nawaz était l’une des victimes de la fusillade de l’école de Peshawar. (Photo, AFP)
Ahmad Nawaz était l’une des victimes de la fusillade de l’école de Peshawar. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Un survivant d’une attaque des talibans dans une école devient président de l’Oxford Union

Ahmad Nawaz était l’une des victimes de la fusillade de l’école de Peshawar. (Photo, AFP)
  • Ahmad Nawaz avait 14 ans lorsqu’il a été blessé dans une fusillade qui a fait près de 150 morts, dont son frère
  • L’immigrant pakistanais est intervenu lors de grands événements aux côtés de lauréats du prix Nobel et de dirigeants mondiaux

LONDRES: Un étudiant pakistanais, qui s’est réfugié en Grande-Bretagne après avoir survécu à une fusillade des talibans dans une école, est devenu président de l’Oxford Union, le célèbre club de débat de l’université qui a permis à de nombreux dirigeants mondiaux de lancer leur carrière. 

Ahmad Nawaz, 21 ans, est arrivé en Grande-Bretagne à l’âge de 14 ans après que son frère a été tué dans cette attaque. Depuis qu’il est à la tête de l’Union, il souhaite le rendre plus attrayant pour les groupes marginalisés comme les minorités ethniques et les étudiants handicapés. 

Il a confié au Times qu’il avait pleuré de joie en apprenant qu’il avait été élu. «C’est le moment le plus émouvant que j’ai vécu depuis très, très longtemps», a-t-il raconté au quotidien britannique. M. Nawaz a été touché au bras par des balles lorsque les talibans ont pris d’assaut son école dans la ville de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. Près de 150 enfants et enseignants ont été tués dans cette attaque meurtrière. 

Les talibans ont abattu les survivants blessés et mis le feu à l’école. Feignant la mort, M. Nawaz a survécu à l’attaque et a passé des semaines en convalescence dans un hôpital de Peshawar. Son bras devait être opéré d’urgence pour être sauvé. Il a donc été envoyé à Birmingham, la deuxième plus grande ville de Grande-Bretagne, pour y recevoir un traitement d’urgence. 

Il a été admis à l’université d’Oxford en 2020, après être arrivé en Grande-Bretagne en 2014. Il est intervenu lors de grands événements aux côtés de lauréats du prix Nobel et de dirigeants mondiaux, et a donné des conférences au Royaume-Uni sur l’extrémisme et ses risques. 

M. Nawaz n’est cependant pas le premier président pakistanais de l’Oxford Union. Benazir Bhutto, ancienne Première ministre assassinée en 2007, a présidé le groupe de débat en 1977, devenant ainsi la première femme asiatique à porter ce titre. 

Ahmad Nawaz étudie la philosophie et la théologie au Lady Margaret Hall, le même collège que fréquentait Malala Yousafzai, qui a également souffert aux mains des talibans. Cette dernière a été victime d’une attaque dans un bus scolaire et a poursuivi ses études à Oxford. 

L’ascension de M. Nawaz est tout aussi remarquable, puisque l’étudiant a obtenu un A au GCSE anglais, un diplôme d’études secondaires en Grande-Bretagne, alors qu’il était arrivé avec un anglais limité, moins de trois ans avant de présenter ces examens. 

«J’étais déterminé et quand je suis arrivé à Oxford, j’étais assez ambitieux, mais je n’aurais jamais pensé m’engager dans l’Union», a-t-il affirmé. «Cela montre qu’il n'y a pas de limites, quel que soit votre parcours». M. Nawaz a estimé que l’Union était «l’une des plus grandes plates-formes de liberté d’expression au monde. J’en ai entendu parler quand j’étais enfant. Je voulais simplement entrer dans cette institution et côtoyer les étudiants d’Eton, de Harrow et de Westminster».  

«Nous allons œuvrer pour un changement institutionnel, pour que davantage de personnes issues de milieux défavorisés se sentent à l’aise et s’impliquent, plutôt que d’avoir l’impression que ce club appartient aux élèves des écoles publiques», a-t-il déclaré. «Je veux faire en sorte que les étudiants se sentent inclus, non seulement en fonction de leur origine, mais aussi de leur milieu social.» 

«J’aimerais également diversifier les intervenants et les discussions qui ont lieu au sein de l’Union, afin que nous puissions nous concentrer par exemple sur les droits de l’homme et les questions sociétales dans différentes parties du monde», a-t-il ajouté. Selon lui, les membres du comité devraient s’impliquer davantage dans le travail communautaire. «Je n’aurais pas pu être plus reconnaissant pour ce parcours», a conclu Ahmad Nawaz. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.