En Ukraine, la destruction du système de santé plonge le pays dans une catastrophe humanitaire

Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, à cent kilomètres d’Odessa, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, à cent kilomètres d’Odessa, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cibles et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
On voit sur cette photo un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
On voit sur cette photo un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
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Publié le Jeudi 17 mars 2022

En Ukraine, la destruction du système de santé plonge le pays dans une catastrophe humanitaire

  • Vingt-quatre des attaques signalées ont conduit à l’endommagement ou la destruction totale des établissements de santé
  • Médecins et personnel de santé se voient dans l’obligation de soigner les malades, les personnes âgées et les blessés, alors que les établissements de santé sont bombardés

DJEDDAH: La guerre en Ukraine a contraint les médecins et les infirmiers à devenir presque surhumains du jour au lendemain. Ils se voient dans l’obligation de soigner les malades, les personnes âgées et les blessés qui ne sont pas en mesure de fuir ce pays ravagé par la guerre, alors que les établissements de santé sont bombardés.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, quelque quarante-trois attaques contre des établissements de santé ont été recensées par le système de surveillance de l’Organisation mondiale de la santé.

Vingt-quatre des attaques signalées ont conduit à l’endommagement ou la destruction totale des établissements de santé, tandis que, dans cinq cas, des ambulances ont été touchées. Ces attaques ont fait douze morts et trente-quatre blessés, mais les organismes d’aide redoutent que le bilan national ne soit bien plus élevé.

Crédit: Arab News
Crédit: Arab News

«L’OMS condamne fermement les actes de violence contre le système de santé. Chaque attaque prive des personnes de services vitaux. Prendre les établissements de soins de santé pour cible est une violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme», déclare l’agence des Nations unies dans un communiqué publié le 14 mars.

En raison de la perturbation du commerce et de la distribution, l’oxygène, l’insuline, les fournitures chirurgicales, l’anesthésie, les kits de transfusion et d’autres fournitures médicales, y compris celles qui sont destinées à la gestion des complications de la grossesse, se font dangereusement rares en Ukraine.

«Les chaînes d’approvisionnement ont été gravement perturbées. De nombreux distributeurs ne sont pas opérationnels, certains stocks sont inaccessibles en raison d’opérations militaires, les fournitures médicales s’épuisent et les hôpitaux ont du mal à fournir des soins aux malades et aux blessés», dit l’OMS.

Les forces russes ont pris les maternités pour cible et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)
Les forces russes ont pris les maternités pour cible et ces dernières se sont transformées en centres de traitement des blessés. En Ukraine, les femmes enceintes, ainsi que les nouvelles mères et leurs bébés, sont particulièrement vulnérables. (AFP)

La détérioration des infrastructures de santé a également suscité des inquiétudes croissantes au sujet de l’hypothermie, des engelures et des maladies respiratoires qui se déclarent dans des conditions de froid extrême. Les sonnettes d’alarme ont également été tirées pour les problèmes de santé mentale et la pénurie de traitements de maladies chroniques comme les troubles cardiovasculaires, le diabète et les cancers.

«Face à cette crise sinistre qui s’aggrave, nous mobilisons des efforts de secours considérables», affirme le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, alors qu’un fonds de 40 millions de dollars (1 dollar = 0,91 euro) alloué par le Fonds central d’intervention d’urgence a été annoncé le 14 mars dernier pour venir en aide aux organismes humanitaires.

En raison des combats actifs dans le nord, l’est et le sud du pays, de nombreux agents de santé communautaires ont été contraints de fuir ou de se cacher, laissant les personnes âgées et les individus à mobilité réduite se débrouiller tout seuls.

Des enfants déplacés par la guerre en Ukraine jouent au centre caritatif de Siret, en Roumanie, le 16 mars 2022. (Clodagh Kilcoyne/Reuters)
Des enfants déplacés par la guerre en Ukraine jouent au centre caritatif de Siret, en Roumanie, le 16 mars 2022. (Clodagh Kilcoyne/Reuters)

La scène n’est malheureusement que trop commune. Des bâtiments en flammes, des personnes entassées qui ont trouvé refuge dans des abris antibombes, des blessés transportés par des ambulanciers et des morts recouverts de morceaux de carton attendant d’être transférés dans une morgue pour être identifiés par leurs proches.

