À Gaza, des montagnes de batteries cherchent recycleur

Les batteries sont composées de plomb et de mercure, des éléments chimiques dangereux pour l'environnement et la santé humaine. (Photo, AFP)
Les batteries sont composées de plomb et de mercure, des éléments chimiques dangereux pour l'environnement et la santé humaine. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 mars 2022

À Gaza, des montagnes de batteries cherchent recycleur

  • Située dans la ville de Khan Younès, la décharge de 2 000 m2 regorge de batteries dans tous les recoins
  • Selon un responsable, il y a dans le micro-territoire de Gaza quelque 25 000 tonnes de batteries usagées qui attendent d'être recyclées

GAZA : Dans une décharge à ciel ouvert du sud de la bande de Gaza, des batteries rouillées s'empilent, jetées là à défaut de pouvoir être recyclées, formant de tristes montagnes grises de plusieurs mètres de hauteur.

"Les batteries s'accumulent depuis près de 15 ans", soit depuis qu'Israël impose un blocus à l'enclave palestinienne pour contenir le mouvement islamiste Hamas au pouvoir, explique Ibrahim Baraka, qui travaille dans la décharge.

Située dans la ville de Khan Younès, la décharge de 2 000 m2 regorge de batteries dans tous les recoins. Seul un mince passage reste dégagé pour laisser circuler les employés.

M. Baraka sait que ces appareils peuvent être nocifs, surtout lorsqu'ils sont usagés, mais ni lui ni les autres travailleurs ne portent d'équipement spécial pour les manipuler.

Les batteries sont composées de plomb et de mercure, des éléments chimiques dangereux pour l'environnement et la santé humaine, confirme Mohamed Masleh, directeur des ressources au ministère de l'Environnement à Gaza.

Selon ce responsable, il y a dans le micro-territoire de Gaza quelque 25 000 tonnes de batteries usagées qui attendent d'être recyclées. Et la plupart, souligne-t-il, sont stockées dans des endroits qui ne sont pas prévus à cet effet, souvent à ciel ouvert.

Mais à Gaza, ces batteries sont indispensables: l'enclave de 2,3 millions d'habitants, où les pannes de courant sont omniprésentes, ne dispose que d'une seule centrale électrique qui dépend des livraisons de fioul et n'assure qu'un approvisionnement instable.

Les batteries ont commencé à être utilisées après la guerre de 2006 entre Israël et le Hamas, lorsque la centrale a été bombardée par l'aviation israélienne, et sont aujourd'hui notamment raccordées aux nombreux panneaux solaires sur les toits.

Gagne-pain

Face aux milliers d'appareils s'amoncelant, M. Baraka regrette que Gaza ne dispose pas de l'équipement nécessaire pour les recycler et qu'Israël n'en veuille pas.

Sollicitées par l'AFP, les autorités israéliennes n'ont pas commenté. 

L'Etat hébreu a récemment envoyé un deuxième broyeur à métaux à Gaza et accepté le mois dernier de payer et collecter les objets en métal à des fins de recyclage, une note d'espoir pour M. Baraka.

En attendant, son équipe et lui démontent des batteries et en retirent certaines parties, le plastique notamment, qu'ils revendent à des usines.  

Une pratique qui n'est cependant pas sans risques sanitaires. 

"Les gens sont en contact avec les batteries, les enfants les portent, on essaye de les ouvrir avec des tournevis et dix ans plus tard l'enfant a un cancer", constate Ahmed Hillis, directeur de l'Institut national pour l'environnement et le développement à Gaza.

Alors que "des tonnes de batteries s'amoncellent dans des décharges, parfois atteignant jusqu'à 40-50 mètres de hauteur", il n'y a aucun processus de recyclage, se désole-t-il lui aussi. Et "malheureusement, elles sont même considérées comme des sources de revenus".

"Une batterie usagée de 16 ampères vaut cinq shekels (1,37 euros) et celle de 200 ampères, 50 shekels (13,7 euros)", explique Zakaria Abou Sultan, en parcourant les ruelles de Beit Lahia, dans le nord de Gaza. 

"Qui a des vieilles batteries à vendre?!", crie-t-il dans un mégaphone sur sa charrette tirée par un cheval, pour gagner quelques pièces en les récupérant et en les envoyant à la casse.

Ce jour-là, le jeune homme de 27 ans n'a malheureusement récupéré que trois vieilles batteries.

Dans un territoire miné par la pauvreté et le chômage, cette activité est un gagne-pain mais ceux qui la pratiquent le font "sans se conformer à aucune règle et sans avoir de l'expérience dans le ramassage de produits dangereux", souligne Ahmed Hillis, appelant à une réglementation stricte afin de protéger le grand public.


