Ce que signifierait la radiation du CGRI de la liste des terroristes pour les Etats-Unis

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Publié le Jeudi 24 mars 2022

Ce que signifierait la radiation du CGRI de la liste des terroristes pour les Etats-Unis

  • Téhéran aurait fait pression sur l'équipe de Biden à Vienne pour lever les sanctions contre le Corps des gardiens de la révolution islamique
  • Une bouée de sauvetage financière permettrait au CGRI de plonger de nouvelles parties du Moyen-Orient dans le chaos et les conflits

WASHINGTON, D.C.: L'administration du président américain, Joe Biden, serait en train de finaliser la relance de l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran.
Des sources affirment que Téhéran insiste pour que Washington accepte de retirer le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de sa liste des organisations terroristes étrangères.
L'équipe de négociation américaine, dirigée par le représentant spécial pour l'Iran, Robert Malley, pense pouvoir obtenir du gouvernement iranien les concessions et les garanties nécessaires pour l'empêcher de dépasser le seuil nucléaire autorisé.
Les analystes pensent qu'un Iran doté d'une capacité nucléaire donnerait un pouvoir considérable au Corps des gardiens de la révolution islamique et renforcerait probablement sa campagne de guerre dans l’ensemble du Moyen-Orient.

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Une femme brandit un portrait de Qassem Soleimani lors d'un service commémoratif qui marque le deuxième anniversaire de sa mort dans une école de Beyrouth. (archives AFP)

L'Iran aurait fait pression sur l'équipe de M. Biden pour qu'elle accepte une révision presque totale non seulement des sanctions économiques liées au programme nucléaire iranien, mais aussi de celles qui sont liées aux activités terroristes spécifiquement rattachées au Corps des gardiens de la révolution islamique.
Selon certaines sources, l'une des conditions posées par Téhéran pour relancer le «Plan d'action global conjoint» (PAGC), le nom officiel de l'accord nucléaire, est la suppression de la mention terroriste, qui assimile le CGRI à Daech et à Al-Qaïda.
L'administration Biden n'a pas confirmé les fuites, mais elle a clairement indiqué qu'elle espérait rétablir le PAGC. Certains signes indiquent toutefois qu'elle pourrait accéder aux demandes de Téhéran.
Des voix s’élèvent pour critiquer ce qu'elles considèrent comme une grave faille dans le raisonnement stratégique de l'administration Biden.

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Un missile iranien lancé lors d'un exercice militaire conjoint baptisé «Great Prophet 17» dans le sud-ouest de l'Iran. (AFP/Gardes révolutionnaires d'Iran via Sepah News)

Michael Doran, chercheur principal à l'institut Hudson, déclare à Arab News que l'accord envisagé par l'administration Biden n'empêchera pas l'Iran de développer des armes nucléaires et ne dissuadera pas le CGRI de mener des attaques terroristes contre les intérêts américains et alliés.
Il précise: «Les responsables de Biden et, avant eux, les responsables de [l'ancien président américain Barack] Obama nous ont promis à plusieurs reprises que l'accord nucléaire n'empêcherait pas les États-Unis d’œuvrer à contenir le CGRI sur le terrain au Moyen-Orient.»
«Il est clair que l'accord nucléaire concerne bien plus que les armes nucléaires. Il supprimera toutes les restrictions significatives sur le programme d'armes nucléaires de l'Iran, ouvrant ainsi la voie à l'acquisition rapide d'une bombe nucléaire.»
Le CGRI a été fondé en tant que gardien idéologique de la révolution iranienne de 1979; il est chargé de défendre la République islamique contre les menaces internes et externes. Sa participation à la guerre Iran-Irak dans les années 1980 a conduit à l'expansion de son rôle et de sa puissance. Elle a fait de lui la force militaire dominante de l'Iran, dotée de sa propre armée de terre, sa marine et son armée de l'air et, plus tard, son propre service de renseignement.

