La Chine, eldorado en devenir pour le gaz russe

Si la Chine ne cesse d'en augmenter les volumes, ils restent nettement inférieurs aux importations européennes, premier débouché du gaz russe. (Photo, AFP)
Si la Chine ne cesse d'en augmenter les volumes, ils restent nettement inférieurs aux importations européennes, premier débouché du gaz russe. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 12 mars 2022

La Chine, eldorado en devenir pour le gaz russe

  • Le voisin chinois, qui partage plus de 4 000 km de frontière avec la Russie, a vu bondir ses besoins énergétiques en phase avec sa croissance économique
  • La Chine était ainsi l'an dernier le deuxième consommateur de pétrole du monde derrière les Etats-Unis et le troisième pour le gaz

PÉKIN : Frappée par de lourdes sanctions occidentales, la Russie compte sur la forte demande en gaz et en pétrole de la Chine pour écouler ses stocks.

La Chine, géant énergivore

Le voisin chinois, qui partage plus de 4 000 km de frontière avec la Russie, a vu bondir ses besoins énergétiques en phase avec sa croissance économique. 

La Chine était ainsi l'an dernier le deuxième consommateur de pétrole du monde derrière les Etats-Unis et le troisième pour le gaz, dont la demande ne cesse de croître.

En 2030, les besoins en gaz du géant asiatique seront 40% supérieurs à 2020, prévient l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Mais...

Le gaz russe ne représente que 5% de la consommation chinoise. 

Si la Chine ne cesse d'en augmenter les volumes, ils restent nettement inférieurs aux importations européennes, premier débouché du gaz russe.

L'an dernier, l'UE a importé 155 milliards de m3 de gaz russe, selon l'AIE, soit environ 10 fois plus que la Chine.

Par ailleurs, la Russie fournit à la Chine 16% de son pétrole, avec en moyenne 1,59 million de barils livrés chaque jour l'an dernier, selon la banque ANZ.

«Force de Sibérie»

Pour s'approvisionner en gaz russe, la Chine dispose de deux options: raccordement via des tuyaux (gazoducs) ou terminaux de gazéification où l'on amène, généralement par voie maritime, du gaz naturel liquéfié (GNL).

Le premier gazoduc Russie-Chine est entré en service en 2019.

Baptisé "Power of Siberia" (Puissance de Sibérie), le tube relie sur plus de 2 000 km des gisements de Sibérie orientale à la frontière chinoise.

Le tronçon chinois, qui doit à terme permettre d'acheminer du gaz jusqu'à Shanghai, est divisé en trois parties dont l'une reste à construire. 

L'ensemble sera pleinement opérationnel en 2025. 

"Power of Siberia" aura ainsi une capacité de 38 milliards de m3 par an.

Un second gazoduc, "Power of China 2", est par ailleurs évoqué pour traverser la Mongolie. Si le projet se concrétise, il fournira 50 milliards de m3 de gaz supplémentaires à la Chine, selon la télévision publique CCTV.

Projets dans les tuyaux

Le gazoduc russo-chinois s'accompagne d'un énorme contrat d'approvisionnement gazier à la Chine, estimé à plus de 400 milliards de dollars sur 30 ans, signé par Gazprom et le chinois CNPC après une décennie de pourparlers en mai 2014. 

Hasard ou non, quelques mois plus tôt Moscou venait d'envahir la péninsule ukrainienne de Crimée. 

Cette décision de Vladimir Poutine avait provoqué une pluie de sanctions occidentales et un important refroidissement des relations avec l'Europe.

Trois semaines avant d'envahir l'Ukraine, l'homme fort du Kremlin a cette fois évoqué à Pékin la préparation d'un nouveau contrat de fourniture de 10 milliards de m3 de gaz naturel à la Chine.

Diversification tous azimuts

Outre la Russie, la Chine veille ces dernières années à multiplier ses sources d'approvisionnement.

Son plus gros fournisseur en gaz auquel elle est raccordée est de loin le Turkménistan, devant le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et la Birmanie.

En dépit de tensions avec Canberra, l'Australie demeure pour Pékin son plus gros vendeur de gaz naturel liquéfié (39% de part de marché), devant les Etats-Unis (11%), le Qatar, la Malaisie et l'Indonésie, selon des données officielles.

Malgré des relations tumultueuses, la Chine s'est également rapprochée l'an dernier des Etats-Unis dans un contexte de perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales.

Le géant chinois du pétrole Sinopec a signé fin 2021 un accord sur 20 ans avec l'américain Venture Global pour s'approvisionner en GNL.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.