Liban: le chef de l'ONU exhorte Israël et le Hezbollah à "arrêter la guerre"

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
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  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël et le Hezbollah à conclure un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre au Liban
  • Le conflit, déclenché après des tirs de missiles du Hezbollah contre Israël le 2 mars, a fait plus de 687 morts et déplacé plus de 800.000 personnes selon les autorités libanaises

BEYROUTH: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres,  a exhorté vendredi Israël et le Hezbollah pro-iranien à "arrêter la guerre" au Liban, où l'armée israélienne intensifie ses frappes.

"J'appelle avec force les deux parties, le Hezbollah et Israël, à (conclure) un cessez-le-feu afin d'arrêter la guerre", a-t-il déclaré lors d'une visite à Beyrouth, avant d'ajouter: "l'heure n'est pas aux groupes armés, l'heure est aux Etats forts".

"J'espère sincèrement que lors de ma prochaine visite (...) je pourrai voir un Liban en paix. Je pourrai visiter un Liban où l'État détient le monopole de la force et où l'intégrité territoriale est pleinement rétablie et respectée", a ajouté M. Guterres, juste avant une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun.

"Je sais que les Libanais souffrent énormément", a-t-il dit, alors que la guerre au Liban a fait plus de 687 morts et plus de 800.000 déplacés depuis le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé.

"Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre que son peuple n'a jamais voulue", a-t-il déploré.

Le Liban a aspiré dans la conflit lorsque le mouvement chiite libanais a lancé des missiles sur Israël le 2 mars, disant vouloir venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran,  provoquant des représailles israéliennes massives.


Nouvelles frappes sur le Liban, Israël menace de «prendre des territoires»

Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires". (AFP)
Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires". (AFP)
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  • Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire s'est dégagée en journée d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions
  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer un quartier du centre-ville

BEYROUTH: Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires".

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire s'est dégagée en journée d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer un quartier du centre-ville. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"Nuit et jour" 

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, a averti en soirée qu'il serait préférable que le gouvernement libanais s'occupe lui-même du Hezbollah.

"S'ils ne le font pas, nous le ferons (...) mais le Hezbollah paiera le prix fort et ça serait mieux que le gouvernement libanais s'en charge", a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Netanyahu a une résidence.

"Sans précédent" 

Dans le sud du Liban, neuf personnes dont cinq enfants ont été tuées dans le village d'Irkey, près de Saïda, dans une frappe israélienne sur des habitations où vivaient deux familles, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Beyrouth, des frappes israéliennes ont fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon les autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Ani.

L'armée israélienne continue de pilonner quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite - elle y a fait trois nouvelles frappes dans la soirée, a constaté l'AFP.

Immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues: un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte.

Israël a dit avoir visé des postes du commandement du Hezbollah, comme dans le sud du pays.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à la frontière et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent" avec 800.000 déplacés recensés en une semaine, a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

 


Dubaï: un immeuble frappé par un débris de projectile (bureau des médias)

La ligne d’horizon de Dubaï, le 11 mars 2026. Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones iraniens et près de 300 missiles. (AFP)
La ligne d’horizon de Dubaï, le 11 mars 2026. Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones iraniens et près de 300 missiles. (AFP)
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  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones et près de 300 missiles iraniens

DUBAI: Un bâtiment du centre de Dubaï a été touché par des débris provenant d’une attaque interceptée, a annoncé vendredi le bureau des médias du gouvernement, après que des explosions ont ébranlé la place financière du Moyen-Orient.

Un bâtiment avait été touché a confirmé le bureau des médias de Dubaï. Les défenses aériennes des Emirats arabes unis ont intercepté plus de 1.500 drones iraniens et près de 300 missiles depuis le début de la guerre dans la région.

"Les autorités ont confirmé que des débris provenant d’une interception réussie ont provoqué un léger incident sur la façade d’un bâtiment dans le centre de Dubaï", a indiqué le bureau des médias sur X, en ajoutant qu’aucun blessé n’avait été signalé.

Un correspondant de l'AFP a indiqué avoir senti son immeuble trembler et avoir entendu une importante explosion. Un épais nuage de fumée était visible vendredi matin dans l'émirat.

Le dernier incident survient après la chute d’un drone près du quartier financier de Dubaï jeudi. L’Iran avait menacé de frapper des institutions économiques, poussant certaines entreprises à évacuer leur personnel de la zone.

Les Emirats arabes unis, riches en pétrole, ainsi que d’autres pays aisés du Golfe sont sous les tirs incessants de l’Iran depuis le début de la guerre, le 28 février.

L’aéroport de Dubaï, l’un des plus grands au monde, a été visé à plusieurs reprises, tout comme son port et son parc immobilier de luxe, notamment la Palm Jumeirah et l’hôtel Burj Al Arab.