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Vue d'un silo endommagé dans les installations pétrolières de Saudi Aramco à Djeddah, en Arabie saoudite, après une attaque de missiles houthis sur les installations qui a déclenché une explosion et un incendie dans un réservoir de carburant. (AFP)

Au fil du temps, le Corps des gardiens de la révolution islamique a acquis un rôle prépondérant dans l'exécution de la politique étrangère de l'Iran, et il contrôle actuellement de vastes pans de l'économie. Le CGRI s'est révélé un outil privilégié du Guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, pour lancer des attaques potentiellement nuisibles en recourant à des cadres ainsi qu’à leurs mandataires endoctrinés et formés par des agents iraniens qui jouissent de décennies d'expérience dans ce type d'opérations.
Comme on pouvait s'y attendre, les analystes s'accordent à dire que la levée des sanctions nucléaires et des sanctions liées au terrorisme entraînerait inévitablement une importante injection de liquidités dans les coffres du CGRI, ce qui ne pourrait qu'encourager l'expansion des activités terroristes de l'organisation.
«Cette mesure permet aux personnes et aux entreprises liées au CGRI de conclure des accords commerciaux avec des entités étrangères en étant moins surveillées et de transférer de l'argent à travers le monde plus facilement», déclare à Arab News Saïd Ghasseminejad, conseiller principal sur l'Iran à la Fondation pour la défense des démocraties.
«Cela s'ajoute aux dizaines de milliards de dollars qui seront disponibles pour le régime après l'accord, ce qui profite au CGRI en tant que partie prenante essentielle du régime fondamentaliste islamique de Téhéran», précise-t-il.
«Le retrait du Corps des gardiens de la révolution islamique de la liste des organisations terroristes et la levée des sanctions à l'encontre des entreprises qui lui sont liées renforcent ses ressources financières, élargissent sa capacité opérationnelle et accroissent son pouvoir politique et son influence régionale», indique-t-il encore.
Téhéran semble avoir saisi les signaux de l'administration Biden, qui, tout en affirmant publiquement que le processus de Vienne ne sera pas illimité, a donné à l'Iran une marge de manœuvre importante pour faire traîner les négociations nucléaires afin d'obtenir un maximum d'influence et de concessions.

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Le pétrolier iranien Sabiti navigue en mer Rouge. (Archive AFP)

«Washington ne semble pas pouvoir dire non à Téhéran, car l'administration Biden veut un accord nucléaire presque à tout prix.»
«Le CGRI est une organisation terroriste et elle n'a pas changé de comportement ni de mission. Ce qui a changé, c'est que Washington cherche désespérément à conclure un accord avec les ayatollahs», poursuit Ghasseminejad.
Le CGRI est impliqué dans des attaques contre des civils depuis les années 1980. Selon la plupart des témoignages, ses opérations terroristes ont provoqué la mort de milliers d'étrangers innocents. Elles ont ciblé des Arabes, des Israéliens, des Américains et des Européens, de l'Argentine à la Thaïlande.
Ses mandataires, notamment les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban, menacent activement le monde arabe, tout en se dotant de capacités de missiles qui mettent en péril l'existence même d'Israël. Par ailleurs, si l'administration Biden a récemment condamné les attaques aveugles de missiles des Houthis contre les infrastructures civiles et les centres de population en Arabie saoudite ainsi que dans les Émirats arabes unis, elle a fait preuve d'un silence ostensible lorsqu'il s'est agi de s'attaquer à la racine du problème.
Jason Brodsky, directeur politique d’United Against Nuclear Iran, fait savoir à Arab News qu'il existait des raisons pressantes de sécurité nationale qui expliquent le maintien du CGRI sur la liste américaine des Organisations terroristes étrangères (Foreign Terrorist Organization ou FTO, NDRL).
«La mention “FTO” s'accompagne d'interdictions uniques en matière de criminalité et d'immigration et présente donc une distinction juridique que d'autres désignations antiterroristes, comme l'ordre exécutif 13224 (émis par l'ancien président américain George W. Bush en réponse aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis), ne présentent pas.»

