L'infrastructure financière qui permet à l'Iran d'échapper aux sanctions, révélée

L'Iran a recours à un réseau complexe de banques et de sociétés pour échapper aux sanctions. (AFP)
L'Iran a recours à un réseau complexe de banques et de sociétés pour échapper aux sanctions. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 19 mars 2022

L'infrastructure financière qui permet à l'Iran d'échapper aux sanctions, révélée

  • Les banques iraniennes se servent d'entreprises nationales et étrangères pour échanger des biens et des devises, ce qui allège la pression sur son économie en difficulté
  • D’après des responsables iraniens, le commerce clandestin est estimé à $80 milliards par an

LONDRES: Selon des responsables des services de renseignement et des documents consultés par le Wall Street Journal (WSJ), l'Iran a mis en place un système bancaire et financier clandestin qui lui permet de gérer des milliards de dollars et d'échapper aux sanctions imposées par les États-Unis.

La République islamique a recours à un système de banques commerciales étrangères, de sociétés coopératives mandataires et d'une chambre de compensation des transactions à l'intérieur du pays pour déplacer l'argent et résister aux sanctions.

Selon des documents consultés par le WSJ et des fonctionnaires avec qui les journalistes se sont entretenus, le système bancaire clandestin de l'Iran fonctionne comme suit : les banques iraniennes qui desservent des entreprises auxquelles les sanctions américaines interdisent les exportations et les importations engagent des sociétés affiliées – les sociétés «Rahbar» – en Iran pour gérer, en leur nom, le commerce sanctionné. Ces sociétés établissent des entreprises en dehors des frontières de l'Iran pour servir de mandataires aux négociants iraniens.

Les mandataires font ensuite des échanges commerciaux avec les acheteurs étrangers de pétrole et d'autres produits iraniens, ou avec les vendeurs de biens à importer en Iran, en dollars, en euros ou en d'autres devises étrangères, par le biais de comptes ouverts dans des banques étrangères.

D'après les informations relayées par des responsables au WSJ, une partie de ces revenus est clandestinement introduite en Iran par des coursiers qui transportent des fonds retirés des comptes des sociétés mandataires à l'étranger, mais la plus grande partie est conservée dans des comptes bancaires à l’extérieur du pays. Les importateurs et exportateurs iraniens s'en servent pour échanger des devises entre eux, sur des registres gardés en Iran, indique la banque centrale iranienne.

Ces méthodes sont utilisées pour faciliter la vente de pétrole iranien et d'autres biens, ainsi que l'achat et l'importation de marchandises nécessaires en Iran.

Ce système fournit à l'Iran les revenus et les importations nécessaires au fonctionnement de l'économie et du pays. Il allège la pression sur le riyal iranien en donnant à l'économie un accès aux dollars, aux euros et aux autres monnaies de réserve utilisées dans le commerce mondial, estiment des diplomates et des fonctionnaires.

« C'est une opération gouvernementale de blanchiment d'argent sans précédent », a dit un fonctionnaire occidental au WSJ.

D'après Gholamreza Mesbahi-Moghaddam, un haut représentant politique iranien, les transactions secrètes d'importation et d'exportation s'élèvent à $80 milliards par an.

« La plupart de nos exportations d'essence, d'acier et de produits pétrochimiques sont effectuées par le biais de filiales cachées», a-t-il déclaré.

Selon le Fonds monétaire international, ce chiffre atteindra les $150 milliards en 2022, si l'on inclut les ventes à l'étranger prohibées par les sanctions, soit plus du double du chiffre atteint pendant la courte période durant laquelle l'Iran était exempt de sanctions.

Il semblerait donc que l'Iran ait réussi à échapper aux sanctions, et même à relancer son commerce à un niveau comparable à celui de la période précédant les sanctions.

Bien que la valeur du riyal se soit effondrée au cours des années de sanctions, l'économie iranienne a suffisamment résisté à l'isolement international pour permettre à l'Iran de mener des négociations difficiles avec les États-Unis au sujet de l'avenir de son programme nucléaire.

La mission de l'Iran auprès de l'ONU s'est abstenue de commenter le fonctionnement du système financier lorsque le WSJ le lui a demandé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Cisjordanie : la violence «ne fait qu'empirer», selon l'ONU

Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Short Url
  • Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU
  • Les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions

GENEVE: Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU.

"Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, dans un communiqué.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
Short Url
  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com