Ukraine: nouvelle tentative d'instaurer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils

Une femme se repose après avoir traversé un pont détruit alors qu'elle évacue la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 7 mars 2022. (AFP)
Une femme se repose après avoir traversé un pont détruit alors qu'elle évacue la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 7 mars 2022. (AFP)
Une vue générale d'un pont détruit dans la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 8 mars 2022. SERGEI SUPINSKY / AFP
Une vue générale d'un pont détruit dans la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 8 mars 2022. SERGEI SUPINSKY / AFP
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Ukraine: nouvelle tentative d'instaurer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils

  • Les premières évacuations ont commencé dans la matinée, des dizaines de bus avaient déjà quitté Soumy en direction de la ville de Lokhvytsia, à 150km au sud-ouest
  • Des frappes aériennes sur Soumy à quelque 350 km au nord-est de Kiev, théâtre de violents combats depuis plusieurs jours, ont tué neuf personnes dont deux enfants lundi soir

KIEV: Des civils ont commencé à être évacués mardi matin de la ville de Soumy, près de la frontière russo-ukrainienne, dans une nouvelle tentative d'instauration de couloirs humanitaires pour évacuer les habitants pris au piège des bombardements russes sur les villes ukrainiennes.


Des frappes aériennes sur cette ville à quelque 350 km au nord-est de Kiev, théâtre de violents combats depuis plusieurs jours, ont tué neuf personnes dont deux enfants lundi soir, selon les services de secours ukrainiens.
            
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé mardi les "promesses" non tenues des Occidentaux pour protéger l'Ukraine des bombardements russes.


"Cela fait treize jours qu'on entend des promesses. Treize jours qu'on nous dit qu'on nous aidera dans le ciel, qu'il y aura des avions, qu'on nous les livrera", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram. 


"Mais la responsabilité pour cela repose aussi sur ceux qui n'ont pas été capables de prendre une décision en Occident depuis 13 jours (...). Sur ceux qui n'ont pas sécurisé le ciel ukrainien des assassins russes", a-t-il ajouté.


"L'humanité, qui doit prévaloir dans les capitales mondiales, doit prévaloir sur la peur", a-t-il plaidé.


M. Zelensky réclame à cor et à cri la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne  au-dessus de l'Ukraine, mais cette option a  été catégoriquement exclue par les Etats-Unis comme l'Otan.


Samedi, le maître du Kremlin Vladimir Poutine a prévenu qu'il considérerait une telle zone "comme une participation au conflit armé".

Les autorités ukrainiennes, qui avaient refusé lundi les évacuations vers la Russie proposées par Moscou, ont confirmé qu'un couloir humanitaire avait bien été mis en place à Soumy. Les premières évacuations ont commencé dans la matinée, selon un responsable de l'administration présidentielle.

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Peu après 10h00 locales (08H00 GMT), des dizaines de bus avaient déjà quitté Soumy en direction de la ville de Lokhvytsia, à 150km au sud-ouest, a indiqué le chef par intérim de l'administration régionale de Poltava Dmitry Lunin.


Mais selon la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, "le côté russe prévoit de perturber ce corridor", et les civils risquent d'être obligés de "prendre un autre itinéraire, qui n'est pas coordonné (avec les Ukrainiens) et dangereux".


"Laissez-nous tranquillement évacuer les gens. Le monde entier regarde !", a-t-elle lancé au 13e jour du conflit, en invitant les troupes russes à "stopper leur avance" durant l'opération humanitaire.


Moscou a annoncé de son côté l'instauration de cessez-le-feu mardi pour faciliter l'évacuation des civils de plusieurs grandes métropoles ukrainiennes, dont la capitale Kiev, menacées par l'avancée des troupes russes, après plusieurs tentatives similaires sans lendemain depuis vendredi.


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accusé lundi soir l'armée russe d'avoir fait échouer à plusieurs reprises l'évacuation des civils via des couloirs humanitaires.


Le maître du Kremlin Vladimir Poutine accuse de son côté les "bataillons nationalistes ukrainiens d'entraver (les évacuations) en recourant aux violences et à diverses provocations".


