Nouvelles frappes en Ukraine, Kiev appelle Pékin à «condamner la barbarie russe»

A Mykolaïv, des témoins donnaient des bilans variant du simple au double après la destruction par six roquettes de cette caserne (Photo, AFP).
A Mykolaïv, des témoins donnaient des bilans variant du simple au double après la destruction par six roquettes de cette caserne (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 20 mars 2022

Nouvelles frappes en Ukraine, Kiev appelle Pékin à «condamner la barbarie russe»

  • A Mykolaïv, des témoins donnaient des bilans variant du simple au double après la destruction par six roquettes de cette caserne
  • A Zaporojie, l’administration régionale a indiqué qu'un bombardement vendredi avait fait neuf morts et 17 blessés

KIEV: L'Ukraine a appelé samedi la Chine, allié stratégique de Moscou, à "condamner la barbarie russe" après de nouvelles frappes - y compris avec un nouveau missile hypersonique vanté par Vladimir Poutine - qui ont fait des dizaines de morts.

Les sirènes ont retenti samedi soir à Kiev, selon les réseaux sociaux, et les raids aériens russes se sont à nouveau succédé à un rythme rapide dans la journée sur Mykolaïv, une ville du sud de l'Ukraine où des dizaines de soldats ont été tués la veille dans une frappe contre une caserne de l'armée, a indiqué sur les réseaux sociaux le gouverneur local Vitaliy Kim.

Il n'a pas fourni de précisions sur l'étendue des dégâts ni sur le nombre des éventuelles victimes.

A Mykolaïv, des témoins donnaient des bilans variant du simple au double après la destruction par six roquettes de cette caserne.  

"Pas moins de 200 soldats dormaient dans les baraquements", a raconté un militaire de 22 ans interrogé sur place, selon lequel "au moins 50 corps ont été extraits". Un autre militaire a estimé qu'il pourrait y avoir eu 100 morts.

Les Russes "ont lâchement effectué des frappes de missiles contre des soldats qui dormaient. Une opération de secours se poursuit toujours", a déclaré samedi le gouverneur Vitaly Kim dans une vidéo publiée sur Facebook. 

Dans l'ouest du pays, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir utilisé la veille de tout nouveaux missiles hypersoniques "Kinjal", vantés par Vladimir Poutine, pour détruire un entrepôt souterrain d'armements.

"L'Ukraine est malheureusement devenue un terrain d'essai pour tout l'arsenal russe de missiles", a déclaré au site Ukraïnska Pravda le porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, Iouri Ignat. 

A Marioupol, l'inquiétude pour des orphelins bloqués dans un sanatorium

Un groupe de 19 enfants, pour la plupart orphelins, sont "en grand danger", bloqués dans un sanatorium de Marioupol, ville ukrainienne assiégée par les forces russes, ont affirmé samedi leurs proches et des témoins à l'AFP.

Les enfants et adolescents, âgés de 4 à 17 ans, ont été envoyés dans cette clinique pour mineurs spécialisée dans le traitement des maladies pulmonaires, avant le déclenchement de l'offensive russe le 24 février.

Ils sont désormais "en grand danger", leurs tuteurs n'ayant pas pu les récupérer en raison des combats dans cette ville bombardée avec ses habitants depuis plusieurs semaines, a raconté à l'AFP un témoin, Alexeï Volochtchouk.

1 400 frappes aériennes

Selon le ministère ukrainien de la Défense, les troupes russes, dont la progression sur le terrain a été beaucoup plus difficile que prévu face à la résistance acharnée des Ukrainiens, ont effectué 291 frappes de missiles et 1 403 raids aériens depuis le début de l’invasion le 24 février.

A Zaporojie (ouest de Kiev), l’administration régionale a indiqué qu'un bombardement vendredi avait fait neuf morts et 17 blessés. Sept personnes ont aussi été tuées et cinq blessées par des tirs de mortier russes à Makariv, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kiev, selon la police régionale.

Les bombardements n'ont pas davantage cessé à Kiev, la capitale et à Kharkiv, grande ville russophone du nord-ouest, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, selon des chiffres officiels ukrainiens. Un homme et un enfant de 9 ans y ont encore été tués par un bombardement, ont indiqué les autorités locales samedi.

A Marioupol, ville portuaire du sud-est, encerclée et bombardée avec ses habitants depuis plusieurs semaines, Kiev a admis avoir perdu l'accès à la mer d’Azov. L'armée russe a affirmé vendredi avoir réussi à entrer dans la ville.

Selon un conseiller du ministère ukrainien de l’Intérieur, Vadym Denysenko, cité par l’agence Interfax-Ukraine, la situation y est "catastrophique". 

