Kirghizstan : les différents camps s'affrontent, le président «prêt» à partir

Des membres des volontaires portant un drapeau kirghize gardent la cour du principal bâtiment du gouvernement, connu sous le nom de Maison Blanche à Bichkek. (VyacheslawOSELEDKO/AFP)
Des membres des volontaires portant un drapeau kirghize gardent la cour du principal bâtiment du gouvernement, connu sous le nom de Maison Blanche à Bichkek. (VyacheslawOSELEDKO/AFP)
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Publié le Vendredi 09 octobre 2020

Kirghizstan : les différents camps s'affrontent, le président «prêt» à partir

  • Le Kirghizstan est secoué par un mouvement de protestation contre des fraudes aux élections législatives de dimanche, remportées par deux partis proches du chef de l'Etat
  • Le président a annoncé qu'il était «prêt» à quitter son poste

Des milliers de personnes étaient de nouveau rassemblées vendredi dans les rues de la capitale du Kirghizstan, Bichkek, les différentes factions en lutte pour le pouvoir cherchant à montrer leurs forces à l'heure où le président se dit prêt à démissionner.

Lorsque les manifestations de soutien à deux hommes politiques rivaux revendiquant le pouvoir ont convergé, des heurts ont éclaté et des coups de feu ont été tirés en l'air, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le Kirghizstan est secoué par un mouvement de protestation contre des fraudes aux élections législatives de dimanche, remportées par deux partis proches du chef de l'Etat, Sooronbaï Jeenbekov.

Le président, qui n'est pas apparu en public depuis lundi, a annoncé tôt vendredi matin qu'il était «prêt» à quitter son poste «lorsque des autorités légitimes auront été approuvées et que nous serons de retour sur la voie de la légalité».

Cette démission pourrait intervenir une fois qu'une date aura été fixée pour de nouvelles élections et des changements effectués au sein du gouvernement, a fait savoir la présidence dans un communiqué.

On ignore toutefois si ces conditions pourront être remplies, les différentes factions politiques ayant à nouveau manifesté à Bichkek vendredi. Chaque rassemblement avait son favori pour le pouvoir, mais aucune ne défendait le chef de l'Etat actuel.

Plusieurs milliers de personnes se sont ainsi réunies dans un parc à proximité du bâtiment abritant les bureaux du Premier ministre pour soutenir Sadyr Japarov, un nationaliste libéré de prison cette semaine par ses sympathisants.

Il a depuis été nommé Premier ministre dans des conditions troubles par des parlementaires réunis dans un hôtel de Bichkek. Sadyr Japarov «deviendra Premier ministre et président et alors tout ira bien», a déclaré un orateur à la foule, agressive, qui a menacé plusieurs journalistes.

Retour d'Atambaïev

Sadyr Japarov purgeait une peine de 11 ans et demi de prison pour une prise d'otages au cours d'une des précédentes crises politiques.

Les tensions au Kirghizstan n'ont pas été apaisées par la décision des autorités d'invalider les résultats des législatives. Des heurts ont déjà fait au moins un mort et des centaines de blessés à Bichkek.

Cette crise fait craindre une flambée de violences dans cet Etat considéré comme une exception démocratique dans une région où les régimes autoritaires sont la règle.

L'actuelle contestation post-électorale est nourrie par la confrontation farouche entre le président Jeenbekov et son prédécesseur et ancien mentor politique Almazbek Atambaïev.

Celui-ci, lui aussi libéré de prison cette semaine, a organisé vendredi sa propre manifestation de soutien, pendant laquelle beaucoup tenaient des pancartes appelant le chef de l'Etat à quitter le Kirghizstan.

Lâché par son ex-allié Sooronbaï Jeenbekov, Almazbek Atambaïev purgeait pour sa part une peine de onze ans de réclusion pour avoir fait relâcher un chef mafieux de prison. Il attendait un second procès pour son rôle dans la résistance armée à son arrestation.

Dans l'après-midi, des heurts ont éclaté entre partisans d'Almazbek Atambaïev et de Sadyr Japarov : des coups de feu ont été tirés en l'air, les vitres des voitures brisées tandis que les leaders politiques étaient évacués.

Une troisième manifestation à Bichkek était celle organisée par des groupes se revendiquant de la société civile contre la criminalité organisée, qui gangrène la politique aux yeux de nombreux Kirghiz.

Jeudi, des personnalités de différents partis d'opposition ont affirmé contrôler le bureau du procureur ou encore le ministère de l'Intérieur. Aucune présence policière n'était visible devant les principaux bâtiments gouvernementaux.

Les puissants services de sécurité (GKNB) ont quant à eux intimé à la classe politique de remettre de l'ordre et la Russie, la puissance régionale, a reconnu l'autorité de l'homme qui a pris le contrôle du GKNB à la faveur du chaos des derniers jours, Omourbek Souvanaliev.

Le Kremlin a en effet déclaré que le patron des services de sécurité russes (FSB) lui avait signifié son soutien dans les «efforts du GKNB pour stabiliser la situation et éviter le chaos».

Reste que même Moscou ne semble pas certain de pouvoir peser sur l'issue de cette crise politique. Stanislav Zas, le secrétaire générale de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une union politico-militaire menée par la Russie, a proposé vendredi son aide pour «jouer un rôle de médiateur».


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.