Ces tentatives d'instaurer des couloirs humanitaires, discutés lors d'un nouveau round de pourparlers russo-ukrainiens lundi, interviennent alors que sur le terrain, les forces russes continuent à se déployer autour des villes, ou à les bombarder, au treizième jour de l'invasion russe - qualifiée d'"opération militaire spéciale" par Moscou - selon des responsables ukrainiens.

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«Beaucoup d'enfants»
L'armée russe se concentre notamment sur les fronts de Kiev, Marioupol, cité portuaire stratégique du sud, et Kharkiv, deuxième ville du pays dans le nord-est, cible d'intenses bombardements et tirs de missiles russes.


A Bucha, aux portes de Kiev, les habitants essaient aussi désespérément de quitter la ville.


"Il y a des gens dans chaque appartement, chaque maison. Le plus important c'est de faire partir les enfants. Il y a beaucoup d'enfants et de femmes", a confié Anna à un journaliste de l'AFP.


"La ville est au bord de la catastrophe humanitaire. Il n'y pas plus de gaz, d'eau, d'électricité et la nourriture commence aussi à manquer", a-t-elle raconté.


De violents combats ont aussi eu lieu dans la ville d'Izioum (est), mais les troupes russes ont battu en retraite, selon l'état-major ukrainien. Les forces russes "ont fait régner la terreur dans la ville, en bombardant les locaux et les infrastructures civils", a-t-il ajouté.


Le ministère ukrainien de la Défense a affirmé de son côté que le général russe Vitali Guerassimov avait trouvé la mort près de Kharkiv, une information non confirmée à Moscou et invérifiable dans l'immédiat de source indépendante.


Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA), des obus d'artillerie ont par ailleurs endommagé dimanche une installation de recherche nucléaire pour des applications médicales et industrielles à Kharkiv, sans "conséquences radiologiques".


L'attaque de la centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande en Europe, dont les forces russes se sont emparées vendredi, a fait craindre une catastrophe et provoqué une vague d'indignation internationale.

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Ukraine: le seuil des deux millions de réfugiés franchi «aujourd'hui ou demain», selon l'ONU

Le cap des deux millions de réfugiés provoqués par l'offensive militaire russe en Ukraine devrait être franchi "aujourd'hui" ou "demain", a estimé mardi le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Filippo Grandi.


"Je pense que nous allons passer la barre des deux millions aujourd'hui ou peut-être, au plus tard, demain" mercredi, a déclaré M. Grandi lors d'une conférence de presse à Oslo. "Ca n'arrête donc pas".


Lundi, plus de 1,7 million de réfugiés ukrainiens avaient déjà été dénombrés, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).


Le responsable onusien a tenu ces propos après avoir effectué une visite en Roumanie, Moldavie et Pologne, trois pays frontaliers de l'Ukraine, où la Russie a lancé une offensive militaire le 24 février.


"Pour l'instant, je pense qu'ils arrivent à gérer (...) la répartition naturelle spontanée" de ces réfugiés qui, a-t-il souligné, sont pour l'instant ceux qui ont "quelques ressources": "bon nombre arrivent en voiture et, surtout, ils ont des connexions, ils peuvent aller où ils ont de la famille, des amis, une communauté".


"Il est possible que si la guerre continue (...), nous commencerons à voir des gens sans ressources ni connexions et ce sera un problème plus difficile à gérer pour les pays européens, il y aura besoin de plus de solidarité par tout le monde en Europe et au-delà" pour leur accueil, a-t-il souligné. 


Les guerres des Balkans, en Bosnie et au Kosovo, dans les années 1990 avaient aussi provoqué d'énormes flux de réfugiés, "peut-être deux ou trois millions, mais sur une période de huit ans", a par ailleurs relevé M. Grandi. "Là, c'est huit jours"."D'autres régions du monde ont vu cela, mais en Europe, c'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale" a-t-il affirmé.

Exode 
L'invasion de l'Ukraine, plus grave conflit militaire en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a aussi provoqué l'une de ses plus graves crises humanitaires.


La situation s'aggrave de jour en jour, avec plusieurs villes assiégées où les vivres commencent à manquer.


L'ONU a "besoin de couloirs sûrs pour fournir de l'aide humanitaire dans les zones d'hostilités" en Ukraine, a dans ce contexte martelé lundi au Conseil de sécurité de l'ONU le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths.


