Fonction publique: dans la bataille des salaires, quel avenir pour le point d'indice ?

La ministre française de la Transformation et de la Fonction Publiques, Amélie de Montchalin, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris après le conseil des ministres hebdomadaire, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
La ministre française de la Transformation et de la Fonction Publiques, Amélie de Montchalin, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris après le conseil des ministres hebdomadaire, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

Fonction publique: dans la bataille des salaires, quel avenir pour le point d'indice ?

La ministre française de la Transformation et de la Fonction Publiques, Amélie de Montchalin, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris après le conseil des ministres hebdomadaire, le 27 octobre 2021. (Photo, AFP)
  • Le point d'indice, élément clé de la rémunération des agents publics, cristallise toutes les tensions
  • Fixé à une valeur d'environ 4,69 euros depuis le 1er février 2017, «le point» est le dénominateur commun de la rémunération des 5,7 millions d'agents publics

PARIS: Les syndicats appellent tous à son dégel, quand la ministre juge qu'il incarne un système « à bout de souffle »: le point d'indice, élément clé de la rémunération des agents publics, cristallise toutes les tensions.  

Sa revalorisation est la première revendication des cinq syndicats de la fonction publique qui appellent à rejoindre la mobilisation interprofessionnelle de jeudi pour les salaires et l'emploi.  

Fixé à une valeur d'environ 4,69 euros depuis le 1er février 2017, « le point » est le dénominateur commun de la rémunération des 5,7 millions d'agents publics.   

Pour calculer leur traitement brut, fonctionnaires et contractuels doivent en effet multiplier cette somme par un « indice majoré » qui, cette fois, leur est propre.   

« Le système du point d’indice assure une rationalisation et une comparabilité des rémunérations des agents publics », défend Prune Helfter-Noah, porte-parole du collectif d'agents publics Nos services publics.  

Augmentations ciblées   

En d'autres termes, augmenter (« dégeler ») la valeur du point revient à accorder « des augmentations générales » aux agents publics, souligne l'intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-FA-FP.  

Et « quand on gèle le point d’indice et que l’inflation repart à la hausse » comme ces derniers mois, « ça se traduit par une perte de pouvoir d’achat », explique Prune Helfter-Noah.  

Fréquentes sous la présidence Chirac (1995-2007) et au début du mandat de Nicolas Sarkozy, les revalorisations se sont raréfiées depuis 2010.   

Aucun dégel du point n'est intervenu depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a écarté en décembre tout dégel d'ici la fin du quinquennat.  

Amélie de Montchalin privilégie plutôt les augmentations ciblées, à destination notamment des professionnels de la santé ou des agents publics de catégorie C, les moins bien rétribués.  

« Avec le point d'indice, on augmente tout le monde ou personne. On a fait le choix de concentrer nos moyens vers les moins bien rémunérés », a assumé la ministre mardi lors d'un déplacement en Haute-Vienne.  

Si elle considère « légitimes » les attentes salariales des agents publics, Amélie de Montchalin décrie souvent un système de rémunération « à bout de souffle » et a ouvert en 2021 une conférence sur les perspectives salariales pour élargir le débat, au-delà du seul point d'indice.  

« Le système est à bout de souffle? Je ne comprends pas ce que ça veut dire », rétorque Prune Helfter-Noah, dont le collectif alerte sur la « perte de sens » ressentie par les agents publics dans leurs missions. « Quand on veut tuer son chien, on l'accuse de tous les maux », ironise-t-elle.  

« Urgence »   

La rémunération n'est d'ailleurs qu'un « élément » de la perte de sens ressentie par certains agents, rappelle-t-elle.  

« Il faut pouvoir parler de la rémunération, mais derrière le point d’indice il y a peut-être d’autres choses à aller regarder », confirme Mathilde Bras.   

Co-auteure d'une récente note du centre de réflexion Terra Nova sur les suppressions de postes de fonctionnaires promises par la candidate à la présidentielle Valérie Pécresse, elle cite parmi ces sujets de réflexion « les inégalités de salaire dans la fonction publique, la progression de salaire ou la gestion des parcours ».   

Des thématiques trop abstraites dans l'immédiat pour la CGT, FO, la FSU ou Solidaires, qui ont claqué la porte de la conférence sur les perspectives salariales le mois dernier.  

« On parle dans le vent alors qu'il y a urgence », déplorait la déléguée générale de Solidaires Gaëlle Martinez, en pointant la perte de pouvoir d'achat des agents.  

De quoi anticiper une large mobilisation des agents publics jeudi ?  

« Le gel du point d’indice est bien établi maintenant » et les syndicats ont « beaucoup perdu de terrain auprès des fonctionnaires », tempère Luc Rouban, chercheur au Cevipof.  

« S'il y avait un élément de mobilisation, ce serait le risque de passer à un système néolibéral, l'avenir du service public, les perspectives politiques très négatives pour des syndicats majoritairement de gauche », dit-il.  


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.