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Vue d'un lanceur de missiles antiaériens tirant une salve lors d'un exercice militaire conjoint entre l'armée iranienne et le CGRI. (Archive AFP)

«La radiation du Corps des gardiens de la révolution islamique en échange d'un simple engagement public en faveur de la désescalade créerait un précédent troublant, car elle risquerait de déprécier la liste des FTO, qui désigne des organisations en raison de leur comportement», affirme M. Brodsky.
Il souligne que les branches locales du Corps des gardiens de la révolution islamique en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen ne pouvaient être dissociées de ce qui pourrait s’apparenter à une concession stratégique qui changerait la donne si elle était approuvée par Biden.
Les réseaux terroristes qui opèrent sous des noms distincts ainsi que sous une houlette idéologique et opérationnelle commune supervisée par le CGRI ne se sentiraient pas contraints de modifier leur comportement par un accord nucléaire, ajoute-t-il.
«Il est également insensé de retirer de la liste le cœur de la main-d'œuvre, de l'argent et du matériel – le CGRI – tout en incluant ses mandataires, comme le Hezbollah, sur la liste des FTO.»
«Le département d'État [américain] a déjà connu une mauvaise expérience quand il a retiré les Houthis de la liste des FTO et il a été contrait de condamner de manière maladroite chaque attaque des Houthis tout en essayant de justifier sa décision. Retirer le CGRI de la liste des FTO serait encore pire», insiste Brodsky.
Et ce dernier fait remarquer que la manne financière potentielle qui résulterait de la levée des sanctions contre le terrorisme jouerait également sur la dynamique interne du pouvoir au sein du régime iranien.
Les membres du CGRI participent à des exercices militaires de cinq jours dans trois provinces iraniennes. (Dossier/AFP)
«Je ne sous-estimerais pas l'importance que revêt pour le président iranien, Ebrahim Raïssi, le retrait du CGRI de la liste des FTO. Il nourrit des ambitions au-delà de la présidence, et plus précisément au sujet de la direction suprême; il a besoin du soutien du CGRI dans ce processus. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles l'establishment iranien en a fait une priorité», indique-t-il.
En inversant la campagne de «pression maximale» de l'ancien président américain Donald Trump, l'équipe Biden serait-elle en train de créer un précédent susceptible d'affaiblir considérablement la position et l'influence diplomatique des États-Unis au Moyen-Orient?
«En faisant pression pour que le CGRI ne soit plus considéré comme une FTO, Téhéran cherche à remporter une victoire de propagande. Mais, surtout, elle envoie un message terrible aux alliés et partenaires des États-Unis dans la région, avec lesquels les relations sont déjà tendues sur toute une série de questions», explique Brodsky.
Le prédécesseur de Biden a adopté une approche résolument différente lorsqu'il s'agissait de savoir comment réagir aux menaces qui émanaient directement des complots du CGRI. Par exemple, une décision telle que l'assassinat ciblé, en 2019, du chef et commandant le plus compétent du CGRI, Qassem Soleimani, en réponse à des renseignements qui indiquaient qu'il préparait une attaque contre l'ambassade américaine à Bagdad serait impossible à prendre si l'accord nucléaire proposé était mis en œuvre.
Len Khodorkovsky, ancien haut fonctionnaire du département d'État américain, estime que l'équipe Biden commet une erreur de négociation fondamentale en ne fixant pas de lignes rouges, claires, pour l'Iran.
«Le président Biden a décidé de faire tout ce qu'il faut pour revenir dans le PAGC. Ce désespoir a été exploité par le régime iranien afin d’obtenir des concessions farfelues. Si vous voulez savoir ce que fera le CGRI après sa radiation, il suffit de regarder ce qu'ont fait les Houthis. Les terroristes feront toujours ce qu'ils font le mieux: terroriser les gens», prévient Khodorkovsky.
En d'autres termes, si un accord nucléaire est signé dans les conditions actuelles, les missiles iraniens continueront de menacer Djeddah, Abu Dhabi, Bagdad, Erbil et Tel-Aviv, tandis que le terrorisme risque de plonger de vastes pans du Moyen-Orient dans le chaos et les conflits.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.