A Irpin, dernière ville-verrou avant Kiev en arrivant de l'ouest, 10.000 personnes ont défilé ces derniers jours, sur une improbable planche de bois, à moitié enfoncée dans l'eau, pour fuir les bombardements. 


Le pont de béton, béant au-dessus de la rivière, a été détruit par les forces ukrainiennes pour empêcher le passage des blindés russes.


Les Ukrainiens continuent aussi à prendre massivement la route de l'exode. La guerre a déjà poussé plus de 1,7 million de personnes à se réfugier dans les pays voisins, selon l'ONU. Le seuil des deux millions devrait être atteint "aujourd'hui ou demain", a indiqué mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés.


L'Europe peut s'attendre à recevoir cinq millions d'exilés si le bombardement des villes se poursuit, a estimé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.


Depuis le début de la guerre, au moins 406 civils ont été tués et 801 blessés, selon le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU. Le HCR souligne cependant que ces bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.


Devant les répercussions du conflit et des sanctions adoptées par le camp occidental contre la Russie sur l'économie mondiale, la bourse de Tokyo s'est encore repliée de 1,71% mardi après avoir perdu 3% la veille. Les Bourses européennes sont en revanche repassées dans le vert mardi à l'ouverture.


Le prix du nickel, comme d'autres matières premières dont la Russie est grande exportatrice, continuait aussi sa course folle vers de nouveaux records. Le nickel a même brièvement dépassé les 100 000 dollars la tonne en séance, les investisseurs craignant que la Russie ne puisse plus exporter sa production.


Cuba prévient d'un «bain de sang» en cas d'attaque américaine, nouvelles sanctions de Washington

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel. (AFP)
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  • Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île
  • Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités

LA HAVANE: Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a averti lundi qu'une attaque américaine contre l'île provoquerait "un bain de sang", tandis que Washington a annoncé avoir sanctionné le renseignement cubain et une dizaine de hauts responsables de l'île communiste.

Miguel Diaz-Canel a aussi souligné le droit "légitime" de son pays à riposter à une éventuelle agression des Etats-Unis, sur fond de fortes tensions entre La Havane et Washington.

Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios de leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île, a affirmé dimanche le média américain Axios, en citant des renseignements classifiés.

Selon Axios, ces informations ont suscité des inquiétudes à Washington, où des responsables mettent en garde contre une "menace croissante" du fait de la proximité de ces capacités.

Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays "ne représent(ait) pas une menace et n'a(vait) ni plans ni intentions agressives" envers d'autres nations.

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d'une intervention militaire contre l'île, qui, si elle se matérialisait, "provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables", a dénoncé sur X M. Diaz-Canel.

Sans directement évoquer la détention présumée de drones par son pays, le chef de l'Etat a revendiqué "le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire".

Dans le même temps, le ministère américain des Finances a annoncé lundi avoir ajouté le principal service de renseignement cubain, la Direccion de Inteligencia, ainsi qu'une dizaine de hauts responsables du pays à sa liste des entités et personnes sous sanction.

Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a précisé que le président de l'Assemblée nationale cubaine et du Conseil d'Etat, Estaban Lazo, ainsi que trois ministres, de la Justice, de l'Energie et des Communications, sont visés.

Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, également député, font aussi partie des nouvelles personnes inscrites sur la liste.

Une inscription à la liste de l'OFAC interdit à toute personne ou entreprise américaine, ou ayant une filiale aux Etats-Unis, de commercer ou faire des affaires avec les personnes ou entreprises sanctionnées.

Cela s'applique également aux entreprises ou citoyens étrangers dès lors que les échanges sont réalisés en dollar. Elle entraîne par ailleurs le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux Etats-Unis.

Aide mexicaine 

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington - qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane - impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l'arrivée d'un seul pétrolier russe.

Début mai, M. Trump a aussi approuvé un nouveau paquet de sanctions contre l'île.

Près de quatre mois après la mise en place du blocus, la situation économique et énergétique de l'île s'est fortement dégradée.

La semaine dernière, le gouvernement a reconnu qu'il n'avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes qui complètent la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.

Cette situation a encore aggravé les délestages électriques, avec des coupures qui peuvent dépasser la vingtaine d'heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province.

Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une nouvelle cargaison d'aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba. Il s'agit du cinquième envoi d'aide humanitaire par Mexico depuis février.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé cet envoi la semaine dernière, en précisant que le chargement ne comprenait pas de pétrole.

Le président Donald Trump considère que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, constitue "une menace exceptionnelle" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a multiplié les menaces de "prendre le contrôle" de Cuba et a même évoqué l'envoi d'un porte-avions.

Dans ce contexte, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays poursuivent leurs discussions, à l'un des moments les plus tendus de leurs relations bilatérales.

 


Trump dit avoir renoncé à attaquer l'Iran mardi

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu.

Dans un message sur sa plateforme Truth Social, le président américain a toutefois affirmé que les Etats-Unis se tiennent prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Il précise que la demande de suspendre l'opération militaire, dont il n'avait pas parlé jusqu'à présent, vient des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, lesquels -selon lui- jugent qu'un accord est possible.

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, écrit Donald Trump, qui ne donne toutefois aucune autre précision.

Avant même le message de Donald Trump, l'Iran s'était dit "pleinement prêt à toute éventualité", au lendemain de nouvelles menaces du président américain.n.

"Pour l'Iran, le temps presse, et (les Iraniens) feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux", avait menacé le milliardaire républicain dimanche, toujours sur Truth Social.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu'une réponse avait été fournie à la nouvelle proposition des Etats-Unis, mais sans en préciser les détails.

"Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point presse, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington "via le médiateur pakistanais".

"Dialoguer" 

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

L'Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

"Dialoguer ne signifie pas capituler", a souligné le président iranien Massoud Pezeshkian dans un message posté sur X. "La République islamique d’Iran s’engage dans le dialogue avec dignité, autorité et dans le respect des droits de la nation, et ne renoncera en aucun cas aux droits légitimes du peuple et du pays."

Esmaïl Baghaï a également insisté sur le versement de réparations pour la guerre, jugée "illégale et sans fondement".

Selon l'agence iranienne Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.

Ormuz 

Mais lundi, l'agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme proche de l'équipe iranienne de négociation, a déclaré que "contrairement aux textes précédents, les Américains avaient accepté dans un nouveau texte de suspendre temporairement les sanctions pétrolières pendant la période des discussions".

Les Etats-Unis n'ont pas commenté ces déclarations.

Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens.

La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole.

Le trafic y a cependant augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont franchi cette voie maritime entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin, une forte hausse par rapport aux seulement 19 de la semaine précédente.

L'Iran a formalisé lundi la création d'un nouvel organisme, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, pour la gestion de ce passage.

Plusieurs pays occidentaux ainsi que l'UE s'opposent à un contrôle du détroit par l'Iran, défendant la liberté de navigation.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs menacé lundi de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit, remarquant que toute perturbation sur ces équipements ferait perdre jusqu'à des "centaines de millions de dollars par jour" à l'économie mondiale.


Nombre d'exécutions record dans le monde en 2025, l'Iran en tête, selon Amnesty

Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
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  • A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024
  • "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport

PARIS: Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi.

L'organisation de défense des droits humains basée à Londres a dénombré au moins 2.707 exécutions dans le monde en 2025, mais "n'inclut pas les milliers d'exécutions qui (...) ont eu lieu en Chine – pays ayant procédé cette année encore au plus grand nombre d'exécutions au monde", précise-t-elle.

Le nombre de personnes exécutées dans le monde est en hausse de 78% par rapport à 2024 et atteint un niveau record depuis 1981, année au cours de laquelle 3.191 exécutions -hors Chine- avaient été comptabilisées par l'ONG.

A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1.505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty.

Selon l'ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis fin février pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Près de la moitié (998) des exécutions en Iran en 2025 sont liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants, note par ailleurs Amnesty. Elles ont elles aussi doublé par rapport à l'année précédente.

Au total, 17 pays ont procédé à des exécutions.

"Cette minorité éhontée (d'Etats, ndlr) se sert de la peine capitale pour instiller la peur, écraser la contestation et montrer la force qu’exercent les institutions sur les personnes défavorisées et les populations marginalisées" dénonce la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard, citée dans un communiqué.