Malgré la guerre, Poutine fait une démonstration de force dans un stade de Moscou

Vladimir Poutine prononce un discours au stade Luzhniki de Moscou (Photo, Reuters).
Vladimir Poutine prononce un discours au stade Luzhniki de Moscou (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 19 mars 2022

Malgré la guerre, Poutine fait une démonstration de force dans un stade de Moscou

  • Selon le conseil municipal de Marioupol, le bombardement a fait au moins un blessé grave, mais pas de morts
  • Vladimir Poutine a célébré vendredi, dans le stade Loujniki de Moscou plein à craquer, les huit ans de l'annexion de la Crimée ukrainienne

LVIV: Des "centaines" de personnes étaient toujours vendredi sous les décombres d'un théâtre bombardé par les forces russes à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, selon le président ukrainien, et des missiles russes ont frappé les abords de Lviv, grande ville de l'Ouest jusqu'ici épargnée.

Alors que les Occidentaux tentent d'augmenter encore la pression sur la Russie pour faire cesser la guerre, le président américain Joe Biden a eu un entretien téléphonique de près de deux heures avec son homologue chinois Xi Jinping. 

M. Biden a "décrit les implications et conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie alors qu'elle mène une attaque brutale contre les villes et civils ukrainiens", a indiqué la Maison Blanche.

Deux jours après le bombardement d'un théâtre à Marioupol, Volodymyr Zelensky a annoncé que "plus de 130 personnes ont pu être sauvées". "Mais des centaines d'habitants de Marioupol sont toujours sous les décombres", a-t-il ajouté dans une vidéo, alors même que l'armée russe a annoncé se battre désormais dans le centre-ville de ce port sur la mer d'Azov, assiégé depuis des jours.

Selon le conseil municipal de Marioupol, le bombardement a fait au moins un blessé grave, mais pas de morts. 

"Le dégagement des débris se poursuit dans la mesure du possible et les informations sur les victimes seront complétées", a précisé le conseil. 

Au moment de l'attaque, "jusqu'à un millier de personnes", essentiellement des "femmes, enfants et personnes âgées", s'étaient réfugiées dans ce bâtiment, selon la même source. 

L'armée russe a affirmé vendredi avoir réussi à pénétrer dans la ville et y mener des combats, aux côtés de troupes de la "république" séparatiste de Donetsk. Ces troupes "resserrent leur étau d'encerclement et combattent les nationalistes dans le centre de la ville", a affirmé à Moscou le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

La prise de Marioupol serait un important tournant dans le conflit et permettrait à la Russie d'assurer une continuité territoriale entre ses forces venues de la Crimée annexée (sud) et les troupes du Donbass (est).

Les autorités ukrainiennes avaient accusé mercredi l'aviation russe d'avoir "sciemment" bombardé le théâtre de Marioupol, ce que la Russie a démenti.

Des missiles contre Lviv

Près de Lviv, à des centaines de kilomètres à l'ouest, "des missiles ont frappé le quartier de l'aéroport", a écrit sur Facebook Andriy Sadovy, maire de cette grande ville située près de la frontière polonaise, jusque-là épargnée par les combats. 

Lviv pleure ses enfants tués dans la guerre contre la Russie

Disposés en rang, 109 landaus et paniers de bébés sont alignés sur la place du marché de Lviv, une tentative pour les habitants de cette ville de l'Ouest de l'Ukraine de faire leur deuil, trois semaines après le début du conflit contre la Russie.

Cent-neuf, c'est le nombre d'enfants tués en Ukraine depuis le 24 février, jour où la Russie a lancé une offensive sur le territoire de son voisin.

Depuis le début de l'"opération militaire spéciale" russe il y a trois semaines, il y a eu plusieurs frappes contre des cibles civiles abritant des enfants.

La semaine dernière, une maternité et un hôpital pédiatrique de Marioupol ont été touchés par une frappe russe, blessant 17 personnes.

"C'est une frappe sur la ville de Lviv, un hub humanitaire où se trouvent plus de 200.000 déplacés", et cela montre "qu'ils se battent non pas contre des militaires mais contre la population", a affirmé Maksym Kozytsky, le gouverneur régional de Lviv, faisant état d'un blessé léger.

"Nous avons entendu l'alarme. Nous avons été avertis mais (...) nous ne nous sommes pas mis à l'abri, car nous n'avons peur de rien", a affirmé Olga, 56 ans. "La nuit, nous prions pour toutes nos villes soumises à l'attaque vicieuse (du président russe Vladimir) Poutine."

Vendredi soir, le ministère russe de la Défense a publié un communiqué dans lequel il a précisé que "des armes de longue portée de haute précision ont frappé l'infrastructure militaire ukrainienne" à Lviv. "La frappe a détruit le lieu de stationnement des avions de combat ukrainiens de l'usine de réparation d'avions de Lviv, ainsi que des dépôts de munitions et des équipements militaires ukrainiens dans les banlieues de Nikolaïev et Voznessensk", a ajouté un porte-parole de l'armée russe. 

Les réfugiés d'Ukraine de plus en plus traumatisés et perdus, selon le HCR

Ceux qui ont pris tôt la décision de partir avaient souvent des relations à l'étranger, un projet en tête et un endroit où aller, alors que ceux qui fuient maintenant le pays en proie à la guerre sont perdus, ne sachant pas quoi faire, a souligné le HCR.

