Sahara occidental: Madrid soutient Rabat afin de mettre fin à la crise diplomatique

Un officier de l'armée marocaine marche près de la frontière à Guerguerat, situé au Sahara occidental, le 26 novembre 2020 (AFP)
Un officier de l'armée marocaine marche près de la frontière à Guerguerat, situé au Sahara occidental, le 26 novembre 2020 (AFP)
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Publié le Samedi 19 mars 2022

Sahara occidental: Madrid soutient Rabat afin de mettre fin à la crise diplomatique

  • L’Espagne avait toujours prôné jusqu'ici la neutralité entre Rabat et le Polisario
  • La nouvelle position de Madrid est un changement radical

MADRID : L'Espagne a opéré vendredi un changement de position radical sur le dossier hautement sensible du Sahara occidental en soutenant pour la première fois publiquement la position de Rabat, mettant fin à une brouille diplomatique majeure entre les deux pays. 

"L'Espagne considère que l'initiative d'autonomie présentée en 2007 (par le Maroc) est la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend" entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, a déclaré devant la presse à Barcelone le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares.

Il confirmait ainsi mot pour mot le message du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez dont avait fait état dans la journée le palais royal marocain dans un communiqué mais qui n'avait pas été confirmé par Madrid.

Sans reprendre ce message et sans dire mot du Sahara, le gouvernement espagnol avait réagi plus tôt au communiqué du palais royal en annonçant l'ouverture d'une "nouvelle étape" dans les relations diplomatiques entre le deux pays.

La nouvelle position de Madrid est un changement radical alors que l'Espagne avait toujours prôné jusqu'ici la neutralité entre Rabat et le Polisario.

Le conflit du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.

Rabat, qui contrôle près de 80% de ce territoire, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu lors de la signature en 1991 d'un cessez-le feu mais jamais concrétisé.

Madrid «a cédé»

Dans le cadre de la normalisation des relations entre les deux pays, une visite de Pedro Sanchez au Maroc, dont la date n'a pas été communiquée, est programmée tandis que José Manuel Albares, se rendra lui à Rabat "avant la fin du mois", selon le gouvernement espagnol.

Pour Ignacio Cembrero, journaliste espagnol spécialiste des relations entre les deux pays, "le gouvernement espagnol a cédé à la principale exigence du Maroc" qui lui demandait de "soutenir sa proposition d'autonomie" du Sahara occidental.

"C'est un changement important" car "le Maroc exige que cela soit rendu public" mais "les autorités espagnoles ont toujours aidé le Maroc (sur ce dossier) ces dernières années" dans la discrétion, nuance-t-il.

Dans un communiqué, le ministère marocain des Affaires étrangères a salué "les positions positives et les engagements constructifs de l’Espagne au sujet du Sahara marocain".

La délégation du Polisario en Espagne a elle accusé Madrid d'avoir "cédé face au chantage et à la politique de la peur utilisée par le Maroc".

Crise migratoire à Ceuta 

La brouille diplomatique majeure entre Madrid et Rabat avait été provoquée en avril 2021 par l'accueil en Espagne, pour y être soigné du Covid, du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, ennemi juré de Rabat.

Elle s'est traduite en mai dernier par l'arrivée massive de migrants d'origine marocaine dans l'enclave espagnole de Ceuta, sur la côte nord du Maroc, profitant d'un relâchement de la surveillance des frontières côté marocain.  

Avant les annonces de vendredi, les tensions s'étaient atténuées mais n'avaient pas pris fin. Rappelée pour consultations en mai, l'ambassadrice du Maroc en Espagne n'est toujours pas revenue à Madrid.

Selon Bernabé López, professeur d'études arabes et islamique à l'Université autonome de Madrid, ce geste de Madrid sur le Sahara a principalement pour but d'obtenir de Rabat un contrôle des flux migratoires.

Afin "de serrer un peu la vis et qu'il y ait plus de contrôle et non cette absence intentionnée de contrôle de la part du Maroc", juge-t-il.

Le Sahara occidental est au centre de toute l'action diplomatique de Rabat.

En contrepartie de la reprise de ses relations diplomatiques avec Israël, le Maroc avait obtenu des Etats-Unis, alors dirigés par Donald Trump, la reconnaissance de "la marocanité" de l'ex-colonie espagnole.