Des familles ont raconté les cadavres gisant plusieurs jours dans les rues, la faim, la soif et le froid mordant des nuits passées dans des caves avec des températures inférieures à zéro.

Un groupe de 19 enfants, pour la plupart orphelins, sont  "en grand danger", bloqués dans un sanatorium de la ville -  leurs tuteurs n'ayant pu les récupérer en raison des combats - ont affirmé samedi leurs proches et des témoins à l'AFP.

Et "l'une des plus importantes usines métallurgiques d'Europe", Azovstal, a été "détruite", occasionnant d'"énormes pertes économiques" pour l'Ukraine, a affirmé une députée ukrainienne, Lesia Vasylenko, sur son compte Twitter.

Le bilan du bombardement mercredi d'un théâtre où plus d'un millier de personnes s'étaient réfugiées dans un abri souterrain, que Kiev accuse Moscou d'avoir frappé "sciemment", était par ailleurs toujours inconnu samedi.

Des Ukrainiens âgés trouvent refuge dans des rames de métro à Kiev

Valentyna Katkova, 77 ans, ne sait pas ce qui lui donne le plus envie de pleurer: le grand âge et la maladie ou le fait de vivre terrée dans le métro de Kiev pour échapper aux bombes russes.

Comme Mme Katkova, vêtue d'un manteau couleur lilas et d'un bonnet en tricot, quelque 200 personnes ont trouvé refuge dans la station de métro de Syrets, dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne que les forces russes tentent d'encercler.

Si la plupart de ces personnes dorment sur des couvertures ou des matelas posés sur le sol du quai ou des couloirs, voire dans des tentes, Mme Katkova et d'autres personnes âgées préfèrent le confort rudimentaire des rames de métro, chacune s'aménageant son petit coin.

La Chine et la «bonne décision»

Face à la poursuite des bombardements meurtriers, et à des négociations qui s'éternisent, la présidence ukrainienne a exhorté la Chine à prendre position.

La Chine, allié stratégique de Moscou, est un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et l'un des grands absents, avec l'Inde, du concert de condamnations et de sanctions qui s'est abattu sur la Russie.

"La Chine peut être un élément important du système de sécurité mondial si elle prend la bonne décision de soutenir la coalition des pays civilisés et de condamner la barbarie russe", a tweeté Mykhaïlo Podoliak, un conseiller de M. Zelensky et un des participants aux négociations avec la Russie. 

Le président américain Joe Biden s'était entretenu vendredi avec son homologue chinois Xi Jinping, pour lui exposer "les conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie", selon la Maison blanche.

Mais M. Xi a maintenu l'ambiguïté, se bornant à souligner que les conflits militaires n'étaient "dans l'intérêt de personne", selon la télévision chinoise.

A New Delhi, c'est le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, qui a exhorté l'Inde, gros acheteur d'armes et de pétrole russes, à sortir de sa réserve et à condamner l'invasion. Son homologue indien, Narendra Modi, s'est gardé de mentionner l'Ukraine, et la déclaration conjointe s'est bornée à un appel à "un arrêt immédiat de la violence."

Le président Zelensky a cependant encore une fois souligné que "des négociations portant sur la paix et la sécurité pour l'Ukraine sont la seule chance pour la Russie de minimiser les dégâts causés par ses propres erreurs", dans une vidéo publiée sur Facebook, filmée de nuit.

Plusieurs rounds de tractations entre Kiev et Moscou ont eu lieu depuis le 24 février. Le quatrième s'est ouvert lundi au niveau de délégations négociant par visioconférence.

Le chef de la délégation russe a affirmé voir vendredi soir un "rapprochement" des positions sur la question d'un statut neutre de l'Ukraine et la démilitarisation du pays. 

Mais le négociateur ukrainien Mikhaïlo Podoliak a souligné que les "déclarations de la partie russe ne sont que leurs demandes de départ".

L'Ukraine refuse un simple statut de neutralité et exige des "garanties de sécurité absolues". 

Pour la cheffe de la diplomatie britannique cependant, Liz Truss, ces pourparlers ne sont qu'un "écran de fumée" avant une nouvelle offensive. 

«Crime de guerre» russe

Le président ukrainien a indiqué que 180.000 personnes avaient pu à ce jour fuir des zones de combat par des couloirs humanitaires.

"Mais les occupants continuent de bloquer l'aide humanitaire, tout particulièrement autour des zones sensibles. C'est une tactique très connue. (...) C'est un crime de guerre", a lancé M. Zelensky.

