Le climat des affaires se porte bien aux Émirats, affirme la directrice de la CCI France UAE

Agnès Lopez Cruz, directrice de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) française aux EAU- (Photo, CCI FRANCE UAE))
Agnès Lopez Cruz, directrice de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) française aux EAU- (Photo, CCI FRANCE UAE))
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

Le climat des affaires se porte bien aux Émirats, affirme la directrice de la CCI France UAE

  • «De nombreuses entreprises françaises choisissent les Émirats, non seulement pour leur marché intérieur, mais aussi parce qu’ils ouvrent des portes bien au-delà»
  • «Le marché des Émirats est très compétitif, on ne fait pas nécessairement des affaires tout de suite et il faut être prêt à revenir sur place plusieurs fois»

PARIS: Ces dernières années, le nombre de Français ayant fait le choix de s’installer aux Émirats arabes unis (EAU) a considérablement augmenté. Fin janvier 2022, 26 700 Français étaient inscrits au consulat de France des Émirats contre environ 8000 en 2008.

Le nombre d’entreprises françaises a plus que doublé en dix ans, passant de 250 en 2009 à près de 600 aujourd’hui. Les relations économiques bilatérales entre la France et les EAU sont au beau fixe. La CCI France UAE est une entité de droit locale résultant de l’union récente entre la Chambre de commerce française de Dubaï et des Émirats du Nord avec la Chambre de commerce française d’Abu Dhabi. L’organisation a pour mission principale d’aider au développement de ces relations en nouant notamment des partenariats stratégiques pour soutenir les entreprises françaises sur place et au-delà.

Agnès Lopez Cruz, directrice de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) française aux EAU vit à Dubaï depuis près de quatorze ans, et au fil des années a tissé des liens forts avec la communauté des entrepreneurs français et francophones aux Émirats. Avec son équipe, elle a à cœur de les aider à développer leurs projets et de contribuer à leur rayonnement. Elle a répondu aux questions d’Arab News en français.

 Pouvez-vous nous présenter le rôle de la CCI France UAE?

La CCI France UAE est l’union récente entre le French Business Council de Dubaï et des Émirats du Nord (CCI pour Dubaï et les Émirats du Nord), créé en 1987, et le French Business Group Abu Dhabi (CCI pour Abu Dhabi), qui, lui, a été lancé en 1974. Je représente donc cette chambre unifiée avec une compétence fédérale qui couvre l’ensemble des sept émirats. La CCI est juridiquement une association privée de droit local et nous sommes sous la tutelle de plusieurs entités émiriennes. Notre but est de développer les relations bilatérales économiques entre la France et les Émirats, et évidemment, d’aider les entreprises françaises, francophones et francophiles, à prospérer dans le pays et même au-delà. De nombreuses entreprises françaises choisissent les Émirats et notamment Dubaï, non seulement pour le marché intérieur qu’ils représentent, mais aussi parce qu’ils ouvrent des portes bien plus larges, Dubaï étant une plate-forme qui permet de rayonner beaucoup plus loin.

"Nous tentons vraiment d’ouvrir les portes le plus possible et d’étendre notre réseau pour multiplier les opportunités pour notre communauté d’affaires tout en gardant un ADN français"

Agnès Lopez Cruz

 Comment aidez-vous concrètement les entrepreneurs français à s'installer aux Émirats?

Il est important de préciser que nous aidons les sociétés françaises, francophones et francophiles, ainsi que les acteurs locaux qui veulent travailler avec notre communauté d’affaires. Nous tentons vraiment d’ouvrir les portes le plus possible et d’étendre notre réseau pour multiplier les opportunités pour notre communauté d’affaires tout en gardant un ADN français.

Nous travaillons par secteurs et avons 8 filières de prédilection dans lesquelles les sociétés françaises sont les plus représentées et ont particulièrement du potentiel dans le pays et la région. Nous avons également mis en place des clubs pour les fonctions support comme les PDG, les DRH, les responsables marketing et communication, les responsables financiers… Nous organisons également des rendez-vous conseil: par exemple lorsqu’une société souhaite mieux comprendre le marché, nous pouvons aussi l’aider à trouver des partenaires, des distributeurs, via des missions de prospection en format individuel ou en collectif dans le cadre de délégation.…

Nous disposons aussi de plusieurs centres d’affaires pour héberger et encadrer des VIE (Volontaires internationaux en entreprises) ou des entreprises en propre. Nous offrons aussi toute une gamme de services, de l’outsourcing d’événement au soutien aux entrepreneurs via notre club « Synergy» et son programme de mentorat, en passant par l’aide au recrutement pour les entreprises qui cherchent spécifiquement des talents français et francophones.

Nous essayons d’aider au maximum nos entreprises à se créer des opportunités, en leur permettant de se rencontrer via nos évènements mensuels de networking, ou bien en mettant en place des événements bilatéraux de grande ampleur. Nous organisons par exemple tous les ans des forums avec les autorités locales, comme récemment un forum d’affaires dans le domaine de la mobilité urbaine avec le ministère local des Transports. Nous mettons en place de grands événements de lobbying à très forte visibilité comme notre gala annuel, qui, avant l’émergence de la pandémie de Covid-19, regroupait plus d’un millier de participants pour faire connaître le savoir-faire français. Il a d’ailleurs eu lieu le 10 mars dernier à l’Opéra de Dubaï, l’un des lieux les plus iconiques aux Émirats et a rassemblé près de 800 invités!

 Quels sont les secteurs dans lesquels les Français investissent le plus aux Émirats?

