Ukraine: nouvelle tentative d'instaurer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils

Une femme se repose après avoir traversé un pont détruit alors qu'elle évacue la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 7 mars 2022. (AFP)
Une femme se repose après avoir traversé un pont détruit alors qu'elle évacue la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 7 mars 2022. (AFP)
Une vue générale d'un pont détruit dans la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 8 mars 2022. SERGEI SUPINSKY / AFP
Une vue générale d'un pont détruit dans la ville d'Irpin, au nord-ouest de Kiev, le 8 mars 2022. SERGEI SUPINSKY / AFP
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Ukraine: nouvelle tentative d'instaurer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils

  • Les premières évacuations ont commencé dans la matinée, des dizaines de bus avaient déjà quitté Soumy en direction de la ville de Lokhvytsia, à 150km au sud-ouest
  • Des frappes aériennes sur Soumy à quelque 350 km au nord-est de Kiev, théâtre de violents combats depuis plusieurs jours, ont tué neuf personnes dont deux enfants lundi soir

KIEV: Des civils ont commencé à être évacués mardi matin de la ville de Soumy, près de la frontière russo-ukrainienne, dans une nouvelle tentative d'instauration de couloirs humanitaires pour évacuer les habitants pris au piège des bombardements russes sur les villes ukrainiennes.


Des frappes aériennes sur cette ville à quelque 350 km au nord-est de Kiev, théâtre de violents combats depuis plusieurs jours, ont tué neuf personnes dont deux enfants lundi soir, selon les services de secours ukrainiens.
            
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé mardi les "promesses" non tenues des Occidentaux pour protéger l'Ukraine des bombardements russes.


"Cela fait treize jours qu'on entend des promesses. Treize jours qu'on nous dit qu'on nous aidera dans le ciel, qu'il y aura des avions, qu'on nous les livrera", a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram. 


"Mais la responsabilité pour cela repose aussi sur ceux qui n'ont pas été capables de prendre une décision en Occident depuis 13 jours (...). Sur ceux qui n'ont pas sécurisé le ciel ukrainien des assassins russes", a-t-il ajouté.


"L'humanité, qui doit prévaloir dans les capitales mondiales, doit prévaloir sur la peur", a-t-il plaidé.


M. Zelensky réclame à cor et à cri la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne  au-dessus de l'Ukraine, mais cette option a  été catégoriquement exclue par les Etats-Unis comme l'Otan.


Samedi, le maître du Kremlin Vladimir Poutine a prévenu qu'il considérerait une telle zone "comme une participation au conflit armé".

Les autorités ukrainiennes, qui avaient refusé lundi les évacuations vers la Russie proposées par Moscou, ont confirmé qu'un couloir humanitaire avait bien été mis en place à Soumy. Les premières évacuations ont commencé dans la matinée, selon un responsable de l'administration présidentielle.

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Peu après 10h00 locales (08H00 GMT), des dizaines de bus avaient déjà quitté Soumy en direction de la ville de Lokhvytsia, à 150km au sud-ouest, a indiqué le chef par intérim de l'administration régionale de Poltava Dmitry Lunin.


Mais selon la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, "le côté russe prévoit de perturber ce corridor", et les civils risquent d'être obligés de "prendre un autre itinéraire, qui n'est pas coordonné (avec les Ukrainiens) et dangereux".


"Laissez-nous tranquillement évacuer les gens. Le monde entier regarde !", a-t-elle lancé au 13e jour du conflit, en invitant les troupes russes à "stopper leur avance" durant l'opération humanitaire.


Moscou a annoncé de son côté l'instauration de cessez-le-feu mardi pour faciliter l'évacuation des civils de plusieurs grandes métropoles ukrainiennes, dont la capitale Kiev, menacées par l'avancée des troupes russes, après plusieurs tentatives similaires sans lendemain depuis vendredi.


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accusé lundi soir l'armée russe d'avoir fait échouer à plusieurs reprises l'évacuation des civils via des couloirs humanitaires.


Le maître du Kremlin Vladimir Poutine accuse de son côté les "bataillons nationalistes ukrainiens d'entraver (les évacuations) en recourant aux violences et à diverses provocations".


Ces tentatives d'instaurer des couloirs humanitaires, discutés lors d'un nouveau round de pourparlers russo-ukrainiens lundi, interviennent alors que sur le terrain, les forces russes continuent à se déployer autour des villes, ou à les bombarder, au treizième jour de l'invasion russe - qualifiée d'"opération militaire spéciale" par Moscou - selon des responsables ukrainiens.

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«Beaucoup d'enfants»
L'armée russe se concentre notamment sur les fronts de Kiev, Marioupol, cité portuaire stratégique du sud, et Kharkiv, deuxième ville du pays dans le nord-est, cible d'intenses bombardements et tirs de missiles russes.


A Bucha, aux portes de Kiev, les habitants essaient aussi désespérément de quitter la ville.


"Il y a des gens dans chaque appartement, chaque maison. Le plus important c'est de faire partir les enfants. Il y a beaucoup d'enfants et de femmes", a confié Anna à un journaliste de l'AFP.


