Le quinquennat Macron, une politique économique heurtée par des crises inédites

Le 10 février 2022, le président français Emmanuel Macron prononce un discours sur le site de production principal de GE Steam Power System. (AFP)
Le 10 février 2022, le président français Emmanuel Macron prononce un discours sur le site de production principal de GE Steam Power System. (AFP)
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Publié le Mercredi 16 mars 2022

Le quinquennat Macron, une politique économique heurtée par des crises inédites

  • «Les gilets jaunes ont percuté les ambitions initiales en termes de finances publiques et d'équilibre budgétaire», pointe Emmanuel Jessua
  • La crise a révélé les faiblesses de l'économie française, notamment sa dépendance industrielle, incitant l'Etat a réinvestir dans des secteurs stratégiques

PARIS: Elu en 2017 sur un programme économique vantant "l'émancipation" par le travail et promettant de réconcilier "liberté et protection", Emmanuel Macron aura surtout dû gérer pendant son mandat une crise sociale majeure et une pandémie inédite.


Lorsqu'il arrive à l'Elysée, l'ex-ministre de l'Economie de François Hollande, est principalement attendu sur son programme économique.


"C'est une bonne nouvelle pour le pays, on a quelqu'un qui comprend les mutations du monde, un programme pro-européen, pro-économique, pro-entreprises", se félicitait à l'époque Pierre Gattaz, alors président du Medef.

Les premières mesures du gouvernement d'Edouard Philippe, transfuge de la droite, vont dans le sens d'un choc d'offre en faveur des entreprises: baisse de la fiscalité du capital avec la transformation de l'ISF en Impôt sur la fortune immobilière (IFI), mise en place d'un taux de prélèvement unique sur les revenus du capital ("flat tax"), réforme du marché du travail, CICE changé en baisse de cotisations.

La stratégie repose sur trois axes visant à "donner des signes d'attractivité, davantage rémunérer le travail et des mesures de long terme comme le grand plan d'investissement ou la formation professionnelle", résume Emmanuel Jessua, économiste à l'institut Rexecode.


Très vite, cet élan se fissure, avec des mesures qui braquent une partie de la population, comme la baisse de 5 euros des APL, que le président de la République trainera comme un boulet pendant tout son mandat.


Trois économistes ayant inspiré le programme d'Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin et Philippe Aghion, envoient dès la mi-2018 une note à l'Elysée pour alerter sur l'oubli du volet social de la promesse initiale.


"La dimension émancipatrice et sociale qui était présente dans le programme de 2017 a été à la fois écornée dans les décisions prises et aussi (...) dans le discours qui était tenu", se remémore Philippe Martin, qui souligne toutefois qu'en cinq ans "sur l'image de l'économie, il y a une véritable rupture", illustrée par exemple dans l'amélioration de son attractivité.

«Tournant» plus social

Le malaise gagne même la majorité où certains s'irritent de l'importance prise par des ministres issus de la droite: outre Edouard Philippe, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire ou celui du budget Gérald Darmanin.


Une des boussoles est alors de ramener le déficit public à 3% du PIB pour sortir la France de la procédure européenne de déficit excessif. Ce sera fait en 2017.


Mais le mouvement social des "gilets jaunes", déclenché par la hausse annoncée de la taxe carbone sur les carburants, fait dévier la trajectoire prévue.


Pour calmer la fronde, l'exécutif prend des mesures d'ampleur en faveur du pouvoir d'achat, en particulier des classes moyennes, comme la baisse de 5 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu, la hausse de la prime d'activité ou la revalorisation du minimum vieillesse.

Cela marque un "tournant social", pour Philippe Martin, même s'il "n'a pas été vraiment assumé" par un exécutif soucieux de se montrer bon élève budgétaire auprès de Bruxelles.

C'est un tournant qui ne parvient pas à effacer l'idée d'une "augmentation des inégalités", malgré la baisse du chômage, tombé à 7,4% fin 2021, estime Valérie Rabault, députée et présidente du groupe socialiste à l'Assemblée.


"Les gilets jaunes ont percuté les ambitions initiales en termes de finances publiques et d'équilibre budgétaire", pointe aussi Emmanuel Jessua.


«Quoi qu'il en coûte»

Pendant cette période mouvementée, l'exécutif tente toutefois de faire aboutir les négociations sur la réforme des retraites et de l'assurance chômage, promises par le candidat Macron mais qui braquent encore davantage les syndicats.


La pandémie de Covid-19 qui touche la France au printemps 2020 aura raison de la réforme des retraites. La crise sanitaire et économique qu'elle provoque bouleverse les plans pour la fin du quinquennat. Les privatisations (ADP, etc.) sont mises sur pause. Désormais, l'Etat dépense "quoi qu'il en coûte" pour sauver les entreprises, les emplois et relancer l'activité économique, qui subit une récession de 8%, inédite depuis la deuxième guerre mondiale.


Conséquence: un déficit qui se creuse à 9,2% du PIB et une dette publique qui explose à plus de 115% en 2020.


Cette politique fait consensus en France et en Europe, mais la crise a révélé les faiblesses de l'économie française, notamment sa dépendance industrielle, incitant l'Etat a réinvestir dans des secteurs stratégiques via le plan de relance et le plan d'investissement France 2030.


Le déficit du commerce extérieur atteint ainsi en 2020 un niveau record, et malgré l'arrêt des destructions d'emplois industriels, "ce quinquennat n'a pas corrigé le tir sur la perte de souveraineté économique", juge Valérie Rabault.


Alors que la reprise se consolidait, le conflit en Ukraine jette une ombre inquiétante sur la fin du quinquennat, menaçant d'aggraver l'inflation et d'attaquer le pouvoir d'achat, que l'exécutif voulait à tout prix préserver.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.