Il y a des secteurs où l’on attend les Français et où ils sont très présents comme le luxe ou l’agroalimentaire, leur rôle est reconnu à l’échelle nationale et internationale. Il y a aussi d’autres secteurs dans lesquels la France possède un grand savoir-faire, comme celui de l’énergie, et notamment des énergies renouvelables… C’est un domaine où il existe un vrai besoin local et une vision stratégique du pays, qui organisera d’ailleurs la COP 28. La France apporte également une grande valeur ajoutée dans le secteur de la santé, où il existe un fort potentiel de croissance, ce qui a été amplifié par la pandémie. Il ne faut pas non plus oublier les nouvelles technologies, l’e-commerce, le digital, l’intelligence artificielle. En bref, les Français occupent le terrain!

"Pour s’installer sur ce marché, il faut être bien armé à l’international et avec un produit ou un service qui possède un réel avantage concurrentiel. "

Agnès Lopez Cruz

Comment se porte le climat des affaires aux Émirats?

Pour s’installer sur ce marché, il faut être bien armé à l’international et avec un produit ou un service qui possède un réel avantage concurrentiel. Ceci étant dit, l’environnement des affaires est actuellement particulièrement bon aux Émirats. Nous sommes dans un pays qui a extrêmement bien géré la pandémie et qui fonctionne un peu comme une entreprise: le top management prend une décision, elle est appliquée de suite, ce qui permet de réagir très rapidement aux évolutions du contexte local et mondial.

C’est un pays qui se remet aussi en cause continuellement pour adapter le cadre des affaires. Ce dernier a d’ailleurs incroyablement évolué ces derniers mois, probablement grâce à une accélération liée à la crise de la Covid-19. Afin de renforcer de plus en plus le climat des affaires et d’attirer des investisseurs, les Émirats ont notamment lancé des visas pour les personnes en télétravail, pour les retraités, pour les investisseurs. Tout récemment, le changement des jours de week-end – une révolution pour un pays de la région – est aussi un point très positif, permettant au pays d’être plus aligné du point de vue de la compétitivité internationale et de la connexion avec le reste du monde. Le droit du travail est aussi en train d’énormément évoluer pour permettre plus de flexibilité.

 Comment travaillez-vous avec les autorités locales?

Une de nos entités de tutelle est la Chambre de commerce et d’industrie de Dubaï, une institution extrêmement puissante et bien structurée. Nous avons coutume de travailler avec eux pour leur faire remonter les problématiques rencontrées par nos membres, afin qu’ils en informent les différentes autorités compétentes. Nous travaillons aussi beaucoup en one to one avec certaines autorités, qui sont des donneurs d’ordre importants, avec des projets sur lesquels nos entreprises souhaitent se positionner, comme Adnoc à Abu Dhabi ou la Roads & Transport Authority à Dubaï.

"Nous avons dans notre communauté d'affaires de nombreux entrepreneurs français de l’étranger qui sont des relais très importants pour notre économie."

Agnès Lopez Cruz

 Ces Français qui s’expatrient à Dubaï sont parfois vus comme un manque à gagner pour l’économie française…

C’est une très bonne question… Je pense sincèrement qu’il ne faut pas faire de généralité. Nous avons dans notre communauté d’affaire de nombreux entrepreneurs français de l’étranger qui sont des relais très importants pour notre économie. Nous avons par exemple des entreprises qui vont être des clients de matières premières ou de produits finis français, qu’elles vont ensuite utiliser ou distribuer sur le marché local. Ces entreprises, c'est le dernier maillon de la chaîne. Elles permettent à d’autres entreprises françaises de vendre leurs produits et services et de se développer par le biais de ces précieux intermédiaires qui sont implantés sur place et connaissent leur écosystème. Nous avons aussi de beaux exemples d’entreprises qui ont été créées initialement par des Français aux Émirats et qui aujourd'hui ont ouvert des antennes en France et créent ainsi de l’emploi dans l’hexagone.

 Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui veulent s’installer aux Émirats?

Je leur dirais qu’il s’agit d’un marché très compétitif et qui prend du temps, demande de la patience. On ne fait pas nécessairement des affaires tout de suite, il faut avoir les reins assez solides financièrement et être prêt à revenir plusieurs fois. Nous sommes dans une culture où l’intuitu personæ est extrêmement important, c’est pourquoi il est difficile de faire des affaires à distance avec cette région du monde. Si l’on veut vraiment mettre se concentrer sur les Émirats et le Moyen-Orient, je conseille vivement de venir visiter les salons et/ou de faire une mission de prospection, c’est une première façon de prendre la température, de vérifier l’adéquation de son produit ou de son service avec le marché. Et ensuite, très vite derrière, il faudra prendre une décision d’implantation, comme par exemple la mise en place d’un VIE, un dispositif qui a fait ses preuves aux Émirats.

Pour en savoir plus sur la CCI France UAE : www.ccifranceuae.com


Pétrole en repli, Bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
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  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

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Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

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Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.


Hermès pénalisé au premier trimestre par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient". (AFP)
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  • L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët
  • "On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis"

PARIS: Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi des ventes en baisse de 1,4% sur un an à 4,1 milliards d'euros au premier trimestre, pénalisées par les taux de change et la guerre au Moyen-Orient.

A taux de change constant, le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier progresse de 6%, l’effet défavorable des changes représentant 290 millions d'euros. "Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.

L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", a précisé à des journalistes le directeur général finances, Éric du Halgouët.

"On avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que le groupe opère dans six magasins dans cette zone qui représentent "4% des ventes du groupe".

Les ventes aux Royaume-Uni, en Italie et en Suisse ont également souffert de cette guerre car Hermès y a un "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances.

Les ventes en France, en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros sont pénalisées par "le ralentissement des flux touristiques, notamment en mars", selon le communiqué.

Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen- Orient".

La zone Amérique "réalise un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.

Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.

En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.

Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".