La mode renie la fourrure, mais ne renonce pas encore au duvet animal

Un inspecteur qualité apose un certificat sur une couette en duvet d'eider à la société King Eider à Stykkisholmur, en Islande, le 5 juillet 2021. (Jérémie Richard/AFP)
Un inspecteur qualité apose un certificat sur une couette en duvet d'eider à la société King Eider à Stykkisholmur, en Islande, le 5 juillet 2021. (Jérémie Richard/AFP)
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Publié le Mardi 22 mars 2022

La mode renie la fourrure, mais ne renonce pas encore au duvet animal

  • Léger, isolant, au pouvoir gonflant: les propriétés du duvet d'oie ou de canard restent inégalées face aux matières dérivées du pétrole
  • The North Face a co-créé, avec l'ONG Textile Exchange et un organisme de certification, le label RDS garantissant notamment que les palmipèdes ne sont ni plumés à vif, ni gavés

PARIS: Promptes à bannir la fourrure, les marques de mode et de loisirs continuent de faire une place au duvet animal dans leur offre de doudounes, et même si le rembourrage synthétique reste majoritaire pour ce vêtement-phare de l'hiver, les alternatives fleurissent.

Léger, isolant, au pouvoir gonflant: les propriétés du duvet d'oie ou de canard restent inégalées face aux matières dérivées du pétrole qui garnissent encore plus de 80% des couettes et doudounes dans le monde, selon les estimations de professionnels du secteur de la plume.

Malgré leur coût plus élevé, des doudounes en duvet animal sont proposées par la quasi-totalité des enseignes de mode et de vêtements de loisirs, vendues dès 60 ou 70 euros par C&A, Zara ou H&M, et pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros chez Moncler ou Louis Vuitton.

"De plus en plus de consommateurs font de la durabilité un facteur clé dans leur choix d'achat. Comme le duvet provient de sources naturelles, le duvet d'origine responsable est une bonne option à inclure aux côtés des matériaux synthétiques", met en avant Julian Lings, responsable du développement durable chez The North Face, célèbre marque de vêtements de plein air.

En 2014, après avoir "été mis au fait des risques de maltraitance animale dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire" lui fournissant son duvet, The North Face a co-créé, avec l'ONG Textile Exchange et un organisme de certification, le label RDS garantissant notamment que les palmipèdes ne sont ni plumés à vif, ni gavés.

"En 2020, le standard RDS couvrait 636 millions d'oiseaux dans le monde", précise Textile Exchange. Downpass, autre label de référence, a certifié cette même année plus de 5.700 tonnes de plumes et duvets, dans un marché mondial estimé à 180.000 tonnes (tous usages confondus) et dominé par la Chine.

Moins de 1% des palmipèdes dans le monde - élevés en premier lieu pour leur viande - subiraient encore une plumaison à vif, en Chine et en Europe de l'est, selon le laboratoire indépendant de référence IDFL.

Des fleurs et même des mégots

Encore plus éco-responsable que la plume, sa version recyclée: Uniqlo, géant de la doudoune célèbre pour sa version ultra-légère à glisser sous un manteau, est parti de l'idée de "faire participer" les clients, en les invitant à rapporter en magasin les articles qu'ils ne mettaient plus: quelque 830.000 doudounes ont été récupérées depuis 2019 et leur duvet réutilisé dans de nouvelles collections.

Un programme de recyclage a aussi été lancé mi-2021 par Moncler. Le géant (coté en Bourse) de la doudoune de luxe, qui a annoncé en janvier renoncer à la fourrure comme de très nombreuses marques de mode, n'a cependant aucune intention de se passer du duvet.

D'étonnantes alternatives existent aussi: H&M - géant de l'habillement qui propose des doudounes en duvet recyclé provenant d'oreillers - innove avec une doudoune au garnissage vegan "approuvé" par l'organisation de défense des droits des animaux Peta, contenant des fleurs sauvages et vendue 249 euros.

Moins bucolique mais tout aussi écologique, la start-up TchaoMégot dépollue "sans eau ni produit toxique" les mégots de cigarettes pour en faire une matière isolante destinée à la construction ou la confection: 4.500 mégots sont par exemple nécessaires pour une doudoune.

