Zelensky demande à l'Otan « une aide militaire sans restriction », Biden arrive à Bruxelles

Aparté à Bruxelles entre le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden. (AFP).
Aparté à Bruxelles entre le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Joe Biden. (AFP).
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Publié le Jeudi 24 mars 2022

Zelensky demande à l'Otan « une aide militaire sans restriction », Biden arrive à Bruxelles

  • Le président Zelensky, qui doit s'exprimer par vidéoconférence lors des sommets de Bruxelles, a appelé l'Otan à fournir des armes à son pays
  • La Suède et l'Allemagne ont annoncé pour leur part la livraison à l'Ukraine de 5 000 et 2 000 nouvelles armes antichar respectivement

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé jeudi aux pays de l'Otan de fournir "une aide militaire sans restriction" à son pays, pour qu'il puisse faire face à l'armée russe que Kiev affronte pour l'instant "dans des conditions inégales".


"Pour sauver les gens et nos villes, l'Ukraine a besoin d'une assistance militaire sans restriction. De même que la Russie utilise, sans restriction, tout son arsenal contre nous", a déclaré M. Zelensky dans un message vidéo publié sur son compte Telegram à l'attention des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance atlantique, réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles.


"L'armée ukrainienne résiste depuis un mois dans des conditions inégales ! Je répète la même chose depuis un mois maintenant", a-t-il souligné. 


Il a renouvelé notamment ses demandes d'avions de chasse et de chars,  notamment pour "débloquer" Marioupol, Berdiansk ou Melitopol, des villes du sud de l'Ukraine assiégées ou occupées par l'armée russe.  


"Vous avez des milliers d'avions de chasse. Mais on ne nous en a pas encore donnés", a-t-il lancé. 


"Vous avez au moins 20.000 chars (...) L'Ukraine a demandé un pour cent de tous vos chars ! Donnez-les nous ou vendez-les nous ! Mais nous n'avons toujours pas de réponse claire".


Le président ukrainien a par ailleurs accusé la Russie d'utiliser des bombes au phosphore sur des cibles ukrainiennes. 


"Ce matin (...) il y a eu des bombes russes au phosphore. Des adultes ont été tués et des enfants ont été tués à nouveau", a affirmé M. Zelensky, relayant des accusations émises jeudi par le gouverneur de la région de Lougansk (est) après des bombardements sur la localité de Roubijné. 


Un autre responsable local de Lougansk avait déjà accusé le 13 mars les forces russes d'utiliser des bombes au phosphore. Et un responsable d'Irpin, à la périphérie nord-ouest de Kiev, avait relayé mercredi sur les réseaux sociaux des accusations similaires concernant sa ville.

Il a aussi lancé un vibrant appel aux citoyens du monde entier à manifester contre l'invasion russe de son pays, un mois jour pour jour après son commencement et à quelques heures d'une série de sommets à Bruxelles jeudi entre dirigeants occidentaux.

"Allez-y avec des symboles ukrainiens pour défendre l'Ukraine, pour défendre la liberté, pour défendre la vie!", a lancé M. Zelensky dans la nuit de mercredi à jeudi via un message vidéo en anglais. "Retrouvez-vous sur les places, dans la rue, montrez-vous et faites-vous entendre!"

"Exprimez-vous, manifestez depuis vos bureaux, vos maisons, vos écoles et vos universités, manifestez au nom de la paix !", a martelé le président. "Le monde doit arrêter la guerre".

Il s'est également adressé aux Russes: "Si vous le pouvez, quittez la Russie et ne payez pas vos impôts pour cette guerre", a-t-il dit.

Alors que l'invasion russe entre dans son deuxième mois, trois sommets - Otan, G7 et Union européenne - attendent en un seul jour à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux.

Le président américain Joe Biden est arrivé à Bruxelles et a été accueilli par le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg. 

Selon la Maison Blanche, il s'agira surtout de consolider l'arsenal de sanctions déjà prises, pour éviter les tentatives de contournement de Moscou, et de renforcer dans la durée le positionnement de l'Otan en Europe de l'Est.

"Ce que nous aimerions entendre est que cette fermeté partagée que nous avons vue au cours du mois dernier durera autant qu'il le faudra", a déclaré Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, arrivé mercredi soir dans la capitale belge et qui doit ensuite se rendre en Pologne vendredi.

Washington doit par ailleurs annoncer jeudi "un ensemble de sanctions qui concernent à la fois des personnalités politiques" et "des oligarques", a fait savoir M. Sullivan.

L'Otan va déployer quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, Roumanie, Hongrie et Slovaquie pour renforcer ses défenses contre la Russie sur son flanc oriental, a annoncé son secrétaire général Jens Stoltenberg.

