Arabie saoudite: l'éducation supérieure, source d'émancipation des femmes

Le nombre de femmes saoudiennes travaillant en tant qu'enseignantes et professeures dans des institutions du Royaume a augmenté de façon exponentielle ces derniers temps (Photo, SPA).
Le nombre de femmes saoudiennes travaillant en tant qu'enseignantes et professeures dans des institutions du Royaume a augmenté de façon exponentielle ces derniers temps (Photo, SPA).
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Arabie saoudite: l'éducation supérieure, source d'émancipation des femmes

  • Le programme de bourses du gouvernement a subi de nouvelles transformations pour refléter le programme Vision 2030
  • La combinaison de bourses d'études, de croissance institutionnelle et de nouvelles technologies a révolutionné l'éducation des femmes en Arabie saoudite

DJEDDAH : Après des années de prédominance masculine dans le monde universitaire, le nombre de femmes saoudiennes poursuivant des études de troisième cycle et travaillant en tant qu'enseignantes et professeures dans des institutions du Royaume a augmenté de façon exponentielle ces derniers temps.
En supprimant les obstacles aux études et au travail, et en s'attaquant aux inégalités dans le monde universitaire, les portes se sont ouvertes à une plus grande autonomisation des femmes dans tous les secteurs de l'économie saoudienne moderne.
Les réformes de l'éducation sont passées par plusieurs étapes au cours des dernières décennies, notamment l'introduction de bourses gouvernementales et de programmes du ministère de l'éducation visant à encourager les étudiantes à étudier une série de sujets spécialisés et très demandés.
Bien que la première bourse de l'histoire du Royaume ait été introduite en 1935, lorsque le roi Abdel Aziz a envoyé trois étudiants saoudiens au Royaume-Uni, ce n'est que bien plus tard que Thoraya Obaid est devenue la première femme saoudienne à recevoir une bourse du gouvernement et un diplôme du Mills College à Oakland, en Californie, en 1966.
Mme Obaid est ensuite devenue l'un des 100 « bâtisseurs musulmans de la civilisation et de la culture mondiales », entre autres réalisations remarquables.
De nombreuses autres personnes ont rapidement suivi ses traces. En 1980, le nombre de bourses permettant aux jeunes Saoudiens d'étudier aux États-Unis a augmenté rapidement. Sur les 11 000 étudiants ayant obtenu une bourse au cours de cette période, un tiers étaient des femmes.
L'augmentation du nombre de diplômées s'est accompagnée d'une amélioration progressive du nombre de femmes accédant à des emplois de haut niveau et gagnant des salaires équivalents à ceux de leurs collègues masculins.
D'autres changements sont intervenus après 2005, lorsque le roi Abdallah a lancé un nouveau programme intitulé « The Custodian of The Two Holy Mosques Scholarship » (bourse du gardien des deux saintes mosquées), conçu pour renforcer les institutions universitaires saoudiennes et élargir leur offre de recherche et de cours.
Après l'arrivée du roi Salmane sur le trône, le programme de bourses du gouvernement a subi de nouvelles transformations pour refléter le programme de réforme Vision 2030 du Royaume, qui vise à diversifier l'économie saoudienne en s'éloignant du pétrole pour se tourner vers les hautes technologies, la création et d'autres industries spécialisées.
Ces nouvelles bourses ont été conçues pour couvrir des domaines d'études spécifiques afin de permettre aux jeunes Saoudiens de contribuer à faire du Royaume un acteur global dans l'économie moderne mondialisée.
Ces changements visent également à établir un lien entre les qualifications des étudiants et les carrières disponibles sur le marché du travail saoudien, à accroître l'efficacité globale et à développer les techniques de gestion.
Grâce à ces programmes, les femmes saoudiennes ont progressé dans tous les domaines du monde universitaire, de l'administration à la recherche en passant par l'enseignement.
« J'ai toujours eu l'esprit d'érudition : lire, écrire et enseigner », a déclaré à Arab News Haya Zidan, vice-doyenne des études supérieures et de la recherche scientifique à l'Université électronique saoudienne de Riyad.
Au cours de ses études, Mme Zidan a obtenu une bourse qui lui a permis d'étudier aux États-Unis et au Royaume-Uni, où elle a décroché des diplômes en sciences de la santé, avant de revenir au Royaume pour travailler dans le milieu universitaire.
« Mon premier emploi a été à l'Arab Open University, qui venait d'être créée, en 2003. Depuis, j'ai travaillé dans plusieurs universités et collèges, tels que l'université Dar Al-Hekma, l'université Princesse Nourah Bint Abdulrahman, l'université électronique saoudienne et l'université Hamdan Bin Mohammed Smart à Dubaï », a-t-elle déclaré.
Depuis plus de 15 ans, Mme Zidan prodigue son savoir sur des plates-formes d'apprentissage en ligne, qui, selon elle, sont un superbe outil permettant aux étudiants d'assister aux cours à distance.
« C'est une joie particulière que d'être en contact avec les étudiants, de partager des idées et de travailler sur des concepts, de concevoir des interventions sanitaires et des projets de recherche, et de voir comment ils grandissent et reconnaissent leur immense potentiel pour participer aux changements radicaux dans les soins de santé et la société », a déclaré Mme Zidan.
La combinaison de bourses d'études, de croissance institutionnelle et de nouvelles technologies a révolutionné l'éducation des femmes en Arabie saoudite, élargissant les horizons de millions de jeunes.
« Nous sommes toujours fiers de voir de telles réussites. Je suis constamment étonnée par les efforts déployés par les femmes pour atteindre des objectifs, tant personnels que professionnels, et par le cœur qu'elles mettent dans tout ce qu'elles font, malgré les difficultés », a déclaré Mme Zidan.
« J'apprécie également le pouvoir du mentorat des femmes plus expérimentées pour d'autres qui débutent, afin de les aider à trouver leurs marques et de leur donner l'occasion de briller elles aussi ».
« Nous apprenons aussi davantage du pouvoir des femmes. C'est un moyen de réussir et d'atteindre des objectifs en tant que collectif, conformément aux ambitions de la Vision 2030. »

 Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran

La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
  • A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens
  • Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi

NAJAF: La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran.

Cette étape irakienne des cérémonies organisées depuis samedi par l'Iran pour l'adieu à son dirigeant tué le 28 février, au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis, intervient alors que des hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran.

Après des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens.

Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran, ont déclaré la journée de mercredi fériée et annoncé le déploiement d'un important dispositif de sécurité.

A Najaf, la foule a afflué au départ de la procession, qui doit parcourir six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, où des dizaines de religieux se tenaient prêts à prier sur le cercueil.

Des fidèles se sont approchés pour toucher le cercueil de Ali Khamenei posé à l'arrière d'un camion. Plus tard dans la journée, la dépouille s'envolera vers Kerbala, plus au nord, jusqu'aux sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.

L'un des fils du défunt dirigeant, Moustafa, participe à cette étape irakienne. Son autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême, n'a pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars.

 "Occasion à ne pas manquer" 

"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole à Kerbala, tandis qu'une autre montre une photo de Khamenei avec la phrase: "Celui qui a humilié l'Amérique".

"C'est une occasion à ne pas manquer, de participer aux funérailles de celui qui a défié la puissance de l'Amérique et d'Israël", s'enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, à Najaf.

Haidar Jaafar, qui a voyagé pendant des heures depuis la ville de Bassora dit lui s'attendre à l'afflux de millions de personnes "simplement parce que (Khamenei) a été tué par des mains israélo-américaines".

La ville est le principal centre des séminaires chiites, où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné.

Alliés

Venu accompagner cet hommage, le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations".

Les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

Les deux pays sont devenus de proches alliés après sa chute en 2003 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.

Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient, en soutien à l'Iran, en attaquant des installations américaines en Irak.

Concluant ces obsèques nationales, l'inhumation aura lieu jeudi à Mashhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.


Après la défaite face à l'Argentine, les Egyptiens entre déception et fierté

  • Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs
  • "Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène"

LE CAIRE: Même si leur équipe a perdu mardi face à l'Argentine 3-2, les Egyptiens ont applaudi avec "fierté" ces joueurs qui ont porté le pays en huitièmes de finale, un niveau jamais atteint par ce pays en Coupe du monde de football.

"Nous avons le cœur brisé parce que nous croyions pouvoir aller encore plus loin", confie Ismaïl Fawzy, 39 ans, qui a regardé le match avec des centaines de supporters dans un café du quartier huppé d'Héliopolis, dans l'est du Caire.

"Mais quand on pense à tout ce que cette équipe a accompli, on ne peut qu'être fier. Elle nous a offert des souvenirs que nous n'oublierons jamais", ajoute-t-il. "Certes nous avons perdu, mais nous avons déjà écrit l'histoire".

Pour la première fois de son histoire, l'Egypte a remporté un match du Mondial, dépassé la phase de poules et atteint les matchs à élimination directe, ajoutant une page à l'histoire de son football national.

Dans le café d'Héliopolis, les émotions ont oscillé entre déception et fierté.

Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs.

"Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène".

"Rêver plus grand" 

Pendant des décennies, l'histoire de l'Egypte en Coupe du monde avait été faite de rendez-vous manqués.

"Avant cette Coupe du monde, les gens considéraient la qualification comme le rêve", relate Mme Hamdy.

"Maintenant, nous avons atteint les huitièmes de finale. La prochaine génération rêvera encore plus grand grâce à cette équipe", se réjouit-elle auprès de l'AFP.

Le sentiment de fierté s'étend bien au-delà des frontières égyptiennes.

A plus de 1.000 kilomètres de là, dans la bande de Gaza près de la frontière égyptienne, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans des cafés improvisés, installés sous des tentes ou construits à partir de tôles ondulées récupérées sur des bâtiments endommagés par la guerre avec Israël.

Des éclairages alimentés par des générateurs illuminent des espaces de visionnage bondés, tandis que des câbles électriques et internet entremêlés courent entre des rangées d'abris.

Des drapeaux égyptiens flottent aux côtés de drapeaux palestiniens, des portraits de l'entraîneur Hossam Hassan et de stars comme Mohamed Salah et Omar Marmoush décorent les lieux.

Tout le monde est là: hommes, femmes, enfants, et blessés avec béquilles et fauteuils roulants abîmés.

Le bourdonnement persistant des drones israéliens se fait entendre au-dessus des têtes, ponctué parfois par des coups de feu, mais les spectateurs restent malgré tout absorbés par le match.

En Cisjordanie occupée, des milliers de personnes se sont également rassemblées à Ramallah, où une zone industrielle avait été transformée en fan-zone.

"Pour les Palestiniens, l'Egypte est bien plus qu'un pays frère ou un voisin", raconte Mohammed Saad, 60 ans, vantant notamment une "histoire partagée".

Le sélectionneur Hossam Hassan a été salué par les Palestiniens après avoir brandi leur drapeau sur le terrain après la victoire contre l'Australie au tour précédent et après l'avoir dédiée au peuple palestinien.

"Cela nous a donné un sentiment de joie et de liberté", dit Moussa Abou Ismaïl, 28 ans, originaire de la ville de Gaza. "Nous avons le sentiment que l'équipe nationale d'Egypte a redonné vie à Gaza".


Iran: une agence de presse fait état d'explosions à Bouchehr, dans le sud-ouest du pays

L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
  • "Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs"
  • Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier

TEHERAN: L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, qui compte la seule centrale nucléaire civile d'Iran, après une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis.

"Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs" a écrit Mehr sans plus de précisions. Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90% du brut iranien.