"Des entreprises qui récoltent pour nous les mégots de leurs salariés nous commandent des doudounes pour +boucler la boucle+. Mais on voudrait passer à plus grande échelle, selon nos valeurs éthiques. On a toutefois refusé les propositions de gros groupes textiles qui voulaient envoyer la fibre à des milliers de kilomètres pour la confection. Si on recycle des mégots, c'est pas pour ensuite déverser du CO2 en les faisant voyager", met en avant Olympe Delaunay, chargée de communication.

Recyclé ou pas, hors de question d'utiliser du duvet animal pour la marque italienne de doudounes Save the Duck (littéralement "sauvez les canards") qui veut avant tout les préserver "de la cruauté que la filière impose. En dix ans, nous avons vendu 5 millions de doudounes et ainsi sauvé plus de 20 millions" de palmipèdes, met en avant son président Nicola Bargi, qui indique utiliser "de plus en plus de rembourrage issu du recyclage de bouteilles en plastique" pour limiter l'impact environnemental du synthétique.

Le périple aérien du duvet

Il s'accroche aux cheveux des employés et crisse sous les pas : le duvet volète partout dans l'usine française Interplume qui transforme en quelques heures le plumage de canards collecté auprès des abattoirs en rembourrage immaculé destiné aux couettes et doudounes.

"On achète les plumes, on les valorise, on les anoblit. La plume est un sous-produit de l'industrie agro-alimentaire, car ces canards sont avant tout élevés et abattus pour leur viande", souligne Jean-Philippe Catusse en arpentant le site qu'il dirige, un des plus gros d'Europe qui traite chaque jour 4 à 5 tonnes de plumes 100% françaises issues de canards de barbarie, palmipèdes de couleur blanche qui n'ont pas été gavés.

"Il y a vraiment une idée +zéro déchet+. Si on ne les collectait pas, ces plumes seraient incinérées. Et il n'y pas plus naturel et vertueux que le duvet pour les couettes et doudounes, alors que le rembourrage synthétique est un dérivé du pétrole", met-il en avant.

Chaque jour à l'usine de Sainte-Hermine, dans l'ouest de la France, plantée au milieu des champs, des camions-bennes arrivent des abattoirs avec leur cargaison de plumes grisâtres et odorantes, tout juste prélevées par des machines sur les canards qui ont été étourdis avant d'être tués. La matière brute est déversée dans de grands bassins d'eau et tamisée pour éliminer les résidus de graisse ainsi que les plus grosses plumes, destinées à la chimie fine pour en extraire la kératine.

"Sur le volume restant, les plumes de 5 à 7 centimètres vont servir à l'industrie de l'ameublement pour les assises et coussins de canapé. Celles de 3-4 centimètres, soit la majeure partie, serviront pour la literie. Et les duvets les plus fins, donc les plus chers, sont destinés aux doudounes ou couettes haut de gamme", explique à l'AFP Jean-Philippe Catusse.

Après un cycle d'1H30 dans des machines à laver industrielles, les plumes sont essorées, séchées puis chauffées à 120 degrés "pour devenir hypoallergéniques", et sont prêtes pour le calibrage.

Flocons tourbillonnants

"Ce qui est le plus léger monte" : derrière les vitres d'une immense trieuse de huit mètres de haut, les plumes désormais immaculées sont soufflées pour former un ballet aérien tourbillonnant, puis viennent se poser une à une selon leur taille, les plus grosses retombant en premier tandis que le petit duvet flotte longuement dans les airs.

"Cela s'appelle du flocon, c'est 10% du volume brut initial. Sa particularité c'est son pouvoir gonflant : un flocon est tridimensionnel et ses barbules s'accrochent à celles de ses voisins pour piéger l'air naturellement", explique M. Catusse, qui dirige une trentaine de salariés et indique traiter 30 à 40% de la production française de plumes et duvets – estimée à environ 6.600 tonnes par an.