 

Boris Johnson appelle à cibler les réserves d'or russes

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé jeudi à accroître encore "la pression" sur le gouvernement du président russe Vladimir Poutine en raison de l'invasion de l'Ukraine, en empêchant notamment la Russie d'utiliser ses importantes réserves d'or.


"Nous devons faire plus et nous devons faire plus sur le plan économique", a déclaré le dirigeant à la radio LBC avant sa participation à un sommet extraordinaire de l'Alliance atlantique à Bruxelles, un mois après le début de la guerre. 


"Pouvons-nous faire plus pour l'empêcher d'utiliser ses réserves d'or, en plus de ses réserves de devises?", a-t-il poursuivi à propos du président russe Vladimir Poutine. 


Une partie des réserves de devises étrangères de la Banque centrale russe à l'étranger ont été gelées par les Occidentaux, limitant sa capacité d'action, mais celle-ci a accumulé d'importantes réserves d'or lui permettant de faire face aux sanctions économiques.


Après une vague de sanctions occidentales visant des intérêts russes, "mon message aujourd'hui à l'Otan est qu'il y a moyen pour le monde de continuer à intensifier la pression sur Poutine", a affirmé M. Johnson. 


"Plus nous faisons pression maintenant, surtout sur des choses comme l'or, plus je pense que nous pourrons abréger la guerre, abréger le massacre en Ukraine". 


Le sommet extraordinaire de l'Otan sera suivi jeudi par un sommet du G7 au siège de l'Alliance. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se réuniront ensuite pour un sommet de deux jours.


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit intervenir en visioconférence durant les trois sommets, centrés sur la guerre lancée par la Russie contre l'Ukraine. 


"La machine de guerre russe est déjà coupable de crimes de guerre", a affirmé M. Johnson, estimant que la Russie devrait comparaître devant la Cour internationale de justice, et le président Poutine devant la Cour pénale internationale. 

Livraisons d'armes 

Le président Zelensky, qui doit s'exprimer par vidéoconférence lors des sommets de Bruxelles, a appelé l'Otan à fournir des armes à son pays. "Nettoyez notre sol des envahisseurs et restaurez la paix en Ukraine", a-t-il imploré.

Saluant la résistance "extraordinairement courageuse" des Ukrainiens, le Premier ministre britannique Boris Johnson avait un peu plus tôt annoncé la livraison de 6 000 missiles antichar supplémentaires à Kiev. Londres a déjà livré à l'Ukraine 4 000 de ces armes.

La Suède et l'Allemagne ont annoncé pour leur part la livraison à l'Ukraine de 5 000 et 2 000 nouvelles armes antichar respectivement. Les forces ukrainiennes ont déjà reçu 1 000 armes antichar et 500 lance-missiles sol-air de type Stinger pris dans les réserves de la Bundeswehr, l'armée allemande.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a accusé la Russie d'avoir "commis des crimes de guerre en Ukraine".

"Nous avons vu de nombreux rapports crédibles d'attaques aveugles et d'attaques visant délibérément des civils, ainsi que d'autres atrocités", a-t-il déclaré dans un communiqué, en soulignant qu'il reviendra aux tribunaux de déterminer les responsabilités.

M. Zelensky avait affirmé mercredi que près de 100 000 personnes étaient encore piégées dans les ruines de Marioupol, grande ville assiégée du sud du pays, "sans nourriture, sans eau, sans médicaments, sous des bombardements constants".

Chandelles à l'hôpital

A l'hôpital numéro un de Marioupol, les patients sont soignés dans les sous-sols à la lueur des chandelles, a indiqué le conseil municipal.

"Les chandelles restent la principale source de lumière. Ils essaient d'économiser le carburant le plus possible, donc les générateurs diésel ne sont utilisés que pour les opérations complexes", a raconté le conseil sur Telegram, ajoutant qu'entre 600 et 700 habitants des environs se sont également réfugiés dans cet hôpital.

Le conflit est également meurtrier pour les forces russes, qui ont déjà perdu entre 7 000 et 15 000 soldats en Ukraine, selon un haut responsable de l'Otan, qui se base notamment sur des informations en provenance des autorités ukrainiennes et des services de renseignement occidentaux.

L'invasion russe "s'enlise malgré toutes les destructions qu'elle provoque jour après jour", a estimé le chancelier allemand Olaf Scholz.

Positions défensives

Selon Washington, l'offensive de l'armée russe piétine notamment dans les environs de la capitale Kiev.

"Les Ukrainiens ont réussi à repousser les Russes à 55 km à l'est et au nord-est de Kiev", a déclaré à la presse un haut responsable du Pentagone ayant requis l'anonymat. "Ce n'est pas qu'ils n'avancent pas, c'est qu'ils ne tentent pas d'avancer. Ils prennent des positions défensives", a-t-il ajouté.

