Un rapport de l'Unesco se penche sur le potentiel des eaux souterraines

Manifestation de la colère, en Iran, après l'assèchement et du détournement de la rivière vitale de la province d’Ispahan, le 19 novembre 2021. (Fatmeh Nasr / ISNA / AFP)
Manifestation de la colère, en Iran, après l'assèchement et du détournement de la rivière vitale de la province d’Ispahan, le 19 novembre 2021. (Fatmeh Nasr / ISNA / AFP)
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Publié le Lundi 21 mars 2022

Un rapport de l'Unesco se penche sur le potentiel des eaux souterraines

  • Le 9e Forum mondial de l'eau s'ouvre lundi à Dakar pour une semaine, avec pour thème «la sécurité de l'eau pour la paix et le développement».
  • Les eaux souterraines fournissent la moitié du volume d'eau prélevé dans le monde, selon l'Unesco

DAKAR, Sénégal : Un rapport de l'Unesco, publié lundi à l'occasion du Forum mondial de l'eau, a mis en exergue le potentiel des eaux souterraines susceptibles de générer des bénéfices sociaux, économiques et environnementaux, à condition qu'elles soint gérées de façon durable.

Le 9e Forum mondial de l'eau s'ouvre lundi à Dakar pour une semaine, avec pour thème «la sécurité de l'eau pour la paix et le développement».

Selon le rapport onusien, un document de 272 pages, intitulé «Eaux souterraines: rendre visible l'invisible», les eaux souterraines représentent près de 99% des réserves d'eau douce sur Terre.

Mais ces dernières «comme les bénéfices directs et indirects qu'elles procurent passent trop souvent inaperçus ou sont ignorées laissant de nombreux aquifères (roche réservoir, ndlr) sans protection adéquate», déplore l'Unesco. Par conséquent, les réserves mondiales d'eaux souterraines sont souvent mal gérées, sous-évaluées et exposées à des risques de pollution.

Les eaux souterraines fournissent la moitié du volume d'eau prélevé dans le monde, selon l'Unesco. Elles sont utilisées par la population mondiale à des fins domestiques, pour l'agriculture et l'industrie.  

«Un nombre croissant de ressources en eau sont polluées, surexploitées et asséchées par l'être humain, avec parfois des conséquences irréversibles. Il est essentiel d'utiliser plus intelligemment le potentiel des ressources en eaux souterraines, encore peu exploitées», a estimé Audrey Azoulay la directrice générale de l'Unesco dans un communiqué.

Selon un diplomate de l'Unesco contacté par l'AFP, l'organisation onusienne entend «appeler à une mobilisation des Etats en vue de la mise en place d'une coordination à l'échelle mondiale».

L'Unesco souligne également que la consommation d'eau devrait augmenter en moyenne de 1% par an durant les 30 prochaines années.

Dans ce contexte, les eaux souterraines pourraient par exemple offrir «des solutions pour atténuer le changement climatique», selon le rapport qui précise que les aquifères «possèdent une capacité de tampon unique, capable de limiter l'impact des variations climatiques».

Le rapport recommande notamment l'irrigation via des systèmes de pompage d'eaux souterraines à énergie solaire.

Par ailleurs, il préconise une meilleure «gouvernance» pour gérer les ressources en eaux souterraines, avec «des connaissances de base, une capacité institutionnelle, des lois, des règlements et leurs outils d'application, des politiques et une planification, une participation des parties prenantes ainsi que des financements appropriés».

L'accès aux ressources en eaux souterraines se heurte à un problème d'expertise en particulier dans les pays d'Afrique sub-saharienne qui nécessitent un accompagnement.

Le document encourage ainsi les gouvernements à «créer et enrichir une base de connaissances dédiée aux eaux souterraines» afin de partager les données. Il appelle notamment les industries pétrolières et minières à partager leurs «données, informations et connaissances» au bénéfice des acteurs de la gestion des eaux souterraines.


Centrafrique: «De plus en plus de voix s’élèvent» pour modifier la Constitution, affirme Touadéra

Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
Un partisan du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra se tient devant une pancarte en faveur d'un référendum constitutionnel (Photo, AFP).
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  • Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution
  • Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui

LIBREVILLE, Gabon: Le chef de l'État centrafricain Faustin-Archange Touadéra a affirmé vendredi que "de plus en plus de voix s'élèvent" pour modifier la Constitution, ce qui lui permettrait de briguer un troisième mandat présidentiel.

"De plus en plus de voix s'élèvent pour exiger une modification de la Constitution", a écrit le président centrafricain sur sa page Facebook, la veille de la fête de l'Indépendance.

Il a évoqué notamment les "aspirations profondes du peuple manifestées à travers des pétitions et marches de soutien à la réforme constitutionnelle".

"Je vous ai écoutés. Je prends acte de vos sollicitations pressantes qui me sont parvenues de partout réclamant une nouvelle Constitution", a poursuivi M. Touadéra, élu en 2016 à la tête de la Centrafrique et réélu en 2020.

