Ukraine: le Brésil va exporter plus de maïs, mais craint de manquer d'engrais russes

Aubaine pour ses exportations de maïs ou inquiétude pour ses importations massives d'engrais, le Brésil, producteur agricole de premier plan, attend avec préoccupation que se précise l'impact de la guerre de la Russie contre l'Ukraine, pour l'instant très imprévisible. (AFP)
Aubaine pour ses exportations de maïs ou inquiétude pour ses importations massives d'engrais, le Brésil, producteur agricole de premier plan, attend avec préoccupation que se précise l'impact de la guerre de la Russie contre l'Ukraine, pour l'instant très imprévisible. (AFP)
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Publié le Lundi 14 mars 2022

Ukraine: le Brésil va exporter plus de maïs, mais craint de manquer d'engrais russes

  • Après avoir connu une forte baisse l'an dernier en raison des conditions climatiques, la récolte brésilienne 2021/2022 de maïs pourrait augmenter de 29% par rapport à la précédente
  • La première économie d'Amérique latine pourrait grimper à la deuxième place des exportateurs en 2021-2022 si sa bonne récolte se confirme, selon les estimations de l'USDA

RIO DE JANEIRO: Aubaine pour ses exportations de maïs ou inquiétude pour ses importations massives d'engrais, le Brésil, producteur agricole de premier plan, attend avec préoccupation que se précise l'impact de la guerre de la Russie contre l'Ukraine, pour l'instant très imprévisible.

Depuis le début des attaques sur l'Ukraine par la Russie fin février, le doute plane sur la capacité des deux pays, respectivement quatrième et cinquième exportateurs mondiaux de maïs lors de la saison 2019-2020, d’après les chiffres du département américain de l'agriculture (USDA), à assurer les livraisons de la céréale, dont les cours ont fortement grimpé. 

Cela pourrait représenter à court terme une aubaine pour les producteurs du Brésil, troisième exportateur mondial de maïs. 

Après avoir connu une forte baisse l'an dernier en raison des conditions climatiques, la récolte brésilienne 2021/2022 de maïs pourrait augmenter de 29% par rapport à la précédente, a annoncé jeudi dernier la Compagnie nationale d'approvisionnement (Conab) dans son rapport mensuel.

"Le prix du maïs a atteint un des niveaux les plus élevés jamais observés et il est attractif pour le producteur brésilien, un facteur qui contribue à la progression de la surface de plantation" pour le maïs de seconde récolte, la plus importante de la saison, explique à l’AFP João Pedro Lopes, de la firme d’analyse des marchés des matières premières StoneX.

Concernant les ventes à l'étranger, "l'augmentation de la production brésilienne, alignée à une demande mondiale en hausse et un taux de change favorable, devrait permettre une augmentation de 67% des exportations" de maïs brésilien en 2022, souligne l'organisme gouvernemental.

La première économie d'Amérique latine pourrait grimper à la deuxième place des exportateurs en 2021-2022 si sa bonne récolte se confirme, selon les estimations de l'USDA.

L'approvisionnement en engrais 
Les effets du conflit se font d'ailleurs déjà sentir sur les exportations brésiliennes: "La demande étrangère pour un envoi immédiat de maïs brésilien s'est manifestée soudainement, ce qui n'est pas normal pour le premier semestre (lors duquel le Brésil n'exporte pas, ndlr) et la demande s'est aussi accélérée pour le second semestre", relève Paulo Roberto Molinari, analyste chez Safras e Mercado.

Cesario Ramalho, président institutionnel de l’Association brésilienne des producteurs de maïs (Abramilho), appelle à la prudence pour la suite: "Nous n’avons pas de garantie sur la question du transport maritime des marchandises", gravement perturbé par la guerre, "ni sur celle de l'approvisionnement en engrais", explique-t-il à l’AFP.

Le Brésil importe environ 80% des engrais qu’il utilise et 20% d’entre eux proviennent de la Russie, son premier fournisseur, dont les capacités à exporter sont affectées par les sanctions économique occidentales, tout comme son voisin le Bélarus, autre grand fournisseur d’engrais, lui aussi durement sanctionné.

La semaine dernière, la ministre brésilienne de l’Agriculture Tereza Cristina a affirmé que le Brésil disposait de stocks suffisants jusqu'au mois d'octobre - tout en indiquant que le pays négociait déjà avec d'autres importants exportateurs d'engrais.

Activités minières en terres indigènes 
Dans son Plan national sur les engrais pour 2050, qui vient d'être lancé et auquel l'AFP a eu accès, le gouvernement brésilien entend aussi stimuler la production domestique de ces produits et investir dans la "découverte de nouveaux gisements" de minéraux dans le pays, et dans leur exploitation.

Le sujet a également été évoqué lundi dernier par le président brésilien Jair Bolsonaro, pour qui le conflit entre la Russie et l'Ukraine représente "une opportunité" pour faire approuver un projet de loi polémique autorisant l'activité minière sur les terres indigènes en Amazonie notamment, actuellement en discussion au Congrès.

En forte hausse, le coût des engrais préoccupe le secteur agricole: en février, le prix de la tonne d'engrais importée par le Brésil avait déjà bondi de 129% par rapport à février 2021.

Gros demandeurs de rations animales à base de maïs ainsi que de soja, dont les prix ont aussi augmenté, les élevages de poulets et de porcs, viandes pour lesquelles le Brésil était respectivement premier et quatrième fournisseur mondial en 2020, voient également leurs coûts de production s'accroître.

"Ceci peut avoir un impact sur la quantité produite, en raison de marges plus faibles", souligne Fernando Ferreira, du cabinet d'investissements XP Investimentos.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.