Faute de réussir à s'emparer des grandes villes, l'armée russe continue de les bombarder de façon intense. L'état-major ukrainien a recensé 250 sorties aériennes russes mercredi, 60 de plus que mardi. "Les principales cibles de l'ennemi restent les infrastructures militaires et civiles dans les oblasts de Kiev, Tcherniguiv et Kharkiv", a-t-il indiqué jeudi sur sa page Facebook.

A Kiev, une nouvelle frappe sur le parking d'un centre commercial a fait un mort et deux blessés mercredi, selon le maire Vitali Klitschko. Plus tôt dans la journée, quatre personnes avaient été blessées dans des bombardements sur des immeubles.

Une journaliste russe, Oksana Baulina, a été tuée mercredi dans un bombardement sur Kiev, a annoncé le média en ligne pour lequel elle travaillait, The Insider.

Plus de 3,6 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le 24 février, indique le décompte de l'ONU publié mercredi. Au total, quelque dix millions de personnes, soit un quart environ de la population du pays, ont été forcées de quitter leur foyer.

L'Assemblée générale de l'ONU regroupant 193 Etats devrait adopter jeudi une nouvelle résolution qui va "exiger" de la Russie un arrêt "immédiat" de la guerre en Ukraine.

En attendant, les ambassades des pays impliqués dans la crise continuent de se vider. La Russie a décidé mercredi d'expulser des diplomates américains, en représailles à l'expulsion par Washington de 12 membres de la mission russe auprès de l'ONU.

La Pologne a quant à elle expulsé 45 diplomates russes soupçonnés d'espionnage. Et le Bélarus va expulser la plupart des diplomates ukrainiens en poste sur son territoire, accusant Kiev d'actions "inamicales" et "d'ingérence" dans ses affaires.

En Russie, le régulateur des médias (Roskomnadzor) a restreint l'accès au service en ligne News.Google, accusé de fournir l'accès à de "fausses" informations sur la guerre.

Depuis le début de l'invasion le 24 février, le pouvoir russe a considérablement renforcé son contrôle des informations diffusées sur internet.

De nombreux médias russes et étrangers, dont la BBC, ont été interdits d'accès et les réseaux sociaux américains Facebook et Instagram ont été déclarés "extrémistes" par un tribunal moscovite. L'accès à Twitter a également été restreint.

La semaine dernière, Roskomnadzor avait accusé Google et son service vidéo YouTube d'activités "terroristes", première étape vers un possible blocage.

Kiev affirme avoir détruit un navire russe de transport de troupes en mer d'Azov

La marine ukrainienne a affirmé jeudi avoir détruit un navire de transport de troupes russes ancré dans le port de Berdiansk, ville proche de Marioupol sur la mer d'Azov.


"Le navire de transport de troupes Orsk a été détruit dans le port occupé de Berdiansk. Gloire à l'Ukraine!", a écrit la marine dans un message sur son compte Facebook, accompagné de trois photos: un gros plan du navire non endommagé, et deux photos montrant, de loin, de la fumée dans le port et un bateau en feu, sans qu'on y distingue clairement le bateau.


Selon l'agence Tass, qui citait la chaîne de télévision Zvezda du ministère russe de la Défense, ce navire de transport de troupes et de matériel appartenant à la Flotte de la mer Noire était le premier navire russe de guerre russe à arriver à Berdiansk, le 21 mars. 


"L'arrivée de ce grand navire de débarquement dans le port de Berdiansk est un événement important, qui ouvre des possibilités pour la mer Noire en termes de logistique en utilisant pleinement l'infrastructure de Berdiansk", disait Zvezda en citant un officier de la flotte russe. 


Le navire, qui peut transporter jusqu'à 1.500 tonnes de cargaison, "est en train de décharger sous nos yeux des véhicules blindés qui renforceront notre déploiement", ajoutait la même source.


L'information était invérifiable dans l'immédiat. L'armée russe ne donne que très rarement des informations sur ses pertes.


Le port de Berdiansk est situé à 80 km à l'ouest du port stratégique de Marioupol, dont les Russes tentent de s'emparer depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février. Marioupol est assiégée depuis la fin février et pilonnée sans répit.


Si des milliers de véhicules chargés de civils ont pu quitter la ville la semaine dernière, quelque 100.000 personnes y sont toujours coincées dans des conditions de dénuement total, selon Kiev, et plus de 2.500 personnes y ont déjà péri.


Cette région du sud-est de l'Ukraine est l'une de celles où les forces russes ont le plus progressé depuis le début du conflit, même s'ils ne peuvent revendiquer le contrôle total que d'une seule ville d'importance, Kherson.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.