Ce virage de Pedro Sanchez pourrait par ailleurs créer de fortes tensions au sein de son exécutif avec ses alliés de la gauche radicale de Podemos, favorables à l'autodétermination des sahraouis.

Sur Twitter, la ministre du Travail, représentant Podemos, Yolanda Diaz, a déclaré que "toute solution au conflit (au Sahara occidental) devait passer par le respect et la volonté démocratique du peuple sahraoui".


Les ministres des AE du CCG affirment le droit de leurs États à répondre à toute agression

Le Conseil ministériel du Conseil de coopération du Golfe a tenu sa 50e réunion extraordinaire par vidéoconférence le dimanche 1er mars 2026. (CCG)
Le Conseil ministériel du Conseil de coopération du Golfe a tenu sa 50e réunion extraordinaire par vidéoconférence le dimanche 1er mars 2026. (CCG)
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  • Une réunion virtuelle d'urgence dirigée par Bahreïn pour discuter des récentes attaques iraniennes
  • Malgré les nombreux efforts diplomatiques déployés par les pays du CCG pour éviter l'escalade et leur confirmation que leurs territoires ne seront pas utilisés pour lancer une attaque contre la République islamique d'Iran

MANAMA : Le Conseil ministériel du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a tenu sa 50e réunion extraordinaire par vidéoconférence le dimanche 1er mars 2026, sous la présidence du Dr Abdullatif bin Rashid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères du Royaume de Bahreïn et président en exercice du Conseil ministériel du CCG.

La réunion a porté sur les attaques de missiles et de drones iraniens contre les Émirats arabes unis, le Royaume de Bahreïn, le Royaume d'Arabie saoudite, le Sultanat d'Oman, l'État du Qatar et l'État du Koweït, qui ont débuté le samedi 28 février 2026.

Le Conseil a exprimé son rejet et sa condamnation la plus ferme de ces attaques iraniennes odieuses visant les pays du CCG, ainsi que le Royaume hachémite de Jordanie, qui constituent une grave violation de la souveraineté de ces pays et des principes de bon voisinage, ainsi qu'une violation manifeste du droit international et de la Charte des Nations unies, quels que soient les prétextes et les justifications avancés. Le fait de prendre pour cible des civils et des biens de caractère civil constitue une grave violation du droit humanitaire international.

Le Conseil a exprimé la solidarité totale des pays du CCG, qui font front commun contre ces attaques, soulignant que la sécurité de ses États est indivisible et que toute agression contre un État membre est une attaque directe contre tous les pays du CCG, conformément à la charte du CCG et à l'accord de défense commune. Le Conseil a affirmé le droit légal des pays du CCG à réagir, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies, qui garantit le droit à la légitime défense individuelle et collective en cas d'agression, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver leur souveraineté, leur sécurité et leur stabilité.

Le Conseil ministériel a souligné qu'à la lumière de cette agression iranienne injustifiée contre les pays du CCG, ces derniers prendront toutes les mesures nécessaires pour défendre leur sécurité, leur stabilité et protéger leurs territoires, leurs citoyens et leurs résidents, y compris l'option de répondre à l'agression.

Malgré les nombreux efforts diplomatiques déployés par les pays du CCG pour éviter l'escalade et leur confirmation que leurs territoires ne seront pas utilisés pour lancer une attaque contre la République islamique d'Iran, l'Iran a continué à mener des opérations militaires contre les pays du CCG, prenant pour cible de nombreuses installations civiles et résidentielles.

Le conseil ministériel a souligné la nécessité de mettre fin immédiatement à ces attaques afin de rétablir la sécurité, la paix et la stabilité dans la région, en insistant sur l'importance de préserver la sécurité aérienne, maritime et fluviale dans la région, la sécurité des chaînes d'approvisionnement et la stabilité des marchés mondiaux de l'énergie. La stabilité de la région du Golfe n'est pas seulement une question régionale, mais un pilier fondamental pour la stabilité économique mondiale et la navigation maritime.

Le conseil ministériel a appelé la communauté internationale à condamner fermement ces attaques et a exhorté le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités en adoptant une position immédiate et ferme pour empêcher ces violations qui mettent en danger la vie des habitants et pour empêcher qu'elles ne se reproduisent, en raison de leurs graves implications pour la paix régionale et internationale.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.