Selon les autorités ukrainiennes, 6.623 personnes ont été évacuées par les couloirs humanitaires samedi, dont 4.128 fuyant Marioupol et 1.820 fuyant Kiev.

Depuis le 24 février, plus de 3,2 millions d'Ukrainiens ont pris les routes de l'exil, dont près des deux tiers vers la Pologne, parfois seulement une étape avant de continuer leur exode.

D'après un décompte au 18 mars du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme en Ukraine, au moins 816 civils ont été tués en Ukraine et plus de 1.333 blessés. Il a souligné que ce bilan était probablement très inférieur à la réalité.

Kiev, la capitale, s'est vidée d'au moins la moitié de ses 3,5 millions habitants. Selon la mairie, 222 personnes --dont 60 civils-- y ont été tués.

Aucun bilan global n'a été fourni à ce stade. M. Zelensky a mentionné le 12 mars la mort d'"environ 1.300" militaires ukrainiens, tandis que Moscou a seulement rapporté près de 500 morts dans ses rangs le 2 mars. 

L'Ukraine a indiqué avoir "562 prisonniers de guerre russes", et les détenir conformément au droit international, "comme un pays civilisé".

Dans une liaison vidéo avec Berne, Volodymyr Zelensky a fustigé samedi les entreprises comme le groupe Nestlé qui poursuivent leurs activités en Russie. Il a appelé la Suisse à geler les actifs des milliardaires russes et des proches du Kremlin.

L'Australie, de son côté, a annoncé dimanche, dans un communiqué du gouvernement, un embargo sur ses exportations vers la Russie de minerai d'aluminium, un matériau stratégique pour l'industrie de l'armement. la Russie est dépendante à hauteur de 20% de l'Australie pour ses besoins en aluminium, selon canberra.

L'Italie dénonce des menaces de la Russie pour son soutien aux sanctions

L'Italie a dénoncé samedi des menaces de la Russie à son égard, après des déclarations d'un responsable de la diplomatie russe sur les sanctions européennes.

Alexeï Paramonov, directeur du département européen du ministère russe des Affaires étrangères, a accusé l'Italie, dans une interview à l'agence publique russe RIA-Novosti, de succomber à une "hystérie antirusse" et d'oublier "en une seconde" des siècles de relations et d'accords bilatéraux. 

Il a ajouté espérer que la promesse faite au début du mois par le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire - qui était par la suite revenu sur ses propos - d'une "guerre économique et financière totale" contre la Russie n'allait pas "faire des émules en Italie et entraîner une série de conséquences irréversibles".

Le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré "rejeter fermement ces déclarations menaçantes" de la partie russe, et a assuré que Rome et ses partenaires européens allaient "continuer d'exercer une pression maximale" sur la Russie pour arrêter l'intervention militaires menée contre l'Ukraine. 


L'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz face au blocus américain

Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
Short Url
  • L’Iran rétablit un contrôle strict du détroit d’Ormuz, accusant les États-Unis de violer leurs engagements en maintenant le blocus maritime malgré des signes d’ouverture
  • Les tensions persistent malgré des efforts diplomatiques et des cessez-le-feu fragiles, avec un impact direct sur le trafic maritime, les marchés pétroliers et la stabilité régionale

TEHERAN: L'Iran a annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

Téhéran avait "accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux" mais les Américains, violant leur engagement, "continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus", a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

"Pour cette raison", la situation est revenue "à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict" de l'Iran, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis.

Plus tôt samedi matin, le site MarineTraffic montrait une timide reprise du trafic commercial dans le détroit: plus d'une dizaine de bâtiments y circulaient, dont plusieurs pétroliers, mais au moins deux semblaient faire demi-tour vers 09H00 GMT.

Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.

Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d'après le journal spécialisé Lloyd's List.

- 21 navires bloqués -

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations, et qu'il "continuerait" si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations.

"Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran", a indiqué samedi sur X le commandement central américain.

En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'"ouvrir l'artère vitale d'Ormuz avant d'avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (...) donne à l'ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille".

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.

- Diplomatie pakistanaise -

Vendredi, M. Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était "très proche" et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

"Je quitte Antalya (Turquie) (...) avec une détermination renouvelée (...) à poursuivre notre étroite coopération visant à promouvoir le dialogue et la diplomatie pour une paix et une stabilité durables dans la région", a tweeté le chef du gouvernement, Shehbaz Sharif.

Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Parmi les signes de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.

- "Accord permanent" espéré par le Liban -

Au Liban, l'autre front de la guerre, de nombreux déplacés ont pris la route pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La cessation des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien a débuté vendredi à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a-t-il martelé.

Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Short Url
  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.