Nazanin Zaghari-Ratcliffe appelle à libérer tous ceux «injustement détenus» en Iran

Nazanin Zaghari-Ratcliffe appelle à libérer tous ceux «injustement détenus» en Iran (Photo, AFP).
Nazanin Zaghari-Ratcliffe appelle à libérer tous ceux «injustement détenus» en Iran (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 22 mars 2022

Nazanin Zaghari-Ratcliffe appelle à libérer tous ceux «injustement détenus» en Iran

  • Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, et Anoosheh Ashoori, un autre Irano-Britannique de 67 ans, ont été libérés la semaine dernière et sont retournés jeudi au Royaume-Uni
  • Mme Zaghari-Ratcliffe a remercié tous ceux qui ont permis sa libération mais critiqué le fait qu'il ait fallu cinq chefs de la diplomatie britannique pour l'obtenir

LONDRES: L'Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a appelé lundi à la libération de tous ceux qui sont "injustement détenus" en Iran, estimant qu'elle n'aurait pas dû y passer six ans en prison jusqu'à sa libération la semaine dernière.

"Le sentiment de liberté ne sera jamais complet tant que tous ceux d'entre nous qui sont injustement détenus en Iran n'auront pas retrouvé leur famille", a déclaré Mme Zaghari-Ratcliffe lors d'une conférence de presse.

Elle a cité notamment le tri-national irano-britannico-américain Morad Tahbaz mais aussi "d'autres binationaux" ou "des membres de groupes religieux ou prisonniers de conscience".

"Il y a tant d'autres personnes dont nous ne connaissons pas les noms qui souffrent en prison en Iran donc je pense que la justice en Iran n'a pas de sens parce que dans le pire des cas, vous avez un procès injuste et si vous avez de la chance vous tombez sur un juge semi-juste", a-t-elle expliqué.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, et Anoosheh Ashoori, un autre Irano-Britannique de 67 ans, ont été libérés la semaine dernière et sont retournés jeudi au Royaume-Uni, mettant fin à des années de douloureuse saga.

Mme Zaghari-Ratcliffe a remercié tous ceux qui ont permis sa libération mais critiqué le fait qu'il ait fallu cinq chefs de la diplomatie britannique pour l'obtenir.

"Ce qui vient de se passer aurait dû se passer il y six ans", a-t-elle estimé. "Je n'aurais pas dû passer six ans en prison."

Dette historique

Cette employée de la Fondation Thomson Reuters, bras philanthropique de l'agence de presse éponyme, avait été arrêtée en avril 2016 après avoir rendu visite à sa famille avec sa fille de 22 mois.

Accusée de complot pour renverser la République islamique, elle avait été d'abord condamnée à cinq ans de prison, avant d'être visée par d'autres accusations.

En parallèle des libérations la semaine dernière, Londres a annoncé avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de 394 millions de livres (470 millions d'euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

Selon Nazanin Zaghari-Ratcliffe, deux ou trois semaines après son arrestation, les Iraniens lui ont "dit qu'ils voulaient quelque chose de la part des Britanniques", précisant: "on ne vous laissera pas partir tant qu'on ne l'aura pas eu". "Et ils ont tenu leur promesse", a-t-elle déclaré.

A ses côtés lors de sa conférence de presse se trouvait Roxanne Tahbaz, fille du tri-national Morad Tahbaz. Ce sexagénaire a été arrêté aux côtés d'autres militants écologistes en janvier 2018 et condamné à 10 ans de prison pour "conspiration avec l'Amérique".

«Abandonnés»

"On nous a toujours assuré que mon père serait inclus dans tout accord qui serait fait pour libérer tous les otages", a déclaré Roxanne Tahbaz, "on est absolument effondrés, sachant que ça n'était pas le cas".

Selon le ministère britannique des Affaires étrangères, il a été transféré de la prison d'Evin dans une zone résidentielle à Téhéran. "Nous continuons à faire pression sur les autorités iraniennes au plus haut niveau pour qu'elles lui permettent de rentrer chez lui immédiatement comme le gouvernement iranien s'est engagé à le faire", a affirmé la diplomatie britannique.

Le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a lui dit que Washington était "en consultations urgentes avec le Royaume-Uni au sujet des réponses appropriées", tout en soulignant que les Etats-Unis n'avaient pas participé à "l'arrangement" conclu par Londres en vue de la libération des Britanniques. 

Il a appelé l'Iran "à faire des progres urgents vers la libération des Américains injustement détenus", dont Morad Tahbaz qui "a besoin de soins médicaux".

Morad Tahbaz a, selon sa soeur, commencé une "grève de la faim" alors qu'il est atteint d'un cancer, a eu le Covid-19 deux fois et a perdu "40 kilos".

"Il continue à être utilisé comme un pion sur un échiquier", a dénoncé Taraneh Tahbaz sur BBC Radio 4, appelant le gouvernement britannique à "faire pression pour sa libération immédiate et sans conditions".

"Nous nous sentons tout à fait abandonnés", a-t-elle déclaré, craignant que son frère ne soit oublié en raison de l'actualité internationale dominée par l'invasion russe en Ukraine.


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.