Le 6 août, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés à Bangui, la capitale centrafricaine, pour demander la tenue d'un référendum pour modifier la Constitution, adoptée en 2016 et qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Début juillet, déjà, des centaines de manifestants avaient exigé une nouvelle Constitution.

Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) de M. Touadéra avait tenté en mars, lors d'un "dialogue républicain" excluant la rébellion et boycotté par l'essentiel de l'opposition, d'introduire un amendement faisant sauter le verrou du plafond de deux mandats et permettant ainsi au président d'en briguer un troisième en 2025.

Le MCU y a finalement renoncé face au tollé provoqué dans la société civile et à la réprobation de la communauté internationale.

Les promoteurs de la réforme constitutionnelle pressent M. Touadéra de la faire adopter par référendum.

M. Touadéra avait été réélu fin décembre 2020 avec 53,16% des suffrages à l'issue d'un scrutin controversé, moins d'un électeur sur trois ayant eu la possibilité d'aller voter en raison de l'insécurité dans un pays en proie à une guerre civile meurtrière depuis 2013.

Lors du scrutin, des groupes armés qui contrôlaient alors deux tiers du pays avaient lancé une offensive pour le renverser, mais le chef de l'État a appelé Moscou à la rescousse. Des centaines de paramilitaires russes ont débarqué en renfort de centaines d'autres déjà présents depuis 2018, et aidé l'armée à repousser les rebelles.


Victoire pour Biden avec l'adoption de son plan pour le climat et la santé au Congrès

Les démocrates célèbrent la signature de la loi sur la réduction de l'inflation par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (Photo, AFP).
Les démocrates célèbrent la signature de la loi sur la réduction de l'inflation par la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (Photo, AFP).
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  • Le texte sera promulgué par Joe Biden la semaine prochaine
  • Avec leur mince majorité, les démocrates de la Chambre des représentants ont permis l'adoption de ce plan

WASHINGTON: Le Congrès américain a définitivement adopté vendredi le vaste plan d'investissement de Joe Biden sur le climat et la santé, une victoire politique significative pour le président américain, à moins de trois mois d'élections législatives déterminantes.

Avec leur mince majorité, les démocrates de la Chambre des représentants ont permis l'adoption de ce plan de plus de 430 milliards de dollars, faisant suite à un vote similaire au Sénat il y a quelques jours.

Le texte, qui doit mettre le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, sera promulgué par Joe Biden la semaine prochaine, a indiqué le président dans un tweet.

"Aujourd'hui, le peuple américain a gagné", a écrit M. Biden. Avec cette loi, "les familles vont constater une baisse des prix des médicaments, des soins de santé, et des coûts de l'énergie."

Salué par la majorité des associations de lutte contre le changement climatique, cette réforme comprend 370 milliards de dollars dédiés à l'environnement, et 64 milliards de dollars pour la santé.

Baptisée "Inflation Reduction Act", elle entend dans le même temps réduire le déficit public avec un nouvel impôt minimal de 15% pour toutes les sociétés dont le bénéfice dépasse le milliard de dollars.

"Aujourd'hui est un jour de célébration", avait déclaré juste avant le vote la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Cette loi va permettre aux familles américaines "de prospérer, et à notre planète de survivre."

Le camp républicain accuse pour sa part le texte de générer des dépenses publiques inutiles, et fustige l'utilisation du fisc américain pour les financer. L'ancien président Donald Trump avait appelé sur son réseau social Truth Social tous les républicains à se prononcer contre.

Plus grand investissement climatique

Arrivé au pouvoir avec d'immenses projets de réformes, Joe Biden plaidait à l'origine pour un plan d'investissement plus vaste encore.

Mais les élus démocrates ont peu à peu dû revoir leurs ambitions à la baisse, afin de contenter notamment le sénateur Joe Manchin de Virginie-Occidentale, État connu pour ses mines à charbon. Son soutien était indispensable pour passer l'étape du Sénat.

Le texte reste malgré tout le plus grand investissement jamais engagé aux États-Unis pour le climat.

Il doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030. Le but fixé par Joe Biden est une réduction d'au moins 50% d'ici à cette date, mais d'autres mesures, notamment réglementaires, pourraient permettre d'en partie combler l'écart, selon des experts.

"Cette loi change la donne, et est une source d'espoir", a salué Johanna Chao Kreilick, présidente de l'"Union des scientifiques inquiets".

Les mesures prises vont "encourager d'autres pays à intensifier leurs engagements", s'est félicité vendredi Dan Lashof, directeur de l'organisation World Resources Institute aux Etats-Unis.

"En créant de fortes incitations à investir dans l'énergie solaire et éolienne, (le texte) va pour ainsi dire assécher le marché pour l'électricité produite à partir du charbon sur la prochaine décennie", avait-il résumé cette semaine.

Sous cette réforme, un Américain recevra jusqu'à 7.500 dollars en crédits d'impôts pour l'achat d'une voiture électrique. L'installation de panneaux solaires sur son toit sera prise en charge à 30%.

Des investissements sont également prévus pour le développement du captage de CO2, la résilience des forêts face aux incendies, ou encore la rénovation des logements pour les ménages les plus modestes.