"La ville est au bord de la catastrophe humanitaire. Il n'y pas plus de gaz, d'eau, d'électricité et la nourriture commence aussi à manquer", a-t-elle raconté.


De violents combats ont aussi eu lieu dans la ville d'Izioum (est), mais les troupes russes ont battu en retraite, selon l'état-major ukrainien. Les forces russes "ont fait régner la terreur dans la ville, en bombardant les locaux et les infrastructures civils", a-t-il ajouté.


Le ministère ukrainien de la Défense a affirmé de son côté que le général russe Vitali Guerassimov avait trouvé la mort près de Kharkiv, une information non confirmée à Moscou et invérifiable dans l'immédiat de source indépendante.


Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA), des obus d'artillerie ont par ailleurs endommagé dimanche une installation de recherche nucléaire pour des applications médicales et industrielles à Kharkiv, sans "conséquences radiologiques".


L'attaque de la centrale nucléaire de Zaporojie, la plus grande en Europe, dont les forces russes se sont emparées vendredi, a fait craindre une catastrophe et provoqué une vague d'indignation internationale.

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Ukraine: le seuil des deux millions de réfugiés franchi «aujourd'hui ou demain», selon l'ONU

Le cap des deux millions de réfugiés provoqués par l'offensive militaire russe en Ukraine devrait être franchi "aujourd'hui" ou "demain", a estimé mardi le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Filippo Grandi.


"Je pense que nous allons passer la barre des deux millions aujourd'hui ou peut-être, au plus tard, demain" mercredi, a déclaré M. Grandi lors d'une conférence de presse à Oslo. "Ca n'arrête donc pas".


Lundi, plus de 1,7 million de réfugiés ukrainiens avaient déjà été dénombrés, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).


Le responsable onusien a tenu ces propos après avoir effectué une visite en Roumanie, Moldavie et Pologne, trois pays frontaliers de l'Ukraine, où la Russie a lancé une offensive militaire le 24 février.


"Pour l'instant, je pense qu'ils arrivent à gérer (...) la répartition naturelle spontanée" de ces réfugiés qui, a-t-il souligné, sont pour l'instant ceux qui ont "quelques ressources": "bon nombre arrivent en voiture et, surtout, ils ont des connexions, ils peuvent aller où ils ont de la famille, des amis, une communauté".


"Il est possible que si la guerre continue (...), nous commencerons à voir des gens sans ressources ni connexions et ce sera un problème plus difficile à gérer pour les pays européens, il y aura besoin de plus de solidarité par tout le monde en Europe et au-delà" pour leur accueil, a-t-il souligné. 


Les guerres des Balkans, en Bosnie et au Kosovo, dans les années 1990 avaient aussi provoqué d'énormes flux de réfugiés, "peut-être deux ou trois millions, mais sur une période de huit ans", a par ailleurs relevé M. Grandi. "Là, c'est huit jours"."D'autres régions du monde ont vu cela, mais en Europe, c'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale" a-t-il affirmé.

Exode 
L'invasion de l'Ukraine, plus grave conflit militaire en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a aussi provoqué l'une de ses plus graves crises humanitaires.


La situation s'aggrave de jour en jour, avec plusieurs villes assiégées où les vivres commencent à manquer.


L'ONU a "besoin de couloirs sûrs pour fournir de l'aide humanitaire dans les zones d'hostilités" en Ukraine, a dans ce contexte martelé lundi au Conseil de sécurité de l'ONU le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths.


A Irpin, dernière ville-verrou avant Kiev en arrivant de l'ouest, 10.000 personnes ont défilé ces derniers jours, sur une improbable planche de bois, à moitié enfoncée dans l'eau, pour fuir les bombardements. 


Le pont de béton, béant au-dessus de la rivière, a été détruit par les forces ukrainiennes pour empêcher le passage des blindés russes.


Les Ukrainiens continuent aussi à prendre massivement la route de l'exode. La guerre a déjà poussé plus de 1,7 million de personnes à se réfugier dans les pays voisins, selon l'ONU. Le seuil des deux millions devrait être atteint "aujourd'hui ou demain", a indiqué mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés.


L'Europe peut s'attendre à recevoir cinq millions d'exilés si le bombardement des villes se poursuit, a estimé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.


Depuis le début de la guerre, au moins 406 civils ont été tués et 801 blessés, selon le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU. Le HCR souligne cependant que ces bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.


Devant les répercussions du conflit et des sanctions adoptées par le camp occidental contre la Russie sur l'économie mondiale, la bourse de Tokyo s'est encore repliée de 1,71% mardi après avoir perdu 3% la veille. Les Bourses européennes sont en revanche repassées dans le vert mardi à l'ouverture.


Le prix du nickel, comme d'autres matières premières dont la Russie est grande exportatrice, continuait aussi sa course folle vers de nouveaux records. Le nickel a même brièvement dépassé les 100 000 dollars la tonne en séance, les investisseurs craignant que la Russie ne puisse plus exporter sa production.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.