Dans un communiqué conjoint publié le 13 mars, l’OMS, le Fonds des nations unies pour l’enfance et le Fonds des nations unies pour la population ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la fin des attaques contre les établissements et les professionnels de santé en Ukraine.

«Attaquer les plus vulnérables – les bébés, les enfants, les femmes enceintes, ceux qui souffrent déjà de maladies, ainsi que les agents de santé qui mettent leur propre vie en péril pour sauver les autres – est un acte de cruauté inadmissible», affirment-ils.

Les images les plus choquantes prises en Ukraine ces derniers jours sont sans doute celles qui montrent les conséquences épouvantables d’un bombardement contre une maternité de Marioupol, une ville portuaire assiégée, le 9 mars.

Au moins trois personnes auraient été tuées dans l’attaque, dont une jeune fille, tandis qu’une autre femme enceinte blessée est décédée, avec son bébé, le 14 mars. Les images de ces femmes que l’on évacue des ruines symbolisent désormais le bilan brutal de la guerre menée contre les civils.

Un Ukrainien blessé lors d’une attaque russe reçoit des soins à l’hôpital central de Mykolaïv, dans l’ouest de l'Ukraine, le 8 mars 2022. (vidéo extraite d’un document de la police/AFP)
Des personnes sortent d’un hôpital pour enfants endommagé après une frappe aérienne russe à Marioupol, dans le sud-est du pays, le 9 mars 2022. (AFP)

Selon le Fonds pour la population – l’agence des Nations unies chargée de la santé sexuelle et reproductive –, deux autres maternités ukrainiennes avaient déjà été détruites avant cette attaque.

Située aux abords de Kiev, la maternité de Leleka offre la meilleure expérience d’accouchement aux femmes enceintes. Aujourd’hui, elle s’est transformée en hôpital pour fournir des soins aux soldats blessés tout en dispensant des soins obstétriques de première nécessité.

Plus de vingt bébés sont nés à l’hôpital depuis le 24 février. Les villageois voisins qui fuient les bombardements pourraient mettre jusqu’à quatre heures pour atteindre l'hôpital, autrefois facilement accessible par une autoroute. Désormais, les gens doivent emprunter les routes de campagne pour s’abriter.

«C’est vraiment difficile de comprendre aujourd’hui ce qui se passe à Kiev, notamment avec nos hôpitaux, qui étaient considérés comme les meilleurs et les plus nombreux d’Ukraine. Personnellement, je n’aurais jamais imaginé que cela puisse devenir une réalité en Europe. Je n’ai vu de telles images que dans les films auparavant», déclare Vadim Zukin, directeur de la maternité de Leleka.

Les patients de l’hôpital national d’Ohmatdyt, le plus grand hôpital pour enfants d’Ukraine, situé près du centre de Kiev, ont été réveillés aujourd’hui par des tirs de roquette; des fragments d’obus ont été retrouvés près de l’hôpital.

EN CHIFFRES

36 tonnes de fournitures médicales vitales sont parvenues à Lviv (OMS).


10 tonnes de kits de traumatologie et de chirurgie d’urgence sont arrivées à Kiev (OMS).


40 millions de dollars ont été alloués par le Fonds central d’intervention d’urgence pour renforcer les efforts des organismes humanitaires.


Il y a 6,7 millions d’Ukrainiens déplacés à l’intérieur du pays.


2,8 millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge dans des pays voisins.

L’hôpital a également ouvert ses portes afin de traiter tous les patients touchés par la guerre. Le photographe du New York Times, Juan Diego Arredondo, a été transporté à Ohmatdyt pour y être soigné, tandis qu’on a annoncé la mort, sur les lieux, de son collègue Brent Renaud.

Anastasia Magerramova, attachée de presse d’Ohmatdyt, a partagé des images et des vidéos à l’intérieur de l’hôpital. On y voit des salles remplies de patients en état de choc. Les médecins et le personnel hospitalier ont déplacé certains d’eux au sous-sol, tandis que les plus vulnérables disposent au moins d’un médecin traitant et d’une infirmière à leurs côtés.