Plusieurs milliards de dollars de crédits d'impôts seront également proposés aux industries les plus polluantes afin de les aider dans leur transition énergétique -- une mesure vivement critiquée par l'aile gauche du parti, qui a malgré tout dû se ranger derrière ce texte.

Médicaments moins chers

Le second volet de ce grand plan d'investissements entend en partie corriger les immenses inégalités dans l'accès aux soins aux États-Unis, notamment en baissant le prix des médicaments.

Medicare, un système public d'assurance santé destiné entre autres aux plus de 65 ans, pourra pour la première fois négocier directement les prix de certains médicaments avec les laboratoires pharmaceutiques, et ainsi obtenir des tarifs plus concurrentiels.

Les seniors seront par ailleurs garantis de ne pas avoir à débourser plus de 2.000 dollars par an pour leurs médicaments, à partir de 2025.

Le projet de loi prévoit aussi de prolonger des protections de l'"Affordable Care Act", l'emblématique assurance santé, plus connue sous le nom d'"Obamacare", qui contenait des mesures facilitant l'accès à l'assurance santé via des subventions aidant les familles à payer leur couverture médicale.


Liz Truss critiquée pour des commentaires sur l'«antisémitisme» de la fonction publique

Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme». (Reuters/photo d'archives)
Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme». (Reuters/photo d'archives)
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  • Ses commentaires sont qualifiés d'«incendiaires, insultants et odieux» par la FDA Union, qui représente les fonctionnaires britanniques
  • Ses propos ont également été critiqués par la communauté juive britannique, dont un membre du Parti travailliste juif au Parlement

LONDRES: La favorite pour remplacer Boris Johnson au poste de Premier ministre britannique a été critiquée pour avoir fait des commentaires «incendiaires» sur l'approche de la fonction publique britannique de la communauté juive.

Liz Truss, la favorite pour prendre la tête du Parti conservateur et devenir chef du gouvernement, a accusé la fonction publique d'avoir une «culture éveillée» qui «s'est égarée dans l'antisémitisme», selon Sky News.

«Chaque organisme a sa propre culture, mais elle n'est pas figée et peut être modifiée», déclare-t-elle dans un communiqué, après avoir pris la parole dans une synagogue de Manchester.

«C'est à cela que sert le leadership ministériel. Il s'agit de s'assurer que les politiques que nous représentons et les valeurs que nous défendons se traduisent dans ce que nous faisons.»

«J'ai été très claire avec nos responsables sur les positions que nous prenons concernant Israël, et cela se poursuivrait si j’occupais le poste de Premier ministre.»

L'actuelle ministre des Affaires étrangères a également été prise pour cible après avoir déclaré que créer sa propre entreprise était une «valeur juive».

À la suite d'une manifestation de soutien au Conseil des droits humains des Nations unies pour le Premier ministre israélien, Yair Lapid, qu'elle a qualifié de «bon ami», Truss a affirmé au Jewish Chronicle que l'on ne faisait pas assez pour informer les enfants et les enseignants sur l'antisémitisme, et que les campus universitaires devaient être «débarrassés» du problème.

«De nombreuses valeurs juives sont des valeurs conservatrices au même titre que les valeurs britanniques, à savoir l'importance de la famille et le fait de toujours prendre des mesures pour protéger l'unité familiale, la valeur du dur labeur et la volonté de création de sa propre entreprise», affirme-t-elle.

«La communauté juive britannique est incroyablement fière de ce pays, tout comme le sont les Conservateurs.»

Ses commentaires sont qualifiés d'«incendiaires, insultants et odieux» par la FDA Union, qui représente les fonctionnaires britanniques.

Truss n'a fourni «aucune preuve de ses accusations», selon le secrétaire général de la FDA, Dave Penman, qui a affirmé que les commentaires de Truss allaient «encore plus loin que la politique habituelle de messages codés» de l'élection pour la direction du Parti conservateur.

«Les Conservateurs gouvernent depuis plus de douze ans maintenant et pendant la majeure partie de cette période, Liz Truss a été ministre», indique-t-il. «Donc, les accusations d’éveil de la fonction publique sont un peu surprenants, étant donné qu'il s'agit essentiellement d'une critique de leur propre gouvernement.»

«Un Premier ministre est aussi ministre de la fonction publique, et lancer des accusations incendiaires aussi infondées illustre un manque de leadership, ce dont elle prétend faire preuve», poursuit-il.

Ses propos ont également été critiqués par la communauté juive britannique, dont un membre du Parti travailliste juif au Parlement.

Charlotte Nichols, députée du nord de l'Angleterre, a accusé Truss d'«utiliser la communauté juive comme faux prétexte pour attaquer la fonction publique sans fondement».

Sarah Owen, députée travailliste, a déclaré sur Twitter: «Utiliser le grave problème de l'antisémitisme dans les écoles et les universités pour propager le message de votre guerre anti-éveil contre les fonctionnaires n'est pas la bonne solution.

«Soit vous êtes éveillé simplement attentif à l'injustice sociale et à l'inégalité (y compris l'antisémitisme) , soit vous ne l'êtes pas.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com