Avant d'être compacté et emballé pour les clients d'Interplume – à 85% des enseignes de literie et 15% des marques de mode et luxe – chaque gros sac est contrôlé par un salarié qui jette en l'air une poignée de plumes et, selon la façon dont elles retombent, "arrive juste à l'œil à déterminer le pourcentage de duvet contenu à 2% près".

"Une couette de 220 par 240 cm contient 1,5 kilo de duvet et petites plumes, alors qu'une doudoune +normale+ c'est 80 grammes", précise M. Catusse.

De l'amont à l'aval, la filière avicole française est très contrôlée. Déjà certifié par plusieurs labels internationaux, Interplume est allé encore plus loin pour garantir l'origine française de sa plume sur les marchés étrangers, où la Chine domine largement comme premier producteur de canards.

"Nous avons fait appel à un laboratoire qui broie les plumes et en extraie plusieurs ratios isotopiques (eau, alimentation, teneur en carbone, densité de l'air, etc.) prouvant que les plumes sont issues de canards" élevés en France, détaille le président, qui juge cependant "un peu rageant de se dire qu'on produit 100% français et qu'on vend 80% à l'étranger".

Mais il souligne que si le synthétique reste largement majoritaire dans la literie et les doudounes, "la demande de naturel est plus forte qu'avant. Beaucoup de marques se disent, attendez, pourquoi essayer de reproduire chimiquement un produit de la nature qui est brulé si on ne l'utilise pas ?".

 


L'attaque américaine «totalement stupide» en pleine négociation 

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.  "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran. "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
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  • Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs"
  • M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine

GENEVE: Les États-Unis ont pris une décision "totalement stupide" en attaquant l'Iran, alors que les deux pays menaient des pourparlers, a estimé mardi l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies.

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.

"La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu).

"Personne ne doit s'attendre à ce que l'Iran fasse preuve de retenue face à une agression. Nous poursuivrons notre défense jusqu'à ce que cette agression cesse", a-t-il ajouté.

Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs".

M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine.

Mais selon M. Bahreini, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convaincu le président américain Donald Trump de sacrifier la diplomatie et d'attaquer l'Iran.

"C'était une décision totalement stupide. Ils comprendront plus tard à quel point cette décision était stupide. Ils le comprendront tous les deux, car l'Iran déterminera fermement le cours et l'issue de cette guerre", a-t-il soutenu.

"Tous nos voisins sont aujourd'hui déçus par la trahison des États-Unis, car tout le monde œuvrait pour la voie diplomatique, en particulier Oman. Les États-Unis ont trahi tout le monde", a encore insisté M. Bahreini.

Quand aux frappes de Téhéran contre des pays de la région abritant des bases américaines, il ne s'agit pas selon lui de représailles. "C'est un acte de légitime défense", a-t-il assuré.

"Nous ne pouvons en aucun cas permettre que ces bases soient utilisées pour mener des opérations militaires contre l'Iran", a ajouté M. Bahreini, assurant que les opérations iraniennes visaient "exclusivement "les installations militaires américaines.

Mardi, Trump a affirmé que les dirigeants iraniens "veulent discuter", mais M. Bahreini a affirmé qu'aucune démarche n'avait été entreprise auprès de Washington : "Il n'y a eu aucun contact de notre côté" depuis le début du conflit, a assuré le diplomate iranien.


L'Iran sous le feu israélo-américain, «trop tard» pour discuter selon Trump

De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
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  • Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains

TEHERAN: De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter.

"Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J'ai dit: Trop tard !" a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

A Téhéran, ville fantôme désertée par ses habitants,  les frappes de mardi ont selon les médias iraniens notamment touché l'institution chargée d'élire un nouveau guide suprême pour succéder à Ali Khamenei, tué samedi au début de ce conflit sans précédent.

Une vidéo diffusée par l'agence de presse Tasnim montre un nuage de fumée s'élever dans le ciel dans le centre de Téhéran, où se trouvent de nombreux bâtiments gouvernementaux.

"J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel", témoigne Samireh, une infirmière de 33 ans.

Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Golfe cible de nouvelles attaques 

En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains.

Dans la capitale saoudienne où plusieurs détonations ont été entendues par un journaliste de l'AFP et des témoins, l'ambassade américaine a fermé ses portes après une attaque de drone ayant provoqué un incendie.