Le porte-parole du HCR Matthew Saltmarsh a souligné, à Rzeszow en Pologne près de la frontière avec l'Ukraine, que les réfugiés qui arrivent maintenant avaient un plus grand besoin d'aide.

"Ces réfugiés qui sont en train d'arriver ont été plus traumatisés. Beaucoup d'entre eux ont subi un choc. Il est juste de dire qu'ils ont moins de moyens que ceux qui sont arrivés lors de la première phase de cette crise", a-t-il ajouté.

Selon le HCR, 3,27 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

Entretien Xi-Biden

Lors de son entretien avec Joe Biden, le président chinois a assuré que la Chine et les Etats-Unis ont la responsabilité d'aider à la paix mondiale.

Un conflit "n'est dans l'intérêt de personne", a-t-il affirmé, selon la télévision chinoise. "La crise ukrainienne n'est pas quelque chose que nous souhaitions voir" arriver.

Depuis le début de l'invasion russe le 24 février, le régime communiste chinois, partageant avec la Russie une profonde hostilité envers les Etats-Unis, s'est abstenu d'exhorter Vladimir Poutine à retirer ses troupes d'Ukraine.

Mais la Chine a peut-être déjà commencé à prendre ses distances avec Moscou car, d'après des diplomates à l'ONU, la Russie a renoncé jeudi soir à tenir le lendemain un vote au Conseil de sécurité sur une résolution liée à la guerre en Ukraine, faute de soutien de ses plus proches alliés.

M. Biden n'a pas mâché ses mots à l'égard de M. Poutine, le traitant de "voyou" et de "dictateur sanguinaire" après l'avoir qualifié la veille de "criminel de guerre".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a imploré une nouvelle fois jeudi les Occidentaux d'aider à "arrêter cette guerre", au moment où des frappes russes faisaient au moins 27 morts dans l'est du pays.

Outre Marioupol, les bombardements se poursuivent aussi à Kiev et à Kharkiv, deuxième ville du pays, dans le nord-est, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre.

Selon le service d’urgence ukrainien, des tirs russes ont frappé "un établissement d’enseignement supérieur" et "deux immeubles d'habitations voisins", faisant un mort et 11 blessés à Kharkiv vendredi.

La capitale, Kiev, s'est vidée d'au moins la moitié de ses 3,5 millions habitants. Selon la mairie, 222 personnes, dont 60 civils, ont été tués dans la ville depuis le début de l'invasion.

Le Conseil de l'Europe accusé par le Kremlin d'être un instrument russophobe

La Russie a accusé vendredi le Conseil de l'Europe, qui l'a exclue officiellement mercredi, d'être un instrument "russophobe" au service des Occidentaux, assurant rejeter le "tutorat de Bruxelles" en matières de droits humains.

La Russie a été officiellement expulsée mercredi du Conseil de l'Europe, dont elle était membre depuis 1996. Moscou avait vu sa participation dans les principaux organes du Conseil suspendue depuis le 25 février, lendemain du lancement de l'offensive en Ukraine.

«Désinformation»

Aucun bilan global précis n'a été fourni, même si le président Zelensky a mentionné le 12 mars la mort d'"environ 1.300" militaires ukrainiens, tandis que Moscou a seulement rapporté près de 500 morts dans ses rangs le 2 mars.

D'après le décompte au 16 mars du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) en Ukraine consulté par l'AFP, au moins 780 civils - dont 58 enfants - ont été tués en Ukraine et plus de 1.250 blessés. Le HCDH souligne que ses chiffres sont probablement très inférieurs à la réalité.

Au siège de l'ONU, à New York (Etats-Unis), les six pays occidentaux membres du Conseil de sécurité ont dénoncé l'utilisation de cette instance par Moscou pour diffuser de "la désinformation" et de la "propagande", avant une dixième réunion du Conseil depuis l'invasion.

Trois semaines après le début de son offensive, Moscou ne donne aucun signe de répit dans son offensive et accuse Kiev de "faire traîner" les pourparlers entre les belligérants.

Le président Poutine a célébré vendredi, dans le stade Loujniki de Moscou plein à craquer, les huit ans de l'annexion de la Crimée ukrainienne. 

Au son des "Russie, Russie" scandés par la foule, il a salué "l'héroïsme" de soldats russes qui "combattent, qui agissent lors de cette opération militaire côte-à-côte, et qui, s'il le faut, couvrent de leur corps" leur camarade pour couper la trajectoire "d'une balle".

Lors d'un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron, M. Poutine a accusé l'Ukraine de "nombreux crimes de guerre", assurant que les forces dirigées par Moscou faisaient "tout leur possible" pour éviter des pertes civiles. 

M. Macron a pour sa part exprimé sa "préoccupation extrême" concernant la situation à Marioupol, pour qui il a réclamé "des mesures concrètes et vérifiables de levée du siège, l'accès humanitaire et le cessez-le-feu immédiat", selon la présidence française.

Les besoins humanitaires en Ukraine se font "de plus en plus urgents", avec plus de 200.000 personnes privées d'eau rien que dans la région de Donetsk et de "graves pénuries" de nourriture, d'eau et de médicaments dans des villes comme Marioupol ou Soumy, a déclaré vendredi un porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés, Matthew Saltmarsh


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.