Fonction publique: cinq ans après Fillon, les candidats ont changé de ton

«On avait atteint une tension extrême» en 2017, avec la proposition de François Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, relève le chercheur Gilles Jeannot, soit près de 10% des effectifs de la fonction publique. (AFP)
«On avait atteint une tension extrême» en 2017, avec la proposition de François Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, relève le chercheur Gilles Jeannot, soit près de 10% des effectifs de la fonction publique. (AFP)
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Publié le Dimanche 13 mars 2022

Fonction publique: cinq ans après Fillon, les candidats ont changé de ton

  • «La droite a gagné du terrain, y compris chez les fonctionnaires et dans le noyau dur de gauche qu’étaient les enseignants», constate Luc Rouban
  • Plusieurs candidats s'engagent en outre à revaloriser le traitement des agents publics, comme le communiste Fabien Roussel qui veut augmenter de 30% les salaires dans la fonction publique

PARIS: "Quelque chose a changé": cinq ans après une campagne présidentielle marquée par des promesses de suppressions de postes massives dans la fonction publique, les prétendants à l'Elysée ont adouci leur discours envers les agents publics.


"On avait atteint une tension extrême" en 2017, avec la proposition de François Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, relève le chercheur Gilles Jeannot, soit près de 10% des effectifs de la fonction publique.


Le candidat Les Républicains (LR) prévoyait aussi de faire passer le temps de travail hebdomadaire des agents publics à 39 heures. Une cible ambitieuse alors que le passage aux 35 heures obligatoires dans la fonction publique territoriale -- impliquant la suppression de régimes dérogatoires plus favorables sur le temps de travail et acté en janvier -- suscite déjà des remous dans certaines collectivités.


Son concurrent finalement élu, Emmanuel Macron, promettait de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires.


Les rares candidats à vouloir augmenter les effectifs misaient plutôt sur des recrutements ciblés: à l'Education nationale pour Benoît Hamon, au sein des Douanes ou des forces de l'ordre pour Marine Le Pen. 


Cinq ans plus tard, "quelque chose a changé" pour l'historien Emilien Ruiz, auteur en 2021 du livre "Trop de fonctionnaires? Histoire d'une obsession française". "Il n’est plus possible aujourd’hui de taper frontalement sur les services publics comme ça a été le cas pendant longtemps".


Après avoir affronté la crise des "gilets jaunes" et la pandémie de Covid-19, Emmanuel Macron a d'ailleurs renoncé à son objectif de 120 000 suppressions. 


Et même la candidate LR Valérie Pécresse, qui souhaite faire disparaître 200 000 postes de fonctionnaires dans "l'administration administrante", a une position "nettement plus nuancée" que François Fillon, analyse Gilles Jeannot.

Un million d'embauches 
Bien qu'édulcoré, ce plan de suppressions de postes reste dégainé "à contre-temps" pour le chercheur Luc Rouban, puisque "la crise sanitaire a montré une grosse demande de services publics" hospitaliers. Et "d'autant plus (...) qu'un problème de recrutement commence à se poser sérieusement" pour les employeurs publics, en particulier dans les collectivités.


En 2022, certains candidats proposent donc des plans d'embauche conséquents. L'Insoumis Jean-Luc Mélenchon en vise un million. L'écologiste Yannick Jadot veut recruter 100 000 infirmiers en trois ans et au moins 65 000 enseignants.


Plusieurs candidats s'engagent en outre à revaloriser le traitement des agents publics, comme le communiste Fabien Roussel qui veut augmenter de 30% les salaires dans la fonction publique.


"Il y a une différence par rapport aux campagnes précédentes", observe le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Yves Veyrier.


"On entend les mots +reconnaissance, considération+: les fonctionnaires ont été cités par le pouvoir en place", admettait-il début mars lors d'une conférence de presse.


Mais "quels que soient les engagements formulés pendant la campagne, un évènement chasse vite l’autre", rappelle-t-il.

