Alors que la guerre gronde, l'Otan s'entraîne en Norvège à secourir l'un des siens

Des véhicules blindés de la brigade de la force de réaction rapide de l'OTAN en Norvège arrivent à Borg Havn à Fredrikstad, le 10 mars 2022. (Photo, AFP)
Des véhicules blindés de la brigade de la force de réaction rapide de l'OTAN en Norvège arrivent à Borg Havn à Fredrikstad, le 10 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 12 mars 2022

Alors que la guerre gronde, l'Otan s'entraîne en Norvège à secourir l'un des siens

  • Cold Response 2022, le plus gros exercice impliquant l'Otan cette année, va aider les armées occidentales à s'aguerrir au combat par grand froid à terre, en mer et dans les cieux
  • Si ces manœuvres étaient prévues de longue date, l'invasion russe de l'Ukraine leur donne un retentissement particulier

OSLO : Toute ressemblance avec des faits réels serait purement fortuite. Alors que la guerre fait rage en Ukraine, l'Otan et ses partenaires fourbissent leurs armes pour tester en Norvège leur capacité à venir en aide à un des leurs.

Quelque 30 000 soldats, 200 avions et une cinquantaine de navires de 27 nations... Cold Response 2022, le plus gros exercice impliquant l'Otan cette année, va aider les armées occidentales à s'aguerrir au combat par grand froid à terre, en mer et dans les cieux, y compris sous des latitudes arctiques, à compter du 14 mars.

Si ces manœuvres étaient prévues de longue date, l'invasion russe de l'Ukraine leur donne un retentissement particulier.

"L'exercice est extrêmement important pour la sécurité de la Norvège et des alliés: nous nous entraînons au renfort de la Norvège par des alliés", explique le ministre norvégien de la Défense, Odd Roger Enoksen, à l'AFP.

"Il ne se tient pas à cause de l'attaque lancée par les autorités russes sur l'Ukraine, mais vu la toile de fond, il revêt une signification accrue", note-t-il.

Gardien des frontières septentrionales de l'Otan en Europe, le pays nordique veut tester sa capacité à recevoir le renfort des alliés conformément à l'article 5 de la Charte de l'Alliance qui oblige tous ses membres à venir au secours d'un des leurs en cas d'attaque.

Officiellement non alignées mais partenaires toujours plus proches de l'Otan, Suède et Finlande participent également à Cold Response qui durera jusqu'au 1er avril.

Éviter les malentendus

"Je trouve totalement naturel, peut-être maintenant plus que jamais, de s'entraîner ensemble pour montrer notre capacité et notre volonté de défendre nos valeurs et notre mode de vie", souligne le chef du commandement norvégien des opérations, le général Yngve Odlo, qui dirige l'exercice.

Du côté russe des 196 kilomètres de frontière russo-norvégienne dans l'Arctique se trouve la péninsule de Kola qui abrite notamment la puissante Flotte du Nord, une énorme concentration d'armes nucléaires et d'innombrables installations militaires.

"Il n'y a pas actuellement de menace militaire explicite contre l'Otan ou le territoire norvégien", assure M. Enoksen. "La situation en Europe n'a cependant pas été aussi imprévisible depuis longtemps".

Pour éviter tout malentendu, l'exercice Cold Response, au caractère "purement défensif" insiste-t-on, a été dûment notifié et restera à distance respectueuse de la Russie.

Le général Odlo s'est entretenu avec le vice-amiral Alexandre Moisseïev, commandant de la Flotte du Nord, mais la Russie a décliné la proposition d'envoyer des observateurs.

"Le renforcement des capacités militaires de l'Otan près des frontières de la Russie ne contribue pas à renforcer la sécurité de la région", estime l'ambassade de Russie à Oslo.

En pareilles circonstances dans le passé, Moscou a, au-delà des déclarations, marqué son mécontentement en brouillant les signaux GPS ou en annonçant des tests de missiles, interdisant ainsi l'accès à certains espaces maritimes et aériens internationaux.

«Milieux rugueux»

L'invasion de l'Ukraine a surpris la plupart des experts et certains s'interrogent désormais: dans sa nostalgie avouée de la grandeur soviétique, le président russe Vladimir Poutine pourrait-il s'en prendre à d'autres anciens territoires de l'URSS comme les pays baltes?

Cold Response "nous permet de parfaire notre entraînement, de montrer notre unité, notre volonté de travailler ensemble dans des milieux rugueux qui peuvent être des milieux qu'on connaît plus à l'est", souligne le général français Yvan Gouriou du Corps de réaction rapide-France.

"Donc, l'exercice a toute sa pertinence dans le cadre actuel", insiste-t-il.

La France y participe avec près de 3 300 soldats sous une double casquette: en son nom propre avec le porte-hélicoptères amphibie Dixmude qui se déplace avec troupes et matériels mais aussi au nom de la force de réaction rapide de l'Otan que Paris dirige cette année.

Une autre partie de cette force est, elle, partie pour la Roumanie dans le cadre du renforcement par l'Alliance atlantique de son flanc Est.

Globalement, le nombre de participants à Cold Response a fondu: plus de 40 000 militaires avaient été annoncés au départ, mais Covid et urgences géopolitiques ont rebattu les cartes. 

Le porte-avions américain Harry Truman et son escorte ont ainsi été retenus en mer Egée où ils contribuent à la police du ciel. Pas très loin du théâtre ukrainien.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.