Liban: les partis politiques s'arrachent les votes, la Ligue arabe aux aguets

Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit (à gauche) en réunion avec le Premier ministre libanais, Najib Mikati, le 14 mars à Beyrouth (Photo, AP).
Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit (à gauche) en réunion avec le Premier ministre libanais, Najib Mikati, le 14 mars à Beyrouth (Photo, AP).
Short Url
Publié le Mardi 15 mars 2022

Liban: les partis politiques s'arrachent les votes, la Ligue arabe aux aguets

  • M. Aboul Gheit a visité le Liban lundi dans le cadre des préparatifs du sommet arabe en Algérie qui aura lieu les 1er et 2 novembre
  • La Ligue arabe surveillera le déroulement des élections au Liban comme elle l’a fait en Irak, en Algérie et en Palestine, a-t-il annoncé

BEYROUTH: Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a annoncé que son organisation était prête à envoyer une équipe au Liban pour surveiller le déroulement des élections législatives prévues le 15 mai.
«C’est ce que la Ligue arabe a fait en Algérie, en Irak, en Palestine et dans plusieurs régions, et je pense que nous le ferons au Liban aussi», indique-t-il.
M. Aboul Gheit a visité le Liban lundi dans le cadre des préparatifs du sommet arabe en Algérie qui aura lieu les 1er et 2 novembre.
Le président libanais Michel Aoun s’est entretenu avec M. Aboul Gheit et lui a assuré que les élections se dérouleront à la date prévue. D’après le bureau de presse de M. Aoun, il a favorablement accueilli l’idée qu’une équipe de la Ligue arabe surveille le déroulement des élections.
Le délai de dépôt des candidatures prenant fin mardi à minuit, la compétition électorale s’est intensifiée entre les grands blocs qui ont commencé à annoncer leurs candidats. Lundi à midi, ils étaient 600 à être enregistrés.
Spécifité du pays, la polarisation confessionnelle a commencé à s’immiscer dans la campagne. Certains partis, le Hezbollah et ses alliés notamment, s'en sont ainsi pris aux formations politiques étrangères et à leur rôle dans ces élections, dans lesquelles le Liban joue son avenir.
Le nombre de voix qu'obtiendront les partis dictera l'influence qu'ils exerceront sur l'élection présidentielle en octobre, puisque ce sera au futur Parlement de choisir le prochain chef de l'Etat libanais.

 

En Bref

Le président libanais Michel Aoun s’est entretenu avec M. Aboul Gheit et lui a assuré que les élections se dérouleront à la date prévue. D’après le bureau de presse de M. Aoun, il a favorablement accueilli l’idée qu’une équipe de la Ligue arabe surveille le déroulement des élections.

 

Alors que la lutte politique s’intensifie, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a fait part de son inquiétude quant à l’avenir du pays.
«Je crains pour le Liban qui vit certains de ses jours les plus difficiles et les plus amers. L’État libanais est devenu dépendant, ses institutions se sont effondrées, son économie s’est détériorée et les Libanais attendent des miettes d’aide dans l’obscurité et le froid» s'est-il exprimé à l’occasion du 17e anniversaire de la révolution du Cèdre, le 14 mars.
«De plus, la tutelle politique de l’Iran et de son parti armé s’est intensifiée au Liban, compte tenu de l’opposition constante aux réformes politiques, administratives et financières.»
M. Siniora a insisté sur la nécessité de reconfigurer et de renforcer l’unité interne afin de sauver le Liban de ceux qui entravent son développement.
Par ailleurs, le président du Parlement Nabih Berri, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé les noms des candidats du mouvement Amal et du bloc parlementaire du Développement et de la Libération, quelques jours après une déclaration semblable de son allié le Hezbollah.
«Les élections font l’objet d’une attention internationale et régionale sans précédent», constate M. Berri.
«Cette attention, ou plutôt cette ingérence, n’a pas diminué. Certains manifestent leur intérêt de bonne foi, mais d’autres, et ils sont nombreux, veulent investir dans les résultats des élections pour créer des conflits sectaires. Ces partis étrangers financent certains partis libanais pour atteindre des objectifs politiques stratégiques visant à changer l’identité du Liban», explique M. Berri.
Samir Geagea, le chef du parti des Forces libanaises, a lancé sa campagne électorale en qualifiant le vote à venir de «bataille existentielle et pas seulement politique».
«Les Libanais ont trois options lors des prochaines élections: ceux qui veulent un État mais ne peuvent pas le construire, ceux qui ne veulent pas d’État et sont capables de continuer à entraver sa construction, et ceux qui veulent un État et peuvent effectivement le construire», a ajouté M. Geagea.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Short Url
  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Short Url
  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Short Url
  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.