A Bahreïn, une base aérienne américaine a été visé par des drones et de missiles, et à Oman et aux Emirats arabes unis, ce sont des installations pétrôlières qui ont été visées.

Comme à Ryad, l'ambassade américaine au Koweït et à Bahrein ont fermé par précaution jusqu'à nouvel ordre, et Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non essentiel d'Irak, de Jordanie et du Bahreïn.

Embrasement 

Depuis le début de la guerre, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. En Israël d'après les services de secours, dix personnes ont été tuées dans des frappes iraniennes.

Côté iranien, le Croissant-Rouge a annoncé un bilan de plus de 780 personnes tuées depuis le début de l'attaque samedi, un chiffre que l'AFP n'a pu vérifier.

Le Moyen-Orient dans son ensemble s'embrase: au Liban en une journée, le Hezbollah pro-iranien a annoncé des attaques de roquettes contre quatre bases militaires israéliennes de l'autre côté de la frontière.

Une "réponse", a-t-il dit, aux frappes israéliennes qui ont fait 52 morts selon les autorités, et qui faisaient suite à des tirs du Hezbollah.

Selon l'ONU, quelques 30.000 personnes ont été déplacées au Liban, où les ordres d'évacuation israéliens se succèdent.

Et l'agence de l'Union européenne pour l'asile redoute un scénario de "flux de réfugiés d'une ampleur sans précédent" en provenance d'Iran, qui compte près de 90 millions d'habitants.

"Le déplacement de ne serait-ce que 10% de la population iranienne suffirait à rivaliser avec les plus importants flux de réfugiés de ces dernières décennies", a-t-elle averti.

"Viser l'Amérique" 

Au début de l'attaque, qui s'est soldée par la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, Donald Trump avait appelé le peuple à renverser la République islamique en place depuis 1979.

Si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a assuré que ce n'était pas "l'objectif" de la guerre, qui pourrait durer des semaines, voire "beaucoup plus", selon Washington.

Il s'agit avant tout d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dement - et de détruire ses capacités balistiques, selon Israël.

Après la guerre de douze jours en juin 2025, les Iraniens "ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique", a-t-il ajouté.

"M. Rubio a admis ce que nous savions tous: les Etats-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d'Israël. Il n'y a jamais eu de soi-disant +menace+ iranienne", lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Inquiétude des marchés 

Face à l'extension de ce conflit protéiforme, l'inquiétude gagne les marchés: les Bourses mondiales creusent leurs pertes, lestées par la flambée des prix du pétrole. Les prix du gaz européen s'envolent aussi, affectés par l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar et la paralysie du détroit d'Ormuz.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans ce stratégique détroit qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique.

Et un général a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Quant aux touristes bloqués au Moyen-Orient, certains ont commencé à rentrer dès que l'espace aérien a rouvert.

Tout juste arrivé à l'aéroport de Roissy lundi soir, Aurélien, cadre bancaire de 43 ans, raconte comment l'escale d'une heure à Abou Dhabi que devait faire sa famille après un séjour en Thaïlande "s'est transformée en séjour de trois jours".

"On a entendu beaucoup d'avions de chasse passer... Le bruit des interceptions de missiles iraniens, des débris...", explique-t-il, alors que la France se prépare à affréter des vols pour rapatrier des ressortissants vulnérables.

 


Berlin, Paris et Londres prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale. (AFP)
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  • Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours
  • Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale

BERLIN: Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

"Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région", potentiellement en empêchant la République islamique de tirer des missiles et des drones, a mis en garde le groupe E3, qui rassemble les trois puissances, dans une déclaration commune.

Téhéran a répliqué à l'offensive américaine et israélienne débutée samedi avec des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les dirigeants européens se disent "consternés" par ces attaques "à l'aveugle et disproportionnées" qui touchent des pays du Moyen-Orient non impliqués dans l'opération militaire initiale.

Les frappes "ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", ajoute le communiqué.

Berlin, Paris et Londres discuteront de ces mesures défensives avec les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Dimanche, Washington a aussi fait état des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération qui a mené à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.