Des étudiants et des professeurs palestiniens dénoncent les restrictions israéliennes sur les campus

L’université de Beir Zeit accueille entre dix et quinze professeurs invités, et tous sont confrontés au problème du renouvellement des visas. (Photo: Université de Beir Zeit)
L’université de Beir Zeit accueille entre dix et quinze professeurs invités, et tous sont confrontés au problème du renouvellement des visas. (Photo: Université de Beir Zeit)
Short Url
Publié le Mercredi 09 mars 2022

Des étudiants et des professeurs palestiniens dénoncent les restrictions israéliennes sur les campus

  • Les professeurs invités dans les facultés palestiniennes reçoivent des visas de tourisme d’une durée maximale de trois mois, selon le vice-président de l’université
  • De nouvelles restrictions israéliennes émises à la fin du mois dernier devraient entrer en vigueur en mai

RAMALLAH: Les universitaires palestiniens font part de leur profonde inquiétude face aux nouvelles restrictions israéliennes visant les travailleurs et les étudiants étrangers, qui entravent l’enseignement dans les universités.

Les autorités israéliennes ont limité le nombre de professeurs et d’étudiants étrangers qui peuvent résider en Cisjordanie et enseigner dans ses universités, ont déclaré des sources universitaires palestiniennes à Arab News.

Des sources israéliennes ont déclaré le 8 mars qu’Israël suivrait une approche stricte pour le recrutement de maîtres de conférences étrangers dans les universités palestiniennes de Cisjordanie et l’admission d’étudiants étrangers. Ainsi, Israël n’autorisera les universités palestiniennes à recruter des maîtres de conférences étrangers que s’ils enseignent dans des domaines spécifiques et s’il y a une pénurie de professeurs au niveau national.

Les maîtres de conférences qui souhaitent enseigner en Cisjordanie doivent également faire vérifier leur doctorat par les consulats israéliens de leur pays d’origine, les autorités décidant du nombre professeurs qui recevront un visa d’entrée.

Israël n’autorisera pas non plus la présence de plus de 150 étudiants internationaux dans les universités palestiniennes et ces derniers seront tous tenus de passer un entretien avec le bureau de représentation israélien dans leur pays d’origine.

Huit universités de Cisjordanie et de Jérusalem-Est enseignent diverses matières académiques et professionnelles. Toutes délivrent des diplômes de licence et de master, mais seulement quelques-unes délivrent des doctorats.

Les universités palestiniennes de Cisjordanie comptent quelque 120 000 étudiants, dont 20 000 obtiennent un diplôme chaque année. «Cela signifie que la politique consiste davantage à restreindre la possibilité de faire venir des professeurs invités qui peuvent être des Palestiniens, mais qui n’ont pas de résidence en Palestine. Au lieu de leur donner des visas de travail pour un an, ils leur fournissent des visas de tourisme pour une période allant d’une semaine à trois mois au maximum, et ils refusent souvent de les renouveler», explique Ghassan Khatib, vice-président de l’université de Beir Zeit, à Arab News.

«Aucun professeur invité n’accepte de quitter son emploi pour enseigner dans une université palestinienne sans garantie de résidence, au moins pour un semestre de cinq mois», ajoute M. Khatib. Les représentants des universités palestiniennes ont avoué être limités par ces restrictions qui restreignent les possibilités d’échanges universitaires dans le monde.

Selon M. Khatib, les universités palestiniennes manquent de personnel enseignant en raison de la fuite des cerveaux. Lorsqu’une nouvelle filière universitaire est créée, elle a du mal à trouver des talents locaux pour enseigner et est donc obligée de faire appel à des maîtres de conférences internationaux. Il cite l’exemple de l’ancien président de l’université de Beir Zeit, Khalil al-Hindi, qui a dirigé l’université pendant cinq ans, mais qui devait voyager pour renouveler son visa une fois tous les trois mois.

Les nouvelles restrictions israéliennes ont été émises à la fin du mois dernier et entreront en vigueur en mai. Ces règles exigent que les documents des étudiants et des professeurs postulants comprennent une invitation officielle de l’Autorité palestinienne. Les visas primaires ne sont valables que pour un an, sous réserve de renouvellement. La durée maximale d’enseignement autorisée pour les professeurs est de cinq années non consécutives. La période maximale pour un étudiant est de quatre ans jusqu’à l’obtention de son diplôme.

Les nouvelles procédures israéliennes ne s’appliquent qu’aux citoyens des pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, à l’exception de la Jordanie, de l’Égypte et des Émirats arabes unis. Toutefois, ces pays entretiennent également des liens diplomatiques avec Israël et leurs citoyens peuvent demander un séjour beaucoup plus court.

L’université de Beir Zeit accueille entre 10 et 15 professeurs invités, et tous sont confrontés au problème du renouvellement des visas, qui oblige certains d’entre eux à quitter la faculté. «Nous devons recruter davantage d’enseignants, mais nous ne pouvons pas. Lorsque l’université de Beir Zeit a obtenu une licence pour ouvrir une filière de soins infirmiers il y a sept ans, le lancement de la spécialisation a été retardé de plusieurs mois en raison de l’incapacité de l’université à recruter des enseignants», confie M. Khatib.

À l’instar des universités israéliennes, les universités palestiniennes doivent avoir le droit de faire appel au personnel universitaire international qualifié dont elles manquent, indique M. Khatib. Souhad Bishara, directrice juridique du bureau qui représente l’université de Beir Zeit dans cette affaire auprès des autorités israéliennes, explique à Arab News que «les restrictions israéliennes limitent les possibilités des universités palestiniennes de bénéficier de diverses expériences académiques internationales. Ces restrictions sont en contradiction avec le droit international et doivent être levées définitivement afin de permettre aux universités palestiniennes de faire venir autant de professeurs et de spécialistes qu’elles le souhaitent».

L’université de Beir Zeit a lancé une campagne internationale pour faire pression sur les autorités israéliennes afin qu’elles lèvent leurs restrictions après en avoir lourdement souffert durant l’année universitaire 2018-2019.

Certains universitaires palestiniens ont signalé à Arab News que les nouvelles procédures portaient atteinte aux droits des Palestiniens et de leurs institutions à travailler en fonction de leurs choix et de leurs besoins pour entretenir des relations économiques, commerciales et universitaires avec d’autres pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Short Url
  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Short Url
  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Short Url
  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.