Liban: effroi et destructions au coeur de Beyrouth, pilonné par Israël avec et sans avertissement

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
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  • Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • "Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger

BEYROUTH: Sarah Saleh et sa famille ont fui en pyjama mercredi, après que l'armée israélienne a averti d'une frappe sur un immeuble du coeur de Beyrouth, proche de l'école reconvertie en centre d'accueil qui les abrite.

Mais plusieurs autres bombardements contre deux quartiers populaires voisins, sans avertissement, ont violemment pris par surprise les habitants, en pleine nuit et au petit matin.

Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger.

Avec ses parents, son frère, ses soeurs et leurs enfants, "nous avons fui en pyjama", vers une place du centre-ville, ajoute-t-elle.

Les enfants "se sont mis à pleurer et à paniquer, c'était déchirant", dit-elle, portant un masque pour se protéger de la poussière qui se dégage des décombres du bâtiment visé, dans le quartier de Bachoura, proche d'une des principales artères de la capitale.

"Le bruit était terrifiant (...) Tout Beyrouth a été secoué", affirme cette déplacée de la banlieue sud de Beyrouth, réfugiée dans la même école qui l'avait abritée lors de la guerre précédente de 2024.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran en menant une attaque contre Israël en représailles des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en parallèle d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a également bombardé à plusieurs reprises des bâtiments en plein coeur de la capitale, parfois sans avertissement.

"Ce qui est effrayant, c'est qu’ils sont en train de frapper sans prévenir", déclare la jeune femme.

"Heureusement qu'ils ont émis un avertissement ici, parce que dans l’école qui nous accueille il y a des enfants et des bébés", ainsi que des personnes âgées, soupire-t-elle.

"Terrifiant" 

A quelques encablures de là, à Zokak al-Blatt, quartier densément peuplé proche du siège du gouvernement et de plusieurs ambassades, des habitants déblayent les débris et les éclats de verre laissés par la dernière frappe sur les voitures et dans les rues.

Des engins dégagent la route et transportent les décombres, tandis que des commerçants vont et viennent devant des devantures brisées, sous le bourdonnement d'un drone israélien survolant la capitale.

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir.

"Ma famille et moi avons été terrifiés", raconte Haidar, 68 ans, qui habite à proximité. "Quand il n’y a pas d’avertissement, c’est très difficile", ajoute ce commerçant.

Il explique que sa femme, cédant à l'effroi, tente de trouver refuge ailleurs après que le quartier a été visé plusieurs fois depuis le début de la guerre.

Dans la rue, une femme pleure et une famille avec enfants, portant des sacs et une poupée rose, quitte les lieux.

L'une des frappes, menée sans avertissement, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, selon la chaîne.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 912 personnes, dont 111 enfants, depuis début mars, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes - plus du sixième de la population du petit pays.

"Nous pouvons à peine parler (...) Nous sommes épuisés", dit Zainab, 65 ans, qui vit à proximité  et se trouvait chez elle avec des proches lors de la dernière frappe.

Le bombardement "était très fort (..) comme s'il se produisait au-dessus de nos têtes", dit-elle.

"Nous avons peur (..) toutes les heures ou deux heures, ils frappent quelque part", ajoute-t-elle. Mais "où sommes-nous censés partir?".


Iran: les Etats-Unis et Israël frappent l'installation gazière de South Pars 

Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
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  • "Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste"
  • L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990

TEHERAN: Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine.

"Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste", a déclaré la télévision, citant le gouverneur adjoint de la province méridionale de Bouchehr.

Elle a ajouté que des équipes de pompiers avaient été dépêchées sur les lieux pour maîtriser l'incendie.

L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990.

Israël avait déjà frappé des installations iraniennes de ce site au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025.

Le pays a lancé de nouvelles frappes contre l'Iran le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, tuant au premier jour son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et déclenchant une guerre qui s'est étendue à tout le Moyen-Orient.