Les responsables russes affirment que la maternité a été reprise par des extrémistes ukrainiens pour servir de base et qu’aucun patient ou médecin ne s’y trouve encore. L’ambassadeur de Russie auprès de l'ONU et l’ambassade de Russie à Londres ont également affirmé que les images des conséquences de l’attaque avaient été manipulées.

Cette image satellite prise le 14 mars 2022 montre un hôpital et des immeubles détruits lors de bombardements aériens russes à Marioupol, en Ukraine. (Technologies Maxar/AFP)
Cette image satellite prise le 14 mars 2022 montre un hôpital et des immeubles détruits lors de bombardements aériens russes à Marioupol, en Ukraine. (Technologies Maxar/AFP)

Moscou affirme que son «opération militaire spéciale» en Ukraine vise à protéger la sécurité de la Russie et celle des russophones dans la région orientale du Donbass. Les nations occidentales ont accusé la Russie d’envahir un pays souverain et d’y commettre des crimes de guerre.

«Les attaques contre le personnel de santé ont des répercussions directes sur la capacité des personnes à accéder aux soins essentiels, en particulier les femmes, les enfants et d’autres groupes vulnérables», déclarent les organismes des Nations unies dans leur communiqué conjoint.

«Nous avons déjà constaté que les besoins en soins de santé des femmes enceintes, des nouvelles mères, des jeunes enfants et des personnes âgées en Ukraine augmentent, tandis que l’accès aux services est terriblement limité par la violence.»

Plus de 4 300 naissances ont eu lieu en Ukraine depuis le début de l’invasion russe «et 80 000 femmes ukrainiennes devraient accoucher dans les trois prochains mois», indiquent les responsables de l’ONU.

Cette photo montre un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)
Cette photo montre un hôpital de campagne établi par le groupe de secours américain Samaritan’s Purse dans le parking souterrain d’un centre commercial à Sokilnyky, dans la partie ouest de l’Ukraine. (Yuriy Dyachyshyn/AFP)

«En Ukraine, le système de santé est vraiment mis à rude épreuve et son effondrement serait une catastrophe. Tous les efforts possibles devraient être déployés pour empêcher que cela se produise.»

«Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat avec un accès sans entrave afin que les personnes dans le besoin puissent accéder à l’aide humanitaire. Une résolution pacifique pour mettre fin à la guerre en Ukraine est possible.»

La situation humanitaire à Marioupol est particulièrement désastreuse, puisque l’aide ne peut être acheminée. Par ailleurs, les civils sont dans l’incapacité de fuir après les échecs répétés de la mise en place de couloirs d'évacuation. L’accès à la nourriture et à l’eau potable constitue également un véritable problème de santé.

«Pour les jeunes enfants, cela peut être particulièrement dangereux», déclare Kate White, responsable des situations d’urgence chez Médecins sans frontières, dans un communiqué publié le 11 mars.

«Contrairement aux adultes, leur corps ne peut supporter de fortes fluctuations de l’apport alimentaire et hydrique. Ils sont donc exposés à un risque élevé de déshydratation. L’eau contaminée peut également provoquer une diarrhée qui, à son tour, peut enclencher un cercle vicieux, puisque la diarrhée entraîne une plus grande déshydratation. Dans des situations extrêmes, cela peut également conduire à la mort.»

Crédits: Arab News
Crédits: Arab News

Environ dix-huit millions de personnes en Ukraine auraient été touchées par la guerre, dont 6,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Plus de 2,8 millions d’individus ont trouvé refuge dans les pays voisins au cours des deux semaines qui ont suivi l’invasion. La majorité d’entre eux se sont dirigés vers l’Ouest, en Pologne. Il s’agit de la crise de réfugiés dont la croissance a été la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il est interdit aux hommes ukrainiens âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays, ce qui signifie que ceux qui traversent les frontières vers les pays voisins sont principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

Alors que les organismes humanitaires s’efforcent d’évacuer les civils pris au piège dans la zone de conflit et de fournir du matériel médical ainsi que des logements sanitaires aux personnes déplacées, les plaies invisibles causées par le traumatisme de la guerre seront, quant à elles, plus difficiles à traiter.

«Très souvent, les conséquences sur la santé mentale mettent des années à se manifester, mais elles nécessitent également une assistance immédiate. Nous devrons faire face aux répercussions de cette guerre sur la santé mentale à grande échelle pendant des années», conclut Kate White.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.