«Le juste retour des choses»: ces Français qui hébergent leurs parents vieillissants

Des résidents âgés sont assis autour d'une table pour jouer à des jeux à l'EHPAD La Roselière (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) à Kunheim, dans l'est de la France, le 2 août 2021. (AFP)
Des résidents âgés sont assis autour d'une table pour jouer à des jeux à l'EHPAD La Roselière (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) à Kunheim, dans l'est de la France, le 2 août 2021. (AFP)
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Publié le Mercredi 16 mars 2022

«Le juste retour des choses»: ces Français qui hébergent leurs parents vieillissants

  • Courante jusqu’aux années 60, la cohabitation avec des parents vieillissants est devenue presque exceptionnelle en France, remplacée par le maintien à domicile ou par les Ehpad
  • La cohabitation multigénérationnelle est plus courante en Corse (28%) et dans le Sud-Ouest (15%) qu'au Nord, selon l'Ined

PARIS: Alix a aménagé une dépendance de sa maison à Bourg-en-Bresse pour sa belle-mère, âgée de 75 ans, et la tante de celle-ci, 95 ans. Elle espère y accueillir, cette fois-ci dans sa propre maison, sa grand-mère, 96 ans, qui depuis un AVC en janvier vit en Ehpad.


"C'est dans cet esprit que nous avons acheté cette maison et que nous réalisons des travaux pour les accueillir", explique cette responsable comptable de 47 ans, mariée à un dentiste.


Courante jusqu’aux années 60, la cohabitation avec des parents vieillissants est devenue presque exceptionnelle en France, remplacée par le maintien à domicile ou par les Ehpad, maisons de retraite médicalisées, comme celles du groupe Orpea accusé de maltraitance dans le livre-enquête "Les Fossoyeurs".


"250 000 enfants aidants vivent avec un parent dépendant: 50 000 qui +re-cohabitent+ avec lui pour l’aider. Et 200 000 qui se sont réinstallés chez leur parent, souvent après une séparation ou une perte d'emploi, et s'occupent de lui lorsqu'il devient dépendant", explique Maks Banens, sociodémographe au Centre Max Weber, un laboratoire de recherche du CNRS affilé à l’Université Lyon 2.  


"Chacun fait comme il peut, mais cela nous paraît naturel: nous avons eu l'exemple de ma belle-mère, infirmière, qui s'est occupée chez elle de son mari atteint d'un cancer, puis de son beau-père jusqu'à sa fin de vie. Elle héberge maintenant la tante de son mari", explique Alix. 


Se préparant pour accueillir bientôt les deux nonagénaires chez elle, elle a organisé un dispositif pour l'aider: "Une jeune fille qui peut venir de 9h à 16H, des religieuses d'un couvent proche qui peuvent donner les soins infirmiers et passer du temps avec elles. Une amie médecin m'a dit de l'appeler à n'importe quel moment du jour ou de la nuit".


Ma grand-mère m'a dit: +Ici il y a de la vie!+. "Dans ma famille, certains m'ont confié: s'il y a un autre confinement, on préfère qu'elle soit chez toi plutôt que personne ne puisse la voir en Ehpad".

«Une porte à ouvrir»
Denis Roume, cadre retraité agricole, vit à Lagorce en Ardèche dans une ferme où cohabitent quatre générations d'une même famille, dont ses parents de 94 et 97 ans.


"Dans les fermes, il n’est pas rare que vivent deux ou trois générations. C’est notre cas, chacun dans son appartement. Il n’y a qu’une cour à traverser ou qu’une porte à ouvrir pour savoir comment vont les parents ou les grands-parents", explique cet homme de 69 ans.


"Il faut d’abord avoir une grande maison et il faut l'adapter. Quand on est propriétaire des murs, ce n’est pas si cher que ça", assure-t-il. Il a prévu aides à domicile et livraisons de repas. 


La proportion de personnes âgées de 85 ans et plus cohabitant avec des proches (hors conjoint) est passée de 31% en 1982 à 11% en 2011. La proportion d'entre elles vivant seules a augmenté dans le même temps, de 34% à 46%, selon une étude de l’Institut national d'études démographiques (Ined) de 2016. 


Un plus fort désir d’indépendance des différentes générations, l’amélioration de la situation économique des personnes âgées et le développement des politiques de prise en charge de la perte d’autonomie ont réduit la cohabitation.


La cohabitation multigénérationnelle est plus courante en Corse (28%) et dans le Sud-Ouest (15%) qu'au Nord, selon l'Ined.


"S’occuper d’un parent âgé dépendant implique des tâches extrêmement difficiles à réaliser, qui peuvent être épuisantes pour l’aidant. Mais les relations d’aide sont aussi valorisantes pour lui", explique Valentine Trépied, sociologue spécialiste du vieillissement.


“Une expression revient souvent: c’est +le juste retour des choses+, +on s’est occupé de moi quand j’étais petit, c'est à moi de le faire, je suis content de le faire, elle m’a tellement donné, c’est à mon tour de donner+", selon le chercheur Maks Banens.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.