Droitisation 
Même prudence du côté de Prune Helfter-Noah, porte-parole du collectif d'agents publics Nos services publics. Pour le service public, "on raisonne toujours en fonction des moyens qu'on s'autorise à dégager: tel budget, tel plafond d'emplois pour telle période", regrette-t-elle. "Mais on n'est pas dans une entreprise. La réflexion devrait être totalement inverse: on devrait partir des besoins de la population en termes de service public (...) et mettre les moyens qu'il faut pour (la) servir".


D'autant que les Français ne sont pas nécessairement demandeurs d'une réduction des effectifs publics, insiste Luc Rouban.


"Globalement, il y a une droitisation des Français sur le terrain culturel - immigration, politique pénale, répression - mais vous avez toujours une défense très forte des services publics dans l’opinion", un marqueur associé aux partis de gauche.


En revanche, les agents publics, eux, ont eu tendance à se droitiser ces dernières années.


Un récent sondage Ifop pour le média spécialisé Acteurs publics révélait que ceux de catégorie C, les moins bien rémunérés, plaçaient au premier tour de la présidentielle Marine Le Pen (23% des intentions de vote) devant Emmanuel Macron (20%).


"La droite a gagné du terrain, y compris chez les fonctionnaires et dans le noyau dur de gauche qu’étaient les enseignants", constate Luc Rouban.


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
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  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.


La France proche d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Parlement français devrait adopter définitivement une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes
  • Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, malgré des critiques sur les modalités d’application

PARIS: Le Parlement français devrait définitivement adopter mardi un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, que le président Emmanuel Macron veut voir mise en oeuvre dès la rentrée en septembre afin de protéger la santé des plus jeunes.

La proposition de loi sera soumise au vote du Sénat - la chambre haute - dans l'après-midi, puis à l'Assemblée nationale - la chambre basse - en fin de journée, étapes qu'elle devrait sauf surprise passer sans encombre.

L'entrée en vigueur est ensuite prévue rapidement: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquerait "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

Durant ce délai, "on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà", avait expliqué le mois dernier le président de la République, qui s'est personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

Récemment, les alertes se sont multipliées quant aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention et peuvent les exposer à des contenus problématiques.

La France est très regardée par d'autres pays européens réfléchissant à des législations similaires.

Le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Concrètement, il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

"Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes", a déclaré à l'AFP la députée rapporteure du texte, Laure Miller, du camp gouvernemental.

La Commission européenne a également présenté en avril une application paneuropéenne de vérification d'âge, et des solutions privées sont aussi développées.

Mais le député socialiste Arthur Delaporte a fustigé auprès de l'AFP un "grand flou sur les mécanismes de vérification d'âge", pour un texte qui entrera en vigueur "à la hâte, avec des risques d'effets de bord, de contournement".

Son groupe saisira "probablement" le Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté, regrettant que les réseaux concernés ne soient pas davantage distingués.

- Fin de l'anonymat -

La France insoumise (gauche radicale) votera contre le texte, a annoncé le député Louis Boyard critiquant "une loi de fin d'anonymat sur internet".

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux - finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen - redoutent également une censure du Conseil constitutionnel.

"C'est un risque", estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, rapporteure à la chambre haute, rappelant que le Conseil d'Etat a mis en garde sur la préservation de la "liberté d'expression" des jeunes.

Mais, depuis, un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a clairement alerté sur le danger des réseaux sociaux pour la santé mentale des adolescents, pointe Laure Miller, ce qui permettra d'argumenter sur "la proportionnalité de la mesure".

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction pour les "encyclopédies en ligne" ou les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, Mme Miller précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). La visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont notamment porté sur la formulation précise à adopter, avec un impératif: que le texte soit conforme au droit européen, sous peine de ne pas pouvoir être appliqué.

Dans un avis rendu il y a deux semaines, la Commission européenne a aiguillé les parlementaires français, qui se sont finalement accordés sur un texte suivant ses recommandations.

Elle a par ailleurs elle-même annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux.

Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Mme Miller, la loi française serait ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.